
les Harkis, ballottés de l’histoire, de droite à gauche
Samedi, à Paris, un colloque sur les harkis a dénoncé les dérapages des politiques à leur égard, en France comme en Algérie.
Par Catherine Coroller, Libération,lundi 06 mars 2006

Samedi, à Paris, un colloque sur les harkis a dénoncé les dérapages des politiques à leur égard, en France comme en Algérie.
Par Catherine Coroller, Libération,lundi 06 mars 2006

Bref télescopage mnémonique : le cycle des débats d’El Watan a démarré jeudi 2 mars 2006 à Alger.
Voici les comptes-rendus parus dans El Watan du 4 mars 2006.
Dans le cadre du débat provoqué par la loi du 23 février 2005, dans lequel l’appel « Liberté pour l’Histoire » est venu s’insérer en décembre 2005, Esther Benbassa, historienne et directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études, a publié dans Libération, le 5 janvier 2006, un article intitulé « La polémique autour de l’héritage colonial français libère les revendications mémorielles » que nous reproduisons ci-dessous. Elle ne met pas sur le même plan la loi Gayssot, celle reconnaissant le génocide arménien, celle reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité et celle sur l’enseignement des aspects positifs de la colonisation. Pourtant, elle a finalement signé la pétition « Liberté pour l’histoire » parce qu’elle a peur de la tyrannie des mémoires.
[Paris, le 1er mars 2006] Un décret présidentiel assurera en Algérie, l’impunité aux responsables de crimes au regard du droit international et d’atteintes graves aux droits humains. En outre, comme le déclarent quatre organisations de défense des droits de l’Homme aujourd’hui, tout débat sur cette question sera désormais impossible, la discussion publique sur le conflit qui a déchiré le pays pendant plus d’une décennie étant explicitement criminalisée dans ce texte .
Les organisations signataires sont Amnesty International (AI), Human Rights Watch (HRW), le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
Le politologue Mohammed Hachemaoui pose, dans un article paru dans « El Watan » le 2 mars 2006, la question de la possibilité d’un traitement historique commun du passé qui lie l’Algérie et la France. Depuis que l’Assemblée nationale française a adopté, le 23 février 2005, une loi réclamant « la reconnaissance de la nation aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements d’Algérie », malaise et crispations se sont répandus dans les relations bilatérales franco-algériennes. Peut-il y avoir une « juste mémoire » du passé qui lie les deux pays ?

Les droits de l’Homme sont-ils crédibles ? Alors que la Ière République a aboli l’esclavage et voulu étendre la loi commune aux colonies, la IIème a encouragé la colonisation de l’Algérie et la IIIème surtout, pour justifier son droit à coloniser » qu’elle s’est arrogé au nom de l’idée des « races supérieures », a restreint explicitement la portée des droits de l’Homme. Ci-dessous, l’article intitulé « Un questionnement nécessaire à l’écriture de l’histoire coloniale de la France » publié par Nadjia Bouzeghrane dans le quotidien algérien El Watan, le 2 mars 2006.
Un article de Hanafi Si Larbi a été publié dans « El Watan », le 1er mars 2006, à l’occasion du premier anniversaire de la loi du 23 février 2005. Il rappelle la violence de la colonisation de l’Algérie à partir de 1832, la guerre d’extermination par enfumades et emmurements, l’épopée des razzias par la destruction de l’économie vitale, la punition collective et la torture systématique. Le code de l’indigénat, qui justifiait le séquestre et la spoliation, l’internement administratif, les punitions collectives et la ségrégation.

[AP | 28.02.06 | 18:25] — Le bureau national du PS a décidé mardi, sur proposition du Premier secrétaire François Hollande, de suspendre Georges Frêche de ses rangs face au malaise grandissant suscité par ses propos sur les harkis. Il s’agit d’une solution temporaire en attendant que la commission des conflits du PS.
Les associations de Harkis semblent décidées à ne pas se contenter de ce qu’elles considèrent comme une demi-mesure.
[Première publication, le 28 février 2006,
mise à jour, le 1er mars 2006.]
A la suite de sa visite en France, du 5 au 21 septembre 2005, Alvaro Gil-Roblès, Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe,
a rédigé un rapport sur Le respect effectif des droits de l’Homme en France 1 .
Vous trouverez ci-dessous les extraits de ce rapport qui concernent les Gens du Voyage et les Roms, suivis des recommandations du commissaire européen, et des observations du gouvernement français.
La République ne peut tolérer que l’on honore ceux qui ont tenté de l’abattre.
[Première publication le 13 octobre 2005,
mise à jour, le 27 février 2006]
« Je serai fier d’avoir les harkis à côté de moi », déclarait Georges Frêche en 1997.
Y a trente ans qu’on leur promet la lune …