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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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Béziers

Une plaque en hommage aux fusillés de l’OAS fait scandale à Béziers

Un conseiller régional s’insurge contre la présence dans le cimetière municipal d’un monument rendant hommage à des criminels qui ont voulu renverser la République1.

Cette stèle présente, comme celles de Marignane et de Perpignan, «une dimension polémique susceptible de heurter les usagers» du cimetière de Béziers.
Faudra-t-il comme à Marignane qu’une décision de justice ordonne à la commune de la démonter pour qu’elle disparaisse de l’espace public ? 2

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A Paris, le 17 octobre 1961.
Le 17 octobre 1961

le 47-e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961

Cette année, comme les années précédentes des associations, partis politiques et syndicats appellent à un rassemblement au Pont Saint-Michel à Paris pour «exiger la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français» le 17 octobre 1961 lorsque des dizaines de milliers d’Algériens, manifestant pacifiquement contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, ont été arrêtés, emprisonnés, torturés et nombre d’entre eux refoulés en Algérie par la police.

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Carnage rue d’Isly, par Rémi Kauffer

«Un tract demande à la population de se rassembler au Plateau des Glières dans le calme et sans armes, pour se rendre à 15 heures à Bab-El-Oued et tenter de faire cesser le blocus… » a écrit Francine Dessaigne dans son Journal d’une mère de famille pied-noir3. Une manifestation dont Jean-Jacques Susini, fondateur avec Raoul Salan de l’OAS, qualifiait récemment l’idée de «criminelle»4.

L’ouvrage La Guerre d’Algérie. 1954-2004. La fin de l’amnésie dirigé par Mohamed Harbi et Benjamin Stora5 évoque également cet épisode sanglant. Voici un large extrait (de la page 452 à 456) de la contribution de Rémi Kauffer intitulée « OAS : la guerre franco-française d’Algérie».

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Cameroun

13 septembre 1958, Ruben Um Nyobè assassiné

Les Français ignorent souvent les circonstances dans lesquelles le Cameroun est devenu indépendant en 1960.

Dans les années 1950, l’UPC (Union des populations du Cameroun), dirigée par Ruben Um Nyobé, bénéficiait d’un fort soutien populaire. Um Nyobé ira jusqu’à la tribune des Nations unies exprimer l’aspiration à l’indépendance de son pays. Mais la France dissout son parti en 1955 et en pourchasse les militants. En 1958, il est assassiné. La répression contre l’UPC est d’une extrême violence : torture, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements.

Le 1er janvier 1960, le pays accède à l’indépendance sous la férule du président Ahmadou Ahidjo (1960-1982). Malgré les persécutions, l’UPC poursuit son combat — contre le régime Ahidjo. Epaulées par l’armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des dizaines de milliers de victimes seront nécessaires pour venir à bout de l’opposition. Depuis 1982, un autre dictateur, Paul Biya, règne sur le Cameroun… avec le soutien de la France.

Deux journalistes, Thomas Deltombe et Fanny Pigeaud, évoquent ce « trou de mémoire » de la décolonisation, devenu un véritable enjeu de mémoire pour les Camerounais.

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Contre le fichage ethnique des Roms en cours en Italie (Reuters).
A-gens du voyage en Europe

les Roms dénoncent le fichage dont ils sont l’objet en Italie

Le premier sommet européen consacré aux Roms, la plus grande minorité ethnique de l’Union européenne (ils seraient près de 10 millions), s’est réuni à Bruxelles le 16 septembre 2008. A cette occasion les Roms ont violemment dénoncé l’aval donné par l’UE au fichage des membres de leur communauté en Italie.

Le financier George Soros s’est déclaré «sérieusement préoccupé», craignant «que cela ne devienne une norme de facto dans l’Union européenne». «Le fichage ethnique devrait être illégal et j’espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait», a-t-il lancé, suivi par May Bittel, membre fondateur du forum des Roms et des gens du voyage au Conseil de l’Europe : «Si on avalise la manière de faire en Italie, c’est toute l’Europe qui va suivre.»

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Quatre obus de mortier tirés par l'OAS depuis une terrasse de Bab El-Oued font 24 morts et 59 blessés parmi les Algériens, le 20 mars 1962 (photo © Dalmas - Sipa).
Les pieds-noirs « nostalgériques »

Les mémoires des pieds-noirs

Il est parfaitement légitime de vouloir conserver la mémoire des victimes. Mais cela ne doit pas devenir, par la sélection des victimes, un moyen insidieux de parvenir à d’autres fins.

L’un des objectifs avoués de l’association Adimad (de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques et exilés de l’Algérie française) qui rassemble d’anciens activistes de l’OAS et des nostalgiques de l’Algérie française, est d’obtenir la réhabilitation de l’organisation terroriste. Elle tente d’y parvenir par les hommages qu’elle rend à une certaine catégorie de victimes.

Elle n’est pas la seule à livrer ce combat : dans une lettre qui circule sur Internet6, Thierry Rolando, président du Cercle algérianiste, n’hésite pas à parler de «nos amis de l’Adimad». Mais comment alors accorder le moindre crédit à la prétention du Cercle algérianiste de représenter tous les pieds-noirs ? Et que penser du thème Réhabiliter la mémoire des pieds noirs de son prochain congrès, fin octobre 2008 à Fréjus Saint-Raphaël, au cours duquel se déroulera un colloque intitulé Quand les Français d’Algérie auront-ils enfin droit à leur lieu de mémoire ?

En fait, comme l’écrit ci-dessous Yann Scioldo-Zürcher, la variété d’opinions est aussi grande parmi les pieds-noirs que parmi le reste de la population.

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guerre d’Algérie : combien de victimes ? L’apport de Charles-Robert Ageron

En hommage à Charles-Robert Ageron7

Les apports de Charles-Robert Ageron à l’histoire maghrébine et, plus largement, à l’histoire de la colonisation sont considérables. Sur la base de documents démographiques, il avait conclu que la guerre d’indépendance algérienne avait fait environ 250 000 victimes du côté algérien. Plus récemment, le démographe Kamel Kateb8 a évalué à 400 000 le nombre des morts algériens de cette guerre – un chiffre considérable : proportionnellement plus que les morts français de la Première guerre mondiale ; mais en aucun cas 1 500 000 !

Que la validité de son estimation soit remise en cause n’enlève rien à l’intérêt du travail de Charles-Robert Ageron sur ce problème. Vous trouverez ci-dessous, extrait de sa préface à l’édition des Œuvres complètes d’Ageron (éd. Bouchène, 5 volumes, 2005), ce que l’historien Gilbert Meynier a écrit à ce propos en 2004 – lui non plus n’avait alors pas eu connaissance des travaux de Kamel Kateb, mais, depuis, il ne manque pas de citer aussi ses évaluations.

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À Villejuif, pas d’ambiguïté. Le nom de Guy Môquet est associé à des idéaux clairement affirmés : hôpital Paul-Brousse, théâtre Romain- Rolland, avenue Paul-Vaillant-Couturier, place du 8-Mai-1945...
Légiférer sur l'histoire ?

Mémoire et histoire : des liaisons dangereuses, par Gilles Manceron

Mémoire et histoire entretiennent des liaisons dangereuses. La mémoire est de l’ordre du souvenir, du témoignage, du vécu, du point de vue, du ressenti, elle présuppose l’oubli. L’histoire, au contraire, se définit par la mise à distance, la reconstruction problématisée du passé. Et l’histoire est l’objet d’une instrumentalisation politique. L’historien Gilles Manceron9, dans cet article qui est repris de CAES magazine, n° 87 – été 2008, examine la nature et la portée de différentes lois mémorielles concernant la colonisation, le négationnisme de la Shoah, le génocide arménien, la traite négrière et l’esclavage, mettant à mal bien des confusions.

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le décès d’un grand historien, Charles Robert Ageron, par Benjamin Stora

On a appris mercredi 3 septembre 2008, le décès de Charles-Robert Ageron10, «historien primordial de l’Algérie coloniale, et plus largement, de la colonisation» [Gilbert Meynier], «qui a marqué de son empreinte au moins trois feuillets du livre de la recherche historique : l’Algérie au temps des Français, l’opinion française et la question coloniale, les “chemins de la décolonisation” en France et dans le reste de l’Europe» [Daniel Rivet 11 ]

Voici le texte que Benjamin Stora a consacré à celui qui a été son «maître» en Histoire de l’Algérie, dans son livre Les guerres sans fin, à paraitre aux éditions Stock.

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Italie

Berlusconi rentabilise le passé colonial de l’Italie en Libye

L’Italie et la Libye ont signé, samedi 30 août 2008, à Benghazi, un traité qui constitue une première dans les rapports entre deux pays liés par une histoire commune de colonisation — la Libye a été colonie italienne à partir de 1911, et elle est devenue indépendante en 1951.

Silvio Berlusconi a déclaré vouloir, par cet accord , « exprimer, au nom du peuple italien, notre regret et nos excuses pour les blessures profondes que nous vous avons causées ». Mais il avait auparavant déclaré plus crûment : « l’accord nous permettra d’avoir moins de clandestins et plus de gaz et de pétrole libyen qui est d’une excellente qualité ».

L’événement n’est passé inaperçu, ni France où le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que la France ne suivrait pas l’exemple italien, ni en Afrique. Au Burkina-Faso, par exemple, LeFaso.net salue la «brêche» ouverte par le chef de l’Etat libyen, et regrette que, après «avoir tiré profit de la colonisation », la France ne fasse pas bénéficier ses anciennes colonies d’une politique préférentielle dans le domaine de l’immigration. Il est vrai que, comme l’a écrit Aminata Traoré, la France préfère donner droit de cité aux oeuvres d’art africaines plutôt qu’aux Africains.

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Un documentaire « partiel et partial » sur la fusillade de la rue d’Isly

France 3 a programmé, pour le vendredi 12 septembre 2008 à 23h25, un documentaire de 52 minutes réalisé par Christophe Weber et intitulé «Le massacre de la rue d’Isly» — Jean-Jacques Jordi étant conseiller historique.

On ne peut comprendre la fusillade qui s’est déroulée rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962, une semaine après le cessez-le-feu du 19 mars, sans la resituer dans le contexte de l’époque. C’est pourquoi ce site comporte deux articles reprenant l’essentiel de ce que Yves Courrière a écrit sur ce sujet dans La guerre d’Algérie12 : le premier est consacré à la semaine du 19 au 25 mars 1962, le second traite de la journée dramatique du 26 mars 1962. La relation d’Yves Courrière est le témoignage irremplaçable d’un observateur qui a pu par la suite avoir connaissance d’éléments complémentaires — notamment du rapport secret “Renseignements judiciaires et militaires”.

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