4 000 articles et documents

Édition du 15 février au 1er mars 2026

Les nostalgiques de la colonisation

“OAS veille”, graffiti à Alger 1962 (© Marc Garanger)
Hommages aux victimes de l'OAS

Terrorisme : n’oublions pas les victimes de l’OAS !

Le terrorisme – faire la guerre en visant délibérément des civils – revient régulièrement à la une de l’actualité. Le terrorisme du passé reste l’objet de débats et les souffrances qui y sont attachées toujours aussi vives.

La guerre d’Algérie en est un exemple : l’attentat du Milk Bar organisé par le FLN en septembre 1956 à Alger sera abordé lors du Congrès international de victimes du terrorisme qui se réunira à Paris en septembre prochain.
Mais il semblerait qu’il ne soit pas prévu d’y évoquer le terrorisme de l’OAS. Certes toutes les condamnations en liaison avec la guerre d’Algérie sont amnistiées, mais les faits demeurent, ineffaçables, et on ne peut oublier le terrorisme auxquels se sont livrés il y a une cinquantaine d’années certains des tenants de l’Algérie française, entraînant plus de 2 200 morts, civils ou militaires.

L’assassinat le 15 mars 1962, quelques jours avant le cessez-le-feu, de six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, reste un des plus abominables exemples de terrorisme, mais l’indignation qu’il a immédiatement soulevée n’a pas empêché les membres de l’OAS de poursuivre leur œuvre de mort et de destruction.

Des travaux d’historiens ont rappelé ce que fut le terrorisme de l’OAS1, tandis que Mohammed Harbi, dans un entretien donné en 2002, insiste sur les conséquences dramatiques à long terme des violences exercées par le FLN.

Lire la suite »
C'est au jugement qui a conduit au démantèlement de la stèle 1ère version que se sont attaqués deux particuliers. Ils ont perdu. / PHOTO ARCHIVES M.S.
Marignane

Marignane : retour de la stèle devant le tribunal administratif

Le préfet des Bouches du Rhône vient de déférer au tribunal administratif la délibération du Conseil municipal de Marignane qui avait permis le retour de la stèle pro-OAS au cimetière Saint-Laurent Imbert.

Cette démarche présente l’intérêt de renforcer la procédure initiée par cinq personnes, descendant de victimes de l’OAS, et par une association, Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons. Mais un autre point témoigne de l’importance accordée par le représentant de l’Etat à ce dossier : en effet, son déféré, sur lequel le tribunal ne pourra statuer au fond avant de longs mois, se double d’un référé-suspension, marquant l’urgence que le préfet attache à la cessation du préjudice grave résultant de l’exécution d’une délibération dont la légalité lui apparaît affectée d’un doute sérieux.

Un dossier d’Emmanuelle Elbaz publié dans La Provence le 10 avril 20112, complété le 24 juillet 2011 par une décision de justice.

[Mis en ligne le 10 avril 2011, mis à jour le 24 juillet 2011]

Lire la suite »
Plaque que l'ADIMAD a l'intention de sceller sur la tombe du colonel Argoud à Darney (photo Vosges Matin)
Jean-François Collin

L’Adimad-OAS à l’honneur

Amnistiés sous de Gaulle, réhabilités sous François Mitterrand, indemnisés sous Jacques Chirac, les anciens activistes de l’OAS vont-ils être honorés sous Nicolas Sarkozy ?

En effet, la fin de la guerre d’Algérie a été suivie de plusieurs lois d’amnistie, une loi de réhabilitation votée en novembre 1982 a rétabli les généraux putschistes dans leurs droits, et l’article 13 de la loi du 23 février 2005 a organisé une indemnisation de certaines des personnes ayant fait l’objet de condamnations ou de sanctions amnistiées.

Lire la suite »
Plaque que l'ADIMAD a l'intention de sceller sur la tombe du colonel Argoud à Darney (photo Vosges Matin)
Réhabilitations

Vosges : la justice a autorisé une cérémonie à la gloire de l’OAS

De nombreuses personnes et associations sont intervenues pour demander l’interdiction de la manifestation organisée par l’Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) à Darney (Vosges) le vendredi 10 juin 2011 autour de la tombe du colonel Antoine Argoud. Prenant prétexte du 7e anniversaire de son décès, ce rassemblement avait pour but de rendre gloire à l’Organisation armée secrète (OAS) dont il avait été un responsable. Pour solenniser l’événement, il était prévu qu’une plaque serait scellée sur la tombe du colonel factieux.

Dans une lettre commune, l’ANPROMEVO et Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons s’étaient adressées au maire de Darney dès le 26 mai dernier, en lui demandant notamment «d’empêcher le déroulement de la manifestation […] et d’interdire l’adjonction, sur le monument funéraire dont il s’agit, de toute plaque dont le contenu tendrait à exalter le souvenir d’un dirigeant de l’OAS.». L’Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre (4ACG) avait incité ses adhérents à écrire dans le même sens au maire de Darney et à l’évêché de Saint-Dié.

Jeudi matin 9 juin, estimant que ce rassemblement constituait un trouble à l’ordre public, le préfet des Vosges avait pris un arrêté d’interdiction (voir ci-dessous). Mais, jeudi soir, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy enjoignait le préfet d’autoriser la manifestation dans laquelle il ne voyait qu’une cérémonie à caractère privé, familial. Le préfet autorisait donc la manifestation et demandait au maire d’ouvrir le cimetière et d’assurer la sécurité de la cérémonie. Dans le courant de l’après-midi, l’évêché avait fait savoir par un communiqué qu’il n’y aurait pas de culte en l’église de Darney.

Ci-dessous quelques compléments – et notamment deux liens vers des enregistrements.

[Mis en ligne au cours de la matinée du 9 juin 2011, mis à jour le 15 juin]

Lire la suite »
plaque_argoud3.gif
Réhabilitations

Les méthodes d’Argoud : celles d’un assassin sans scrupules

Le Canard enchaîné du 8 juin le confirme, des nostalgiques de l’Algérie française rendront un hommage public au colonel Antoine Argoud, vendredi prochain à Darney. Après une messe en l’église de Darney, ils ont prévu de sceller sur sa tombe une plaque signée par l’OAS.

plaque_argoud3.gif

Ce projet a provoqué de nombreuses réactions scandalisées, notamment de la part d’anciens appelés de la guerre d’Algérie. Un certain nombre d’entre eux ont écrit au maire de Darney et/ou aux responsables catholiques locaux pour protester contre une manifestation qui les choque profondément – nous reprenons ci-dessous quelques-unes de leurs lettres.

Un extrait du livre écrit par Antoine Argoud en 1974, que nous reprenons également, justifie le jugement porté par l’un d’entre eux :
«Les méthodes d’Antoine Argoud étaient davantage celles d’un assassin sans scrupule que d’un officier de l’Armée française».

Lire la suite »
plaque_argoud2.gif
Réhabilitations

L’hommage au colonel Argoud des anciens de l’OAS

L’Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) a annoncé son intention de rendre un hommage public au colonel Antoine Argoud (1914 – 2004), l’un des derniers chefs de l’Organisation armée secrète (OAS). L’association des anciens de l’OAS veut fixer une plaque d’hommage sur la tombe d’Antoine Argoud – une nouvelle provocation de la part de ces tenants de l’Algérie française.

Rappelons qu’« il incombe au maire de prendre les mesures qu’exige le respect de l’ordre public3 » et de s’assurer que les inscriptions polémiques qui seront portées sur cette tombe ne sont pas susceptibles de troubler la sérénité d’un lieu voué au respect des défunts qui y reposent, et de leurs familles.

[Première mise en ligne le 26 mai 2011, mise à jour le 7 juin ]

Lire la suite »

Banyuls-sur-Mer : n’est-ce pas une provocation que de donner à un carrefour le nom du général Bigeard ?

Après celui d’Aix-en-Provence, c’est maintenant au tour du conseil municipal de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-orientales) de voter l’attribution du nom du général Marcel Bigeard à un rond-point de la ville. Mais le maire ne peut ignorer que ce nom reste lié à la torture en Algérie : même s’il a nié que les troupes sous son commandement s’y soient livrées, le général a déclaré en 2000 que l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie avait été « un mal nécessaire ». Faut-il rappeler que l’expression « crevettes Bigeard » désignait alors les personnes qui auraient été exécutées en étant jetées depuis un hélicoptère en mer Méditerranée, les pieds coulés dans une bassine de ciment ?4

L’intention du maire derrière ce choix partisan est apparue clairement lors de l’inauguration.

S’il tenait à rendre hommage à un militaire, le maire aurait pu le choisir parmi les victimes des engagements militaires de notre pays – depuis décembre 2001, 56 militaires français ont perdu la vie en Afghanistan.

[Mis en ligne le 30 avril 2011, mis à jour le 15 mai]

Lire la suite »
Communistes, altermondialistes et associatifs se sont rassemblés hier pour s'insurger contre la commémoration (photo F. Lec)
Nice

Nice : le maire et le préfet laissent célébrer le putsch d’avril 1961

En dépit des nombreuses protestations qu’il a suscitées, un rassemblement a pu se tenir à Nice, samedi 23 avril 2011, dans le jardin
Alsace-Lorraine, devant le monument où est gravé le nom de Roger Degueldre, chef des commandos delta de l’OAS. Il s’agissait de célébrer le soulèvement contre la République des généraux à Alger en avril 1961.

Après le succès de la rencontre organisée le 20 avril dernier par les organisations regroupées autour de la section de Nice de la LDH, cet épisode montre le travail de vérité qu’il reste à faire pour que la guerre d’Algérie soit considérée pour ce qu’elle a été. L’aspect guerre coloniale–guerre d’indépendance de ce conflit, dont le cinquantenaire de la fin sera célébré l’an prochain, doit être reconnu. Tout en s’inclinant devant toutes les victimes, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, envisage l’organisation en 2012 d’une rencontre permettant de développer une réflexion sur les séquelles aujourd’hui de ce conflit colonial, dans le respect de la vérité historique.

[Mis en ligne le 24 avril 2011, mis à jour le 25]

Lire la suite »

les rencontres de la LDH : la parole libérée, à Nice le 20 avril 2011

Une centaine de personnes ont participé, mercredi 20 avril 2011, à la rencontre organisée par la section de Nice de la LDH5, à l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch, sur le thème: “Alger, avril 1961, un soulèvement contre la République”.

Les interventions, dont vous trouverez ci-dessous un compte-rendu (encore incomplet), ont été suivies par des prises de parole de la part de personnes venues assister à cette rencontre. La libération de la parole a été un moment particulièrement fort, et parfois émouvant : pour la première fois, a-t-il été dit, la guerre d’Algérie a pu être évoquée sans retenue à Nice. Le baillon a été défait, la peur surmontée, les témoignages livrés à visage découvert.

La section niçoise de la LDH a l’intention de poursuivre cette ouverture.

[Mis en ligne le 22 avril 2011, mis à jour le 23]

Lire la suite »

l’éloge des putschistes d’Alger d’avril 1961 : une insulte à la République

Des associations nationales et un certain nombre d’organisations niçoises se joignent à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme pour écrire au préfet des Alpes-Maritimes et au maire de Nice : elles tiennent à exprimer leur protestation à la suite de l’annonce dans Nice-Matin, le 27 février dernier, d’un hommage, le 23 avril prochain, au « quarteron de généraux » – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de l’« aventure odieuse et stupide » que fut le putsch d’Alger.

Une commémoration d’autant plus inacceptable qu’elle sera rendue au jardin Alsace-Lorraine devant le monument aux rapatriés, en réalité un monument d’hommage à l’OAS à travers la personne de Roger Degueldre.

Ce projet a notamment suscité l’émotion du Grand Orient de France qui rappelle que parmi les six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés à Alger le 15 mars 1962 figurait Max Marchand, membre de l’obédience.

La FNACA s’indigne et salue la mémoire du sergent Pierre Auguste Brillant, tué le 22 avril 1961 par les hommes du 1er REP, lors de la prise de la station radio d’Alger.

La section de Nice de la LDH a pris l’initiative de la création d’un collectif d’associations républicaines, et appelle le 20 avril à une réunion publique sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République ».

[Mis en ligne le 10 avril 2011, mis à jour le 20]

Lire la suite »