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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Les nostalgiques de la colonisation

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Les pieds-noirs « nostalgériques »

“Les pieds-noirs et la politique”, par Emmanuelle Comtat

Le livre – bienvenu – d’Emmanuelle Comtat est consacré à l’étude du rapport des pieds-noirs à la politique
de 1871 à nos jours, avec la guerre d’Algérie et le retour en France comme moments-clés. Comment votait-on dans les départements français d’Algérie ? Quelles furent les conséquences de la guerre puis du rapatriement en France sur le comportement politique des pieds-noirs ? Que reste-t-il du « vote pied-noir » aujourd’hui ou de leur proximité avec le Front national ?
Quelle incidence la guerre d’Algérie continue-t-elle d’exercer sur leurs attitudes politiques ? Comment leurs enfants ont-ils réagi au traumatisme vécu par leurs parents ? …

A la suite du sommaire, vous trouverez une présentation de l’ouvrage par Bruno Modica.

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Saïd Boualam (photo : Assemblée nationale)
Les nostalgiques de la colonisation

Elie Aboud, ou le déni du passé colonial de la France

Après avoir cautionné par sa présence une cérémonie d’hommage à l’OAS, le 26 mars dernier, au cimetière neuf de Béziers, le député Elie Aboud a participé le 12 décembre à l’inauguration d’un rond-point dédié au bachaga Boualam, à Béziers.

Il est vrai que Elie Aboud est député d’un département où les extrémistes de l’“Algérie française” continuent à se manifester bruyamment… Mais cet homme politique ambitieux semble ignorer que les Pieds-noirs et leurs descendants ne sont pas tous nostalgiques de la période coloniale, que les Harkis sont las d’être instrumentalisés1, et que les liens qui se sont tissés entre les deux rives de la Méditerranée sont profonds.

La guerre d’indépendance algérienne s’est terminée il y aura bientôt cinquante ans. Il serait temps que la France regarde son passé en face, qu’elle exprime enfin quelque “regret” pour les violences faites aux Algériens pendant la période coloniale, et qu’elle établisse avec son voisin des relations fondées sur le respect mutuel.

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Les habits neufs de Patrick Buisson, par Mohammed Harbi

Le “conseiller spécial” du président Sarkozy a publié récemment un album consacré à La Guerre d’Algérie, qui présente «une vision apologétique de l’Algérie coloniale et de l’action des militaires», et qui a bénéficié d’une promotion de la part des pouvoirs publics – voir notre article.

L’historien Mohammed Harbi réagit en rappelant que « les “haines rentrées” alimentent la discorde entre les peuples toujours à leur détriment».2

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Condamnations pour diffamation de la mémoire du commissaire Roger Gavoury, mort pour la France

Jean-François Gavoury, fils du commissaire Roger Gavoury assassiné à Alger le 31 mai 1961 par un commando de l’OAS – voir cette page –, nous fait part des lourdes condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Créteil, le 6 novembre 2009, pour diffamation envers son père.

Espérons que ces sanctions mettront un terme aux injures faites à la mémoire des victimes de l’OAS, et aux initiatives visant à l’apologie de l’organisation terroriste.

Jean-François Gavoury se propose d’utiliser le produit des dommages et intérêts auxquels les prévenus ont été condamnés au développement de projets liés au combat que mène l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – ANPROMEVO – dont il est le président-fondateur.

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Une manifestation visant à empêcher le départ pour l'Algérie d'un train de rappelés.
Villes du Midi et mémoire de l'Algérie française

Armande et le mémorial de Sète

Un Mémorial dédié aux 218 Héraultais morts dans les conflits d’Afrique du Nord a été inauguré à Sète mardi 27 octobre 2009, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, de dizaines d’associations d’anciens combattants et de plusieurs milliers de personnes. Ce monument a été implanté sur la Corniche de Sète à l’initiative de l’association du Mémorial héraultais présidée par Jacques Bousquet.

Un Mémorial où – espérons-le – on aura une pensée pour les morts algériens, lors des futurs hommages3. Sans oublier ceux qui se sont opposés à ces guerres coloniales, comme le rappelle Armande dont nous reprenons le cri de protestation.

[Mise en ligne le 1er novembre 2009, mise à jour le 2 novembre]

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Le 6 juin 2009, inauguration à Sète d’un mémorial des rapatriés d’Afrique du Nord

La ville de Sète possède maintenant au moins deux lieux de mémoire dédiés au passé colonial de la France en Afrique du Nord.

Un Mémorial dédié aux 218 Héraultais morts dans les conflits d’Afrique du Nord a été inauguré mardi 27 octobre 2009 sur la Corniche.
Quelques mois auparavant, samedi matin 6 juin 2009, un Mémorial Sétois d’Afrique du Nord avait été inauguré au Cimetière Marin, en présence d’une foule importante et de tout un aréopage de personnalités – Gilles d’Ettore, député maire d’Agde, François Commeinhes, maire de Sète, ainsi que le président du Haut Commissariat aux Rapatriés4.

Note : Le titre de cette page – initialement : “la ville de Sète candidate pour l’érection du prochain monument nostalgérique ?” – et son chapeau ont été réécrits le 2 novembre 2009.

[Première publication le 26 nov. 2007, mise à jour le 2 nov. 2009]

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Assemblée générale de l'ANPNPA, à La Ciotat le 3 octobre 2009.
Les pieds-noirs « nostalgériques »

L’ANPNPA a fêté son premier anniversaire

L’association des “pieds noirs progressistes et de leurs amis” a tenu sa première assemblée générale le 3 octobre 2009. Une cinquantaine de ses membres se sont retrouvés à La Ciotat pour faire un bilan de l’année écoulée et évoquer des projets d’avenir.

«La démarche de l’association se fait par rapport à la mémoire pour reconstruire un contact avec l’Algérie, avec l’aide d’associations dont une qui est très active en Algérie : l’association des anciens appelés en Algérie contre la guerre » explique le président de l’ANPNPA, Jacques Pradel. «Nous œuvrons pour le rapprochement des peuples algérien et français ».

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La loi du 23 février 2005 et l’indemnisation d’anciens activistes de l’OAS

L’article le plus connu de la loi 2005-158 du 23 février 2005 est sans conteste le quatrième, du fait de l’abrogation décrétée le 15 février 2006 de son second alinéa : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord […]».

Mais cette loi comporte d’autres mesures qui sont passées en douceur. Notamment son article 13 visant à indemniser «les personnes de nationalité française […] ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle […]». En clair, il s’agissait d’indemniser certains anciens activistes de l’OAS qui avaient interrompu leur activité professionnelle pour se réfugier à l’étranger avant de bénéficier de l’amnistie de 1969, et qui ont de ce fait perdu des annuités de retraite.

Le point sur l’application de cet article 13 de la loi du 23 février 2005.

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“OAS ASSASSIN
Béziers

Cérémonie controversée du souvenir au cimetière de Béziers

La confrontation prévue a eu lieu, à Béziers, au cimetière neuf, dimanche 5 juillet 2009 : d’un côté, près de deux cents rapatriés d’Algérie sont venus, au prétexte de rendre hommage aux victimes du massacre d’Oran, le 5 juillet 1962, mais en réalité pour y glorifier l’organisation terroriste OAS. En effet la préfecture avait finalement autorisé ce rassemblement controversé.

En face, près d’une cinquantaine d’opposants à la plaque dédiée à l’OAS apposée sur la stèle érigée par les rapatriés avaient répondu à l’appel de l’Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA).

[Première mise en ligne le 7 juillet, mise à jour le 11 juillet 2009]

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Parfums électoralistes autour de la stèle OAS de Béziers

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme a exprimé son indignation devant la présence le 26 mars dernier du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés, « à un rassemblement au cimetière neuf de Béziers devant une stèle ornée d’une plaque dédiée à quatre anciens membres des commandos de l’OAS.»5

Début novembre 2008, un ancien de l’OAS avait pu célébrer le souvenir des « partisans patriotes de l’Algérie française » devant cette même stèle. Et une nouvelle cérémonie s’y déroulera, au cours de la matinée du 5 juillet…

Décidément la “compréhension” de Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers, envers ces extrémistes est en train de faire de Béziers un haut-lieu de la réhabilitation de l’OAS !

La «réelle motivation» du sénateur-maire est bien connue à Béziers : pour battre Georges Frêche lors des élections régionales de mars prochain, Raymond Couderc fait tout pour obtenir l’appui du “lobby pied-noir”. Peut-on lui faire remarquer que ce groupe de pression ne représente qu’une frange de ceux qui se considèrent comme des rapatriés d’Algérie. Le communiqué de l’Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), que nous reprenons ci-dessous, le montre clairement.

La section de Béziers de la LDH et d’autres associations se joignent à l’ANPNPA pour dénoncer la manifestation des extrémistes de l’OAS camouflée derrière le prétexte d’un hommage aux victimes des événements dramatiques d’Oran.

[Mise en ligne le 29 juin, mise à jour le 3 juillet 2009]

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La stèle de Perpignan.
Aix-en-Provence

Une seule plaque vous manque… à Aix en Provence ?

Selon des sources dignes de foi, Maryse Joissains-Masini, député-maire (UMP) d’Aix-en-Provence aurait donné au printemps 2008 un accord de principe à la pose d’une plaque « en mémoire des morts de l’Algérie française ». La demande lui aurait été adressée par le président du Collectif aixois des rapatriés, Robert Saucourt6.

Des Aixois ont réagi, vous trouverez ci-dessous leur communiqué, suivi de réactions publiées dans la presse.

Une question écrite posée par Maryse Joissains en mai 2009 – en prévision de l’annulation par le Conseil d’Etat de l’élection municipale d’Aix en Provence ?7 – montre qu’elle n’a pas renoncé à « occuper le terrain de l’extrême droite ».

[Première mise en ligne le 13 juin 2008, mise à jour le 1er juillet 2009]
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