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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Diverses questions d’histoire

Des soldats chinois déployés sur une avenue de Lhassa au Tibet, le 15 mars 2008 (AFP).
Le Tibet

Tibet : tout silence est complice

Devant des journalistes à Dharamsala, en Inde, siège du gouvernement tibétain en exil, le dalaï lama a réclamé qu’une «organisation internationale respectée puisse établir ce qu’est la situation au Tibet et quelle en est la cause».

«Que ce soit de façon intentionnelle ou non intentionnelle, une forme de génocide culturel est en train d’avoir lieu», a ajouté le chef spirituel des Tibétains, en référence à la politique de Pékin visant à encourager l’ethnie majoritaire Han à migrer vers la région et les restrictions pesant sur les pratiques bouddhistes au Tibet, envahi par la Chine en 1950.

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Lazare Ponticelli (Reuters)
Histoire de France et rejets identitaires

le vieux monsieur aurait-il aimé voir ça ?

La mort du dernier “poilu” en France s’accompagne de la mise en place d’un dispositif politico-religieux associant la défense de la patrie à une identité française catholique.
Une nouvelle contribution au grand récit national revisité par le Président de la République : honneur aux “poilus” qui répondirent à « l’appel de la Patrie envahie»1.

Lundi 17 mars à 11 heures, Nicolas Sarkozy et François Fillon assisteront en l’église Saint-Louis des Invalides à la messe de funérailles de Lazare Ponticelli, le dernier “poilu” français de la Première guerre mondiale mort mercredi dernier à l’âge de 110 ans. Les honneurs militaires seront rendus à l’issue de la cérémonie.

Le Premier ministre demande «un moment de recueillement» permettant aux agents des services publics de s’associer à cet hommage national. Drapeaux en berne sur tous les bâtiments et les édifices publics durant la journée du 17 mars, rassemblement, à 11h00, devant le monument aux morts de chaque commune. Les maires feront sonner le glas dans les églises.2

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les maires ne sont pas en dessous, mais ils ne sont pas non plus au-dessus des lois

Dans son rapport récent consacré à la situation des Roms et des gens du voyage en France, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme insiste sur les problèmes liés au logement et à l’habitat3.

Le nombre de places de stationnement autorisées est très en deçà des besoins recensés et l’application effective par les collectivités territoriales de la loi Besson a pris un grand retard. La carence notoire de places régulières contraint les Gens du voyage à vivre très souvent en stationnement irrégulier.

Les obligations incombant aux communes sont dans l’ensemble mal respectées, alors que les procédures d’évacuation des gens du voyage ont été rendues plus expéditives !

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confusionnisme émotionnel autour des victimes de la Shoah

Convié au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), mercredi 13 février, Nicolas Sarkozy a profité de la tribune qui lui était offerte pour annoncer qu’il avait demandé au gouvernement « de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah», expliquant que «rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui.»

L’historien Henry Rousso, contestant ce « marketing mémoriel», le philosophe Régis Debray, rappelant que « l’émotionnel est un obstacle à la connaissance », et Simone Veil, scandalisée, condamnent tous cette «fausse bonne idée».

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La contrainte ou le consentement, deux écoles d’historiens français de la guerre de 14-18

Les historiens français de la guerre de 14-18 sont souvent classés en deux écoles : ceux qui considèrent que les «poilus» ont « consenti » au sacrifice et ceux pour qui les «poilus» ont été « contraints » de multiples façons. La première école est souvent rattachée à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, les thèses du second groupe étant exposées sur le site du CRID 14-18 (Collectif de Recherche International et de Débat sur la guerre de 1914-1918). Vous trouverez ci-dessous un article de Jean Birnbaum qui, au printemps 2006, faisait le point sur ce débat. Les polémiques entre ces deux groupes d’historiens reviennent au premier plan de l’actualité avec la publication récente d’un rapport de Jean-Jacques Becker dans lequel s’esquisse une nouvelle tentative d’instrumentalisation politique de l’histoire de France, de la part de Nicolas Sarkozy, à l’occasion de la commémoration de la fin de la «grande guerre».

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Histoire de France et rejets identitaires

commémoration de 1918 : une nouvelle instrumentalisation de l’histoire ?

Entre les deux écoles des historiens de la « Grande guerre », celle qui considère que les « poilus » ont « consenti au sacrifice » et celle qui insiste sur le fait qu’ils ont été « fortement contraints », le pouvoir politique semble avoir fait son choix, puisqu’il a demandé à l’un des tenants de la première thèse, Jean-Jacques Becker, un rapport sur la commémoration de la fin de la guerre de 14-18.

Or ce rapport, dont nous rappelons ci-dessous les circonstances de la commande, qui met l’accent sur le libre consentement des poilus au « devoir national », apparaît bien comme un hommage nostalgique à « l’Union sacrée ». Les thèses opposées sont développées sur le site internet CRID 14-18. Un autre site publie une critique du rapport Becker intitulée Commémorations de 1918 : une marche arrière mémorielle que nous reprenons ici. Elle pose la question de savoir si, après la commémoration — manquée — de Guy Môquet, nous allons assister à une nouvelle tentative d’utilisation de l’histoire par Nicolas Sarkozy.

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le blocus de Gaza doit être levé

Vous trouverez ci-dessous, à la suite du communiqué de la LDH, un appel signé par de nombreuses organisations palestiniennes, israéliennes et d’autres pays, pour qu’il soit mis fin à l’isolement de la bande de Gaza.

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A-gens du voyage en France

la Halde demande la fin des discriminations administratives imposées aux gens du voyage

Les Gens du Voyage sont soumis à un droit dérogatoire ne s’appliquant à aucun autre citoyen français. Ainsi, d’après la loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 toujours en vigueur, toute personne de plus de 16 ans n’ayant pas de résidence fixe doit être en possession d’un carnet de circulation si elle n’a pas de ressources régulières ou d’un livret de circulation si elle exerce une activité professionnelle. Le premier doit être visé tous les trois mois, par un commandant de police, de gendarmerie ou une autorité administrative ; le deuxième tous les ans. Tout retard dans le renouvellement entraîne de lourdes amendes (750€ pour un jour de retard). La personne qui ne serait pas en possession de ce document est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement (art. 5).4

L’obligation de détenir un tel document ainsi que celle de le faire viser régulièrement constitue une discrimination flagrante.

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les “retours humanitaires” forcés des Roms

Depuis que la Bulgarie et la Roumanie sont membres de l’Union européenne, les Bulgares et les Roumains sont citoyens européens, et ne sont donc plus aussi facilement expulsables que par le passé. Pour pouvoir reprendre les expulsions des Roms, il suffit de les qualifier de « retours humanitaires ».

Notre ministre de l’Immigration arrivera-t-il ainsi à atteindre l’objectif de 25 000 reconduites à la frontière qui lui a été fixé pour 2007 ?

[Première mise en ligne le 6 nov. 07, complétée le 29 déc. 07]
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Histoire de France et rejets identitaires

Henri Guaino fustige les professeurs qui refusent d’obéir

De nombreux enseignants refusent de participer à ce qui devait être un moment de rassemblement républicain, la lecture le 22 octobre de la lettre de Guy Môquet, ce jeune communiste de 17 ans fusillé en 1941 par les Allemands. Les textes adoptés par les enseignants du lycée Carnot (Paris) expliquent les raisons de leur prise de position.

Henri Guaino, conseiller spécial du président n’admet pas ce refus. Hier matin, au micro de RTL, il a fustigé ces professeurs « dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire », et qui refusent de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet, comme le prévoit l’instruction officielle du 30 août dernier. Il expose son incompréhension dans un entretien publié par Libération.

[Mise en ligne le 19 oct. 07, mise à jour le 21 oct. 07]
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