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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Les nostalgiques de la colonisation

Aix-en-Provence : le rond-point Bigeard rebaptisé Maurice Audin

Le 25 septembre dernier, une cinquantaine de militants ont symboliquement débaptisé le Rond-point Général Marcel Bigeard d’Aix-en-Provence et l’ont renommé Maurice Audin en hommage au jeune mathématicien disparu depuis son arrestation par des parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger.

Les noms des généraux Bigeard et Massu sont associés à l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. Et l’enquête menée par Pierre Vidal-Naquet a établi que Maurice Audin est mort sous la torture. Mais la vérité n’a toujours pas été reconnue par les autorités françaises : en juin 2007, sa veuve, Josette Audin, s’est adressée à Nicolas Sarkozy nouvellement élu président de la République pour lui demander de faire la lumière sur la mort de son mari, mais sa lettre n’a pas reçu de réponse à ce jour.

Le Conseil municipal d’Aix-en-Provence n’avait pas attendu le décès du général Bigeard pour attribuer son nom à un rond-point de la commune. Lors de sa réunion du 12 avril 2010, il avait adopté par 40 voix pour, aucune voix contre et 13 abstentions, une délibération en ce sens que Maryse Joissains-Masini, députée-maire d’Aix, connue pour ses positions favorables aux thèses de l’Algérie française, avait proposée – elle répondait ainsi à une demande de l’Union Nationale des Parachutistes1.

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Mémorial du Quai Branly

Mémorial du Quai Branly, l’esprit colonial est toujours vivace au cœur de l’Etat

Réagissant à la présence sur la colonne centrale du mémorial du quai Branly des noms des morts lors de la fusillade du 26 mars 1962 rue d’Isly, Anne Guérin-Castell a publié une série en trois volets sur le journal en ligne Médiapart. Elle précise qu’il ne s’agit pas de nier la réalité de ce qui s’est passé rue d’Isly ce jour-là2. Ce qu’elle dénonce dans cette série, ce sont «trois points très précis qui concernent directement Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants :

  1. le fait que les noms des morts de la rue d’Isly soient inscrits sur la colonne centrale du mémorial du quai Branly : premier volet ;
  2. le fait que si des noms de victimes civiles de l’OAS étaient inscrits sur cette même colonne, rien ne viendrait renseigner sur les circonstances de leur mort, ces noms se retrouvant rangés par ordre alphabétique avec ceux des morts de la rue d’Isly : troisième volet;
  3. le fait que s’il était demandé que les noms des six inspecteurs dont l’assassinat est relaté dans le deuxième volet figurent sur cette colonne, seuls trois d’entre eux y auraient droit, avec éventuellement un quatrième, le secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens Combattants excipant pour cela, sans aucune vergogne, d’un code de la nationalité d’essence raciste. »
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La Une du Quotidien d'Oran du 14 juillet 2010.
Mémorial du Quai Branly

Une proposition de loi contre la réhabilitation insidieuse de l’OAS

Un groupe de sénateurs a déposé le 7 juillet 2010 une proposition de loi visant à mettre un point d’arrêt à la réhabilitation insidieuse de l’OAS qui se développe depuis plusieurs années, comme l’a encore montré la manifestation de Cannes, le 21 mai dernier, à l’occasion de la présentation du film Hors-la-loi.

Ces sénateurs voient dans la décision gouvernementale, annoncée le 5 décembre 2009 par le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants Hubert Falco, un détournement de la vocation du “Mémorial national” du quai Branly, un encouragement aux thèses développées par des organisations extrémistes nostalgiques de l’“Algérie française”. Un encouragement également aux manifestants qui tentent maintenant de s’opposer aux commémorations du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars.

Cette proposition de loi reprend la demande des associations d’anciens combattants de voir le Mémorial national du quai Branly «retrouver sa vocation d’origine». Elle vise également à interdire les hommages publics à l’OAS et à pénaliser les atteintes à la mémoire de victimes de l’organisation terroriste.

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L'hôtel Montcalm en travaux.
Montpellier

Montpellier : un musée de l’histoire de la France en Algérie

Ce nouveau musée devrait ouvrir début 2012. Il réalisera une promesse de Georges Frêche, alors maire de Montpellier, à des associations de rapatriés afin de « rendre hommage à ce que les Français ont fait là-bas… ». Sa réalisation coûtera plus de 19 millions d’euros, et sera financée à 90 % par l’agglomération de Montpellier, le département de l’Hérault et la région apportant chacun 1 million d’euros.

Un projet fortement contesté en Algérie… et en France. Invités à participer à son conseil scientifique, des universitaires en ont démissionné dès 2005, refusant de « servir la soupe aux politiques et aux rapatriés ». Dès le lancement du projet, en 2003, élus communistes et Verts avaient fait connaître leur refus d’un musée à la gloire du colonialisme. Et Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier depuis 2004, s’est désengagée du projet en 2007.

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La stèle OAS du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan.
Perpignan

stèle OAS de Perpignan : en finir avec cette provocation

La cérémonie prévue le lundi 7 juin par les ex-OAS dans le cimetière du Haut-Vernet à Perpignan a été interdite par le préfet. Mais la stèle OAS est toujours en place…

Le collectif de Perpignan demande que cette stèle qui «porte atteinte à la neutralité des cimetières», soit déplacée vers un lieu privé.

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le collectif de Perpignan s’est opposé avec succès à l’hommage à l’OAS prévu le 7 juin 2010

Comme les années précédentes, le collectif Pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne3 s’est opposé à l’hommage à l’OAS prévu au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan le 7 juin 2010, jour anniversaire de l’exécution d’Albert Dovecar et Claude Piegts, assassins du commissaire central d’Alger Roger Gavoury.

Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée le 21 mai 2010, le collectif a rappelé ses autres demandes : le déplacement de la stèle dans un lieu privé, l’apposition d’une plaque à la mémoire de toutes les victimes d’Algérie au jardin de l’ancien couvent des Clarisses, et un centre de la mémoire en Algérie piloté par des scientifiques. Le collectif a organisé sur ce thème une conférence débat à l’université, le 27 mai, à 20 h 30.

On a appris le 1er juin que le préfet avait décidé que «toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan sont interdits le 6 juin 2010 à partir de 18h et durant toute la journée du 7 juin 2010», et que la mairie de Perpignan aurait décidé de fermer l’accès au cimetière pendant la même période. A la suite de la décision du préfet, le collectif a décidé de surseoir à sa manifestation, tout en maintenant sa vigilance.

[Mise en ligne le 25 mai 2010, mise à jour le 3 juin]

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Conférence de presse du 1er février 2008 (Photo Jean Roig).
Perpignan

collectif “pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne”

Le collectif des opposants au projet de musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation a, lors d’une conférence de presse, le 1er février 2008, exposé ses revendications. Il demande :

  • un « Centre de Documentation sur l’Histoire Franco-Algérienne », piloté par un comité scientifique indépendant de la mairie et de toute association mémorielle,
  • la création d’un mémorial en hommage à toutes les victimes de la Guerre d’Algérie,
  • le déplacement hors de l’espace public de la stèle pro-OAS.

Deux ans plus tard – entre-temps, Jean-Marc Pujol avait succédé à Jean-Paul Alduy à la mairie de Perpignan – … le collectif rappelait ses revendications.

[Mise en ligne le 3 février 2008, mise à jour le 4 mai 2010]

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Mémorial du Quai Branly

Un monument détourné de sa destination première

Dans une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy, neuf associations mettent en cause la politique mémorielle du gouvernement concernant la guerre d’Algérie. Elles attirent l’attention du président de la République sur une décision récemment mise en œuvre par les services du secrétaire d’État à la défense et aux Anciens combattants, qui consiste à faire apparaître, sur le Mémorial national des Morts pour la France en AFN, quai Branly à Paris, les noms des victimes civiles de la manifestation du 26 mars 1962 à Alger, à l’appel de l’OAS4.

Dénonçant une démarche «de plus en plus ostensiblement discriminatoire» dans un domaine qui touche au cœur des relations franco-algériennes, les associations demandent que le mémorial «retrouve sa vocation d’origine» et soit «remis en l’état où il se trouvait antérieurement à mars 2010».

L’inquiétude des associations a été relayée à l’Assemblée nationale et au Sénat, où une vingtaine de parlementaires ont adressé des questions écrites sur ce sujet au secrétaire d’État aux Anciens combattants.

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la justice confirme que les stèles dédiées à l’OAS n’ont pas leur place sur le domaine public

Dans un arrêt rendu public le 23 avril 2010, la Cour administrative d’appel de Marseille confirme que les stèles dédiées à l’OAS n’ont leur place ni à l’intérieur d’un cimetière ni, plus généralement, sur le domaine public.

Une décision importante alors que des hommages publics à d’anciens criminels de l’OAS sont organisés ou tolérés, dans un contexte où le pouvoir politique cherche à satisfaire, dans le domaine mémoriel, les demandes d’un lobby nostalgique de la colonisation et en lien étroit avec l’extrême droite 5.

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Le mémorial du Quai Branly (photo : cheminsdememoire.gouv.fr)
Mémorial du Quai Branly

Le mémorial du quai Branly, le pouvoir et les nostalgiques de la colonisation

Le président de la République et son gouvernement ont décidé d’inscrire sur la colonne centrale du Mémorial du quai Branly les noms des victimes civiles de la manifestation de la rue d’Isly, à Alger, le 26 mars 1962.

La Ligue des droits de l’Homme, tout en s’inclinant devant la mémoire des civils victimes de ce tragique évènement, proteste contre l’ouverture du Mémorial aux seules victimes d’une manifestation organisée par l’OAS.

La LDH dénonce une nouvelle tentative du pouvoir politique pour chercher à satisfaire les demandes d’un lobby nostalgique de la colonisation, lié à l’extrême droite.

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Toulon et Cagnes-sur-Mer : contestation de cérémonies commémorant les “barricades d’Alger”

Plusieurs associations protestent contre les célébrations en région Provence-Alpes-Côte d’Azur du 50e anniversaire des Barricades de janvier 1960 à Alger6. Ces tragiques journées apparaissent en effet comme le début d’une guerre civile qui culmina avec le putsch des généraux d’avril 1961, avant de se poursuivre par le combat sans issue de l’OAS qui devait anéantir toute chance d’un règlement humain de la guerre d’Algérie.

A la suite des communiqués de l’ANPNPA, de l’ANPROMEVO et de l’association Les amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, nous reprenons une tribune dans laquelle les présidents des deux dernières associations s’interrogent devant «la mise en œuvre d’une politique de mémoire adossée à la valorisation du fait colonial». Ils demandent si «la France ne serait pas entrée en voie de repentance pour avoir permis la décolonisation de l’Algérie ?».

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Patrick Buisson

La guerre d’Algérie française de Patrick Buisson

On ne présente plus Patrick Buisson, ardent conseiller de Nicolas Sarkozy, de la chaîne Histoire et des cabinets Publifact et Publiopinion, naguère de l’hebdomadaire d’extrême-droite Minute. Si l’histoire vraie s’écrit en confrontant des documents d’origines différentes, le luxueux album de Buisson ne montre que des photos militaires françaises conçues comme armes de guerre psychologique.

Deux historiens, Gilbert Meynier et Mohammed Harbi, analysent ci-dessous l’album La guerre d’Algérie, 1954-1962 où Patrick Buisson raconte l’Algérie dont il a rêvé7.

Ce texte a été repris sur LEMONDE.FR le 22 décembre sous une forme abrégée, avec les signatures de 7 universitaires.

[Mise en ligne le 13 décembre 2009, complétée le 22 décembre]

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