4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 mars 2026

Diverses questions d’histoire

Roger Meï fait le point sur l'accueil des Roms qui devraient rester quelques mois sur la commune. (Photo C.L.)
Hollande, Valls et les Roms

les roms à Gardanne : l’assistance plutôt que l’expulsion

Il faut saluer l’initiative de la ville de Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour l’accueil et la mise à l’abri de familles roms sur un terrain municipal. La municipalité a décidé d’apporter son aide à onze familles roms installées sur une friche industrielle de la commune, plutôt que de les faire expulser, a annoncé son maire lors d’une conférence de presse, le 15 octobre 2012. « Notre souci, c’est de montrer qu’on peut accueillir les Roms de façon humaine, comme des citoyens à part entière », a souligné Roger Meï, maire communiste de cette commune située entre Aix-en-Provence et Marseille, en se disant inquiet de la « montée de haine et d’incompréhension » à l’égard des Roms.

Arrivées il y a environ un mois et demi sur ce terrain, ces onze familles sont composées de 62 personnes, dont une vingtaine d’enfants en âge d’être scolarisés. La mairie a fait installer des toilettes et des poubelles sur le campement et en a sécurisé l’entrée. « On envisage de mettre des mobile homes ou des tentes de l’armée, pour l’hiver », a ajouté Roger Meï, qui a débloqué environ 30 000 euros pour financer l’opération. Le maire a précisé toutefois qu’il ne s’agissait là que d’une « solution d’attente » et qu’il revenait à l’État et à l’Europe de régler la question de l’accueil des Roms sur le long terme.

En contrepartie de cette assistance et de l’absence de demande d’expulsion, la mairie demande aux familles d’envoyer leurs enfants à l’école. « On ne parviendra pas à intégrer cette population si on ne la stabilise pas un minimum, ce qui permet la scolarisation des enfants et le suivi médical », a souligné Cendrine Labaume, coordinatrice générale de Médecins du monde à Marseille, qui se félicite de l’attitude de la mairie de Gardanne.

Lire la suite »

les personnes vivant en campements doivent pouvoir bénéficier de la “trêve hivernale”

Le tribunal de grande instance de Nantes invoque dans un jugement du 15 octobre 2012, la Charte sociale européenne et la circulaire du 26 août 2012 pour suspendre des expulsions de campements.
Dans son jugement, le juge nantais considère que la caravane est un logement par destination auquel s’applique l’article L 412 du code des procédures d’exécution : « le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d’habitation ou à usage professionnel, dont l’expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales, sans que ces occupants aient à justifier d’un titre à l’origine de l’occupation. Le juge qui ordonne l’expulsion peut accorder les mêmes délais, dans les mêmes conditions ». Il s’appuie pour ce faire sur la jurisprudence de la Cour d’appel de Paris et s’inscrit ainsi dans la lignée de récente jurisprudence des TGI d’Orléans, de Lyon, de Mougins, de Nice qui ont refusé d’expulser des groupes de caravanes faute de proposition de terrains adaptés pour les recevoir1.

S’exprimant dans le même sens, le Défenseur des droits demande, dans un courrier adressé début octobre au Premier ministre, la suspension des évacuations de campements durant l’hiver – une demande que de nombreuses associations ont relayée.

Lire la suite »
(photo : Fred Dufour/AFP)
A-gens du voyage en France

gens du voyage : suppression du “carnet de circulation”, mais maintien du “livret”

Dans une décision du 5 octobre 2012, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les dispositions de la loi du 3 janvier 1969 instaurant un “carnet de circulation” ainsi que celles imposant aux personnes sans domicile ni résidence fixe, trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune pour être inscrites sur les listes électorales.

Il a, d’autre part, jugé que l’existence et les règles de visa de titres de circulation applicables aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ne sont pas, en elles-mêmes, contraires au principe d’égalité et à la liberté d’aller et de venir. Déception chez tous ceux qui escomptaient une abrogation complète d’une loi d’origine sulfureuse.

Le communiqué du Conseil constitutionnel : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-279-qpc/communique-de-presse.115705.html, et sa décision n° 2012-279 QPC : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-279-qpc/decision-n-2012-279-qpc-du-05-octobre-2012.115699.html.

Lire la suite »

Marseille : des riverains chassent des Roms

Plusieurs habitants et riverains de la cité des Créneaux (Marseille, 15e) ont contraint à la fuite, jeudi soir 27 septembre, des familles roms installées à proximité et incendié les restes de leur campement, sans violences physiques, a-t-on appris vendredi de source proche de l’enquête.

Les policiers sont arrivés sur place vers 19h afin de séparer une trentaine d’habitants mécontents et les familles roms, qui ont reflué avec caravanes et véhicules, laissant quelques affaires qui ont été incendiées dans la soirée, selon la même source, qui a précisé qu’aucune interpellation n’avait été effectuée en l’absence d’agression physique.

Pour Caroline Godard, de l’association Rencontres Tsiganes, « ce n’est pas étonnant qu’on en arrive là: il y a un climat de tension qu’on attise. On en arrive à la guerre entre pauvres ».
Pour le président de la Ligue des droits de l’Homme des Bouches-du-Rhône, Bernard Eynaud, « On a franchi un cap de plus. Il n’y a pas eu de blessé, mais on peut craindre le pire pour la suite ».2

[Mis en ligne le 28 septembre 2012, mis à jour le 3 octobre]

Lire la suite »
terre_israel.jpg
A-Israël

Schlomo Sand, historien israélien anti-sioniste

Professeur à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s’est engagé dans une déconstruction des mythes de l’historiographie israélienne. Avec Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), il s’était attaqué à la thèse selon laquelle les juifs formeraient un peuple au sens ethnique du terme. Il poursuit sa recherche en questionnant leur lien avec “Eretz Israël” dans Comment la Terre d’Israël fut inventée (Flammarion, 2012). Comme le précédent, ce second livre a suscité un vaste débat en Israël même : il en ira sans doute de même en France… Voir la note de lecture de Pierre Stambul sur cet ouvrage.

Ci-dessous un compte-rendu de la rencontre avec Shlomo Sand animée par Dominique Vidal, qui a été organisée le 28 septembre 2012 (12h30-14h) à l’Institut d’études et de recherches sur la Méditerranée et le Moyen Orient.

Lire la suite »

expulsions de Roms : l’UE ne respecte pas ses engagements en matière de droits de l’Homme !

Durant l’été 2012, de nombreux gouvernements de l’Union européenne ont expulsés des Roms de leurs logements. Certains Etats ont également expulsé ces populations hors de leurs frontières. Dans un communiqué repris ci-dessous, l’Association Européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) appelle les Etats à cesser ces expulsions et à mettre fin à leurs politiques de stigmatisation des Roms.

Auparavant, vous pourrez écouter la plaidoirie, prononcée dimanche matin 16 septembre 2012 au micro de France-Inter, par Maître Christian Charrière Bournazel, président du Conseil national des barreaux, pour défendre la cause des Roms.

Lire la suite »

pas d’enfant rom sans école à la rentrée !

Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation et Romeurope rappellent dans un communiqué commun que le droit à l’éducation des enfants roms n’est pas négociable : ayant ratifié la Convention internationale des droits de l’Enfant, la France a le devoir de scolariser tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d’origine et quel que soit leur lieu de vie.

5 000 à 7 000 enfants roms sont concernés par des difficultés d’accès à l’école.
Pour Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, il est de la responsabilité de notre génération d’éduquer ces enfants pour éviter que les mêmes problèmes se reposent dans dix ans.

Ajout du 14 septembre : les trois circulaires adressées le 12 septembre 2012 par la ministre déléguée à la Réussite éducative aux recteurs d’académie pour favoriser la scolarisation des enfants roms et itinérants (voir ci-dessous).

[Mis en ligne le 5 septembre 2012, mis à jour 14]

Lire la suite »

le côté obscur de la rébellion syrienne

Un an et demi après le début de la révolte déclenchée par une contestation populaire qui s’est militarisée au fil des mois face à la répression du régime, les violences en Syrie ne connaissent aucun répit. «Le bilan des pertes humaines est ahurissant, les destructions atteignent des proportions catastrophiques et la souffrance de la population est immense», a déclaré le médiateur international Lakhdar Brahimi.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus de 26 000 personnes ont péri depuis mars 2011, près de 250 000 Syriens ont fui leur pays et 1,2 million ont été déplacés. Un éditorial du Monde s’alarme de ce qu’il qualifie de «crime d’État sans précédent».

Bien qu’aucune perspective de règlement n’apparaisse, la plupart des observateurs sont convaincus que le régime d’Assad finira par tomber. Mais on peut s’interroger avec Akram Belkaïd sur ce qui va suivre … car « au pire peut toujours succéder l’“encore pire” ».

[Mis en ligne le 11 septembre 2012, complété le 13]

Lire la suite »

Roms: la commune humanité bafouée

Alors que Manuel Valls se rend en Roumanie, Mediapart publie cet appel – à signer en ligne – concernant la politique menée à l’égard des Roms. Cette pétition initiée par un collectif de 105 personnalités, parmi lesquelles Étienne Balibar, Luc Boltanski, Cécile Canut, Éric Fassin, Danièle Lochak, Ariane Mnouchkine, Jean-Luc Nancy, Pap Ndiaye et Gérard Noiriel, dénonce la «banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français» poursuivie par le gouvernement actuel.

Lire la suite »
les_milles.jpg
Diverses questions d'histoire

Un lieu d’éducation : le mémorial du camp des Milles

L’ancienne tuilerie des Milles, près d’Aix-en-Provence, a été utilisée dès 1939, d’abord par les autorités françaises puis par celles de Vichy pour y parquer des étrangers, des opposants politiques, des juifs… jusqu’aux cinq convois de la mort de l’été 1942. Ce site, dernier camp français de déportation encore intact, maintenant aménagé en un «lieu de mémoire et d’éducation» a été officiellement inauguré le 10 septembre 2012 en présence du premier ministre Jean-Marc Ayrault qui a annoncé que «la lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une priorité de [son] gouvernement ». Ce plan sera « d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées » a-t-il précisé.

Lire la suite »
La Tuilerie.
Diverses questions d'histoire

La lente gestation du mémorial du camp des Milles

Aménagé dans le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, le mémorial des Milles, inauguré le 10 septembre 2012 par le premier ministre, marque une étape dans la reconnaissance de la responsabilité de l’État français. Ouvert en 1939 sous la Troisième République dans une ancienne tuilerie située près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), il fut d’abord utilisé comme camp d’internement pour les « étrangers ennemis ». A partir de 1940, le ministère de l’intérieur de Vichy y interna des résistants au nazisme et des « indésirables », et il servit de camp de déportation pour les juifs. Plus de 10  000 personnes, de 38 nationalités, y furent emprisonnées et, durant l’été 1942, 2 000 hommes, femmes et enfants juifs furent déportés des Milles vers Auschwitz. Ci-dessous un petit dossier, mis en ligne en février 2007, qui retrace la gestation de ce projet.

Lire la suite »