fragile statut pour les Tziganes français, par Chantal Aubry
Si on dénonce souvent l’antisémitisme et parfois le racisme antiarabe, on oublie que ce sont les Tziganes qui, de toutes les victimes de discriminations, suscitent, et de loin, le rejet le plus large. Au palmarès des préjugés, ils se trouvent largement en tête : la seule arrivée de gens du voyage dans une ville suscite les pires craintes pour la sécurité des biens et des personnes. Les attentats du 11 septembre 2001 n’ont rien arrangé, pas plus que le climat créé par le ministre de l’intérieur, M. Nicolas Sarkozy, et par la loi liberticide que celui-ci a fait voter à la mi-février 2003. Entre la loi Besson, qui les contraint à accueillir les gens du voyage dans des conditions décentes, et les fortes réticences d’une partie de l’électorat, mobilisée au nom de la sécurité, comment réagissent les villes concernées ? L’exemple d’Arles et de son futur lotissement met en lumière toutes les contradictions dans lesquelles se débat une municipalité, même bien intentionnée.




