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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

 8 mai 1945 : le devoir d’histoire

Des historiens français ont participé du 6 au 10 mai 2015 aux universités de Constantine, Guelma, Setif et Béjaïa à un colloque international sur les massacres coloniaux à l’occasion du 70e anniversaire des massacres de mai 1945 dans le nord-Constantinois.

Parmi eux, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée, et Gilles Manceron, auteur notamment avec l’historien algérien Hassan Remaoun du livre D’une rive à l’autre, la guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (Syros, 1993).

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Jupes interdites
Foulard et voile

Le refus des jupes longues : l’intolérance à l’égard de l’islam

Le site du quotidien régional La République du Centre a publié, le 6 mai dernier, le témoignage d’une élève de terminale de confession musulmane, Ikram, âgée de 18 ans, qui dénonce un harcèlement lié à la longueur de sa jupe 1.
Selon l’administration de l’Éducation nationale, « les problèmes ne sont pas liés à sa jupe longue mais plutôt à un problème de vie scolaire, à un manque de travail. » Pour le proviseur du lycée professionnel, « l’important est de faire respecter la loi ». Ikram a porté plainte pour harcèlement moral contre deux membres du personnel du lycée.

La situation d’Ikram est analogue à celle de Sarah à Charleville-Mézières, qui se voit refuser l’accès à son collège au prétexte qu’elle porte une jupe « trop longue » – ce qui, pour la principale de l’établissement, constitue un signe religieux ostentatoire.

Sous couvert de défense de la laïcité, ces incidents ne sont-ils pas avant tout des manifestations d’intolérance à l’égard de l’islam ? Nous reprenons ci-dessous le commentaire que Henri Goldman a publié le 3 mai sur
son blog.

[Mis en ligne le 9 mai 205, mis à jour le 11]

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Sétif, Guelma … assumer notre passé

Il y a 70 ans, la France fêtait sa libération et la défaite du nazisme. Simultanément des événements tragiques se déroulaient à Sétif, Guelma, Kherrata … la répression fut terrible. Mehdi Lallaoui en a sauvegardé quelques traces.

Ces crimes font l’objet d’une nouvelle demande de reconnaissance adressée aux plus hautes autorités de l’État. Pour Nils Andersson, il faut mettre fin au déni de ces “événements”.

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La longueur de la jupe

Le 16 et le 25 avril, Sarah, élève de troisième, s’est vu refuser l’accès à son collège de Charleville-Mézières. Le prétexte : le port d’une jupe «trop longue», considérée par la principale de l’établissement comme un signe religieux ostentatoire, a révélé mardi matin le quotidien local l’Ardennais.

Après avoir rappelé qu’« aucune élève ne peut être exclue en fonction de la longueur ou couleur de sa jupe », la ministre de l’Éducation nationale a déclaré, jeudi 30 avril sur RTL, que « l’équipe pédagogique a fait preuve du discernement nécessaire » et n’a pas jugé la tenue mais « le prosélytisme de la part de l’élève ».

En revanche, Jean Baubérot demande s’il faudra envisager de déshabiller les jeunes-filles à l’entrée de l’école pour s’assurer que rien dans leur habillement ne puisse être considéré comme islamique. Le New York Times, de son côté, se veut rassurant, en écrivant qu’ «aucune religion ne menace sérieusement la laïcité en France aujourd’hui …»

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Stèle en mémoire du premier martyr des événements du 8 Mai 1945 à Sétif, Saâl Bouzid (El Watan)
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 (mai 2015)

Comme chaque année, les Français associeront la commémoration de deux événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 : la victoire des Alliés sur le fascisme d’une part, les massacres du Nord-Constantinois de l’autre.

Nous reprenons le communiqué du Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie. Suit un article du quotidien El Watan qui exprime l’impatience algérienne devant la lenteur avec laquelle la France reconnaît son passé colonial en Algérie.

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Miliciens armés dans les rues de Guelma, 1945. D.R.
Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

Les massacres du Nord-Constantinois en 1945, par Jean-Pierre Peyroulou

Le 20 décembre 2012, le Président de la République, François Hollande, avait déclaré devant le Parlement algérien : « les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata demeurent ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français.» Mais il a fallu attendre 70 ans, pour qu’à l’occasion d’un déplacement à Sétif le 19 avril 2015, un membre du gouvernement français reconnaisse enfin l’un des pires “crimes coloniaux” perpétrés par la France en Algérie. Le lendemain, dans une allocution prononcée dans la résidence de l’ambassadeur de France à Alger, M. Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, déclarait : « Ces pages noires» font « partie de notre histoire » 3.

L’historien Jean-Pierre Peyroulou fait une synthèse des massacres de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, et notamment autour de Guelma et de Sétif.

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Le rapport Tubert sur les événements de mai 1945 dans le Constantinois

En mai 1945, après l’intervention armée de la police contre un cortège de manifestants algériens à Sétif le 8 mai, le Constantinois fut le lieu d’une insurrection nationaliste brutalement réprimée par les autorités françaises. Une Commission d’enquête officielle fut nommée le 18 mai 1945, sous la présidence du général de gendarmerie Paul Tubert. Mais, très rapidement, la Commission dut interrompre son travail sur ordre du gouvernement du général de Gaulle.

Le général Tubert a laissé un rapport que la Ligue des droits de l’Homme a rendu public en avril 2005 4.

Vous trouverez ci-dessous une présentation des événements et du contexte de cette mission par Jean-Pierre Peyroulou5, suivie des extraits du rapport Tubert qui nous ont paru les plus significatifs.

[Mise en ligne le 20 avril 2005 – mise à jour des liens le 19 avril 2015]

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le 8 mai, ne pas oublier Sétif

Un officiel français s’est rendu en Algérie pour commémorer le 8 mai 1945. Le secrétaire d’Etat français chargé des anciens combattants et de la mémoire, Jean-Marc Todeschini, effectue une visite en Algérie les dimanche 19 et lundi 20 avril. A cette occasion, il effectuera à Sétif «le premier geste mémoriel» d’un membre du gouvernement français, annonce un communiqué de l’ambassade de France à Alger. Ce déplacement se déroule quelques jours après l’adoption à l’unanimité par le Conseil de Paris d’un vœu demandant que l’Etat reconnaisse les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.

Un tel geste couronnerait une succession de déclarations de reconnaissance :
27 février 2005 : l’ambassadeur Hubert Colin de Verdière qualifie la répression des manifestations du 8 mai 1945 de « tragédie inexcusable ».
27 avril 2008 : l’ambassadeur Bernard Bajolet reconnaît, dans un discours prononcé à Sétif, la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque » dans les massacres du 8 mai 1945.
5 décembre 2007 : le président de la République, Nicolas Sarkozy déclare, dans un discours prononcé à l’université de Constantine, que « les fautes et les crimes du passé » colonial français en Algérie sont «impardonnables».

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le parlement européen reconnaît le génocide des Roms

Les eurodéputés ont adopté à une écrasante majorité une résolution exprimant une « profonde préoccupation face à la montée de l’antitsiganisme, qui se manifeste entre autres par des discours hostiles aux Roms et des agressions violentes commises en Europe ».
L’antitsiganisme est « incompatible avec les normes et les valeurs de l’Union européenne » rappellent-ils et il « constitue un obstacle majeur à l’intégration sociale réussie des Roms ».

Dans cette même résolution, le Parlement européen déclare reconnaître le fait historique que constitue le génocide des Roms durant la Seconde Guerre mondiale et demande aux États membres de faire de même. Selon les estimations, plus de 500 000 Roms ont été exterminés par les nazis et leurs alliés au cours de cette guerre – dans certains pays, plus de 80% de la population rom a été exterminée.

Reste à préciser le sens des mots : à partir de quels critères des massacres peuvent-ils être qualifiés de génocide ? Voir le Manuel de droit des conflits armés.

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Les résistances à la guerre d'Algérie

François Maspero, anticolonialiste humaniste

François Maspero est mort le 11 avril 2015 à l’âge de 83 ans. Il fut libraire, journaliste, traducteur, éditeur … Son nom est indissociablement lié à la librairie qu’il a ouverte en 1957, “La Joie de lire” (rue Saint-Séverin, au Quartier latin), et à la maison d’édition qu’il a fondée en 1959.

Il publia l’impubliable pour l’ordre gaulliste : des livres critiques sur la guerre d’Algérie, où il dénonçait les violences de la décolonisation, la torture, les ratonnades, l’enlèvement de Ben Barka, l’assassinat de Lumumba … Il a été poursuivi en justice, condamné dix-sept fois … En 1982, il quitte l’édition, cédant ses parts pour 1 franc symbolique à François Gèze ; celui-ci prend la direction de la maison, qui s’appelle désormais La Découverte.

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Le centenaire du génocide des Arméniens

Il y a un siècle, le 24 avril 2015, débutait — après de premiers massacres de masse en 1895 et 1908 — l’un des premiers génocides du xxe siècle 6 : celui des Arméniens de l’empire ottoman. En un an, il y eut près d’un million et demi de victimes, la presque totalité de la communauté. De nombreux États ont reconnu cette réalité — la France l’a fait en 2001. La Turquie n’a pas reconnu ce génocide et elle a réagi aux pressions en ce sens, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qui a conseillé à la France en octobre 2011 d’« affronter son passé colonial avant de donner des leçons aux autres pays ». La section de la LDH de Toulon se joint aux manifestations mémorielles organisées par Operanenir, Abriss Club et par le Théâtre occitan.

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