La valise ou le cercueil est le titre du film documentaire de Charly Cassan qui, selon la présentation qu’il en donne, «retrace la vie et le lâche assassinat du peuple pied noir et harkis par la République gaulliste dirigée par De Gaulle. C’est aussi toute l’histoire authentique de cette belle province française durant 132 ans… 1»
En revanche, Aïcha Kerfah, responsable de l’association Harkis et droits de l’Homme pour la région Languedoc-Roussillon, qui a assisté à sa projection en avant-première dimanche 26 février 2011 à Lattes, près de Montpellier, et dont nous reprenons les commentaires ci-dessous, semble y avoir vu une illustration des propos de Jean-Jacques Jordi 2 :
«Depuis quelques années, la communauté française d’Algérie tient à affirmer son identité propre face aux multiples identités locales, régionales, voire étrangères sur le territoire de la métropole. Cela n’est pas chose facile, tant les éléments fondateurs de l’identité “pied-noire” sont relativement récents, et tant y abondent des lieux communs parfois falsificateurs. »
Un geste politique de portée symbolique : la réinstallation sous une forme légèrement modifiée de la stèle de Marignane à son emplacement initial au cimetière Saint Laurent Imbert, le 11 mars 2011, date anniversaire de la mort de Jean-Marie Bastien-Thiry – ce qui a permis à l’Adimad3 d’y organiser une cérémonie dès le dimanche 13 mars à 16 heures.
La stèle, initialement installée le 5 décembre 2005, est depuis lors l’objet de plusieurs actions en justice. Le 18 novembre 2008, la mairie de Marignane l’avait fait retirer du cimetière en application d’une décision du 7 juillet 2008 du tribunal administratif de Marseille. Mais le conseil municipal de Marignane a voté le 27 octobre 2010 une délibération en faveur de son retour à l’emplacement initial. Bien que cette délibération fasse l’objet de recours devant le TA de Marseille, le maire a donc décidé dans l’urgence4 la réinstallation de cette stèle.
La nouvelle stèle acceptée en octobre dernier par le conseil municipal diffère de la stèle initiale : les dates du panneau de droite, qui correspondaient aux exécutions des 4 fusillés de l’OAS, ont disparu et sont remplacées par un texte5.
En revanche la plaque centrale, représentant un condamné à mort face au peloton d’exécution, ne semble pas avoir été modifiée et le panneau de gauche comporte toujours les quatre mêmes dates :
En réaction au projet des nostalgiques de l’Algérie française de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, aux responsables du putsch d’Alger d’avril 1961, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme célèbre la mémoire des victimes de cette organisation terroriste, et notamment celle des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs en Algérie assassinés par un commando de l’OAS le 15 mars 1962.
A l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger, des “nostalgériques” ont décidé de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, au «quarteron de généraux» – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de cette «aventure odieuse et stupide»6.
L’échec de cette tentative de putsch a entraîné l’émergence de l’OAS – Organisation armée secrète – un mouvement clandestin qui a tenté, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie. Responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France, l’OAS a tué 2 700 personnes, dont 2 400 Algériens, de janvier 1961 à septembre 1962.
Cet hommage paraît totalement illégitime à la plupart de nos concitoyens. C’est plutôt aux «appelés» qu’il conviendrait de rendre hommage : par leur loyauté et leur refus d’obéir aux putschistes, ils ont contribué à l’échec d’une opération criminelle dirigée contre la République.
Le Conseil de Paris a approuvé, à l’unanimité, lors de sa séance du 8 février 2011, le projet de délibération qui lui était soumis d’apposer une stèle en hommage aux victimes de l’OAS dans le cimetière du Père Lachaise à Paris 20e.
Par ce geste, la Ville de Paris est la première à célébrer le souvenir de personnes à l’égard desquelles l’État s’est montré oublieux et auxquelles la reconnaissance de la Nation a manqué jusqu’à présent.
Ci-dessous le texte de l’intervention, en Conseil de Paris de Catherine Vieu-Charier, Adjointe au Maire chargée de la mémoire et du monde combattant suivie du projet de délibération qui a été adopté à l’unanimité par le Conseil de Paris7.
La Maison du Maréchal Alphonse Juin ou Maison des Rapatriés d’Aix-en-Provence8 mérite d’être visitée. A condition de pouvoir y pénétrer, car son accès semble réservé à une certaine catégorie de rapatriés, comme l’expose le Ravi dans l’article repris de son dossier de décembre 2010 consacré à l’extrême droite.
Un article qui illustre à nouveau les penchants nostalgériques de Maryse Joissains-Masini, si l’on en juge par les grasses subventions que la municipalité d’Aix-en-Provence verse à cette maison – il est vrai que «quand on aime …»
Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 11 novembre 2010, François Gèze, éditeur, et Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, s’inquiètent de la réactivation d’un discours exaltant la colonisation et visant à réhabiliter «ceux qui ont dérivé vers le terrorisme pour tenter de maintenir à toute force l’Algérie française».
A la suite de cette tribune, vous trouverez des références pour différents points qui y sont évoqués.
Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a approuvé le retour à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert de la stèle d’hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française ». La majorité “divers droite” du maire Éric Le Dissès et l’UMP menée par Daniel Simonpieri, ex FN-MNR, ont voté la délibération. Seules deux élues, Marie-Claude Gargani, communiste, et Christane Azam, responsable locale du MRAP, ont voté contre, tandis que les trois socialistes s’abstenaient – après une explication de vote absolument consternante de leur chef de file.
A la suite du reportage de Jean-Baptiste Malet qui a assisté à cette réunion du conseil municipal, vous pourrez prendre connaissance du communiqué commun publié par trois associations, ainsi que des réactions du NPA Est Etang de Berre et du PCF 13 qui dénoncent cette décision.
[Mis en ligne le 28 octobre 2010, mis à jour le 2 novembre]
Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage «aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.
L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.
[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]
Dans son livre Mémoires d’empire. La controverse autour du « fait colonial » (2006), Romain Bertrand revenait sur les polémiques qui se sont développées à l’occasion de l’adoption de la loi du 23 février 2005. Nous en reprenons le chapitre intitulé «Le Parlement et la mémoire de l’OAS» où il évoque la «guerre de tranchées idéologique» à laquelle se sont livrés les milieux nostalgiques de l’Algérie française, en vue de célébrer l’œuvre française outre-mer, prélude aux tentatives de réhabilitation du colonialisme auxquelles nous assistons maintenant.
Romain Bertrand, chargé de recherches au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) où il anime le groupe de recherche « Trajectoires historiques du politique », est l’auteur de Indonésie, la démocratie invisible. Violence, magie et politique à Java (Karthala, 2002), et de État colonial, noblesse et nationalisme à Java : la Tradition parfaite (XVIIe-XXe siècles) (Karthala, 2005).
Après La Ciotat en 2009, c’est à Ortaffa, dans les Pyrénées-Orientales, que l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis – l’ANPNPA – a tenu son assemblée générale, le samedi 25 septembre 2010.
Le bilan de l’année écoulée par son président a été l’occasion pour l’association de prendre position sur la création du Centre de documentation des Français d’Algérie qui vient d’être votée par le conseil municipal de Perpignan et de manifester son approbation de l’opération de débaptisation d’un rond-point à Aix-en-Provence. Après avoir réélu Jacques Pradel à sa présidence, l’association a diffusé le communiqué suivant :