les Roms : un bouc émissaire rêvé
Selon une enquête de terrain à Lausanne, tout ce que l’on croit savoir sur la mendicité est faux. Nos représentations erronées remontent à la fin du Moyen Age.
Selon une enquête de terrain à Lausanne, tout ce que l’on croit savoir sur la mendicité est faux. Nos représentations erronées remontent à la fin du Moyen Age.

Un livre récemment publié, 14-18, les fusillés, de Frédéric Mathieu (éditions Séribot, 2013), dénombre trois Varois condamnés à mort et fusillés pour “abandon de poste en présence de l’ennemi” 1 :
Dans le cas de Odde, comme pour Gaytté et pour d’autres condamnés pour mutilation volontaire, on notera que les médecins militaires disposaient de formulaires polycopiés comportant une description type des blessures soi-disant constatées, qu’ils n’avaient plus qu’à compléter avec le nom du coupable… 2

Le gouvernement israélien révèle son inquiétude grandissante devant la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – qu’il considère comme une menace stratégique. Lancée en 2005 par la société civile palestinienne, BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne de 1967 et à la pleine égalité dans la loi des citoyens palestiniens et des juifs, récusant ainsi la conception d’Israël comme un État essentiellement juif.

Au cours de la guerre de 14-18, plus de 2 500 condamnations à mort ont été prononcées en France par des tribunaux militaires, dont environ 650 ont été suivies d’exécution – sans compter les exécutions sommaires. Parmi la quarantaine d’entre eux qui ont été réhabilités par la suite, deux étaient originaires du département du Var : Auguste Odde – voir cette page – et Marius Marcel.
Condamné à mort pour « abandon de poste en présence de l’ennemi » le 28 mai 1915, Marius Marcel a été fusillé dès le lendemain. Il faudra attendre le 1er juillet 1927 pour qu’il soit réhabilité par la Cour de cassation. Il a fait l’objet d’un travail de recherche de la part de Maurice Mistre qui expose ci-dessous l’état des connaissances le concernant.

“Barrière de sécurité” selon l’État israélien censée protéger des attaques terroristes, “Mur de l’Apartheid” pour ceux qui le condamnent comme une stratégie d’annexion de terres palestiniennes, le Mur a un coût économique et humain élevé. Déclaré illégal par la Cour internationale de justice, il incarne la violence physique et psychologique de l’occupation.
Dominique Vidal fait le point dans un dossier publié dans La Chronique d’Amnesty International de Novembre 2013.

À Buchenwald en 1944, des communistes allemands sauvent un enfant juif âgé de trois ans d’un convoi pour Auschwitz en rayant son nom de la liste. Un autre partira à sa place. Les circonstances de ce sauvetage et la découverte de procès secrets de détenus politiques, kapos de Buchenwald, menés à la fin de la guerre dans la zone d’occupation soviétique et en RDA, ont soulevé un débat en Allemagne de l’après-réunification : victimes du nazisme, les antifascistes auraient-ils été aussi des collaborateurs ? Fondée sur l’écoute de témoignages essentiellement collectés par la Shoah Foundation, croisés avec la littérature mémorielle ainsi qu’avec des archives personnelles de déportés (notamment de David Rousset), l’étude de Sonia Combe montre comment la substitution de déportés a pu être une modalité de survie dans les camps de concentration dont ont bénéficié aussi bien Stéphane Hessel qu’Imre Kertész ou encore Jorge Semprun. Analysant la pratique de l’échange comme une situation à laquelle médecins déportés et prisonniers politiques ont été confrontés au quotidien, elle s’interroge sur les usages de la révision de l’histoire de l’antifascisme dans l’Allemagne actuelle. Loin d’idéaliser la conduite des détenus comme avait pu le faire une certaine vulgate de la résistance antifasciste, il s’agit de voir dans quelle mesure le jugement porté désormais sur eux serait tributaire d’un nouveau climat politique et d’une reconfiguration des mémoires.

Le recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms étrangers en France au cours de l’année 2013, établi par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et l’European Roma Rights Centre (ERRC), en collaboration avec le Collectif national droits de l’Homme Romeurope, montre que jamais les autorités françaises n’avaient fait évacuer autant de campements roms : en 2013, 21 537 personnes ont été touchées. C’est deux fois plus qu’en 2012. «Il y a plus de personnes expulsées en 2013 que de gens vivant dans des bidonvilles ou des squats, précise Philippe Goossens, chargé par la LDH de coordonner ce rapport. Ce qui veut dire que certains ont vu leur campement évacué plusieurs fois dans l’année.»
Le rapport est téléchargeable.
Sur cette question des Roms, le président de la République s’est aligné sur la position de Manuel Valls, lors de sa conférence de presse du mardi 14 janvier 2014.
« On se trompe en pensant qu’on va régler la question à partir d’interdiction strictement juridique ». [AFP 9 janvier 2014] – La décision du Conseil d’Etat validant pour la première fois l’interdiction d’un spectacle de Dieudonné instaure un “cadre juridique lourd de conséquences pour la liberté d’expression”, s’est alarmé le président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) auprès de l’AFP. “Le juge n’a pas fait prévaloir la liberté d’expression sur l’interdit et c’est une décision qui est lourde de périls”, a commenté Pierre Tartakowsky.
“On se trompe en pensant qu’on va régler la question à partir d’interdiction strictement juridique. Le problème est d’ampleur”, estime le président de la LDH qui pense qu’il “faut mobiliser la pédagogie, la répression” et engager un “travail de long terme”.
Pierre Tartakowsky s’est dit par ailleurs “un peu surpris que le Conseil d’Etat puisse se réunir en moins de trois heures et prendre une décision sur quelque chose d’aussi important”.
La LDH avait mis en garde lundi contre toute interdiction préalable des spectacles considérant que ces décisions risquaient d’être “contre-productives” et de générer “de la sympathie” pour Dieudonné, condamné à multiples reprises pour antisémitisme.
Déjà, en février 2004, la LDH avait publié un communiqué intitulé : «Condamner les propos de Dieudonné, préserver la liberté de création».
Elle ajoute aujourd’hui : «Puisque Dieudonné a fait son fonds de commerce de la haine, il faut qu’il soit condamné à chaque fois qu’il l’exprime, et que les peines prononcées soient effectives et décourageantes.»

Ils sont venus de loin, guidés par une étoile. Les trois Rois Mages – Melchior, Balthazar et Gaspard – sont chargés de présents pour l’enfant Jésus né le 25 décembre
Ilan Pappé est un des “nouveaux historiens” israéliens qui ont contribué à remettre en cause les mythes de l’historiographie officielle de l’État d’Israël – en particulier concernant le déplacement de la population palestinienne en 1947-1948. Parmi ses ouvrages traduits en français : La Guerre de 1948 en Palestine. Aux origines du conflit israélo-arabe (La Fabrique, 2000), et Une terre pour deux peuples. Histoire de la Palestine moderne (Fayard, 2004).
Ci-dessous une traduction en français d’un entretien d’une heure avec Ilan Pappé, enregistré le 22 octobre 2013, publiée sur le site Le mur a des oreilles.
Réunis à Bruxelles le 9 décembre 2013, les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des 28 États membres de l’Union européenne se sont engagés à l’unanimité à mettre en oeuvre un ensemble de recommandations, proposées par la Commission européenne, visant à accélérer l’intégration socio-économique des communautés roms. En adoptant ce premier instrument juridique pour l’inclusion des Roms, les États membres s’engagent à entreprendre des actions ciblées pour combler les écarts entre les Roms et le reste de la population.
D’autre part, réuni en session plénière à Strasbourg du 9 au 12 décembre 2013, le Parlement européen a appelé les Etats membres à mettre fin aux discriminations dont les Roms sont victimes – en particulier les expulsions illégales, le profilage ethnique et les abus de la police. Les eurodéputés ont également suggéré une série de mesures pour faciliter l’accès de ces populations au logement, à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
Comment ne pas se féliciter de toutes ces décisions et préconisations ? Espérons qu’elles se traduiront rapidement dans la réalité, et que nous pourrons bientôt constater un changement du comportement des autorités – notamment en France.