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Édition du 15 avril au 1er mai 2026

Diverses questions d’histoire

inopportun renforcement des relations entre l’UE et Israël

Le 2 juin 2012, l’Union européenne s’est engagée à renforcer ses relations avec Israël dans une soixantaine de domaines. Cette décision survient pourtant peu après que les ministres des affaires étrangères européens ont durci le ton contre Israël mi-mai.

Dans une tribune, publiée dans Le Monde daté du 4 août 2012, la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et le président du Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH) dénoncent le “double discours” de l’Union européenne.

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Manuel Valls, le 18 juin 2012.
Hollande, Valls et les Roms

François Hollande : “on ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution”

Le 30 juillet 2010, dans un discours sécuritaire musclé prononcé à Grenoble, Nicolas Sarkozy stigmatisait les comportements de « certains parmi les gens du voyage et les Roms ».

Au cours de la campagne électorale du printemps 2012, le candidat socialiste, François Hollande, a promis qu’il n’y aurait pas d’expulsion sans solutions de relogement1.

Que faut-il alors penser de la déclaration récente du nouveau ministre de l’Intérieur Manuel Valls : «les camps de Roms continueront à être démantelés chaque fois qu’une décision de justice le permettra» ?

Pour rappeler que les promesses de campagne doivent devenir des réalités, le Collectif national droits de l’Homme Romeurope dont la LDH est membre et la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale – la Fnars – publient un communiqué commun. Nous reprenons également la lettre ouverte qu’Alain Fourest, de Rencontres tsiganes, adresse à Manuel Valls.

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A Aix-en-Provence comme à Marseille, les tribunaux poursuivent l’expulsion des familles Roms (Laurent Saccomano)
Hollande, Valls et les Roms

Roms en voie d’expulsion à Marseille et Aix-en-Provence … et après ?

Suite à des décisions de justice, les habitants des campements du Plateau de l’Arbois et de Château-Gombert vivent depuis le 23 juillet 2012 sous la menace d’une expulsion.

Par une lettre, rendue publique le 17 juillet, 49 prêtres et diacres de Marseille ont interpellé le maire, Jean-Claude Gaudin, dénonçant des « expulsions [qui] ne sont pas suivies de solutions de résidences convenables et durables. Cela ne fait que déplacer les problèmes … et les personnes».

« La situation sur le terrain n’a pas varié d’une virgule depuis l’arrivée de la gauche en mai » , insiste Philippe Rodier, responsable de missions pour Médecin du monde. « Des camps de Roms vont encore être délogés tandis que des expulsions sont planifiées sur le plateau de l’Arbois, près d’Aix-en-Provence » , confie Christophe Lenfant, délégué du Secours catholique à Marseille.
Évaluant à 1 500 le nombre de Roms présents sur Marseille, il se prononce en faveur d’un moratoire concernant les expulsions « pour se donner le temps d’aborder la question des migrants au niveau européen et de répondre aux situations d’urgence »3.

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Rafle du Vel d’Hiv : de Mitterrand à Chirac et Hollande, la lente reconnaissance de la responsabilité de la France

En 1992, comme il était de tradition depuis la Libération, François Mitterrand attribuait la responsabilité de la déportation des juifs au « gouvernement de l’Etat français », précisant : « en 1940, l’État français c’était le régime de Vichy ce n’était pas la République.» C’est à Jacques Chirac, déclarant en 1995, dans un discours de rupture et de vérité4, que « la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable », que l’on doit la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vélodrome d’Hiver. Et c’est dans cette ligne que François Hollande s’est inscrit le 22 juillet 2012 en dénonçant « un crime commis en France par la France ». Retour ci-dessous sur quelques étapes de cette évolution.

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le discours de François Hollande pour le 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv

En déclarant le dimanche 22 juillet 2012, à l’occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv que celle-ci avait été « un crime commis en France par la France», le président de la République, François Hollande, s’est clairement situé dans la droite ligne de Jacques Chirac auquel il a rendu hommage.

Alors qu’il venait d’être élu à l’Elysée, ce dernier avait en effet été le premier chef d’État français à reconnaître la responsabilité des autorités françaises : « La France, avait-il déclaré en juillet 1995, la France, patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ».

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A-gens du voyage en France

la loi du 3 janvier 1969 sur les gens du voyage : une loi discriminatoire

Il y a cent ans – le 16 juillet 1912 – était institué le carnet anthropométrique encadrant « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades», une réglementation permettant de surveiller une population circulant en France sans domicile ni résidence fixe. On sait à quel usage ce fichage a pu servir sous le régime de Pétain.

La loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 a remplacé le «carnet anthropométrique» par un «livret ou carnet de circulation», sorte de passeport intérieur qui doit être visé tous les trois mois par la police ou la gendarmerie.

Afin de lutter contre la stigmatisation dont les quelques centaines de milliers de personnes baptisées «gens du voyage» continuent à être l’objet, Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne, a déposé une proposition de loi co-signée par les membres du groupe écologiste du Sénat, visant à abroger cette loi. Une loi qui « contraint des personnes, en raison de leur mode de vie, à attendre trois années avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales au lieu de six mois dans les conditions du droit commun, à détenir un titre de circulation et de le faire viser régulièrement par les autorités administratives (trois mois pour les carnets de circulation), sous peine d’une amende voire d’une peine d’emprisonnement. Autant de restriction aux libertés civiques et individuelles que nous devons abroger. »

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A la Une du quotidien Pagina/12 du 6 juillet 2012.
Tortures et dictatures en Amérique latine

le général Videla : des milliers de disparitions, des vols de bébés …

Dans une longue interview video donnée en avril 2012, l’ancien chef de la junte militaire argentine, Jorge Videla, au pouvoir de 1976 à 1983, a avoué pour la première fois, le meurtre des desaparecidos. « Nous avons tué entre 7 000 et 8 000 personnes, et fait disparaître leurs corps », dit-il. Pour justifier ces crimes il assure « qu’il n’y avait pas d’autres solutions pour gagner la guerre contre la subversion, […] on ne pouvait ni les enfermer ni les tuer au grand jour ». Les Mères de la Place de Mai, qui depuis plus de trente ans luttent pour savoir la vérité, évoquent le nombre de 30 000 disparus. Aujourd’hui âgé de 86 ans, Videla purge déjà deux peines de prison à perpétuité pour crime contre l’humanité.

Les méthodes utilisées dans les années 1960 et 1970 par les militaires argentins, brésiliens et chiliens chargés de la lutte contre la « subversion » leur avaient été enseignées par d’anciens officiers français de la guerre d’Algérie – voir cet article 5.

A l’issue d’un nouveau procès, Jorge Videla a été condamné le 6 juillet 2012 à une peine de 50 ans de prison pour le vol de bébés nés durant la captivité de leurs parents – lire le témoignage de Victoria Donda, députée argentine, fille de desaparecidos, née en captivité et donnée en adoption à des militaires proches de la Junte.

[Mis en ligne le 30 avril 2012, mis à jour le 10 juillet]

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A-la France et les Roms “européens”

il n’y aura bientôt plus un seul Rom à Aix-en-Provence

Après le camp des Trois Sautets et celui de Luynes, c’est le camp Vasarely qui a été évacué et détruit par la force publique le 26 juin 2012. Il ne reste plus sur le territoire de la commune d’Aix-en-Provence que le bidonville de l’Arbois où vivent plus de 300 Roms – provisoirement, la justice ayant ordonné, le 19 juin, son expulsion qui devrait être effective autour du 23 juillet. Dans cette décision, le tribunal reconnaît l’injustice faite à ces populations, mais estime que le trouble à l’ordre public l’emporte sur toute autre considération : «L’urgence n’est pas une condition nécessaire de l’appréciation du trouble manifestement illicite. Les références aux dispositions sur le droit au logement garanti par la constitution, aux conventions internationales ratifiées par la France, à la considération de l’atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, à la discrimination envers les minorités, fondent une crainte légitime que l’expulsion du campement aggrave une situation de précarité qui relève de la responsabilité générale de l’Etat, mais ne remet pas en cause le droit à faire cesser le trouble manifestement illicite.»

En l’occurrence, le “trouble à l’ordre public” est bien discutable (l’Arbois est situé à 15 km du centre ville et à 2 km des premières habitations …), mais il s’agit de la mise en œuvre d’une décision de Maryse Joissains : «Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune», a-t-elle déclaré.

Les familles ont dû rassembler leurs affaires et quitter le site, comme la justice l’avait ordonné, sans qu’aucun lieu n’ait été prévu pour les accueillir.
Le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS) refuse d’accepter la logique de répression dans laquelle s’enferment les pouvoirs locaux6.

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continuer à défendre les droits du peuple palestinien

Le 10 octobre 2010, une centaine de personnalités de tous horizons, élus, chercheurs, artistes, écrivains… ont lancé un appel «pour refuser catégoriquement» que les militants de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions soient jugés pour «provocation publique à la discrimination». La LDH s’est prononcée dans le même sens en janvier 2011.

Parmi les militants poursuivis par la justice :
– Stéphane Hessel est poursuivi pour avoir appelé les citoyens à réagir, après l’échec des gouvernements au sujet de Gaza ;
– la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (elle a bénéficié d’une relaxe le 15 octobre 2010) ;
– Sakina Arnaud, condamnée le 10 février dernier à 1 000 euros d’amende pour avoir apposé un autocollant « ?Boycott Israël Apartheid? » sur une bouteille de jus d’orange dans un hypermarché, a bénéficié du soutien de Jean-Pierre Dubois ; elle vient de voir sa condamnation confirmée par la cour de cassation.

[Mis en ligne le 13 octobre 2010 avec l’intitulé «pas de poursuite contre les militants de la campagne BDS !», mis à jour le 4 juin 2012]

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Marseille : un militant de la LDH agressé pour avoir défendu des Roms

Le 24 mai 2012, Bernard Eynaud, président de la fédération 13 de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a été agressé par des riverains excédés par la présence de familles roms dans un quartier de Marseille.

Quelques dizaines de riverains, accompagnées d’élus UMP en campagne pour les élections législatives7, étaient venus protester contre la présence d’une trentaine de familles roms installées sur le campus du technopôle de Château-Gombert (13e arrondissement) – la justice leur avait donné le droit de rester jusqu’au 21 juillet 2012 sur un terrain en friche. « L’UMP a lâché la bride. La meute se déchaîne » a simplement commenté l’élu communiste Jean-Marc Coppola, effaré par la scène8.

Cet incident ne fait que confirmer le contenu d’un rapport récent qui montre que les Roms sont en situation d’exclusion dans l’ensemble de l’Union européenne.

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Devant le TGI d'Aix-en-Provence
A-la France et les Roms “européens”

chasse aux Roms à Aix-en-Provence

« Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune », a déclaré Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence. Et de lancer des procédures visant à l’expulsion de tous les Roms de « sa » commune. L’audience du référé d’expulsion du bidonville de l’Arbois a eu lieu mardi 29 mai 2012, devant le TGI d’Aix-en-Provence. Près de 300 Roms étaient assignés suite à la demande d’expulsion déposée par la maire d’Aix – aucune solution de relogement n’a été proposée. Le tribunal rendra son délibéré le 19 juin prochain.

A la suite de l’article de La Marseillaise consacré à cette audience, nous reprenons un texte de Marc Durand, qui milite depuis des années pour des conditions d’accueil décentes, humaines, dignes et justes des Roms sur le territoire de la commune d’Aix. Pour terminer : un article de La Provence qui relate une réunion au pays d’Aix.

[Mis en ligne le 30 mai 2012, mis à jour le 31]

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