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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La reconnaissance du passé colonial

Rattacher la tragédie des harkis
à l’histoire de la colonisation

Les deux enfants de harkis auteurs de cette tribune publiée par le quotidien Libération, Abd El Kader Mokhtari, originaire de Messelmoun (Cherchell), qui a grandi à la Cité de la Briqueterie à Amiens, membre du Rassemblement Harki et du Collectif Justice pour les Harkis et leurs familles, et Amar Assas, originaire de Chir (Willaya de Batna, dans l’Aurès), qui a vécu enfant dans le camp de forestage de Rosans, dans les Hautes-Alpes, considèrent qu’il faut replacer le sort des harkis dans le contexte de la colonisation. Amar Assas, dans une tribune parue le 26 août 2022 dans Le Monde, a regretté les propos tenus par Gisèle Halimi sur les harkis, mais a considéré que son opposition au colonialisme, comme son féminisme, justifient pleinement les nombreuses demandes en faveur de sa panthéonisation.

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La reconnaissance du passé colonial

Dans toute la France,
des initiatives en 2022
en mémoire du 17 octobre 1961

Davantage que les années précédentes, le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés le 17 Octobre 1961 a été l’objet d’initiatives dans de nombreuses villes françaises. Ci-dessous, quelques échos de ce que des associations et des collectivités locales ont organisé. Ainsi à Rennes, une nouvelle plaque commémorative a été posée, et, à Marseille, Nîmes, Grenoble, Besançon, Montpellier et Béziers, des rassemblements ont eu lieu. Trois étudiants en audiovisuel de Roubaix ont réalisé un court-métrage d’animation, « Les Larmes de la Seine », qui a été récompensé lors de la cérémonie des Oscars étudiants à Los Angeles, et, à Charleville-Mézières, une pièce de théâtre a été représentée. Tout cela rappelle que la reconnaissance des crimes de la colonisation est non seulement une nécessité historique mais aussi un enjeu pour que l’avenir de la France ne soit pas prisonnier de cette page sombre de son passé.

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Commémorations

En banlieue parisienne, nombreuses commémorations en 2022 du 17 octobre 1961

En dehors du rassemblement à Paris, sur le Pont Saint-Michel, pour le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés au cœur de la capitale le 17 octobre 1961, de nombreuses initiatives ont eu lieu en banlieue parisienne, là où la mémoire de l’immigration algérienne est vivace. Ci-dessous, quelques-unes d’entre elles, à Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Nanterre, Bobigny, Villetaneuse, Saint-Ouen, Garges-les-Gonesse, Asnières, Stains, Montreuil, La Plaine Sain-Denis, Noisy-le-Sec, Trappes, Thiais, Choisy-Orly, La Courneuve, Bonneuil-sur-Marne. Notamment à l’initiative des Oranges, de l’Association pour la culture et le voyage (APCV) et des collectivités locales. L’APCV propose que le 17 Octobre devienne une Journée nationale officielle de la lutte anticoloniale qui commémorerait aussi d’autres crimes comme ceux de mai-juin 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, du 14 juillet 1953 à Paris, place de la Nation, du 8 février 1962 au métro Charonne, et d’autres.

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Commémorations

Un appel à la commémoration en 2022
du massacre des Algériens à Paris
du 17 octobre 1961

De nombreuses initiatives dans toute la France vont marquer en 2022 le 61ème anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Notre site s’en fera écho. Le collectif unitaire « 17 octobre 1961. Vérité et justice » a publié un appel signé par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques demandant une pleine reconnaissance de ce crime d’Etat sur lequel les autorités françaises, pendant plus de vingt ans, ont diffusé de grossiers mensonges. Il invite à un rassemblement le 17 octobre 2022 sur le pont Saint-Michel à Paris. En 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait un geste au pont de Bezons, l’un des lieux de ce massacre, que ce collectif considère comme étant loin d’être suffisant.

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La reconnaissance du passé colonial

« C’était la guerre d’Algérie »
une série documentaire diffusée à la télévision
à voir et à débattre

La série télévisée « C’était la guerre d’Algérie » de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, diffusée à 20h30 par la chaîne LCP du 3 au 6 octobre 2022 et qui est disponible aussi en replay sur le site de LCP, suscite de nombreuses réactions. Un précédent documentaire de Georges-Marc Benamou consacré aux massacres d’Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui occultait le rôle de l’OAS avait été fortement contesté. Sur cette série écrite avec Benjamin Stora, Nathalie Funès a publié dans L’OBS un article qui souligne opportunément son intérêt. Même si sa phrase, « Deux peuples déchirés un temps mais liés à jamais par ce passé commun », sans être inexacte, nous fait songer à la formule employée par Emmanuel Macron : entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique », qu’un historien dans Le Monde a légitimement contestée. Car il ne doit pas y avoir d’ambigüité sur le caractère criminel de la colonisation. Cette série documentaire importante est à voir et à débattre.

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La reconnaissance du passé colonial

Une histoire de la doctrine
de la « guerre révolutionnaire »

Les techniques issues de la tradition militaire de « contre-insurrection », la doctrine française de la « guerre révolutionnaire » (DGR), sont aujourd’hui banalisées dans nombre de polices du monde. D’où l’intérêt de ce livre de Jérémy Rubenstein, spécialiste de l’Argentine et de la violence politique, qui retrace son histoire méconnue. Elle a été formalisée par des officiers français dans la guerre d’Indochine et celle d’Algérie, visant un contrôle intégral de l’ensemble de la société par la propagande et la manipulation, mais aussi par la terreur : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations. Elle a essaimé depuis vers d’autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d’Irak et d’Afghanistan, de l’Argentine des années 1970 à l’Afrique des années 1980 ou l’Algérie des années 1990.

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La reconnaissance du passé colonial

Quel travail historique à poursuivre
sur le passé franco-algérien ?

Dans un entretien avec Kamel Lakhdar Chaouche publié par le quotidien algérien L’Expression, l’historien Gilles Manceron explique que les historiens algériens et français travaillent depuis des décennies sur l’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne. En témoignent les livres codirigés depuis les années 1980 par Mohammed Harbi et Benjamin Stora. Il reste beaucoup de travail à faire dans les deux pays pour une ouverture des archives qui ne soit pas seulement réservée à quelques-uns. En France, il faut combattre la tradition de fermeture qui se fonde sur l’idée de « secret défense » invoquée pour cacher des faits historiques. Il faut faciliter les déplacements des chercheurs algériens pour des séjours de travail en France.

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La reconnaissance du passé colonial

L’historien Christophe Lafaye
s’exprime dans le débat sur le projet de commission mixte
sur l’histoire franco-algérienne

L’historien et archiviste Christophe Lafaye travaille en particulier sur les « sections de grottes » mises en place par l’armée française de 1956 à 1962 pour asphyxier les maquisards algériens réfugiés dans des cavités naturelles. Dans le quotidien algérien L’Expression, il s’exprime dans le débat sur le projet de commission mixte sur l’histoire franco-algérienne annoncée fin août 2022 lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron en Algérie. Il met en garde contre les instrumentalisations de l’histoire par les pouvoirs politiques. Selon lui, cette commission « devrait “stimuler la recherche” plutôt que de “l’encadrer”, permettant ensuite d’entrer dans une logique de “recherche partagée” comme préalable à l’écriture d’une histoire commune. »

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La reconnaissance du passé colonial

Des historiennes et historiens
expriment leur solidarité avec l’auteur
d’une tribune parue dans « Le Monde »
dont l’Elysée avait demandé le retrait

Emmanuel Macron a déclaré le 26 août 2022, lors de son voyage en Algérie, qu’entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique ». Le politiste Paul Max Morin, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde le 2 septembre 2022, a estimé que cette « réduction de la colonisation à une “histoire d’amour” parachève la droitisation d’Emmanuel Macron sur la question mémorielle ». Après des protestations provenant de l’Élysée, la tribune a été supprimée par le journal de son édition en ligne. Notre site l’a publiée tout en rappelant quelques faits relatifs à la violence de la colonisation de l’Algérie. A son tour, un collectif d’universitaires, dans une tribune parue dans Le Monde le 20 septembre 2022 qu’on retrouvera ci-dessous, écrit que l’analyse de Paul Max Morin ne pouvait être qualifiée d’erronée, qu’elle pouvait être contestée mais ne méritait pas d’être retirée, et ils ont exprimé à ce chercheur leur respect et leur soutien.

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

« Les otages, contre-histoire
d’un butin colonial »,
par Taina Tervonen

« Derrière les objets issus des guerres coloniales que nous admirons dans les musées se trouve une histoire violente, il est temps de l’écouter. » Dans Les otages, contre-histoire d’un butin colonial, publié en août 2022 par les éditions Marchialy, la journaliste franco-finlandaise née au Sénégal Taina Tervonen raconte, à la première personne, une passionnante enquête menée en France, au Sénégal et au Mali pour reconstituer l’histoire d’objets pillés par l’armée française lors de la prise de Ségou en 1890, au « Soudan français », aujourd’hui le Mali. Nous publions une recension de ce livre par Le Monde Afrique, ainsi qu’un entretien avec l’autrice publié dans Streetpress.

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La reconnaissance du passé colonial

L’Association Josette et Maurice Audin,
présidée par le mathématicien Cédric Villani,
poursuit son action

Créée en 2004 par le mathématicien Gérard Tronel et présidée jusqu’en 2022 par Pierre Mansat, l’Association Josette et Maurice Audin est désormais présidée par Cédric Villani. Il a joué un rôle décisif dans l’acte historique accompli par le Président de la République le 13 septembre 2018, lors de sa visite au domicile de Josette Audin, reconnaissant la responsabilité de la France dans l’enlèvement et l’assassinat de Maurice Audin par les militaires qui le détenaient et dans la pratique de la torture par l’armée française en Algérie. L’Association Josette et Maurice Audin, impliquée depuis février 2020 jusqu’à septembre 2021 dans le Collectif Accès aux archives publiques, reste préoccupée par la question de l’accès aux archives en France et en Algérie et travaille, avec d’autres, à la création d’une instance sur le thème Citoyenneté et archives.

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