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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe

Par décret du Président de la République en date du 25 novembre 20111 – paru au Journal officiel du 26 novembre 2011, le chef de bataillon Élie Denoix de Saint Marc est élevé à la la dignité de Grand-croix de la Légion d’Honneur, la plus haute distinction que la République puisse conférer.

Il est difficile de ne pas rapprocher cette information du déplacement annoncé des cendres du général Bigeard aux Invalides et de la nomination de Jean-François Collin au grade de chevalier de la Légion d’honneur.
À quelques mois de l’élection présidentielle, faudra-t-il donc y voir un nouvel élément d’une offensive de séduction dirigée vers certains milieux militaires nostalgériques ? Coïncidence ou pas, il reste que l’action de chacun de ces trois militaires reste liée à certains épisodes contestables de la guerre d’Algérie : le putsch d’avril 1961, l’usage de la torture, l’OAS.

Nous reprenons, ci-dessous, un débat télévisé qui s’est tenu en 1991 avec Hélie de Saint-Marc, sur l’usage de la torture, suivi d’un article de Gilles Manceron consacré à “Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe”, initialement publié sur ce site en avril 2007.

[Mis en ligne le 6 novembre 2011, mis à jour le 28]

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Rony Brauman : “c’est parce que la guerre est mauvaise en soi qu’il ne faut pas la faire”

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières (MSF) France, humanitaire convaincu mais critique, a alerté à de nombreuses reprises sur le danger que représente le «devoir d’ingérence» qui a été invoqué pour justifier la guerre en Libye. Les opérations militaires et humanitaires qu’il a suscitées ont souvent été plus destructrices que favorables à la diffusion de la démocratie.

Nous reprenons des extraits de ses déclarations publiées dans l’édition du 25 novembre du Monde. Elles ont été prononcées à l’occasion d’un débat organisé par Nicolas Truong (NT) entre Bernard-Henri Lévy (BHL) et Rony Brauman (RB). Bien que la situation en Syrie soit profondément différente de celle qui prévalait en Libye, les bruits de bottes qui se font entendre de façon croissante au Moyen-Orient incitent à lire avec attention les réflexions de Rony Brauman sur la guerre de Libye.2

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le droit de quitter son pays doit s’appliquer sans discrimination

Le droit de tout individu de quitter tout pays y compris le sien est un droit fondamental garanti dans la Convention européenne des droits de l’homme.

Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe s’inquiète d’une remise en cause de ce droit par certains pays balkaniques, notamment en ce qui concerne les Roms – une nouvelle fois traités comme boucs émissaires3.

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Bigeard aux Invalides : pourquoi ce serait une infamie

Pour Roland Rappaport, avocat, le transfert des cendres du général Bigeard à l’Hôtel des Invalides constituerait une violation des «obligations pesant sur les États signataires de la Convention internationale contre la torture» que la France a ratifiée en 1987.

A la suite de l’article de Me Rappaport repris du site Mediapart, vous trouverez ci-dessous une vidéo, enregistrée en septembre 1991, d’un débat sur l’usage de la torture en Algérie avec Paul Teitgen, Jacques Duquesne et Hélie Denoix de Saint Marc.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“La France noire”, un livre dirigé par Pascal Blanchard

La France noire est une longue histoire. Elle commence au XVIIe siècle au moment du Code noir et elle traverse trois siècles d’histoire de France, trois siècles de présence de personnes venant des Caraïbes, de l’Afrique, de l’océan Indien ou d’Océanie. Des présences qui ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, artistique et économique de notre pays. Ce “beau livre” en raconte l’histoire, en montre les traces et les images, sans oublier les contradictions, du temps des « sauvages » à celui de la citoyenneté.

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Un Noir a six fois plus de chances d'être contrôlé par la police qu'un Blanc. (© Collectif contre le contrôle au faciès)
Contrôle au faciès

Des SMS contre les contrôles au faciès

Contre les contrôles d’identité abusifs menés par la police, le collectif Contre le contrôle au faciès lance une opération textos, pour nourrir une base de données.

Reprise d’un article de la journaliste Souâd Belhaddad, publié le 21 novembre 2011 sur Rue89.

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La Nouvelle-Calédonie et ses provinces.
Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie : deux peuples, une nation ?

Collectivité spéciale de la République, la Nouvelle-Calédonie est engagée sur la voie de la décolonisation. Autonomie de gestion ou indépendance ? Le débat politique se poursuit, sur fond d’inégalités sociales et de fossé culturel persistant.

Une présentation de Jean-Paul Caillard, citoyen calédonien, publiée dans Hommes & Libertés, revue de la Ligue des droits de l’Homme, N° 155, juillet-août-septembre 2011.

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La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu

Sans surprise, Paul Biya, 78 ans, a été « réélu » le 9 octobre dernier pour un sixième mandat avec près de 78% des voix… Le conseil électoral (Elecam) a annoncé un taux d’abstention de 34%, alors que Transparency International l’a évalué à 70%4, mais, selon Alain Juppé, l’élection s’est déroulée « dans des conditions acceptables5».

Cette déclaration illustre la persistance de «relations spéciales» entre la France et son ancienne colonie d’Afrique centrale. D’ailleurs, interrogé en 2009 à Yaoundé au sujet de la participation des forces françaises à la répression contre les indépendantistes au cours des années 50 et 60, le premier ministre François Fillon avait évoqué à ce propos de « pures inventions».

Dans une question écrite posée le 12 juillet 2011, un député a demandé au ministre des Affaires étrangères «s’il confirme que la France a bien mené une guerre au Cameroun entre 1957 et 1963, comme l’écrivent les responsables militaires français de l’époque eux-mêmes».
Dans l’attente d’une réponse du ministre, vous pourrez prendre connaissance d’une réaction à cette interrogation.

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A la Une de La Provence du 18 novembre 2011.
Marignane

une stèle dédiée à l’OAS n’a pas sa place dans un cimetière : le Conseil d’État a tranché

Dans un arrêt du 14 novembre 2011, le Conseil d’Etat confirme l’annulation de l’arrêté du 23 juin 2005 du maire de Marignane accordant à l’ADIMAD, Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française, l’autorisation d’occuper un emplacement dans le cimetière Saint-Laurent-Imbert pour y ériger une stèle – il s’agit de la première stèle installée dans le cimetière de Marignane le 5 juillet 2005. Celle-ci en effet ne constituait pas un simple monument commémoratif à la mémoire de personnes défuntes mais manifestait une prise de position politique et procédait à l’apologie de faits criminels.

En délivrant cette autorisation, le maire a donc autorisé l’occupation du domaine public communal pour un usage qui, d’une part, n’était pas compatible avec la destination normale d’un cimetière et, d’autre part, était de nature à entraîner des troubles à l’ordre public. Et c’est à bon droit qu’il a été fait injonction au maire de procéder à l’enlèvement de la stèle. 6

Gageons que cet arrêt du Conseil d’État fera jurisprudence et s’appliquera en particulier aux stèles des cimetières de Perpignan et de Béziers.

[Mise en ligne le 16 novembre 2011, dernière mise à jour le 19 novembre]

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

“l’ordre et la morale”, film de Mathieu Kassovitz sur le drame d’Ouvéa

Le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour de l’élection présidentielle qui a vu l’affrontement du président sortant, François Mitterrand, avec son premier ministre, Jacques Chirac, un commando de militants indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste), conduit par Alphonse Dianou, avait attaqué la gendarmerie de Fayaoué, dans l’île d’Ouvéa. Quatre gendarmes sont tués et seize autres emmenés en otages dans la grotte de Gossanah.

Le 5 mai, quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle, l’armée et le GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) donnent l’assaut à la grotte. Deux militaires trouvent la mort et 19 Kanak sont tués, suscitant une vive controverse sur les conditions de leurs décès.

Aujourd’hui, la sortie en salle du film L’ordre et la morale de Mathieu Kassovitz relance la polémique. «Il y a eu une loi d’amnistie dans le mois qui a suivi. Je trouve cela aberrant», déclare l’ex-capitaine Philippe Legorjus. Celui qui était alors commandant du GIGN affirme que des indépendantistes ont été exécutés en 1988.

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Mais … le film pourra-t-il être vu en Nouvelle Calédonie ?

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Comme des milliers d'autres, Amine Amrouch a «disparu» au cours de la guerre du gouvernement algérien contre les islamistes des années 1990.
Algérie : les affrontements des années 1990

le prix Oscar Romero décerné à Nassera Dutour

La présidente du Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) reçoit le prix Oscar Romero. Décerné par Rothko Chapel, une institution qui s’engage à promouvoir les droits humains et la compréhension interconfessionnelle, le prix qu’a reçu Nassera Dutour, le 13 novembre dernier, récompense sa lutte inlassable pour la vérité sur le sort de 7 000 hommes et femmes disparus en Algérie.

Le prix Oscar Romero, du nom de l’archevêque de San Salvador assassiné en 1980 pour ses années de lutte contre l’exploitation des pauvres au Salvador, est décerné à des personnes ou des organisations en reconnaissance de leur implication dans le domaine des droits de l’Homme.

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Les proches des victimes de disparition forcée continuent de réclamer justice. (© Martin de la Serna/Demotix)
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

la justice argentine condamne d’anciens militaires pour des crimes contre l’humanité commis pendant la dictature

L’organisation Amnesty International se félicite de ces condamnations de 16 anciens responsables, dont l’ex-capitaine de la marine argentine Alfredo Astiz.

Ainsi que Marie-Monique Robin l’a montré, certaines des « méthodes » mises en pratique par les tortionnaires argentins leur avaient été enseignées par des militaires français qui avaient pu les expérimenter “sur le terrain” en Indochine et en Algérie – voir cette page.

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