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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

La reconnaissance de l'esclavage

Hommage de la FME à Toussaint Louverture,
symbole universel du combat pour la liberté
des populations noires

Le 7 avril 2023, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) et la Région Ile-de-France ont organisé au Panthéon un hommage à Toussaint Louverture. Héros de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), il est mort le 7 avril 1803, au Fort-de-Joux dans le Doubs où Napoléon Bonaparte l’avait déporté sans procès. « Toussaint Louverture est aujourd’hui un symbole universel du combat pour la liberté et la dignité des populations noires », souligne la FME, dont nous reproduisons ici une biographie de cet ancien esclave qui ouvrit la voie à l’indépendance d’Haïti en 1804. Elle est complétée par une vidéo de la FME et un podcast de France Culture dans lesquels s’exprime l’historien britannique Sudhir Hazareesingh, auteur d’une biographie de Toussaint Louverture (Flammarion, 2020).

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Gestion postcoloniale de l'immigration

« Malika, généalogie d’un crime policier »
de Jennifer Yezid

En 1973, parce qu’elle avait cherché à prévenir son frère de l’arrivée des gendarmes, Malika Yezid, 8 ans, s’est retrouvée enfermée dans sa chambre avec l’un d’entre eux. Elle en est ressortie dans le coma, puis est morte à l’hôpital. Dans « Malika, généalogie d’une crime policier », Jennifer Yezid, nièce de Malika, qui est la seule survivante de la famille, fait le récit de ce drame. Avec Asya Djoulaït, écrivaine, et Sami Ouchane, historien, elle raconte ce crime impuni qui a eu des répercussions sur plusieurs générations. Mais elle dit aussi le sens de la justice et de la vérité, la soif de vivre qui l’animent et l’amènent à parler aujourd’hui. Ci-dessous la postface par Rachida Brahim, sociologue et psychanalyste.

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L'OAS et ses nostalgiques

Mort de l’un des dernier chefs,
condamné puis amnistié,
de l’organisation terroriste de l’OAS

La mort de l’un des dernier chefs de l’organisation terroriste de l’OAS, Jean-Claude Pérez, qui a été condamné puis amnistié et est revenu en France en 1969, depuis l’Espagne franquiste où il s’était réfugié, est intervenue le 8 mars 2023. Son décès a été annoncé par Le Figaro sans aucune référence à son passé. C’est l’un des chefs d’une organisation criminelle qui a tué un grand nombre d’Algériens ainsi que des gendarmes, des fonctionnaires français et des Européens favorables à la recherche d’une évolution pacifique du statut de l’Algérie. Pérez fait partie de ceux qui ont été condamnés à mort pour leurs crimes, ont fui en 1962 dans l’Espagne de Franco, puis sont revenus en France après le départ du général de Gaulle. Leur retour et leur « blanchiment » sous les présidences de Georges Pompidou puis de Valéry Giscard d’Estaing a permis un déni de leurs crimes et contribué à l’essor de l’extrême droite.

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Le 17 octobre 1961

Pas de résolution à l’Assemblée Nationale
sur le crime d’Etat du 17 octobre 1961

Le groupe Europe-Ecologie-Les Verts a déposé en mars 2023 une proposition de résolution pour la reconnaissance du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. Portée par la députée Sabrina Sebaihi, elle invitait à la reconnaissance par la République de sa responsabilité dans ce crime, à une commémoration officielle régulière et l’édification d’un lieu de mémoire, ainsi qu’à l’ouverture des archives à tous les citoyens. Le 5 avril, le groupe EELV a décidé son retrait, certains députés, selon Libération, ayant jugé inopportun son examen « au vu du contexte actuel ». Nous publions la résolution retirée en regrettant vivement qu’après le vote par le Sénat le 23 octobre 2012 d’une résolution comparable, l’Assemblée nationale n’en ait pas été saisie. C’est une grave erreur de négliger le travail à faire sur le passé colonial de la France et son héritage, indispensable notamment pour contrer l’essor de l’extrême droite. Toutes les forces politiques, morales et intellectuelles de la société française, ont une responsabilité à cet égard.

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Racisme et islamophobie

Une journée d’études à Marseille
sur les crimes racistes de 1973

Il y a cinquante ans, se produisait une vague de crimes racistes à Marseille et dans sa région. Le 28 avril 2023, l’IMéRA-Institut d’études avancées, en collaboration avec l’association Ancrages, organise sur l’histoire et la mémoire de ce moment clé de l’histoire de l’immigration postcoloniale en France une journée d’études au Musée d’histoire de Marseille. Elle rassemblera des chercheurs et chercheuses en sciences humaines – Jim House et Yvan Gastaut, historiens, Rachida Brahim, sociologue et psychanalyste, et l’écrivaine Dominique Manotti. Nous en publions le programme et renvoyons à plusieurs dossiers concernant ces événements sur notre site.

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Harkis

Découverte du cimetière « sauvage »
d’un camp de harkis en France
Vérité et justice pour ces victimes du colonialisme et du postcolonialisme

En août 2022, un reportage de Prisca Borrel dans Mediapart racontait la recherche à proximité du camp de Saint-Maurice-L’Ardoise (Gard), où furent internés en 1962 d’anciens harkis et leurs familles dans des conditions très dures, d’un cimetière « sauvage » créé par l’administration du camp et « oublié » depuis. 71 personnes, dont 61 enfants, y furent inhumées à la sauvette entre 1962 et 1964, selon une archive de la gendarmerie datant de 1979, découverte par Nadia Ghouafria. A la mi-mars 2023 le lieu a enfin été fouillé, grâce au combat de descendants de harkis, comme le raconte France 3 Occitanie. 27 lieux d’inhumation et des ossements d’enfants y ont été trouvés. Ci-dessous la vidéo de l’AFP montrant ces fouilles réalisées par un archéologue de l’Institut national d’archéologie préventive (INRAP). Et aussi la lettre adressée aux membres de la commission d’historiens franco-algérienne par l’association Enfants de harkis, Vérité, Justice et Réconciliation.

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Séquelles politiques postcoloniales

Aux origines latino-américaines
de la pensée décoloniale
par Philippe Colin et Lissel Quiroz

Dans Pensées décoloniales, une introduction aux théories critiques d’Amérique Latine (La Découverte, mars 2023), Philippe Colin et Lissel Quiroz, spécialistes de l’histoire de l’Amérique Latine, remontent aux origines latino-américaines d’une théorie décoloniale qui est l’objet en France de débats et polémiques trop souvent mal informés. Cette première synthèse en français offre, selon l’éditeur, « une généalogie et une cartographie d’un continent de pensée méconnu en Europe ». Lissel Quiroz a été interrogée dans l’émission de Mediapart « Présence du passé », qu’on peut voir également ci-dessous, sur « la colonialité du pouvoir, du savoir et du genre, qui forge notre planète depuis 1492 ».

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La reconnaissance du passé colonial

Le déni des crimes de l’OAS
comme de ceux du fondateur du Front national
doit être refusé et combattu

La France ne pourra assumer son passé colonial que lorsque les crimes commis par des militaires français dans la guerre d’Algérie, comme ceux perpétrés par l’organisation jusqu’au-boutiste de la colonisation qu’a été l’OAS, ne feront plus l’objet de dénis, comme c’est encore trop souvent le cas. On lira ainsi ci-après une tribune sur la tentative de réhabilitation de l’OAS de la part de la municipalité Rassemblement national de Perpignan à travers la figure de Pierre Sergent. Et, à l’inverse, l’hommage justifié rendu le 15 mars 2023 aux six inspecteurs des Centres sociaux assassinés froidement par l’OAS auquel nous nous réjouissons que Benjamin Stora a participé. C’est l’occasion de rappeler que les propos inexacts tenus dans un podcast de France inter concernant la participation de Jean-Marie Le Pen à la torture lors de la « bataille d’Alger » doivent faire l’objet de la part de cette chaîne d’un rectificatif clair.

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La société française au temps des colonies

« Marseille, la Provence et l’Indochine »,
par Alain Ruscio

L’historien Alain Ruscio, spécialiste de l’Indochine, a publié en janvier 2023 aux éditions Les Indes Savantes, Marseille, la Provence et l’Indochine. Une histoire humaine au temps des colonies. Il y explore les liens multiples, tissés depuis les conquêtes jusqu’aux indépendances, entre Marseille et sa région et les anciennes colonies françaises d’Indochine, la Cochinchine, l’Annam et le Tonkin, au travers d’une histoire des Provençaux qui ont fait leur vie ou leur carrière en Indochine, mais aussi de celle des Indochinois qui ont fait un passage en Provence et dont les traces sont parfois encore visibles. On lira ici la préface de ce livre par Nguyen Phuong Ngoc et la table des matières.

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La société française au temps des colonies

Décès de Monique Hervo,
cette Française qui a manifesté
avec les Algériens du bidonville de Nanterre
le 17 octobre 1961

Partisane de l’indépendance de l’Algérie, Monique Hervo s’est engagée dès 1959 auprès des Algériens des bidonvilles de Nanterre et a participé avec eux à la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 contre laquelle la répression policière a fait plus de 200 morts. Elle a témoigné dans des livres de la violence coloniale qui l’avait précédée contre les bidonvilles de Nanterre. En 1972, elle a fait partie des fondateurs du Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti), et, à partir de 1973, a travaillé à la Cimade. Comme le souligne l’historienne Muriel Cohen, sa mort à Nanterre le 20 mars 2023 à l’âge de 95 ans n’a donné lieu à aucune annonce officielle de la part d’un gouvernement français qui n’a toujours pas réglé sa position à l’égard de la guerre d’indépendance algérienne et de la violence de la colonisation.

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Algérie

Les images de la soirée d’hommage
à Sadek Hadjerès
à l’Ecole normale supérieure de Paris

Ci-dessous les images de la soirée d’hommage au militant algérien Sadek Hadjerès qui s’est tenue le 28 février 2023 à l’Ecole normale supérieure à Paris. Organisée par le Maghreb des films, l’Association Josette et Maurice Audin, l’association Histoire coloniale et postcoloniale et Virtuel, avec le soutien du département Arts de l’ENS, de La contemporaine et des Cahiers d’histoire. Né en Kabylie en 1928, Hadjerès s’est engagé dès l’âge de 17 ans pour l’indépendance au sein du Parti du peuple algérien-Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (PPA-MTLD), puis, au début des années 1950, dans la lutte armée mise en œuvre par le Parti communiste algérien (PCA). Après 1962, il a combattu contre les dérives antidémocratiques du pouvoir militaire en Algérie, été contraint à la clandestinité de 1965 à 1988, puis à l’exil dans les années 1990.

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La société française au temps des colonies

Un livre de Patrice Morlat :
« L’indigène et le citoyen
La Ligue des droits de l’homme dans les colonies (1898-1940) »

Née au lendemain du procès d’Émile Zola, le 4 juin 1898, quatre ans après la condamnation du capitaine Dreyfus, la « Ligue des droits de l’homme et du citoyen » s’est dotée d’un solide groupe de juristes et d’intellectuels, mais elle est embarrassée par la question coloniale. Sa réflexion porte sur le statut politique et social des colonies, avec l’idée d’y importer la République, mais surtout pour les Européens. Quant aux indigènes, elle est en faveur d’un statut le plus libéral possible au sein d’un espace mondial français. Ce sont les mouvements patriotiques du Riff, de Syrie et d’Indochine qui seront à l’origine d’avancées dans son réformisme colonial. Elle est divisée, et, malgré une vaste enquête sur les colonies lors du Front populaire, elle ne pourra rien changer. Autour de ce livre, une rencontre est organisée au siège de la LDH le 5 avril 2023.

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