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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Diverses questions d’histoire

Dilma Rousseff, 22 ans, devant un tribunal militaire en 1970 (Adir Mera/Archives de l'État de Sao Paulo)
Tortures et dictatures en Amérique latine

Dilma Rousseff : “le Brésil mérite de connaître la vérité”

Dilma Rousseff, présidente du Brésil, a officiellement investi le 16 mai 2012 une Commission de la vérité destinée à enquêter sur les crimes commis sous le régime militaire entre 1964 et 1985.

Lors du discours officiel d’installation de cette commission, la présidente, ex-guérillera emprisonnée et torturée sous la dictature, a précisé que « le mot vérité est surtout le contraire de l’oubli 1». Elle a poursuivi : « en instaurant la Commission de vérité, ce qui nous motive n’est pas la vengeance, ni la haine ou le désir de réécrire l’histoire d’une façon différente de ce qui s’est passé, mais la nécessité impérieuse de la connaître pleinement, sans dissimulation, camouflage ni prohibition2». Cette Commission de la vérité ne remet effectivement pas en question la loi d’amnistie de 1979 qui protège les tortionnaires.

Après le Chili et l’Argentine, c’est donc au tour du Brésil de vouloir faire la lumière sur le sombre passé de la période des dictatures militaires – officiellement le Brésil compterait 400 morts ou disparus contre 30 000 en Argentine…

Depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France n’a pas fait ce travail de vérité : plusieurs amnisties successives ont notamment empêché que la vérité soit officiellement reconnue sur les violences illégitimes alors mises en oeuvre. En revanche, la France a été nettement moins scrupuleuse pour exporter son savoir-faire dans le domaine de la “guerre antisubversive” : le général Paul Aussaresses a été formateur dans un centre d’instruction militaire à Manaus de 1973 à 1975, où il a développé un enseignement sur la Bataille d’Alger.

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Présentation par Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, au JT de TF1 le 20 janvier 2011, de “chiffres” établissant la “baisse de la délinquance” pour la huitième année consécutive.
Hollande, Valls et les Roms

délinquance roumaine : réalité ou exercice de communication politique ?

La délinquance roumaine en France aurait augmenté de plus de 69 % de 2009 à 2011 selon des chiffres de la police publiés jeudi 23 août par Le Parisien. C’est «une réalité» qu’il «ne faut surtout pas nier» commente le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui avoue néanmoins ne pas être en mesure de confirmer le contenu de la note de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à l’origine de cette “information” 3.

Les précédents ministres de l’Intérieur avaient mis en avant des évaluations du même ordre de grandeur et reposant sur des bases tout aussi fragiles pour justifier les mesures anti-Roms. Ainsi Manuel Valls après avoir repris, pour l’essentiel, les méthodes de ses prédécesseurs pour la gestion du “problème” des Roms, fait appel à leurs arguments pour se justifier…

Il faut relire les commentaires du sociologue Laurent Mucchielli que nous reprenons ci-dessous : ils restent d’une actualité aveuglante.

[Mis en ligne le 24 août 2012, mis à jour le 26]

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Roms : une égalité des droits toujours imparfaite

Le gouvernement a décidé de supprimer la taxe due par les employeurs des Roms et d’élargir les métiers auxquels ils peuvent avoir accès. Dans un communiqué publié après l’annonce de ces mesures prises «pour faciliter [leur] intégration sociale», le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope se félicite du «changement d’approche» de la part des autorités.

Mais le collectif déplore que l’«égalité des droits [soit] toujours imparfaite» et il «réaffirme avec force la nécessité d’arrêter les évacuations sans solution de relogement car elles ne font qu’aggraver ces situations de précarité». Nombreuses sont les organisations, françaises ou non, qui estiment, avec le président du Mouvement anti-raciste européen Egam, que le gouvernement aurait pu faire bien davantage pour aider les Roms à s’intégrer.

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Hollande, Valls et les Roms

à l’attention de Manuel Valls

Il y a seize ans, au matin du vendredi 23 août 1996, des gendarmes mobiles
ouvraient à coups de hache la porte de l’église parisienne Saint-Bernard et
en évacuaient de force 300 personnes “sans papiers”, des femmes, des hommes et des enfants. En réaction, de 10 à 20 000 manifestants – parmi lesquels François Hollande et Martine Aubry – ont défilé le jour même, de la République à la Nation, pour dénoncer la politique du gouvernement d’alors et ses lois Pasqua.

Au printemps dernier, la majorité des électeurs a sanctionné la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et de ses gouvernements, ainsi que la reprise des discours qui étaient jusqu’alors l’apanage de l’extrême droite raciste et xénophobe.

Aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’en prend aux Roms, se retranchant derrière des décisions de justice bien souvent sollicitées par des maires de gauche. Albert Jacquard l’avait rappelé il y a 16 ans, et François Hollande l’a redit récemment : en 1942 le gouvernement de Pétain, lui aussi, appliquait la loi …

Il faut aujourd’hui que tous ceux qui ont à cœur le respect des Droits de l’Homme manifestent publiquement leur refus de cette politique répressive qui en constitue la négation. Un appel à manifester dans ce sens le 1er septembre prochain vient d’être lancé.

[Mis en ligne le 17 août 2012, mis à jour le 21]

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Un campement de Roms établi à Hellemmes, dans l'agglomération lilloise, a été évacué jeudi 9 août 2012 (Reuters/Pascal Rossignol)
Hollande, Valls et les Roms

le collectif Romeurope demande l’arrêt immédiat de l’expulsion des Roms

La Ligue des droits de l’Homme et les nombreuses associations regroupées dans le Collectif national droits de l’Homme Romeurope publient une lettre ouverte au Premier ministre. Le collectif demande l’arrêt immédiat du démantèlement des campements roms : «ces pratiques dont l’inefficacité est reconnue […] contribuent à rendre plus difficile la recherche de solutions durables.»

Selon le collectif, le problème posé relève d’abord de la question du logement des personnes précaires et sans ressources, mais aussi de celles des affaires sociales, de l’Education nationale et de l’emploi.

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Roms : la France à nouveau sous surveillance de la Commission européenne

Choquées par les récents démantèlements de camps illégaux, des organisations de défense des droits de l’homme s’inquiètent de la politique du gouvernement français envers les Roms. Jeudi 9 août, deux campements ont été évacués près
de Lille, à Hellemmes et Villeneuve-d’Ascq, à la demande de la communauté urbaine de Lille présidée par Martine Aubry. Ces expulsions ont suscité la colère des associations locales qui ont dénoncé l’absence de solutions de relogement.

Le même jour, un charter de 240 Roms bénéficiaires de l’aide au retour quittait Lyon pour Bucarest, une pratique condamnée en novembre2011 par le Comité européen des droits sociaux (CEDS). La Commission européenne suit de près la manière dont les autorités françaises procèdent au démantèlement des campements de Roms et veut s’assurer du respect des garanties contre les expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires.

La question – naïve ? – qui se pose également est de savoir si cette politique définie et mise en œuvre par le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est bien conforme aux engagements écrits de François Hollande ou si elle ne se situe pas plutôt dans la “tradition sarkozyenne”.

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Suzanne Citron dénonce “une subjectivité négatrice de l’histoire”

L’historienne Suzanne Citron répond ci-dessous aux “arguties sémantiques” des quelques “notables de la politique” – Henri Guaino, Jean-Pierre Chevènement et Bruno Le Maire – qui ont critiqué le discours prononcé par François Hollande le 22 juillet 2012, à l’occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv. Cette tribune de l’auteure de Mes Lignes de démarcation» (Syllepse, 2003) a été initialement publiée dans Libération, le 31 juillet 2012.

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inopportun renforcement des relations entre l’UE et Israël

Le 2 juin 2012, l’Union européenne s’est engagée à renforcer ses relations avec Israël dans une soixantaine de domaines. Cette décision survient pourtant peu après que les ministres des affaires étrangères européens ont durci le ton contre Israël mi-mai.

Dans une tribune, publiée dans Le Monde daté du 4 août 2012, la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et le président du Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH) dénoncent le “double discours” de l’Union européenne.

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Manuel Valls, le 18 juin 2012.
Hollande, Valls et les Roms

François Hollande : “on ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution”

Le 30 juillet 2010, dans un discours sécuritaire musclé prononcé à Grenoble, Nicolas Sarkozy stigmatisait les comportements de « certains parmi les gens du voyage et les Roms ».

Au cours de la campagne électorale du printemps 2012, le candidat socialiste, François Hollande, a promis qu’il n’y aurait pas d’expulsion sans solutions de relogement5.

Que faut-il alors penser de la déclaration récente du nouveau ministre de l’Intérieur Manuel Valls : «les camps de Roms continueront à être démantelés chaque fois qu’une décision de justice le permettra» ?

Pour rappeler que les promesses de campagne doivent devenir des réalités, le Collectif national droits de l’Homme Romeurope dont la LDH est membre et la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale – la Fnars – publient un communiqué commun. Nous reprenons également la lettre ouverte qu’Alain Fourest, de Rencontres tsiganes, adresse à Manuel Valls.

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A Aix-en-Provence comme à Marseille, les tribunaux poursuivent l’expulsion des familles Roms (Laurent Saccomano)
Hollande, Valls et les Roms

Roms en voie d’expulsion à Marseille et Aix-en-Provence … et après ?

Suite à des décisions de justice, les habitants des campements du Plateau de l’Arbois et de Château-Gombert vivent depuis le 23 juillet 2012 sous la menace d’une expulsion.

Par une lettre, rendue publique le 17 juillet, 49 prêtres et diacres de Marseille ont interpellé le maire, Jean-Claude Gaudin, dénonçant des « expulsions [qui] ne sont pas suivies de solutions de résidences convenables et durables. Cela ne fait que déplacer les problèmes … et les personnes».

« La situation sur le terrain n’a pas varié d’une virgule depuis l’arrivée de la gauche en mai » , insiste Philippe Rodier, responsable de missions pour Médecin du monde. « Des camps de Roms vont encore être délogés tandis que des expulsions sont planifiées sur le plateau de l’Arbois, près d’Aix-en-Provence » , confie Christophe Lenfant, délégué du Secours catholique à Marseille.
Évaluant à 1 500 le nombre de Roms présents sur Marseille, il se prononce en faveur d’un moratoire concernant les expulsions « pour se donner le temps d’aborder la question des migrants au niveau européen et de répondre aux situations d’urgence »7.

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