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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Diverses questions d’histoire

Rafle du Vel d’Hiv : de Mitterrand à Chirac et Hollande, la lente reconnaissance de la responsabilité de la France

En 1992, comme il était de tradition depuis la Libération, François Mitterrand attribuait la responsabilité de la déportation des juifs au « gouvernement de l’Etat français », précisant : « en 1940, l’État français c’était le régime de Vichy ce n’était pas la République.» C’est à Jacques Chirac, déclarant en 1995, dans un discours de rupture et de vérité1, que « la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable », que l’on doit la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la rafle du Vélodrome d’Hiver. Et c’est dans cette ligne que François Hollande s’est inscrit le 22 juillet 2012 en dénonçant « un crime commis en France par la France ». Retour ci-dessous sur quelques étapes de cette évolution.

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le discours de François Hollande pour le 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv

En déclarant le dimanche 22 juillet 2012, à l’occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv que celle-ci avait été « un crime commis en France par la France», le président de la République, François Hollande, s’est clairement situé dans la droite ligne de Jacques Chirac auquel il a rendu hommage.

Alors qu’il venait d’être élu à l’Elysée, ce dernier avait en effet été le premier chef d’État français à reconnaître la responsabilité des autorités françaises : « La France, avait-il déclaré en juillet 1995, la France, patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ».

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A-gens du voyage en France

la loi du 3 janvier 1969 sur les gens du voyage : une loi discriminatoire

Il y a cent ans – le 16 juillet 1912 – était institué le carnet anthropométrique encadrant « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades», une réglementation permettant de surveiller une population circulant en France sans domicile ni résidence fixe. On sait à quel usage ce fichage a pu servir sous le régime de Pétain.

La loi n° 69-3 du 3 janvier 1969 a remplacé le «carnet anthropométrique» par un «livret ou carnet de circulation», sorte de passeport intérieur qui doit être visé tous les trois mois par la police ou la gendarmerie.

Afin de lutter contre la stigmatisation dont les quelques centaines de milliers de personnes baptisées «gens du voyage» continuent à être l’objet, Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne, a déposé une proposition de loi co-signée par les membres du groupe écologiste du Sénat, visant à abroger cette loi. Une loi qui « contraint des personnes, en raison de leur mode de vie, à attendre trois années avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales au lieu de six mois dans les conditions du droit commun, à détenir un titre de circulation et de le faire viser régulièrement par les autorités administratives (trois mois pour les carnets de circulation), sous peine d’une amende voire d’une peine d’emprisonnement. Autant de restriction aux libertés civiques et individuelles que nous devons abroger. »

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A la Une du quotidien Pagina/12 du 6 juillet 2012.
Tortures et dictatures en Amérique latine

le général Videla : des milliers de disparitions, des vols de bébés …

Dans une longue interview video donnée en avril 2012, l’ancien chef de la junte militaire argentine, Jorge Videla, au pouvoir de 1976 à 1983, a avoué pour la première fois, le meurtre des desaparecidos. « Nous avons tué entre 7 000 et 8 000 personnes, et fait disparaître leurs corps », dit-il. Pour justifier ces crimes il assure « qu’il n’y avait pas d’autres solutions pour gagner la guerre contre la subversion, […] on ne pouvait ni les enfermer ni les tuer au grand jour ». Les Mères de la Place de Mai, qui depuis plus de trente ans luttent pour savoir la vérité, évoquent le nombre de 30 000 disparus. Aujourd’hui âgé de 86 ans, Videla purge déjà deux peines de prison à perpétuité pour crime contre l’humanité.

Les méthodes utilisées dans les années 1960 et 1970 par les militaires argentins, brésiliens et chiliens chargés de la lutte contre la « subversion » leur avaient été enseignées par d’anciens officiers français de la guerre d’Algérie – voir cet article 2.

A l’issue d’un nouveau procès, Jorge Videla a été condamné le 6 juillet 2012 à une peine de 50 ans de prison pour le vol de bébés nés durant la captivité de leurs parents – lire le témoignage de Victoria Donda, députée argentine, fille de desaparecidos, née en captivité et donnée en adoption à des militaires proches de la Junte.

[Mis en ligne le 30 avril 2012, mis à jour le 10 juillet]

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A-la France et les Roms “européens”

il n’y aura bientôt plus un seul Rom à Aix-en-Provence

Après le camp des Trois Sautets et celui de Luynes, c’est le camp Vasarely qui a été évacué et détruit par la force publique le 26 juin 2012. Il ne reste plus sur le territoire de la commune d’Aix-en-Provence que le bidonville de l’Arbois où vivent plus de 300 Roms – provisoirement, la justice ayant ordonné, le 19 juin, son expulsion qui devrait être effective autour du 23 juillet. Dans cette décision, le tribunal reconnaît l’injustice faite à ces populations, mais estime que le trouble à l’ordre public l’emporte sur toute autre considération : «L’urgence n’est pas une condition nécessaire de l’appréciation du trouble manifestement illicite. Les références aux dispositions sur le droit au logement garanti par la constitution, aux conventions internationales ratifiées par la France, à la considération de l’atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant, à la discrimination envers les minorités, fondent une crainte légitime que l’expulsion du campement aggrave une situation de précarité qui relève de la responsabilité générale de l’Etat, mais ne remet pas en cause le droit à faire cesser le trouble manifestement illicite.»

En l’occurrence, le “trouble à l’ordre public” est bien discutable (l’Arbois est situé à 15 km du centre ville et à 2 km des premières habitations …), mais il s’agit de la mise en œuvre d’une décision de Maryse Joissains : «Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune», a-t-elle déclaré.

Les familles ont dû rassembler leurs affaires et quitter le site, comme la justice l’avait ordonné, sans qu’aucun lieu n’ait été prévu pour les accueillir.
Le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS) refuse d’accepter la logique de répression dans laquelle s’enferment les pouvoirs locaux3.

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continuer à défendre les droits du peuple palestinien

Le 10 octobre 2010, une centaine de personnalités de tous horizons, élus, chercheurs, artistes, écrivains… ont lancé un appel «pour refuser catégoriquement» que les militants de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions soient jugés pour «provocation publique à la discrimination». La LDH s’est prononcée dans le même sens en janvier 2011.

Parmi les militants poursuivis par la justice :
– Stéphane Hessel est poursuivi pour avoir appelé les citoyens à réagir, après l’échec des gouvernements au sujet de Gaza ;
– la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (elle a bénéficié d’une relaxe le 15 octobre 2010) ;
– Sakina Arnaud, condamnée le 10 février dernier à 1 000 euros d’amende pour avoir apposé un autocollant « ?Boycott Israël Apartheid? » sur une bouteille de jus d’orange dans un hypermarché, a bénéficié du soutien de Jean-Pierre Dubois ; elle vient de voir sa condamnation confirmée par la cour de cassation.

[Mis en ligne le 13 octobre 2010 avec l’intitulé «pas de poursuite contre les militants de la campagne BDS !», mis à jour le 4 juin 2012]

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Marseille : un militant de la LDH agressé pour avoir défendu des Roms

Le 24 mai 2012, Bernard Eynaud, président de la fédération 13 de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a été agressé par des riverains excédés par la présence de familles roms dans un quartier de Marseille.

Quelques dizaines de riverains, accompagnées d’élus UMP en campagne pour les élections législatives4, étaient venus protester contre la présence d’une trentaine de familles roms installées sur le campus du technopôle de Château-Gombert (13e arrondissement) – la justice leur avait donné le droit de rester jusqu’au 21 juillet 2012 sur un terrain en friche. « L’UMP a lâché la bride. La meute se déchaîne » a simplement commenté l’élu communiste Jean-Marc Coppola, effaré par la scène5.

Cet incident ne fait que confirmer le contenu d’un rapport récent qui montre que les Roms sont en situation d’exclusion dans l’ensemble de l’Union européenne.

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Devant le TGI d'Aix-en-Provence
A-la France et les Roms “européens”

chasse aux Roms à Aix-en-Provence

« Je ne veux plus un seul Rom sur ma commune », a déclaré Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence. Et de lancer des procédures visant à l’expulsion de tous les Roms de « sa » commune. L’audience du référé d’expulsion du bidonville de l’Arbois a eu lieu mardi 29 mai 2012, devant le TGI d’Aix-en-Provence. Près de 300 Roms étaient assignés suite à la demande d’expulsion déposée par la maire d’Aix – aucune solution de relogement n’a été proposée. Le tribunal rendra son délibéré le 19 juin prochain.

A la suite de l’article de La Marseillaise consacré à cette audience, nous reprenons un texte de Marc Durand, qui milite depuis des années pour des conditions d’accueil décentes, humaines, dignes et justes des Roms sur le territoire de la commune d’Aix. Pour terminer : un article de La Provence qui relate une réunion au pays d’Aix.

[Mis en ligne le 30 mai 2012, mis à jour le 31]

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Manifestation, au cours de l’été 2010, devant l’ambassade de France à Bucarest, pour protester contre la décision des autorités françaises d’expulser des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie (© AP Photo/Vadim Ghirda)
A-gens du voyage en France

l’antitsiganisme en France et en Europe

Le 2 février 2011, lors d’une session plénière à Bruxelles, le Parlement européen a procédé à une commémoration historique du génocide des Roms par les nazis : «Le moment est venu» de reconnaître l’extermination de 220 000 à 500 000 Roms sous le nazisme, un crime «trop longtemps oublié de la mémoire collective», a déclaré son président, le polonais Jerzy Buzek6.

Mais ne serait-il pas plus urgent de se pencher sur la réalité d’aujourd’hui, et de prendre conscience que « dans nombre de pays européens, les Roms et les Gens du voyage sont toujours privés de droits de l’homme essentiels et souffrent d’un racisme flagrant» ? C’est ce que suggère la lecture du rapport de Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Les droits de l’homme des Roms et des Gens du Voyage en Europe, publié en février dernier.

Ci-dessous l’introduction de ce rapport, qui fait un retour sur le passé de l’antitsiganisme, suivie d’un extrait consacré à la France.

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(photo Arnaud Baur)
A-gens du voyage en France

Alexandre Romanès : “jamais un chef de l’Etat n’avait brutalisé à ce point les Tsiganes”

Poète, ami de Jean Genet et descendant des Bouglione, Alexandre Romanès planche à 61 ans sur son sixème ouvrage7. Chanteuse née en Roumanie, Délia a connu les pires heures de Ceausescu. Mariés depuis 1994, date à laquelle ils fondèrent le cirque Romanès, ils sont la voix du peuple tsigane de France. Ils reviennent sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le plus douloureux de la Ve République pour leur communauté.

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roms et gens du voyage : discriminations et stigmatisation

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (Cncdh) a publié le 28 mars dernier un avis important 8 sur le respect des droits des “gens du voyage”, dont la plupart sont de nationalité française, et des Roms migrants, au regard des réponses récentes de la France aux instances internationales.

Les conclusions de la commission sont sévères. La Cncdh invite le gouvernement à prendre des mesures afin de lever les dispositions législatives discriminatoires. Elle pointe également « l’insuffisante mise en œuvre de mesures spécifiques prenant en compte le mode de vie itinérant [qui tend] à renforcer la stigmatisation et les discriminations dont souffrent ces personnes […] qui sont marginalisées et considérées comme des citoyens de seconde zone.» Des observations illustrées par les déclarations du maire de Royan, contre lequel la LDH vient de porter plainte.

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solidarité avec le peuple syrien

Des associations et organisations toulonnaises lancent un appel à une manifestation de solidarité avec le peuple syrien. Initié par l’association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée (VPJM), l’appel était, à la date du 12 mars, signé par la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la FSU et le PC.

Une manifestation est prévue à Toulon samedi 17 mars à 15h, sur le Parvis des droits de l’Homme.

Pour se joindre aux signataires et pour toute information : 06 73 34 35 66 (VPJM).

Une manifestation de même nature est organisée à Paris, jeudi 15 mars à 18h30, sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

[Mis en ligne le 12 mars 2012, mis à jour le 13]

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