4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

L'accès aux archives coloniales

L’accès en France aux documents
liés à la guerre d’Algérie
est toujours aussi difficile
selon l’historien Marc André

Dans une tribune au Monde, l’historien Marc André explique que les archives de la guerre d’Algérie en France sont trop souvent inaccessibles aux demandeurs. Emmanuel Macron s’était pourtant engagé en septembre 2018 à en faciliter la consultation. Une bataille a dû être livrée par des archivistes, des juristes et des historiens devant le Conseil d’Etat pour que les entraves mises en place par le SGDSN (Secrétariat général à la défense et la sécurité nationale) soient levées. A la décision remarquable rendue par le Conseil d’Etat a suivi un article de loi voté à la hâte au nom de la lutte antiterroriste. Ci-dessous l’enregistrement des débats du colloque qui s’est tenu au Sénat le 5 septembre 2022 sur le thème « Archives et démocratie : au-delà du Secret défense », ainsi que l’article publié par un archiviste algérien dans Le Quotidien d’Oran.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Le grand prix
des Rendez-vous de l’histoire de Blois
remis à Malika Rahal

Le Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire 2022 a été attribué à Malika Rahal pour son ouvrage Algérie 1962, une histoire populaire. Il lui a été remis le 8 octobre 2022, dans l’hémicycle de la Halle aux grains, par l’historien Maurice Sartre, président du jury constitué de Sylvie Aprile, Fabien Archambault, Michelle Bubenicek, Jean-François Chauvard, Sophie Cœuré, Olivier Compagnon, Marie-Laure Derat, Claudia Moatti, Annliese Nef et Pierre-François Souyri. Ci-dessous le film de la remise de ce prix, que nous faisons suivre du compte rendu d’un forum qui a eu lieu à Alger le 13 novembre 2022 lors du séjour de recherches que cette historienne effectue en Algérie au nom notamment du site 1000autres.org, « des Maurice Audin par milliers », auquel contribue aussi l’historien Fabrice Riceputi.

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La reconnaissance du passé colonial

A Marseille, le maire rebaptise une école
portant le nom du général Bugeaud

A Marseille, l’école Bugeaud a été renommée « Ahmed Litim », du nom d’un tirailleur algérien qui a donné sa vie le 25 août 1944 pour libérer la ville. Selon les mots du maire, Benoît Payan, « l’Histoire de la France, c’est aussi celle de Bugeaud, de la colonisation ou de la collaboration. Nous continuerons de l’enseigner à nos enfants. Mais la ville a choisi de donner aux enfants de Marseille l’exemple d’un héros plutôt que celui d’un bourreau ». Samia Chabani, de l’association Ancrages, centre de ressources sur l’histoire des migrations à Marseille, a salué cette décision. Elle demande que les auteurs de violences dans les guerres coloniales ne soient plus honorés dans l’espace public et que les associations valorisant les mémoires des migrations postcoloniales soient représentées à la commission des noms de rues.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’enlèvement et l’assassinat de Ben Barka :
mobilisation pour le 57ème anniversaire

Pour les 57 ans de l’enlèvement et de l’assassinat de Mehdi Ben Barka, un rassemblement a eu lieu le 29 octobre 2022 à Paris, boulevard Saint-Germain, sur les lieux où ce crime a été commis à l’initiative du pouvoir marocain et avec d’importantes complicités françaises. Comme notre site l’a expliqué : dans l’enlèvement en plein Paris et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, la complicité de Roger Frey et Maurice Papon est lourde. Même si le chef de l’Etat, le général de Gaulle, après avoir, en apprenant les faits, exprimé à la mère de Mehdi Ben Barka sa volonté d’établir la vérité sur ce crime, s’est résolu en janvier 1966 à dire que les complicités françaises n’avaient été que « subalternes ». Cette double implication des Etats marocains et français explique que l’enquête judiciaire toujours en cours ne connaisse aucun progrès.

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La grande répression d'Alger 1957

Les viols dans la guerre d’Algérie :
une bande dessinée et un film d’animation
vont-ils marquer la fin du silence ?

Une bande dessinée et un film d’animation réalisés soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie vont-il mettre fin au silence sur les viols pratiqués par des militaires français durant cette guerre ? En juin 2000, le témoignage publié dans Le Monde de Louisette Ighilahriz, victime de viols perpétrés durant sa détention par des soldats français à Alger en 1957, avait déjà provoqué un débat public. La journaliste Florence Beaugé qui était à l’origine de ce témoignage vient, en collaboration avec le dessinateur Aurel, de signer un récit graphique et un film d’animation sur ces événements, dans La Revue Dessinée et dans Le Monde. Elle estime dans un entretien à Middle East Eye que « les viols de l’armée coloniale constituent une réalité trop gênante encore aujourd’hui pour les responsables politiques et militaires français ».

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La reconnaissance du passé colonial

Rattacher la tragédie des harkis
à l’histoire de la colonisation

Les deux enfants de harkis auteurs de cette tribune publiée par le quotidien Libération, Abd El Kader Mokhtari, originaire de Messelmoun (Cherchell), qui a grandi à la Cité de la Briqueterie à Amiens, membre du Rassemblement Harki et du Collectif Justice pour les Harkis et leurs familles, et Amar Assas, originaire de Chir (Willaya de Batna, dans l’Aurès), qui a vécu enfant dans le camp de forestage de Rosans, dans les Hautes-Alpes, considèrent qu’il faut replacer le sort des harkis dans le contexte de la colonisation. Amar Assas, dans une tribune parue le 26 août 2022 dans Le Monde, a regretté les propos tenus par Gisèle Halimi sur les harkis, mais a considéré que son opposition au colonialisme, comme son féminisme, justifient pleinement les nombreuses demandes en faveur de sa panthéonisation.

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La reconnaissance du passé colonial

Dans toute la France,
des initiatives en 2022
en mémoire du 17 octobre 1961

Davantage que les années précédentes, le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés le 17 Octobre 1961 a été l’objet d’initiatives dans de nombreuses villes françaises. Ci-dessous, quelques échos de ce que des associations et des collectivités locales ont organisé. Ainsi à Rennes, une nouvelle plaque commémorative a été posée, et, à Marseille, Nîmes, Grenoble, Besançon, Montpellier et Béziers, des rassemblements ont eu lieu. Trois étudiants en audiovisuel de Roubaix ont réalisé un court-métrage d’animation, « Les Larmes de la Seine », qui a été récompensé lors de la cérémonie des Oscars étudiants à Los Angeles, et, à Charleville-Mézières, une pièce de théâtre a été représentée. Tout cela rappelle que la reconnaissance des crimes de la colonisation est non seulement une nécessité historique mais aussi un enjeu pour que l’avenir de la France ne soit pas prisonnier de cette page sombre de son passé.

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Commémorations

En banlieue parisienne, nombreuses commémorations en 2022 du 17 octobre 1961

En dehors du rassemblement à Paris, sur le Pont Saint-Michel, pour le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés au cœur de la capitale le 17 octobre 1961, de nombreuses initiatives ont eu lieu en banlieue parisienne, là où la mémoire de l’immigration algérienne est vivace. Ci-dessous, quelques-unes d’entre elles, à Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Nanterre, Bobigny, Villetaneuse, Saint-Ouen, Garges-les-Gonesse, Asnières, Stains, Montreuil, La Plaine Sain-Denis, Noisy-le-Sec, Trappes, Thiais, Choisy-Orly, La Courneuve, Bonneuil-sur-Marne. Notamment à l’initiative des Oranges, de l’Association pour la culture et le voyage (APCV) et des collectivités locales. L’APCV propose que le 17 Octobre devienne une Journée nationale officielle de la lutte anticoloniale qui commémorerait aussi d’autres crimes comme ceux de mai-juin 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, du 14 juillet 1953 à Paris, place de la Nation, du 8 février 1962 au métro Charonne, et d’autres.

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Commémorations

Un appel à la commémoration en 2022
du massacre des Algériens à Paris
du 17 octobre 1961

De nombreuses initiatives dans toute la France vont marquer en 2022 le 61ème anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Notre site s’en fera écho. Le collectif unitaire « 17 octobre 1961. Vérité et justice » a publié un appel signé par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques demandant une pleine reconnaissance de ce crime d’Etat sur lequel les autorités françaises, pendant plus de vingt ans, ont diffusé de grossiers mensonges. Il invite à un rassemblement le 17 octobre 2022 sur le pont Saint-Michel à Paris. En 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait un geste au pont de Bezons, l’un des lieux de ce massacre, que ce collectif considère comme étant loin d’être suffisant.

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La reconnaissance du passé colonial

« C’était la guerre d’Algérie »
une série documentaire diffusée à la télévision
à voir et à débattre

La série télévisée « C’était la guerre d’Algérie » de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, diffusée à 20h30 par la chaîne LCP du 3 au 6 octobre 2022 et qui est disponible aussi en replay sur le site de LCP, suscite de nombreuses réactions. Un précédent documentaire de Georges-Marc Benamou consacré aux massacres d’Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui occultait le rôle de l’OAS avait été fortement contesté. Sur cette série écrite avec Benjamin Stora, Nathalie Funès a publié dans L’OBS un article qui souligne opportunément son intérêt. Même si sa phrase, « Deux peuples déchirés un temps mais liés à jamais par ce passé commun », sans être inexacte, nous fait songer à la formule employée par Emmanuel Macron : entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique », qu’un historien dans Le Monde a légitimement contestée. Car il ne doit pas y avoir d’ambigüité sur le caractère criminel de la colonisation. Cette série documentaire importante est à voir et à débattre.

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La reconnaissance du passé colonial

Une histoire de la doctrine
de la « guerre révolutionnaire »

Les techniques issues de la tradition militaire de « contre-insurrection », la doctrine française de la « guerre révolutionnaire » (DGR), sont aujourd’hui banalisées dans nombre de polices du monde. D’où l’intérêt de ce livre de Jérémy Rubenstein, spécialiste de l’Argentine et de la violence politique, qui retrace son histoire méconnue. Elle a été formalisée par des officiers français dans la guerre d’Indochine et celle d’Algérie, visant un contrôle intégral de l’ensemble de la société par la propagande et la manipulation, mais aussi par la terreur : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations. Elle a essaimé depuis vers d’autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d’Irak et d’Afghanistan, de l’Argentine des années 1970 à l’Afrique des années 1980 ou l’Algérie des années 1990.

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