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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Depuis 1962

La consulaire, à Brest.
Depuis 2012

Des cadeaux diplomatiques qui font des vagues

Les conseillers de François Hollande sont en quête de cadeaux chargés d’une forte valeur symbolique que le président français pourrait offrir à l’Algérie lors de son prochain voyage officiel.

Le fameux canon, dénommé “Baba Merzoug” par les Algériens et “La Consulaire” par les Français, a été évoqué, mais la Marine française semble très attachée à ce trophée de guerre. Des clés, de la ville d’Alger ou de sa casbah, ont été envisagées, mais étant des “biens culturels publics” elles sont inaliénables – dans son édition du 30 novembre 2012, La Tribune de l’art rappelle l’épisode des manuscrits coréens et proteste d’avance contre un dessaisissement éventuel1.

[16 décembre 2012] – D’après l’édition du 14 décembre 2012 de La Tribune de l’Art, les clés d’Alger resteraient au musée de l’Armée, et Baba Merzoug ne bougerait pas de l’Arsenal de Brest.

D’après ce magazine, le choix de François Hollande se porterait sur un petit tableau de Gustave Courbet (une Vierge à l’enfant), dérobé en 1985 et qui a été retrouvé en France. La remise de ce tableau au Musée Zabana d’Oran n’aura évidemment pas la même charge symbolique…
Difficile pour une nation qui a été à la tête d’un “Empire” de se dépouiller des traces de son passé “glorieux”.

[Mis en ligne le 5 décembre 2012, mis à jour le 16]

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Pour Benjamin Stora, “la relation franco-algérienne reprend”

Le 19 mars dernier, jour anniversaire du cessez-le-feu qui a suivi les Accords d’Evian de 1962, François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle, écrivait dans une tribune publiée dans les quotidiens Le Monde et El Watan : «Nous avons tant de choses utiles et belles à faire dans une même perspective. Celle du respect mais aussi du dépassement.»

À la veille du voyage officiel en Algérie de François Hollande, président de la République, l’historien Benjamin Stora exprime l’attente qui se manifeste de part et d’autre de la Méditerranée

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ACAT (août 2009)
Algérie : les affrontements des années 1990

Algérie : les droits des familles de disparus

La question des disparus est toujours tabou en Algérie. À Alger et Oran, le 10 décembre 2012, les forces de l’ordre ont empêché les rassemblements de familles qui demandaient ce qu’il est advenu de leurs proches disparus au cours de la guerre civile des années 1990.


«Un pouvoir est légitime dans la mesure où il n’entre pas en contradiction avec certaines lois supérieures de l’humanité […] : le respect des vivants et des morts, l’hospitalité, l’inviolabilité de l’être humain, l’imprescriptibilité de la vérité. Elles énoncent les valeurs qui permettent à une communauté politique de dire le droit et la justice, et qu’un gouvernement ou un Etat doivent donc sauvegarder à tout prix.
De telles lois non écrites sont au-dessus de toute législation de circonstance […]. C’est pourquoi, dès lors que les citoyens constatent une flagrante contradiction entre les deux, ils ont pour devoir de porter le conflit sur la place publique, en proclamant leur obéissance aux lois non écrites.»

Etienne Balibar, «État d’urgence démocratique»

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Algérie post 1962

Algérie : l’Union européenne doit faire du respect des droits de l’homme une priorité

Le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH), la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), et leurs partenaires – CFDA, LADDH, SNAPAP, RADDH et ACDA – appellent l’Union européenne (UE) à réorienter ses relations avec l’Algérie en donnant la priorité au respect des droits de l’Homme. Ils demandent à l’UE de mettre en pratique les engagements qu’elle a pris dans le cadre de la nouvelle Politique européenne de voisinage, si elle veut soutenir les aspirations démocratiques de la population algérienne.

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Brahim Senouci : Algérie-France, quelle réconciliation ?

Il y a douze ans, Brahim Senouci, universitaire, écrivain et journaliste, appelait la France à reconnaître «cette zone d’ombre que constitue son passé colonial».

Aujourd’hui, déplorant que cette parole française ne soit pas encore venue, il appelle François Hollande à prononcer des mots, «pas ceux de repentance ni d’excuses, mais de reconnaissance et d’engagement à en finir avec la matrice culturelle qui a permis […] de commettre l’horreur» : une vision qui «cantonne les trois-quarts de l’humanité dans une altérité et une infériorité irréductibles».

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Algérie : multiplication des tentatives d’intimidation de militants des droits de l’homme

Le militant algérien des droits de l’Homme, Yacine Zaïd, a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 dinars (100 euros), pour «outrage à des agents de police», par un tribunal de Ouargla (800 km au sud d’Alger). Membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh), il avait été placé mardi sous mandat de dépôt après avoir été arrêté la veille par la police près de Ouargla.

«Je ne suis pas satisfait de ce verdict qui pèse comme une menace contre lui», a estimé Me Salah Debouz, de la Laddh, ajoutant : «ils veulent l’intimider pour l’empêcher de continuer à militer». Yacine Zaïd était déjà poursuivi dans une autre affaire avec trois autres militants des droits de l’Homme. Leur procès, prévu initialement le 25 septembre, a été reporté à une date indéterminée.

Les quatre militants avaient été interpellés le 26 avril par la police devant le tribunal d’Alger alors qu’ils manifestaient leur soutien à Abdelkader Kherba, un militant de la Laddh, jugé pour «incitation à l’attroupement».
Abdelkader Kherba, 32 ans, avait été condamné le 3 mai à un an de prison avec sursis et à 20.000 dinars (200 euros) d’amende après avoir été arrêté en avril lors d’une manifestation de greffiers devant le palais de justice à Alger. Il doit être jugé en appel le 4 novembre.

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Chômeurs, familles de disparus, militants des droits de l’homme... Ils sont descendus dans la rue le 5 juillet 2012, et pour beaucoup, ont été arrêtés.
Algérie : les affrontements des années 1990

à la suite des protestations qui ont suivi son incarcération, Mohamed Smaïn est remis en liberté

Des ONG et des intellectuels se sont mobilisés en Algérie pour dénoncer l’incarcération du militant des droits de l’homme algérien Mohamed Smaïn incarcéré à Relizane. Les autorités algériennes ont ainsi empêché sa venue en France, alors qu’il est partie civile dans un procès contre deux anciens miliciens algériens poursuivis pour torture.

Une pétition a été lancée dont les signataires rappellent que Mohamed Smaïn, ancien vice-président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme est une « figure nationale dans la lutte pour la vérité sur le sort des disparitions forcées » pendant la décennie noire. Cela lui a valu d’être condamné à deux mois de prison pour dénonciation de « crimes imaginaires », condamnation confirmée par la cour suprême d’Alger en octobre 2011 après dix années de harcèlement judiciaire, la cour ayant refusé le pourvoi en cassation. La plainte avait été déposée par Mohamed Fergane, l’ancien maire de sa ville Relizane, qui dans les années 1990 dirigeait la milice responsable d’actes de tortures, d’assassinats et de disparitions forcées.

La pétition rappelle que 210 citoyens enlevés à Relizane ont disparu et que des charniers où gisent des disparus ont été localisés et des restes humains exhumés et identifiés. Mohamed Smaïn, âgé de 70 ans, a été arrêté le 19 juin dernier à Relizane pour l’exécution de sa peine, au mépris du recours en grâce qui avait été déposé en raison de son état de santé – il a subi un triple pontage coronarien et souffre d’un cancer de la prostate.

Pour Me Patrick Baudouin : “L’omerta est totale en Algérie sur les crimes de la décennie noire2

Mise à jour

  • Mohamed Smaïn a été libéré le 6 juillet3
  • Le 5 juillet gâché à Alger : arrestation de militants et interdiction de manifester4.
[Mis en ligne le 1er juillet 2012, mis à jour le 9]

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“pour une république algérienne démocratique, laïque et indivisible” par Salah Guemriche

«Après cinquante ans de gabegie», «il est temps de demander des comptes à ceux qui ont mis l’Algérie en coupe réglée» écrit Salah Guemriche, écrivain et journaliste algérien5. Dans le manifeste ci-dessous, il propose une réécriture de la proclamation du 1er novembre 1954, en vue de fonder une République algérienne démocratique, laïque et indivisible6.

Salah Guemriche a donné une longue interview intitulée “Un auteur peut se fondre dans son écriture et se confondre avec elle” publiée le 8 mai 2012 sur le site Djazaïr News, à partir de la page 11 de http://www.djazairnews.info/pdf_fr/fr-08-05-2012.pdf.

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Algérie post 1962

Algérie : “réformes politiques” ou verrouillage supplémentaire ?

Dans un rapport conjoint publié le 19 avril 2012, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), le Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et le Syndicat national du personnel autonome de l’administration publique (Snapap) dénoncent les nouvelles lois adoptées en Algérie et les violations des libertés fondamentales et des droits humains qui s’intensifient.

Ce rapport révèle les contradictions entre les réformes politiques annoncées par le président de la République et les textes des nouvelles lois adoptées depuis janvier 2012. En passant au peigne fin la loi fixant les modalités augmentant les chances d’accès de la femme à la représentation dans les Assemblées élues, la loi relative aux partis politiques, à l’information et aux associations, le rapport accorde une grande partie de son analyse critique à la loi relative au régime électoral. «Les dispositions de la nouvelle loi n’apportent pas des garanties suffisantes pour que les élections se déroulent de manière libre et transparente», peut-on lire dans le document. Et pour étayer l’analyse, le rapport cite les failles du nouveau code électoral qui institue une commission supplémentaire de supervision des élections. (Lamia Tagzout, El Watan)

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