La déclaration du chef de l’Etat français, lors d’un dîner offert par le président Zine el-Abidine Ben Ali, selon laquelle « aujourd’hui, l’espace des libertés progresse [en Tunisie]. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer », est une véritable contre-vérité.
Comme le confirme ci-dessous Sihem Bensedrine, présidente du Conseil national pour les libertés en Tunisie, aucune ONG, aucun observateur sérieux, tunisien ou étranger, ne peut porter un tel jugement. Dans un pays où le président s’installe au pouvoir à vie, fait tabasser par des voyous, emprisonner, voire torturer, ses opposants et ne tolère qu’une presse à son service, « l’espace de liberté » régresse. Personne ne demandait à M. Sarkozy de se poser, comme il l’a dit, en « donneur de leçons », mais avec ce satisfecit décerné au régime Ben Ali, il fait une bien mauvaise manière aux courageux démocrates tunisiens.