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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Diverses questions d’histoire

lettre ouverte de Shlomo Sand à Pierre-André Taguieff

L’historien israélien Shlomo Sand répond à la tribune de Pierre-André Taguieff publiée dans Le Monde, à propos de l’antisémitisme en France. « De mon point de vue, la principale caractéristique de la judéophobie parmi les groupes marginaux de banlieues est l’identification dangereusement erronée entre : sionisme, Israël et juifs. Or, c’est précisément ce que font, sans relâche et sans distinction, les dirigeants d’Israël, le CRIF… et toi. »

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colonisation de la Palestine : l’hypocrisie doit cesser

Etienne Balibar, philosophe, Alice Cherki, psychanalyste et Mohammed Harbi, Gilles Manceron et Bernard Ravenel, historiens, considèrent que le crime commis fin juillet dans un village de Cisjordanie contre une famille palestinienne, dont le père et un bébé ont été brûlés vifs est une conséquence directe de la colonisation. Avec le collectif « Trop, c’est trop ! », ils militent pour que des sanctions soient imposées à Israël.

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“le prix à payer” : des “terroristes juifs”

Un nouvel et ignoble attentat vient d’être commis par des extrémistes israéliens contre une famille palestinienne dans la nuit du 30 au 31 juillet 2015 à Kafr Douma, un village proche de Naplouse. Quatre colons ont incendié une maison laissant sur les murs l’inscription « le Prix à payer » (Tag mehir, en hébreu). Un enfant de 18 mois est mort brûlé, un autre est grièvement blessé, les parents sont entre la vie et la mort, brûlés au 3e degré.

Dès le 31 juillet les médias ont mis en avant les propos du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui s’est dit « choqué » par un acte qu’il a qualifié de « terroriste ».

Ce qui est choquant et assimilable à du « terrorisme d’État », c’est la politique coloniale et l’occupation par Israël depuis 48 ans des terres palestiniennes qui provoquent de tels actes criminels et racistes.

Ce qui est choquant, c’est la protection des colons à chaque agression menée contre les Palestiniens dans l’annexion de leur terre, de leur village, de leurs maisons, de leur eau. Hier encore, le gouvernement Israélien ne vient-il pas d’autoriser la construction de 300 nouveaux logements pour étendre toujours plus, les colonies illégales en Cisjordanie.

Ce qui est choquant, c’est le silence des gouvernements français et européens et l’absence de sanctions un État qui continue en toute impunité de bafouer toutes les règles du droit international et toutes les résolutions de l’ONU concernant l’occupation, le retrait israélien des colonies, le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. 1

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La politique de Valls envers les Roms n’a pas changé

3 947 personnes ont été expulsées dans 37 lieux de vie, au cours du premier semestre 2015. La Ligue des droits de l’Homme rappelle ses positions à l’occasion de la publication d’un recensement des évacuations forcées, fruit d’un travail commun de la LDH avec le European Roma Rights Centre (ERRC).

La LDH préconise « la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles, la mise en place de solutions adaptées pour l’insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire ».

Pour terminer, une vidéo où Eric Fassin expose son point de vue : « Roms, une politique de la race».

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Uri Avnery : “la vraie Naqba”

«Selon la version arabe, les Juifs sont venus de nulle part, ont attaqué un peuple pacifique et l’ont chassé de leur pays.

Selon la version sioniste, les Juifs ont accepté le plan de compromis des Nations unies, mais les Arabes l’ont rejeté et ont commencé une guerre sanglante, au cours de laquelle ils furent convaincus par les États arabes de quitter leurs maisons afin d’y retourner avec les armées arabes victorieuses.» 2

Pour Uri Avnery, «ces deux versions sont totalement absurdes, un mélange de propagande, de légende et de sentiments de culpabilité cachés.» 3

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L’Assemblée nationale supprime le livret de circulation

L’Assemblée nationale a voté dans la nuit du 9 au 10 juin 2015 la suppression de ce livret ainsi que le renforcement des pouvoirs des préfets pour la construction d’aires d’accueil, un point vivement contesté par l’opposition.

Les députés ont adopté une proposition de loi socialiste sur «le statut, l’accueil et l’habitat» des quelque 350 000 à 400 000 gens du voyage, dont 100 000 voyagent toute l’année. Tous les groupes de gauche l’ont soutenue tandis que le groupe LR et l’UDI se sont prononcés contre.
Le texte, présenté par le député PS Dominique Raimbourg, abroge la loi de 1969 qui faisait obligation aux gens du voyage de détenir un livret de circulation, sous peine d’amende, et qui n’avait été que partiellement abrogée en 2012. En novembre dernier, le Conseil d’État avait donné deux mois au gouvernement pour abroger les deux articles prévoyant encore cette obligation. Autre disposition de la loi de 1969 supprimée par la proposition de loi qui doit maintenant être débattue au Sénat : l’obligation d’être inscrit dans une commune de rattachement pour pouvoir voter, et le seuil de 3% de la population au-delà duquel le maire peut refuser leur inscription.

Par ailleurs, la proposition de loi renforce les pouvoirs du préfet en matière de construction d’aires d’accueil. Actuellement, 65% des 41 500 aires d’accueil prévues depuis la loi Besson de 2 000 dans les communes de plus de 5 000 communes ont été installées. Après une mise en demeure aux communes et intercommunalités défaillantes, le préfet pourra consigner, dans les budgets locaux, les sommes nécessaires, puis se substituer à elles, avec ces fonds.

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Israël 2015 : Trop, c’est trop !

« Trop, c’est trop! » est un collectif d’individus constitué à la fin de l’année 2001 à l’initiative de Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet pour protester contre l’enfermement de Yasser Arafat à Ramallah et les coups portés par l’armée israélienne à l’Autorité palestinienne. Il s’est exprimé de nouveau quand de nouvelles menaces ont compromis encore davantage la paix dans la région qui passe par l’existence d’un Etat palestinien.

Le texte ci-dessous « Combattre l’antisémitisme et sanctionner la politique israélienne » a recueilli plus de 600 signatures en deux semaines. Nos efforts sont importants car, comme l’a fait remarquer l’éditorial du Monde du 16 mai 2015 : « Longtemps, l’idée de pressions ouvertes, voire de sanctions contre Israël, était taboue en Occident. Seule démocratie au Moyen-Orient, terre refuge des juifs européens après l’Holocauste, l’Etat hébreu, protégé par le parapluie américain, n’a jamais eu à répondre de ses violations répétées de la loi internationale et des résolutions de l’ONU. Mais, aujourd’hui, un vent inédit souffle contre Israël, illustré par la multiplication des reconnaissances de la Palestine, dont la dernière vient du Vatican. Les Etats-Unis, concentrés sur la conclusion des négociations avec l’Iran d’ici au 30 juin, réservent leur stratégie. Mais le débat est lancé en Europe et la question des sanctions est sur la table. » 4

[Mise en ligne le 12 mai 2015, mis à jour le 6 juin]

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Orange prêt à rompre son contrat avec Partner

Les propos de Stéphane Richard, PDG d’Orange, ont suscité une polémique ; il a en effet déclaré mercredi en Egypte que l’opérateur de télécommunication, dont l’Etat français détient 25 % du capital, serait prêt à mettre un terme à un accord de licence de marque avec l’opérateur israélien Partner Communications dès « demain » s’il le pouvait, mais que cette décision présenterait un « énorme risque financier ».

Les déclarations précédentes ont été interprétées dans le contexte de pressions pour un boycott d’Israël en raison de son occupation des territoires palestiniens ; le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a demandé jeudi à Paris de « désavouer publiquement » Orange. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a rappelé vendredi 5 juin que la France était fermement opposée au boycott d’Israël.

Les organisations signataires du rapport « Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire palestinien occupé », adressent une pétition au chef de l’État français, lui rappelant que :
« L’État français détient 25% d’Orange… Nous, citoyens de cet État, exigeons que vous approuviez la décision du PDG d’Orange de rompre son partenariat avec l’opérateur israélien Partner. »
Pour signer la pétition : cliquer.

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Bâtiments administratifs du camp de Saliers, 1942
Rejet des Roms et gens du voyage

la plaque pédagogique du camp de Saliers

Les « nomades », désignés de nos jours par l’expression « gens du voyage », ont longtemps été l’objet de discriminations administratives. En particulier, la loi du 16 juillet 1912 prescrivait l’obligation de détenir un carnet anthropométrique d’identité qu’ils devaient faire viser régulièrement par les autorités municipales ou policières – cette obligation n’a été levée qu’en 1969 ! 5

Le 6 avril 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire : les nomades doivent se déclarer à la gendarmerie ou au commissariat et sont astreints à résidence dans des communes du département choisies par le préfet. La création en zone sud du camp d’internement de Saliers réservé aux nomades est décidée le 25 mars 1942, à l’occasion d’une réunion interministérielle.

Aujourd’hui, il ne reste rien de ce qui a été le seul camp d’internement réservé aux nomades créé par le gouvernement de Vichy. Et il a fallu attendre 2001 pour que l’on découvre, à travers la remarquable exposition des archives départementales des Bouches-du-Rhône, que des milliers de Tsiganes avaient été enfermés de 1942 à 1944 dans ce camp, à quelques kilomètres d’Arles.

Il faut saluer la volonté d’installer en ce lieu une présentation pédagogique du passé de Saliers. 6

[Mis en ligne le 20 mai 2015, mis à jour le 24]

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Un carnet de circulation à Chaumont, le 23 août 2010 (ZEPPELIN/SIPA).
A-gens du voyage en France

vers la fin du livret de circulation ?

La proposition de loi déposée par des députés PS en décembre 2013 “relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage” pourrait enfin abolir la plupart des discriminations administratives qui pèsent sur les Gens du voyage. En effet la proposition de loi, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à la date du 9 juin 2015,
abroge complètement la loi du 3 janvier 1969 sur le statut administratif des gens du voyage, qui les obligeait jusqu’à présent à posséder un livret de circulation – cette loi avait déjà été partiellement abrogée par le Conseil constitutionnel en octobre 2012.

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