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Édition du 15 mars au 1er avril 2025

La reconnaissance de l’esclavage

La reconnaissance de l'esclavage

Nombreux hommages à l’historien guadeloupéen
Jean-Pierre Sainton (1955-2023)

L’historien et militant Jean-Pierre Sainton est mort le 22 août 2023 à l’âge de 68 ans. La Ligue des droits de l’Homme de la Guadeloupe et l’association Histoire coloniale et postcoloniale s’associent aux nombreux hommages à ce grand intellectuel antillais. Marqué par l’arrestation de son père, militant indépendantiste lors des évènements de Mai 1967, épisode qu’il a restitué dans Mé 67. Mémoire d’un évènement (1985), il s’est engagé pour sa part au sein de l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG) et de l’Association générale des étudiants guadeloupéens (AGEG). Ci-dessous l’hommage de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) dont il était membre du conseil scientifique, ainsi que ceux publiés par le Portail des Outre-Mer de France Télévision qui lui ont été rendus par la société civile et des élus des Antilles. Et la vidéo d’une intervention faite lors d’un colloque universitaire sur le thème « mémoires de l’esclavage et générations afro-descendantes ».

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La reconnaissance de l'esclavage

Héritiers français de l’esclavage :
vers la fin d’un tabou ?

Dans une série de quatre enquêtes d’Olivier Pascal-Moussellard, publiées en août 2023, l’hebdomadaire Télérama aborde le thème de « l’esclavage en héritage ». Les trois premières racontent comment deux familles britanniques ainsi que le quotidien The Guardian, ont fait leur « coming out » d’un lourd passé esclavagiste et ont tenté de le « réparer » dans un Royaume-Uni en pointe sur la reconnaissance de l’esclavage. La quatrième enquête, qu’on lira ici, est consacrée à Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateurs négriers de Nantes, qui assume le passé de sa famille. « On ne peut pas être coupable d’un crime que l’on n’a pas commis. Pour autant, rester indifférent au fait que ses aïeux aient dû leur fortune à la vente d’êtres humains ne me paraît pas possible. » Une réflexion encore très rare en France.

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La reconnaissance de l'esclavage

« Les fantômes noirs de l’esclavage »,
de Kris Manjapra
souligne les conséquences durables de ce système

Sous le titre Après l’abolition. Les fantômes noirs de l’esclavage, les éditions Autrement ont publié en janvier 2023 la traduction de Black Ghost of Empire : The Long Death of Slavery and the Failure of Emancipation, de l’historien états-unien Kris Manjapra. Dans cet essai comparatif, l’auteur, après d’autres, contribue à déconstruire le mythe selon lequel lors des abolitions de l’esclavage au XIXe siècle, « les captifs noirs auraient profité d’un plein affranchissement, et les sociétés esclavagistes blanches d’une rédemption ». Il montre comment les conditions concrètes de ces abolitions incomplètes ont perpétué la suprématie blanche. Nous publions la présentation de l’éditeur et la recension de ce livre dans Le Monde.

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A Nantes, une exposition
pour décolonialiser notre regard

Le Musée d’histoire de Nantes présente au Château des ducs de Bretagne jusqu’au 12 novembre 2023, dans une troisième édition d’« Expression(s) décoloniale(s) », une exposition « pour déplacer notre regard en interrogeant nos certitudes, en questionnant nos imaginaires, sur notre histoire coloniale ». Une vingtaine d’œuvres de Barthélemy Toguo, artiste camerounais de renommée mondiale et des textes écrits par l’historien camerounais François Wassouni voisinent avec les collections historiques du musée relatives à l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. On lira ci-dessous la présentation de l’évènement ainsi qu’un article de Clémentine Mercier dans Libération qui expose le point de vue de l’artiste Barthélémy Toguo.

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Saint-Denis de La Réunion
« déboulonne » la statue d’un esclavagiste

Le 26 avril 2023, la maire de Saint-Denis de La Réunion (PS) et ancienne ministre des outre-mers, Ericka Bareigts, a annoncé que la statue monumentale de Mahé de La Bourdonnais installée sur l’espace public sera déplacée dans une caserne. Il fut gouverneur des Isles de France, île Maurice et de Bourbon (La Réunion), entre 1733 et 1746, période durant laquelle l’esclavage explosa dans ces îles. Revendiquant « un choix politique et militant », Ericka Bareigts, donne ainsi satisfaction au collectif Laproptaz Nout Péi (« balayons devant notre porte » en créole réunionnais), composé d’une quarantaine d’associations. Comme le montrent ci-dessous un article de Slate.fr et le film Les Statures de la discorde (2020), l’hostilité à la célébration dans l’espace public de figures esclavagistes et colonialistes est vive et ancienne à La Réunion comme aux Antilles. On lira également la prise de position de la politologue Françoise Vergès en soutien à cette initiative.

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Hommage de la FME à Toussaint Louverture,
symbole universel du combat pour la liberté
des populations noires

Le 7 avril 2023, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) et la Région Ile-de-France ont organisé au Panthéon un hommage à Toussaint Louverture. Héros de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), il est mort le 7 avril 1803, au Fort-de-Joux dans le Doubs où Napoléon Bonaparte l’avait déporté sans procès. « Toussaint Louverture est aujourd’hui un symbole universel du combat pour la liberté et la dignité des populations noires », souligne la FME, dont nous reproduisons ici une biographie de cet ancien esclave qui ouvrit la voie à l’indépendance d’Haïti en 1804. Elle est complétée par une vidéo de la FME et un podcast de France Culture dans lesquels s’exprime l’historien britannique Sudhir Hazareesingh, auteur d’une biographie de Toussaint Louverture (Flammarion, 2020).

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Des propos scandaleux
du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin
sur l’esclavage aux Antilles
provoquent des réactions

Lors d’une journée d’études organisée à Paris le 2 février 2023, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réagi à l’adoption en Martinique d’un drapeau inspiré des mouvements indépendantistes en affirmant que « les Antilles ont été des colonies, mais pas de peuplement ; (…) contrairement à ce que l’on raconte, c’est la République française qui a aboli l’esclavage. La France a sans doute mis, dans des conditions extraordinairement difficiles, les populations colonisées dans des états désastreux, mais c’est la République qui a aboli l’esclavage. On leur demande d’aimer la République, pas toute l’histoire de France. » Ces propos ont provoqué la colère des députés ultramarins dont voici le communiqué. Interpellé à l’Assemblée par ces derniers, il a maintenu ses propos. La Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) a tenu quant à elle à rappeler les faits historiques dans un communiqué que nous reproduisons également.

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