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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Séquelles politiques postcoloniales

Couverture de l'édition du 31 mars de l'hebdomadaire italien Panorama
La guerre de Libye (2011)

pour quoi faisons-nous la guerre en Libye ?

« Le 19 mars 2011 à 17h45, seul dans son rôle de commandant en chef, Nicolas Sarkozy a été le premier à ordonner à l’aviation militaire d’ouvrir le feu sur les blindés libyens. » («L’homme qui voulait ressembler à Napoléon », Panorama, le 31 mars 2011.)

Couverture de l'édition du 31 mars de l'hebdomadaire italien Panorama
Couverture de l’édition du 31 mars de l’hebdomadaire italien Panorama

En un mois, le conflit a déjà fait quelque 10 000 morts et 55 000 blessés, a affirmé mardi à Rome le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, citant le chef du Conseil national de transition (CNT) libyen. Aujourd’hui, la France, qui a déclaré exclure tout déploiement de forces au sol, a annoncé l’envoi d’un petit nombre d’officiers français auprès du CNT.

Mais pourquoi et pour quoi faisons-nous la guerre en Lybie ? pour la démocratie ? pour renverser Kadhafi ? pour montrer les performances de nos Rafale ? pour faire diversion aux difficultés de politique intérieure ? pour préparer les élections présidentielles ? …

Ci-dessous, le point de vue d’Omar Benderra, consultant, ancien PDG d’une banque publique algérienne.

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 1960-2010, 50 ans d’interventions militaires françaises en Afrique

Après les indépendances, la France signe une vingtaine d’accords de défense et de coopération avec ses anciennes colonies africaines. En vertu de ses accords, ou afin de venir en aide à ses ressortissants, l’armée française est intervenue à près de quarante reprises sur le sol africain en l’espace d’un demi-siècle. Certaines opérations françaises n’ont duré que quelques jours, d’autres ont donné lieu à des déploiements beaucoup plus longs. Une présence militaire, et des «coups de force», devenus des symboles d’une certaine «France-Afrique en kaki», sur lesquels le président Sarkozy dit vouloir tourner la page.

Cet article a été écrit par Olivier Fourt pour l’Anniversaire des indépendances africaines et publié le 14 juillet2010, sur le site RFI1. Source : Que fait l’armée française en Afrique ? Raphael Granvaud aux éditions Agone.

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Rony Brauman : “de quel droit demander à Kadhafi de partir ?”

Dans une déclaration commune publiée vendredi 15 avril 2011, un mois après le début des frappes aériennes contre l’armée libyenne, Barack Obama, David Cameron et Nicolas Sarkozy affirment que l’avenir de la Libye ne peut être envisagé avec Kadhafi. Cette prise de position révolte l’ancien président de Médecins sans frontières – actuellement professeur à Sciences-Po Paris et à l’université de Manchester.

Pourfendeur de l’ingérence dite humanitaire, Rony Brauman se demande « de quel droit » les dirigeants des trois puissances occidentales peuvent appeler au renversement d’un régime. Invité de L’Info.com, une émission commune de France Info et de Rue89, animée par Mireille Lemaresquier, il a vivement critiqué l’action de l’Otan pourtant autorisée par le conseil de sécurité de l’ONU :

« Le conseil de sécurité étant la source de la loi internationale, cette guerre est légale. Je ne la trouve pas légitime pour autant, je ne la trouve pas utile pour autant et je ne la trouve pas gagnable pour autant. »

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après l’arrestation de Laurent Gbagbo, appel au respect des droits

La Ligue des droits de l’Homme rappelle qu’«aucune réconciliation, aucun retour à la paix civile n’est possible [en Côte d’Ivoire] sans qu’un processus d’établissement des faits, de recherche des responsabilités et de jugement des coupables soit rapidement enclenché dans des conditions d’impartialité incontestables.»

Lire également le communiqué de la FIDH.

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Rony Brauman : “on ne peut installer la démocratie avec des bombardiers”

Rony Brauman, ancien président de l’association Médecins sans Frontières (de 1982 à 1994), est professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris. Il réfléchit depuis des années aux effets des interventions humanitaires.
Il détaille les leçons à tirer des interventions et guerres précédentes, s’étonnant que ces expériences soient aussi peu prises en compte : « comment a-t-on pu oublier l’Irak et l’Afghanistan ? »2.

Dès le troisième jour de l’intervention internationale engagée par Sarkozy, il déclarait dans une interview sur France-Inter (vidéo ci-dessous) :
«Ce qui me gêne dans cette opération, c’est qu’on prétend installer la démocratie et un Etat de droit avec des bombardiers […] ; à chaque fois qu’on a essayé de le faire, non seulement on a échoué mais le remède qu’on prétendait apporter était pire que le mal».

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Jérôme Bosch, Der Heuwagen (détail)
La guerre de Libye (2011)

Tzvetan Todorov : “il n’existe pas de guerre propre ni de guerre juste”

S’attaquant à l’unanimisme des partis politiques et des commentateurs en faveur de l’intervention militaire en Libye, Tzvetan Todorov rappelle que «l’ordre international incarné par le Conseil de sécurité consacre le règne de la force, non du droit» et que son approbation demeure de ce fait un gage de légitimité discutable.

Tzvetan Todorov, historien et essayiste, a notamment publié en 2008 la Peur des barbares. Au-delà du choc des civilisations (Robert Laffont)

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Libye : les crimes ne resteront pas impunis

La Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (Fidh) et Amnesty International ont demandé, les 24 et 25 février 2011, au Conseil de sécurité de l’ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Libye et de décréter un embargo sur les armes.

« Le colonel Mouammar Kadhafi et ses responsables hiérarchiques doivent comprendre qu’ils devront répondre de leurs actes, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International. « Cela devrait résonner comme un signal d’alarme pour ceux qui donnent les ordres et ceux qui les exécutent : leurs crimes ne resteront pas impunis»3.

De son côté, l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) demande aux autorités françaises de suspendre les renvois de personnes vers ce pays.

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La Françafrique

Michèle Alliot-Marie favorite pour le prix colonialiste de l’année 2010

Pour la sixième année consécutive, la Semaine anticoloniale va se dérouler à Paris (20e). Cette semaine se veut à la fois forum de discussion et moment d’initiatives concrètes, politiques et culturelles. Elle vise à fédérer tous ceux pour qui l’anticolonialisme n’est pas seulement une commémoration de quelques grands événements mais également l’expression vivante des luttes d’aujourd’hui et de demain.

Les événements historiques qui se développent de l’autre côté de la Méditerranée donnent une coloration toute particulière à cette sixième semaine anticoloniale. Et les organisateurs feront du 26 février, point d’orgue de la semaine, une manifestation de solidarité avec les peuples de cette région et une dénonciation de la politique étrangère du gouvernement.

Le programme de la semaine comporte en particulier la désignation des lauréats du prix du “colonialiste de l’année” et du prix “Françafrique”. Tout le monde peut voter (cliquer). Les résultats seront proclamés, samedi 19 février, lors du « Salon anticolonial », à la Bellevilloise (19-21 rue Boyer, 75020 Paris, métro Gambetta). Le lauréat se verra remettre le « casque colonial » (le programme).

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La Françafrique

cinquantenaire des indépendances africaines : quelle commémoration ?

Les 50 ans des indépendances africaines ont été marqués par l’invitation de troupes africaines au défilé du 14 juillet, ce qui a suscité à la fois l’enthousiasme et la critique.

Pierre Boilley, professeur (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf), propose un décryptage des paradoxes liés à la célébration, par la France, de cet anniversaire.

Un article publié dans le N° 151, juillet-août-septembre 2010, de la revue Hommes & Libertés de la LDH.

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le quatorze juillet du cinquantenaire ne doit pas être la fête de l’impunité

Douze chefs d’État africains4 seront présents le 14 juillet à Paris pour célébrer, à la fois, la fête nationale et le cinquantième anniversaire des indépendances… ( y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ? )

Dans une lettre ouverte adressée à Nicolas Sarkozy, et après avoir rappelé leur critique du projet de loi d’intégration en droit français des dispositions du statut de la Cour pénale internationale (CPI), la FIDH et la LDH s’inquiètent de la présence éventuelle au sein des délégations officielles de personnes accusées de graves violations des droits de l’Homme.

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cinquantenaire des indépendances : y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ?

La France va commémorer cette année le cinquantenaire de l’accession à l’indépendance en 1960 de quatorze pays francophones d’Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo)5.

Les dirigeants de ces pays seront notamment conviés à un sommet « familial » qui se déroulera le 13 juillet. Le lendemain, en hommage à la “Force noire”, des troupes africaines participeront au défilé du 14-Juillet sur les Champs-Élysées. Mais Nicolas Sarkozy n’honorera aucune des invitations qui lui ont été faites d’assister aux cérémonies de commémoration.

Un cinquantenaire qui se déroule dans une ambiance où le malaise le dispute à l’indifférence…

En fait, comme le demande Achille Mbembé, «y a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ?».

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Le 24 juillet 2009, Nicolas Sarkozy s'entretient avec le président camerounais à l'Elysée.
La Françafrique

biens mal acquis : la piste camerounaise

En juin dernier, le CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) a rendu public un nouveau rapport consacré aux avoirs détournés par certains chefs d’Etat africains. L’association, créée pour travailler sur les causes de la pauvreté et des inégalités et pour dégager des voies de développement, s’était précédemment penchée sur les cas des présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale). Le nouveau rapport intitulé «Biens mal acquis, à qui profite le crime ?» aborde notamment le patrimoine et l’enrichissement du président camerounais Paul Biya et de ses proches.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de l’intégralité du chapitre de ce rapport consacré au Cameroun6. Un document que les vacances fastueuses du couple présidentiel camerounais à La Baule illustrent de façon scandaleuse (43 chambres ont été réquisitionnées dans deux hôtels de luxe de La Baule, au prix de 42 000 € par nuit7).

En janvier 2009, un rapport d’Amnesty International8 avait rappelé que « L’opposition politique n’est pas tolérée au Cameroun. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. »

La France, oubliant qu’on ne peut être en même temps l’ami des démocrates et celui des dictateurs9, aurait renouvelé son aide au Cameroun en confirmant le versement de 537 millions d’euros sur cinq ans pour le désendettement et le développement du pays10.

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