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Édition du 1er au 15 avril 2025

Mémoire de la colonisation

Histoire et mémoire des anticolonialismes

La station de métro Gallieni, à Bagnolet,
rebaptisée « Josette et Maurice Audin »

Le 17 juin, à la station de métro Gallieni, à Bagnolet, le terminus de la ligne 3 du métro parisien, une opération symbolique a été organisée pour l’appeler « Josette et Maurice Audin », conjointement à une demande officielle à la RATP pour qu’elle soit ainsi rebaptisée. Ci-dessous l’article de Rosa Moussaoui que le quotidien l’Humanité a publié le 19 juin 2020, et les échos de ce rassemblement sur LCI et la radio France bleu, Paris. Nous reprenons également le dossier réalisé par les Archives nationales sur la carrière militaire et coloniale du général Joseph Gallieni et son gouvernorat sanglant de Madagascar (de 1896 à 1905).

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Commémorations

Racisme et esclavage :
« Il y a des symboles que la République
ne saurait plus tolérer »,
par Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, a publié dans Le Monde du 14-15 juin 2020 une tribune sur l’esclavage et le racisme où il appelle à ce que les lieux à l’Assemblée nationale ou au ministère de l’économie portant le nom de Colbert, qui est associé au Code noir régissant l’esclavage, soient rebaptisés. Par ailleurs, la région du Grand-Est a décidé de rebaptiser le collège Colbert de Thionville du nom de Rosa Parks. Et le Parlement européen a adopté le 19 juin une résolution, par 493 voix pour, 104 contre et 67 abstentions, disant que la traite des esclaves est un crime contre l’humanité.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Benjamin Stora :
Un passé à reconnaître et à enseigner

Alors que la France tout entière débat des problèmes de racisme et de discriminations qui perdurent dans sa société, le quotidien algérien « El Watan » a publié le 16 juin 2020 un article de Nadjia Bouzeghrane qui souligne le rôle de vigie joué par Benjamin Stora sur la question de leurs racines coloniales. Elle rappelle ses ouvrages, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie (Stock, 2008), et La Gangrène et l’Oubli paru en 1991 (La Découverte), où il explique que « la mémoire de la guerre d’Algérie travaille en profondeur la société française à travers quatre grands groupes : les pieds-noirs, les harkis, les immigrés, les soldats ». Ci-dessous, cet article d' »El Watan » et le chapitre de La Gangrène et l’Oubli intitulé « France : derrière l’immigration, la guerre d’Algérie ».

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Algérie post 1962

Un an de hirak en Algérie : la résurgence de la mémoire de la lutte pour l’indépendance

Juste un an après le déclenchement d’un mouvement social sans précédent en Algérie, le livre intitulé Hirak en Algérie. L’invention d’un soulèvement sort en librairie le 21 février 2020. Publié aux éditions Hazan, il est dirigé par Omar Benderra, François Gèze, Rafik Lebdjaoui et Salima Mellah. Nous publions ci-dessous sa présentation par l’éditeur, la table des matières et un lien vers le résumé des chapitres sur le site de l’association Algeria-Watch à l’origine de ce livre. Ainsi que de larges extraits de l’un de ceux-ci : le texte de Hassina Mechaï : « Le résurgence de la mémoire de la lutte contre le colonialisme français ».

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ils témoignent pour une mémoire apaisée

En choisissant d’assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu en Algérie scellé par les accords d’Évian en 1962, et de rendre hommage aux victimes de cette guerre, le président François Hollande s’est attiré les foudres de la droite.

Cette date, devenue Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, est l’occasion de donner la parole à ceux qui tentent de lancer des passerelles au-dessus de la Méditerranée.

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le réveil d’une parole coloniale sur la guerre d’Algérie

Les discours favorables à l’Algérie française sont de retour. Les groupes de mémoire communautarisés se sont multipliés ; d’où la crainte exprimée par Benjamin Stora d’une « guerre des mémoires ». Il rejoint un autre historien, Gilles Manceron, pour qui un réveil de l’idéologie coloniale a accompagné la libération de la parole sur la guerre d’Algérie.

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les Français et leur passé algérien

Ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora et publié le 14 mars 2016 dans le quotidien algérien Liberté sous le titre «Il faut dépasser le discours abstrait de dénonciation du colonialisme».

Pour ce spécialiste reconnu de l’histoire coloniale, les demandes de repentance sont improductives. Selon lui, l’État algérien doit entrer en mouvement en réclamant à la France des réponses sur des faits précis et des compensations pour les victimes de toutes les exactions.

L’interview est suivie de deux vidéos d’entretien de Benjamin Stora avec Jean-Pierre Elkabbach.

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Statue équestre de Léopold II, place du Trône à Bruxelles (photo CMCLD)
Belgique

La vérité sur le passé colonial belge au Congo

Un “Collectif mémoire coloniale et lutte contre la discrimination” existe en Belgique — il présente ses objectifs.

Après la commémoration récente en hommage au roi Léopold II, Kalvin Soiresse Njall, coordinateur du collectif, exprime, dans un article que nous reprenons ci-dessous, l’exigence de vérité sur l’histoire coloniale de la Belgique au Congo.

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Benjamin Stora : « il faut en finir avec la guerre des mémoires »

L’historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, évoque dans son nouveau livre son enfance juive à Constantine samedi 26 septembre aux Chapiteaux du livre à Béziers. Un récit personnel qui complète une oeuvre scientifique au-delà des polémiques.

Benjamin Stora était l’invité des Chapiteaux du livre samedi 26 septembre à 21h pour une grande conférence autour de son nouvel ouvrage Les clés retrouvées : une enfance juive à Constantine (Ed. Stock).

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M. de Brazza, d'après une photographie faite par M. Pottier la veille du départ de l'explorateur pour la Sangha (L'Illustration du 23 Février 1895)
Congo

Mémoire coloniale et le rapport Brazza (1905-1907)

Il aura fallu plus d’un siècle pour que soit publié par les éditions Le passager clandestin le dernier rapport de Pierre Savorgnan de Brazza. Occulté au nom de la raison d’État, il a été retrouvé en 1965 par Catherine Coquery-Vidrovitch, dans un dossier du fonds Gabon-Congo de l’ancienne AEF, et il est maintenant accessible à tous2.

Pour prendre conscience de ce qu’a été la colonisation de l’Afrique centrale, il faut lire ces pages écrites un siècle avant la tentative de graver dans la loi du 23 février 2005 une glorification de l’«œuvre positive» de la colonisation, et qui concernent une région dont une partie constitue aujourd’hui la République centrafricaine….

Nous reprenons en bonne feuille, et avec son autorisation, deux larges extraits de la préface que Catherine Coquery-Vidrovitch a écrite pour présenter cet ouvrage3.

Catherine Coquery-Vidrovitch est professeure émérite de l’université Paris-Diderot. Ses travaux sur l’Afrique portent sur la politique de colonisation et les notions d’impérialisme et de capitalisme sur ce continent. Elle est notamment l’auteure de Le Congo au temps des grandes compagnies concessionnaires, 1898-1930 (1972), Paris, Éditions de l’EHESS, 2001 (2e édition), 2 volumes, et de Enjeux politiques de l’histoire coloniale, Marseille, Agone, 2009.

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