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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

Rue d'Isly, mars 1962

L’OAS, seule responsable du massacre du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, par Jean-Philippe Ould Aoudia

Tous les ans, le 26 mars, une délégation de « nostalgériques » se rend à l’Arc-de-Triomphe pour rendre hommage aux Français tombés rue d’Isly, à Alger, en 1962. Chaque individu ou groupe a évidemment le droit et le devoir de saluer ses morts, d’entretenir leur souvenir. Il reste que la récupération mémorielle et politicienne suscite un malaise chez ceux qui connaissent la réalité du drame : une provocation montée de toutes pièces par les éléments les plus radicaux, les plus fanatiques, de l’OAS, qui utilisèrent la population civile pour, une semaine après les accords d’Évian, tenter d’éviter l’indépendance de l’Algérie. Le Dr Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de Salah Ould Ouadia, assassiné par l’OAS le 15 mars 1962, mène depuis toujours un combat courageux contre les falsificateurs de l’Histoire. Combat documenté, comme le prouve la présente étude.

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1945-1962

Parution d’un
« Dictionnaire de la guerre d’Algérie »

La collection « Bouquins » a publié en mars 2023 un volumineux Dictionnaire de la guerre d’Algérie, sous la direction de Tramor Quemeneur, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault. Près de 1 500 pages de notices qui ambitionnent de rendre compte de tous les aspects de la guerre d’indépendance algérienne. Dans sa recension de l’ouvrage dans Le Monde, que nous reproduisons ici, l’historien André Loez souligne la grande pluralité des sensibilités des historiens et historiennes mobilisés. Selon lui, « au-delà de son caractère désormais indispensable pour qui s’intéresse à la période, ce dictionnaire réaffirme de manière exemplaire la capacité de l’histoire à établir des vérités partagées, sur les terrains les plus controversés ».

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1830-1880

« 1871. L’Algérie sous séquestre »,
par Didier Guignard

En 1930, après un siècle de colonisation en Algérie, plus du tiers des terres de culture est passé dans les mains des Européens. Une grande partie de ces spoliations ont été opérées en représailles de l’insurrection de 1871 : environ 900 000 Algériens, plus du quart de la population totale, se voient alors infliger un séquestre sur leurs terres, maisons ou plantations. C’est l’objet du livre de Didier Guignard, publié en janvier 2023 par les éditions du CNRS. S’appuyant sur les archives et sur une enquête de terrain, il étudie aussi les adaptations et résistances de la paysannerie kabyle jusqu’aux années 1930. On lira ici la présentation de l’éditeur, la préface de Neil MacMaster et l’introduction, ainsi qu’un article de Didier Guinard, dans la revue Insaniyat, consacré à un cas de résistance à la mainmise foncière, celui des Beni Urjin, dans la région de Bône, aujourd’hui Annaba.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Reportage par Malika Rahal et Fabrice Riceputi
sur un centre de torture de l’armée française durant la guerre d’Algérie :
la ferme Perrin

Dans le cadre du projet Mille autres consacré à la disparition forcée des Algériens du fait de la grande répression d’Alger en 1957, dite « bataille d’Alger », les historiens Malika Rahal et Fabrice Riceputi ont effectué une mission de recherche en novembre 2022. Ils ont notamment poursuivi un travail de localisation des très nombreux centres de torture mentionnés par les familles de victimes de la disparition forcée. C’est ainsi qu’ils ont pu retrouver et visiter l’un d’entre eux, l’ancienne ferme coloniale Perrin. On sait que l’avocat Ali Boumendjel y a été détenu peu avant son assassinat et que l’ingénieur Mohand Selhi y a disparu. Ils ont fait le récit de cette découverte pour Mediapart. Par ailleurs, la revue Annales Histoire Sciences Sociales vient de publier un long article de ces deux historiens sur le projet Mille autres, dont nous publions également ci-dessous le résumé.

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Les mouvements nationalistes

Une grève générale anticoloniale algérienne :
la « grève des 8 jours » en 1957

Qui sait que, deux ans après le début de l’insurrection, le FLN a organisé et réussi une massive mobilisation populaire non violente ? La « grève des huit jours » (28 janvier-4 février 1957) fut très suivie dans toute l’Algérie et dans l’émigration en France. Mais, dans la colonie, elle ne pouvait être tolérée et fut réprimée avec une brutalité sans précédent par les parachutistes du général Massu. Le pouvoir français parvint aussi à l’invisibiliser et installa durablement la fiction de son « échec ». Plus rien de tel ne put être tenté par la suite par le FLN. Dans cet article publié par Orient XXI, l’historien Fabrice Riceputi, en se fondant notamment sur les archives coloniales de la répression, fait l’histoire de ce tournant majeur de la guerre d’indépendance algérienne.

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1945-1962

Il y a 68 ans, le Premier Novembre en Algérie
Une famille au maquis en 1956,
par Marie Chominot

Il y a 68 ans, était lancée l’insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie. Ci-dessous, le texte de la proclamation qui l’annonçait et la photographie de ses auteurs. Précédées d’un texte et d’une vidéo de l’historienne de l’image Marie Chominot, « Une famille au maquis (Algérie, 1956) », qui évoque l’engagement patriotique d’une famille qui y a répondu à travers les photographies qu’elle a conservées, celle d’Abdelmalek Kitouni, combattant du FLN. C’est le premier épisode de la série « La guerre d’Algérie prise de vues », coordonnée par Sébastien Ledoux dans le cadre du projet « La Chambre noire de l’histoire » de l’Ehne-Sorbonne université. Ces « objets rescapés,(…) seules traces visuelles d’une vie familiale bouleversée à jamais par la guerre » sont « des sources précieuses pour écrire l’histoire de la lutte d’indépendance algérienne ».

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

La spoliation coloniale des terres en Algérie,
par Hosni Kitouni

A l’occasion du 60eme anniversaire de l’Indépendance algérienne, la revue Orient XXI publie un copieux dossier sur plusieurs aspects de la longue histoire de l’Algérie coloniale, traités par des spécialistes. Après l’introduction et le sommaire de ce dossier, nous reproduisons ici l’un des articles dans lequel l’historien Hosni Kitouni livre une synthèse de ses recherches sur la spoliation coloniale des terres, élément essentiel de la domination française en Algérie. Archives à l’appui, il y montre avec précision l’étendue de la dépossession foncière en Kabylie. Il indique que les populations spoliées et déplacées de force, réduites à la misère, furent souvent contraintes de travailler pour les nouveaux propriétaires de leurs propres terres. Et il souligne que ces régions furent un puissant foyer de lutte contre la colonisation.

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1945-1962

Il y a 66 ans,
le mouvement d’indépendance de l’Algérie
a connu au Congrès de la Soummam
une étape importante
qui témoigne de la complexité de son histoire

A partir du 20 août 1956, le Congrès de la Soummam du FLN organisé en particulier par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi dans la région d’Ifri Ouzellaguen en Kabylie, a représenté un moment important dans l’histoire du mouvement d’indépendance de l’Algérie. Ci-dessous l’entretien que l’historien Ali Guenoun a donné à El Watan, soulignant les principes posés à ce congrès, qui n’ont pas été acceptés ensuite par tous les chefs du FLN. Ce congrès a aussi abordé de manière extrêmement ouverte la question de la nation algérienne indépendante future, faisant écho à un débat qui avait commencé en 1949 dans le mouvement national. En revanche, il a eu tendance à englober dans une même stigmatisation les positions différentes des communistes algériens et du PCF, ce qui a entravé la participation des premiers à l’histoire de leur pays.

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La conquête (1830-1871)

L’île Sainte-Marguerite,
au centre de l’archipel carcéral
de l’empire colonial français

La fonction de lieu de détention de l’île Sainte Marguerite, en face de Cannes, a déjà été évoquée par notre site avec la reprise de l’article de Sylvie Thénault issu de son livre Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence (2012). L’historien irlandais Dónal Hassett, après avoir visité les lieux, apporte ses propres réflexions dans l’article ci-dessous, traduit de l’anglais par nos soins, en particulier sur les peintures murales réalisées en 1992 au Fort Royal par un artiste contemporain en souvenir de ces détenus dont beaucoup y ont laissé la vie. Il souligne qu’il reste à la recherche historique encore un travail important à faire pour éclairer le sort des personnes incarcérées par l’État colonial français, notamment en Méditerranée, en Kanaky-Nouvelle Calédonie et en Guyanne.

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1945-1962

Les ratonnades d’Alger en 1956
Un exemple de violence coloniale
qui résonne dans la France d’aujourd’hui
Entretien avec Sylvie Thénault

La RevueAlarmer, émanation de l’association ALARMER (Association de lutte contre l’antisémitisme et les racismes par la mobilisation de l’enseignement et de la recherche) et du CERA, Cercle de formation et de recherche sur le racisme et l’antisémitisme au sein de l’IFG-Lab (Institut français de Géopolitique, Paris 8), qui met à la disposition d’un large public des connaissances scientifiques sur les racismes et l’antisémitisme, a publié l’entretien que nous reprenons ci-dessous avec l’historienne Sylvie Thénault, directrice de recherche au CNRS, sur les ressorts des ratonnades d’Alger de décembre 1956 qu’elle a étudiées dans son livre publié au Seuil en 2022. Certaines thématiques évoquées dans ce livre résonnent de manière frappante dans le climat politique actuel.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

La presse algérienne fait écho
aux révélations de chercheurs
sur la « guerre des grottes »
pratiquée par l’armée française en Algérie

A la suite de la conférence de presse qui s’est tenue le 7 avril 2022 à Paris au siège de la Ligue des droits de l’Homme autour de la publication par la revue XXI d’un dossier sur la « guerre des grottes » pratiquée par l’armée française durant la guerre d’Algérie, dont plusieurs médias français ont rendu compte (voir la page déjà publiée sur notre site), la presse algérienne a fait écho aux révélations publiées dans cette revue. Les principaux titres de la presse francophone et arabophone ont repris les informations contenues dans cet important dossier. Ci-dessous, à titre d’exemples, les articles que trois médias algériens ont consacré à ces révélations : le quotidien El Watan le 20 avril 2022, le média arabophone Echorouk le 16 avril 2022 et L’Algérie aujourd’hui le 24 avril 2022.

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1945-1962

Décès à Alger de Juliette Acampora,
« Algérienne » et non pas « amie de l’Algérie »

La combattante pour l’indépendance de l’Algérie Juliette Acampora, veuve de Georges Acampora, tous deux militants du PCA/Combattants de la Libération dans les années 1955-1957, est morte le 14 avril 2022, à l’âge de 92 ans, à Alger où elle avait toujours vécu. Une dépêche de l’Agence Algérie Presse Service la qualifie d’« amie de la Révolution algérienne ». Ne faudrait-il pas plutôt la désigner comme « Algérienne » puisqu’elle faisait partie de ces femmes et hommes d’origine européenne qui ont combattu au péril de leur vie pour l’indépendance de l’Algérie et contribué à l’avènement d’une Algérie indépendante ? Nous lui associons ci-dessous le souvenir de son mari, celui d’une autre militante de la guerre d’indépendance restée toute sa vie en Algérie, Annie Steiner, décédée il y a un an ; l’hommage rendu au cimetière chrétien d’Alger au patriote algérien Henri Maillot, tué par l’armée française, et un article qui demande justice pour le jeune Pierre Ghenassia, patriote algérien issu d’une famille juive de Ténès.

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