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Édition du 15 mars au 1er avril 2025

Amériques

Antilles

A l’occasion d’un festival international du film,
de riches débats en Guadeloupe

Le Festival International du Film des Droits Humains de Guadeloupe – Monde En Vues -, soutenu notamment par la LDH de Guadeloupe, est l’occasion de riches débats sur ce moment important de la société française, les deux mois qui ont suivi l’assassinat de George Floyd. Comme le souligne Elisabeth Gustave, sa directrice : « Pour la première fois, la presse nationale est sortie de sa zone de confort et s’est aventurée à questionner le racisme à la française sur plusieurs jours d’affilée. Pendant huit semaines, le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme a commencé à reconnaître que le racisme systémique n’était pas seulement le fait d’autrui en particulier des Etats-Unis. Pendant huit semaines la question raciale inondait le débat public ». Au moment où se produit dans l’hexagone une méchante contre-offensive pour combattre cette prise de conscience, c’est vers la Guadeloupe qu’il faut se tourner pour entendre des voix importantes.

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Guyane

Reconnaître l’autonomie avancée
de la Guyane
tient du bon sens

Dès le début du XVIe siècle, la Guyane a été l’objet de tentatives de colonisation qui se heurtèrent à la résistance acharnée de la tribu amérindienne des Arawak. En 1630, Louis XIII en ordonna la conquête et Cayenne fut fondée en 1637. Longtemps disputée entre Anglais, Hollandais, Français et Portugais, puis affranchie pendant la Révolution, la Guyane redevint colonie française et servit de lieu de déportation à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, les Guyanais réclament un statut d’autonomie plus affirmée. Le juriste Blaise Tchikaya éclaire la légitimité de cette revendication, évoquée également par la section de Cayenne de Ligue des droits de l’Homme lors du mouvement social de 2017.

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Antilles

Guadeloupe : disparition de Pierre Sainton, figure emblématique de la lutte anticolonialiste

Le docteur Pierre Sainton est décédé en Guadeloupe le 9 décembre 2018 à l’âge de 94 ans. Il avait été arrêté lors de la répression de mai 1967 (Mé 67) sur l’instigation du préfet Pierre Bolotte, qui avait été préfet à Alger lors de la Grande répression de 1957. Pierre Sainton médecin généraliste à Capesterre, militant nationaliste à vie, était connu pour avoir fondé en juin 1963 à Paris avec d’autres Guadeloupéens, le GONG (Groupe d’organisation nationale de la Guadeloupe) qui se réclamait du tiers-mondisme et d’un marxisme-léninisme tendance maoïste. D’abord né dans la clandestinité après la dissolution du Front antillo-guyanais pour l’autonomie, le GONG est devenu légal quand il s’est installé en 1964 en Guadeloupe.

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Avis de la CNCDH sur la place des peuples autochtones dans les outre-mer

Au lendemain de l’adoption de la loi pour l’égalité réelle des outre-mer que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) salue, la CNCDH souhaite apporter un éclairage sur la situation spécifique des peuples autochtones en outre-mer et appelle l’Etat français à clarifier sa position en faveur de la reconnaissance de ces peuples en tant que tels.
Dans un avis très étayé sur la place des deux peuples autochtones français, la CNCDH recommande notamment à l’Etat de reconnaître les Kanak de Nouvelle-Calédonie et les Amérindiens de Guyane comme des peuples autochtones à part entière. Cette reconnaissance est une condition essentielle pour que les membres de ces peuples puissent pleinement jouir de leurs droits et que les politiques des pouvoirs publics en leur faveur soient plus efficaces et acceptées.

L’avis de la CNCDH est téléchargeable (1 085 Ko). Sa publication a été accompagnée du communiqué de presse repris ci-dessous.

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intégrer ces moments tragiques dans notre histoire, par Benjamin Stora

Une commission indépendante de recherche historique, créée par arrêté ministériel en 2014 et installée depuis janvier 2015, est chargée d’éclairer trois événements troubles de l’histoire contemporaine des Antilles et de la Guyane : les manifestations sanglantes de décembre 1959 en Martinique et de mai 1967 (« Mé 67 ») en Guadeloupe, ainsi que le supposé sabotage d’un avion dans lequel ont péri en juin 1962, en Guadeloupe, le député guyanais autonomiste Justin Catayée et le poète autonomiste guadeloupéen Paul Niger. 1

[Mis en ligne le 31 mai 2015, mis à jour le 4 juin]

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Guyane et Martinique : de l’article 73 à l’article 74 ?

Les électeurs des deux départements-régions sont appelés à se prononcer par référendum : le 10 janvier 2010, ils diront s’ils souhaitent passer, de l’article 73 de la Constitution régissant les départements d’outre-mer, au 74 qui encadre les autres territoires d’outre-mer – la Nouvelle-Calédonie étant un cas à part.

Cet article 74 permet, dans le cadre de la République, des adaptations aux “intérêts propres” de chaque collectivité, et donc, éventuellement, plus d’autonomie.

En cas de NON, Guyanais et Martiniquais retourneraient aux urnes le 24 janvier pour décider ou non de la mise en place d’une collectivité unique exerçant les compétences départementales et régionales, tout en restant dans le cadre de l’article 73.

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Guadeloupe, Europe : l’État-nation en débat, par Suzanne Citron

Pour l’historienne, les événements de Guadeloupe doivent susciter un grand débat qui permettrait aux Français de s’interroger sur les racines historiques de leur diversité sociale, géographique, ethnique et culturelle que n’explique pas le récit linéaire d’une France préfigurée par la Gaule et incarnée par quelques figures tutélaires.

Suzanne Citron a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, est présenté sur ce site2.

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Guadeloupe : la politique du mépris

La Ligue des droits de l’Homme dénonce le comportement irresponsable des plus hautes autorités de l’État et les appelle à témoigner vis-à-vis des populations d’outre-mer, comme naguère vis-à-vis des populations des quartiers populaires, du respect et de l’égale considération qui sont dues à tous les citoyens de la République.

Lire également «légitimité démocratique et légitimité républicaine», par Jacky Dahomay, professeur de philosophie en Guadeloupe.

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Nicolas Sarkozy à Camopi, le 11 février 2008, entre un chef coutumier descendant de noirs marrons (à sa droite) et le maire de Camopi. (Photo : Frédéric Farine/RFI)
Guyane

je vous écris d’un département très lointain

J’aimerais revenir sur la situation de la Guyane, tout aussi exemplaire et sans doute aussi explosive que celle de la Guadeloupe… nous écrit Nicole.

Elle nous parle de la Guyane et de ses habitants. Leurs problèmes – l’accès à la santé, à l’enseignement, le [non]respect des droits des étrangers. Et aussi des Amérindiens du Haut-Maroni victimes du mercure lié à l’orpaillage – leurs demandes n’ont pas été entendues en mars 2007, lors de la création du Parc amazonien en Guyane3

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Manifestation contre la
Antilles

n’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde

«Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.

J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.

Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde.»

[Aimé Césaire, dans une vidéo
récente.]
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L'atelier sucrier de l'habitation Murat, à Marie-Galante.
Antilles

Guadeloupe : les séquelles de l’esclavage

Silence, oubli, les Guadeloupéens ont volontairement gommé de leur mémoire deux siècles d’avanies. Pourtant, des traces demeurent, dans les sensibilités, plus que dans les pierres4.

par Benoît Hopquin, Le Monde du 16 août 2006.
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Guyane

expédition punitive de légionnaires à Kourou

Une cinquantaine de soldats de la Légion étrangère ont mené, dans la nuit de dimanche dernier à Kourou en Guyane, une très violente expédition punitive contre des civils. Cette vendetta, qui fait suite aux agressions perpétrées ces dernières semaines sur certains des leurs, a fait 15 blessés dont 5 graves parmi les Guyanais. Les réactions ont été unanimes pour dénoncer cette flambée de violence.

Un article de Louise Simondet, paru le 9 août 2006 sur le site Afrik.com 5.

[Première publication, le 11 août 2006,

mise à jour le 12 août 2006]

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