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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Algérie coloniale (1830 - 1962)

« L’Autre 8 Mai 1945 » :
à quand la reconnaissance claire
par la France
des crimes de cette répression massive ?

Le 8 mai 1945, en Algérie comme dans le reste du monde, on fête la défaite de l’Allemagne nazie. Dans plusieurs villes d’Algérie, des Algériens partisans de l’indépendance se joignent aux défilés. A Sétif, le jeune Saâl Bouzid, qui portait le drapeau algérien, est abattu par un policier et des Algériens fuyant la répression aveugle agressent à leur tour des Européens au hasard. La répression est massive et se prolonge dans tout le Nord-Constantinois. Des films et des livres éclairent cet événement qui a précipité la guerre d’indépendance, mais la République française n’a jamais reconnu officiellement sa responsabilité dans ce crime colonial. Ci-dessous la projection-débat qui a eu lieu à Paris, à l’ITS (dont les images ont été ajoutées), une émission de Dima TV, l’annonce d’un livre important paru en Algérie, d’une pièce de théâtre suivie d’une table ronde au CDN de Besançon, d’une rencontre à Saint-Denis autour du film « Héliopolis », et des initiatives organisées à Grenoble.

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1945-1962

« Désobéir en guerre d’Algérie »,
par Marius Loris Rodionoff

Dans Désobéir en guerre d’Algérie. La crise de l’autorité dans l’armée française (Seuil, 2023), Marius Loris Rodionoff propose une histoire sociale et politique de la relation d’autorité pendant la guerre d’Algérie. S’appuyant notamment sur les archives de la justice militaire, pratiquant la microhistoire, il montre qu’au delà des cas de désobéissances frontales et spectaculaires connus – celui d’un Noël Favrelière par exemple – se produisit une « multiplication de microrésistances dans le contingent qui ont participé à saper l’autorité militaire et plus généralement la machine de guerre française ». Nous publions ici l’introduction de ce livre ainsi que sa table des matières et la présentation de l’éditeur.

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Algérie

un ouvrage consacré à Boubaker Adjali,
révolutionnaire anticolonialiste
injustement oublié, par Sonia Combe

Les éditions Otium ont publié en 2023 dans leur collection « Argentiques » un livre consacré à un personnage peu connu de l’histoire des luttes anticolonialistes : Boubaker Adjali (1939-2007). Algérien, militant révolutionnaire, photographe et documentariste, « mi-Capa, mi-Curiel », selon la formule de l’historien Nedjib Sidi Moussa dans sa préface. Le livre Boubaker Adjali l’Africain. Un regard tricontinental comprend 162 photos de Boubaker Adjali, presque toutes inédites. Nous publions sa recension dans En attendant Nadeau par Sonia Combe, ainsi qu’une vidéo des Archives du cinéma numérique algérien et une présentation de Boubaker Adjali par Chaouki Adjali et aussi son portrait par le plasticien Mustapha Boutadjine.

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Rue d'Isly, mars 1962

L’OAS, seule responsable du massacre du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, par Jean-Philippe Ould Aoudia

Tous les ans, le 26 mars, une délégation de « nostalgériques » se rend à l’Arc-de-Triomphe pour rendre hommage aux Français tombés rue d’Isly, à Alger, en 1962. Chaque individu ou groupe a évidemment le droit et le devoir de saluer ses morts, d’entretenir leur souvenir. Il reste que la récupération mémorielle et politicienne suscite un malaise chez ceux qui connaissent la réalité du drame : une provocation montée de toutes pièces par les éléments les plus radicaux, les plus fanatiques, de l’OAS, qui utilisèrent la population civile pour, une semaine après les accords d’Évian, tenter d’éviter l’indépendance de l’Algérie. Le Dr Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de Salah Ould Ouadia, assassiné par l’OAS le 15 mars 1962, mène depuis toujours un combat courageux contre les falsificateurs de l’Histoire. Combat documenté, comme le prouve la présente étude.

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Madagascar et océan Indien

A Mayotte, une opération de police néocoloniale
vise des personnes originaires d’autres îles de l’archipel des Comores

Le 24 avril 2023 le gouvernement français a lancé à Mayotte une opération militaro-policière visant à raser des bidonvilles et à expulser de l’île 10 000 personnes au prétexte qu’elles sont originaires d’autres îles de l’archipel des Comores. Elle est dénoncée par de nombreuses associations, syndicats et partis comme une atteinte grave aux droits humains des habitants de ces bidonvilles. Dans Le Monde, l’ethnologue spécialiste de la région Sophie Blanchy rappelle que les Comoriens ne sont pas des étrangers à Mayotte où rien, sinon leur nationalité, ne les distingue des Mahorais, et pointe l’absurdité de la politique sécuritaire française. La revue Afrique XXI consacre un dossier mettant en perspective cette opération « Wuambushu » à Mayotte, « post-colonie au XXIe siècle ». Nous renvoyons aussi à un article d’Alain Ruscio qui montre que la situation dans l’archipel des Comores résulte du néocolonialisme français.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

« Revenir à Montluc »,
un film qui révèle la difficulté à intégrer
l’histoire coloniale française
projeté à Saint Etienne et à Lyon

Le Fort de Montluc, à Lyon, fut, de 1940 à 1944, une prison du régime de Vichy puis de l’occupant nazi. Il fut aussi durant la guerre d’indépendance algérienne un lieu de détention d’Algériens et de leurs soutiens français, ainsi que, de 1959 à 1961, celui de onze exécutions capitales de militants du MNA et du FLN. Dans Revenir à Montluc, un film de Béatrice Dubell, Claudie Duhamel, française engagée dans le soutien au FLN, revient sur sa détention dans ce lieu où elle fut notamment témoin de la dernière exécution capitale, celle de Salah Dehil en janvier 1961. Mais la réalisatrice Béatrice Dubell n’a pu filmer l’intérieur de Montluc, en raison d’une opposition à voir intégrer ce « passé algérien » à l’histoire de la prison, comme le rappellent ci-dessous la présentation du film et un article du Monde. Ce film sera projeté à Saint Etienne et à Lyon respectivement le 25 avril et le 3 mai 2023.

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1945-1962

Parution d’un
« Dictionnaire de la guerre d’Algérie »

La collection « Bouquins » a publié en mars 2023 un volumineux Dictionnaire de la guerre d’Algérie, sous la direction de Tramor Quemeneur, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault. Près de 1 500 pages de notices qui ambitionnent de rendre compte de tous les aspects de la guerre d’indépendance algérienne. Dans sa recension de l’ouvrage dans Le Monde, que nous reproduisons ici, l’historien André Loez souligne la grande pluralité des sensibilités des historiens et historiennes mobilisés. Selon lui, « au-delà de son caractère désormais indispensable pour qui s’intéresse à la période, ce dictionnaire réaffirme de manière exemplaire la capacité de l’histoire à établir des vérités partagées, sur les terrains les plus controversés ».

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La reconnaissance de l'esclavage

Hommage de la FME à Toussaint Louverture,
symbole universel du combat pour la liberté
des populations noires

Le 7 avril 2023, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) et la Région Ile-de-France ont organisé au Panthéon un hommage à Toussaint Louverture. Héros de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), il est mort le 7 avril 1803, au Fort-de-Joux dans le Doubs où Napoléon Bonaparte l’avait déporté sans procès. « Toussaint Louverture est aujourd’hui un symbole universel du combat pour la liberté et la dignité des populations noires », souligne la FME, dont nous reproduisons ici une biographie de cet ancien esclave qui ouvrit la voie à l’indépendance d’Haïti en 1804. Elle est complétée par une vidéo de la FME et un podcast de France Culture dans lesquels s’exprime l’historien britannique Sudhir Hazareesingh, auteur d’une biographie de Toussaint Louverture (Flammarion, 2020).

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Gestion postcoloniale de l'immigration

« Malika, généalogie d’un crime policier »
de Jennifer Yezid

En 1973, parce qu’elle avait cherché à prévenir son frère de l’arrivée des gendarmes, Malika Yezid, 8 ans, s’est retrouvée enfermée dans sa chambre avec l’un d’entre eux. Elle en est ressortie dans le coma, puis est morte à l’hôpital. Dans « Malika, généalogie d’une crime policier », Jennifer Yezid, nièce de Malika, qui est la seule survivante de la famille, fait le récit de ce drame. Avec Asya Djoulaït, écrivaine, et Sami Ouchane, historien, elle raconte ce crime impuni qui a eu des répercussions sur plusieurs générations. Mais elle dit aussi le sens de la justice et de la vérité, la soif de vivre qui l’animent et l’amènent à parler aujourd’hui. Ci-dessous la postface par Rachida Brahim, sociologue et psychanalyste.

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L'OAS et ses nostalgiques

Mort de l’un des dernier chefs,
condamné puis amnistié,
de l’organisation terroriste de l’OAS

La mort de l’un des dernier chefs de l’organisation terroriste de l’OAS, Jean-Claude Pérez, qui a été condamné puis amnistié et est revenu en France en 1969, depuis l’Espagne franquiste où il s’était réfugié, est intervenue le 8 mars 2023. Son décès a été annoncé par Le Figaro sans aucune référence à son passé. C’est l’un des chefs d’une organisation criminelle qui a tué un grand nombre d’Algériens ainsi que des gendarmes, des fonctionnaires français et des Européens favorables à la recherche d’une évolution pacifique du statut de l’Algérie. Pérez fait partie de ceux qui ont été condamnés à mort pour leurs crimes, ont fui en 1962 dans l’Espagne de Franco, puis sont revenus en France après le départ du général de Gaulle. Leur retour et leur « blanchiment » sous les présidences de Georges Pompidou puis de Valéry Giscard d’Estaing a permis un déni de leurs crimes et contribué à l’essor de l’extrême droite.

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Le 17 octobre 1961

Pas de résolution à l’Assemblée Nationale
sur le crime d’Etat du 17 octobre 1961

Le groupe Europe-Ecologie-Les Verts a déposé en mars 2023 une proposition de résolution pour la reconnaissance du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. Portée par la députée Sabrina Sebaihi, elle invitait à la reconnaissance par la République de sa responsabilité dans ce crime, à une commémoration officielle régulière et l’édification d’un lieu de mémoire, ainsi qu’à l’ouverture des archives à tous les citoyens. Le 5 avril, le groupe EELV a décidé son retrait, certains députés, selon Libération, ayant jugé inopportun son examen « au vu du contexte actuel ». Nous publions la résolution retirée en regrettant vivement qu’après le vote par le Sénat le 23 octobre 2012 d’une résolution comparable, l’Assemblée nationale n’en ait pas été saisie. C’est une grave erreur de négliger le travail à faire sur le passé colonial de la France et son héritage, indispensable notamment pour contrer l’essor de l’extrême droite. Toutes les forces politiques, morales et intellectuelles de la société française, ont une responsabilité à cet égard.

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Racisme et islamophobie

Une journée d’études à Marseille
sur les crimes racistes de 1973

Il y a cinquante ans, se produisait une vague de crimes racistes à Marseille et dans sa région. Le 28 avril 2023, l’IMéRA-Institut d’études avancées, en collaboration avec l’association Ancrages, organise sur l’histoire et la mémoire de ce moment clé de l’histoire de l’immigration postcoloniale en France une journée d’études au Musée d’histoire de Marseille. Elle rassemblera des chercheurs et chercheuses en sciences humaines – Jim House et Yvan Gastaut, historiens, Rachida Brahim, sociologue et psychanalyste, et l’écrivaine Dominique Manotti. Nous en publions le programme et renvoyons à plusieurs dossiers concernant ces événements sur notre site.

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