
Dilma Rousseff : “le Brésil mérite de connaître la vérité”
Dilma Rousseff, présidente du Brésil, a officiellement investi le 16 mai 2012 une Commission de la vérité destinée à enquêter sur les crimes commis sous le régime militaire entre 1964 et 1985.
Lors du discours officiel d’installation de cette commission, la présidente, ex-guérillera emprisonnée et torturée sous la dictature, a précisé que « le mot vérité est surtout le contraire de l’oubli 1». Elle a poursuivi : « en instaurant la Commission de vérité, ce qui nous motive n’est pas la vengeance, ni la haine ou le désir de réécrire l’histoire d’une façon différente de ce qui s’est passé, mais la nécessité impérieuse de la connaître pleinement, sans dissimulation, camouflage ni prohibition2». Cette Commission de la vérité ne remet effectivement pas en question la loi d’amnistie de 1979 qui protège les tortionnaires.
Après le Chili et l’Argentine, c’est donc au tour du Brésil de vouloir faire la lumière sur le sombre passé de la période des dictatures militaires – officiellement le Brésil compterait 400 morts ou disparus contre 30 000 en Argentine…
Depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France n’a pas fait ce travail de vérité : plusieurs amnisties successives ont notamment empêché que la vérité soit officiellement reconnue sur les violences illégitimes alors mises en oeuvre. En revanche, la France a été nettement moins scrupuleuse pour exporter son savoir-faire dans le domaine de la “guerre antisubversive” : le général Paul Aussaresses a été formateur dans un centre d’instruction militaire à Manaus de 1973 à 1975, où il a développé un enseignement sur la Bataille d’Alger.





