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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Tout Français peut être un étranger qui s’ignore ou qui se cache

Pour obtenir une carte d’identité sécurisée ou un passeport électronique, l’administration refuse maintenant de reproduire le document périmé, comme elle le faisait jusqu’à présent. Elle procède désormais à un « examen approfondi » de la situation du demandeur au regard de l’identité, mais surtout de la nationalité. Lorsque la copie intégrale d’acte de naissance indique que les deux parents sont nés à l’étranger, elle exige donc une « preuve » de la nationalité française1.

Certes la situation n’a fait empirer ces dernières années, mais les extraits d’un article de Maurice T. Maschino datant de 2002 que nous reprenons montrent que le syndrome ne date pas d’hier : craignant, depuis des décennies, que la France ne soit submergée par des « hordes » venues du tiers-monde, le législateur paraît atteint de paranoïa galopante et, se croyant entouré d’ennemis, exige de ses nationaux qu’ils montrent patte blanche.

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Les guerres des mémoires

Benjamin Stora : il faudrait qu’un consensus national se fasse sur la reconnaissance de la souffrance des autres

Benjamin Stora publie un livre d’entretiens avec Thierry Leclère, «La guerre des mémoires. La France face à son passé colonial», dont vous trouverez la présentation ci-dessous4.

Nous avons choisi de vous en proposer deux extraits en bonnes feuilles : dans le premier Benjamin Stora donne son point-de-vue sur le projet controversé de mémorial de la France outre-mer à Marseille ; dans l’autre il tente de répondre à la question : «Que faire pour dépasser cette guerre des mémoires ?».

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Maïssa Bey, Fatima Besnaci-Lancou et Boualem Sansal.
Harkis

Harkis : voix croisées pour une mémoire apaisée

Aujourd’hui, Fatima Besnaci-Lancou a champ libre à Roubaix : une exposition et deux week-end de rencontres et d’échanges avec différentes enfants de l’Algérie.5

Au-delà de la nécessaire reconnaissance dûe aux harkis, Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice et présidente de l’Association Harkis et droits de l’Homme, veut ainsi contribuer par des actes à la réconciliation franco-algérienne.

[Première publication le 3 avril, mise à jour le 4 avril 2007]
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Laurent Mucchielli : l’identité nationale, une régression historique et politique

Il est désolant de voir « le débat public se concentrer sur l’identité nationale, le drapeau, la lutte contre l’immigration clandestine et autres obsessions franco-françaises. La pression de l’extrême droite a remis en route la machine destructrice qui place au centre de tout « l’immigration » et le rejet de l’autre.»6

Concernant la notion d’identité nationale française, la vigoureuse mise au point de Laurent Mucchielli nous semble particulièrement salutaire7. Pour terminer, vous trouverez un petit texte où Olivier Wieviorka montre que le sentiment national n’est peut-être pas aussi «naturel» qu’on le dit.

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L’ambassadeur de France en Algérie : nous devons regarder notre histoire commune en face et l’assumer chacun de son côté

Le quotidien algérien de langue française L’Expression rapporte dans son édition du 1er avril 2007 d’importantes déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie. Bernard Bajolet aborde les relations économiques8,
et les rapports «humains» entre les deux pays. Vous trouverez ci-dessous ce qui concerne ces derniers : les relations culturelles, les rapports au passé et le problème des visas.

Observant que les mémoires se délient, l’ambassadeur n’hésite pas à déclarer que «[la] mémoire doit être partagée. Le plus grand chemin à faire est celui des Français, mais cela ne veut pas dire que les Algériens n’ont aucun chemin à faire. On a tout de même progressé. On n’est pas au bout du chemin. Il faut regarder l’histoire en face pour être en paix avec son passé et construire le futur. C’est par toute chose concrète que ce travail de mémoire doit se faire. Il faut qu’il n’y ait aucun sujet tabou entre l’Algérie et la France»

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les gens du voyage demandent l’abolition des lois Sarkozy et de la loi de 1969

Ils interpellent les candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils s’engagent à mettre un terme à « l’apartheid juridique » dont ils se disent victimes, visant notamment la loi de 1969 dont ils réclament l’abrogation. 9

Cette communauté forte « de plus de 500.000 personnes vit dans des conditions inacceptables de discrimination et de rejet aggravées ces dernières années », a déploré, jeudi 29 mars, lors d’une conférence de presse Michel Mombrun, président de la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les tsiganes et les gens du voyage (FNASAT). La FNASAT et les associations présentes (Fondation Abbé Pierre, LDH, La Vie du voyage) ont souligné combien les lois s’appliquant à cette communauté sont « discriminatoires et racistes » et en ont réclamé l’abrogation.

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Le petit journal - 2 juin 1895
Madagascar

Mars 1947 : Madagascar se révolte

Une insurrection de 21 mois noyée dans le sang. La répression coloniale française fera plusieurs dizaines de milliers de victimes – une des pages les plus noires de l’histoire de la Grande Île.

[Première mise en ligne, le 30 avril 2005,

mise à jour, le 29 mars 2007]
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Les opposants au musée devant la mairie. Ils ont pu pénétrer dans la salle du conseil municipal après avoir ôté leurs masques.
Perpignan

le musée à la gloire de la colonisation s’invite au conseil municipal de Perpignan

Lundi 26 mars, une cinquantaine de personnes sont venus au conseil municipal de Perpignan pour manifester silencieusement leur opposition au projet de la municipalité.
Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, a accepté de les recevoir mardi 10 avril prochain.

A la suite des deux articles de la presse locale rendant compte de cet événement, vous pourrez lire une libre opinion publiée dans Le Travailleur catalan du 30 mars 2007 : L’Algérie française méconnue.

[Première mise en ligne le 27 mars, complétée le 29 mars 2007]
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Commémorations

Au-delà du crime de l’OAS, une amitié franco-algérienne

Le 15 mars 2007, à l’initiative de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons10, des Français et des Algériens ont commémoré ensemble à Alger le 45e anniversaire de l’assassinat des six Inspecteurs des Centres sociaux éducatifs.

Au nom de tout ce qui unit les deux rives de la Méditerranée, Jean-Philippe Ould Aoudia, fils d’une des six victimes, a tenu à dénoncer la montée du négationnisme auquel nous assistons en France.

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un enfant de la guerre

Le 23 mars dernier, un Algérien se présentant comme «fils de fellagha» nous a adressé un texte en nous priant « d’insérer [son] point de vue sous forme d’une petite histoire rapide de la guerre» telle qu’il l’a vécue. «Cordialement et sans rancune», concluait-il.

Après nous être mis d’accord sur de petites modifications, nous publions ce texte que nous adressons en particulier aux «nouvelles générations, qui ne sont nullement responsables du passé.»

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