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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Algérie

L’artiste Baya (1931-1998),
une icône de la peinture algérienne

L’Institut du monde arabe expose jusqu’au 26 mars 2023 une cinquantaine d’œuvres de Baya (1931-1998). Une artiste très singulière, « découverte » enfant alors qu’elle travaillait dans une ferme coloniale par une artiste européenne d’Alger qui l’adopta en l’employant comme domestique. Reconnue par des surréalistes éblouis par son « art brut » et exposée par le marchand d’art Aimé Maeght à Paris à l’âge de 16 ans en 1947, alors même que les « indigènes » étaient en Algérie interdits de galeries et d’expositions. Elle se remit à produire après l’Indépendance en 1962 et, durant un quart de siècle, eut une importante influence sur les artistes d’Algérie. L’exposition ira ensuite au Centre de la Vieille Charité à Marseille, de mai à septembre 2023. Ci-dessous sa présentation, un article de Philippe Dagen dans Le Monde et une vidéo de France Culture.

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Musées et créations contemporaines

Le Tata de Chasselay, dans le Rhône,
et la mémoire vive des tirailleurs sénégalais,
par William Robin-Detraz

Depuis la sortie de Tirailleurs dans les salles de cinéma, les tirailleurs ont fait la une de l’actualité, à la fois avec une polémique montée de toutes pièces autour de propos d’Omar Sy et par les annonces opportunistes du gouvernement concernant les pensions de vieillesse des derniers tirailleurs. Peu de temps avant la sortie du film, une autre polémique, à la portée médiatique moindre, a marqué la commémoration des tirailleurs assassinés dans la région lyonnaise en juin 1940 et reposant à la nécropole du Tata de Chasselay. Ce cimetière particulier, édifié pendant la guerre en souvenir des soldats du 25e régiment de tirailleurs sénégalais, cristallise depuis les enjeux autour de la mémoire des tirailleurs. Retour sur ce lieu et sur les commémorations qui s’y déroulent depuis ce tragique mois de juin 1940.

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Indochine

Disparition de Pierre Brocheux (1931-2022)
historien important du Viêt-Nam contemporain

Pierre Brocheux, spécialiste de l’histoire de l’Indochine coloniale et du Viêt Nam contemporain est décédé le 25 décembre 2022. Né à Cholon le 18 mai 1931 d’un père français et d’une mère vietnamienne dans ce qui était encore la Cochinchine, il a fait ses études primaires, secondaires et supérieures à Saïgon puis à Paris. Il a enseigné l’histoire et la géographie au lycée français de Saïgon de 1960 à 1968 puis au lycée technique Jean-Macé à Vitry-sur-Seine (1968-1970). Avec Daniel Hémery, il a publié l’ouvrage de référence Indochine, la colonisation ambiguë aux Éditions La Découverte en 1995, réédité depuis. Et aussi deux ouvrages biographiques sur Hô Chi Minh (2000 et 2003), un essai d’histoire économique du Viêt-Nam sur la longue durée (2009), une monographie sur le delta du Mékong (1995, rééditée en 2009) et des directions d’ouvrages abordant des aspects peu connus de la colonisation ou de la guerre d’Indochine.

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Réconciliation et réparations

Nomination de la partie française
de la « commission mixte d’historiens »
franco-algérienne

La création d’une commission mixte d’historiens chargée de travailler « sur la colonisation et la guerre d’Indépendance », avait été annoncée à Alger en août 2022 par les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. Des membres algériens ont été annoncés en novembre 2022 – Mohamed El Korso, Idir Hachi, Abdelaziz Fillali, Mohamed Lahcen Zighidi et Djamel Yahiaoui -, les nominations françaises ont été publiées par Le Monde le 26 janvier 2023. Benjamin Stora la coprésidera avec Mohamed Lahcen Zeghidi, ex-directeur du Musée national du moudjahid. Il n’est plus question dans cet article de celui qui était présenté au départ par Abdelmadjid Tebboune comme l’équivalent algérien de Benjamin Stora, Abdelmadjid Chikhi, que nombre d’historiens algériens considèrent comme le « verrouilleur » des archives algériennes. Les autres membres français sont les historiens Jacques Frémeaux, Jean-Jacques Jordi, Tramor Quemeneur et la conservatrice en chef du patrimoine Florence Hudowicz.

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Portugal

A la Tricontinentale de janvier 1966
« Amílcar Cabral envoûte la conférence »,
par Roger Faligot

En janvier 1966 naît à Cuba la Tricontinentale, organisation regroupant les forces « anti-impérialistes » d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Se retrouvent, à l’hôtel Habana Libre, 82 délégations de pays décolonisés, de mouvements de libération afro-asiatiques et de formations de guérilla d’Amérique latine. Le leader guinéen et capverdien Amilcar Cabral, dont on commémore en 2023 le cinquantenaire de l’assassinat à Conakry le 20 janvier 1973, y fait un long discours devenu célèbre, au nom du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et du Front de libération du Mozambique (Frelimo). Dans cet extrait du livre Tricontinentale (La Découverte, 2013), Roger Faligot raconte comment, devant un parterre médusé et enthousiaste, le « Lénine africain » révise la théorie marxiste de la lutte des classes en contexte révolutionnaire anticolonial.

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Séquelles politiques postcoloniales

Black Lives Matter,
un mouvement transnational ?

Le n° 6 de la revue Esclavages & post-esclavages, publié en 2022 par le Centre International de Recherches sur les Esclavages et Post-esclavages (CIRESC) a pour thème le mouvement Black Lives Matter, dont il questionne la dimension transnationale. Nous publions un extrait de son introduction. Outre cette revue, en association avec les éditions Karthala, le CIRESC publie également les riches collections « Esclavages » et « Esclavages et documents », consacrées à la question des traites, des esclavages, des situations d’esclavages et/ou de leurs héritages contemporains, et qui compte déjà une vingtaine de volumes, dont nous présentons le dernier paru.

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Algérie

La soirée d’hommage à Sadek Hadjerès,
prévue au Centre Culturel Algérien
« reportée » au dernier moment

L’annulation (« report ») de l’hommage à Sadek Hadjerès a été annoncée sur le site du Centre culturel algérien. Né en 1928 en Kabylie, Sadek Hadjerès a rejoint avant même son baccalauréat le mouvement indépendantiste algérien (le Parti du peuple algérien-Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, PPA-MTLD), à la veille des manifestations de mai 1945 dans le Constantinois dont la répression violente a marqué une étape essentielle dans la prise de conscience nationale en Algérie. Il a été exclu de ce mouvement dirigé alors par Messali Hadj après avoir posé, avec d’autres, la question de la démocratie en son sein et de sa prise en compte du pluralisme ethnolinguistique en Algérie. Il a rejoint dans les années 1950 le Parti communiste algérien et fait partie de sa direction qui a participé à la lutte armée pour la libération de l’Algérie. Après l’indépendance, il est devenu un opposant aux dérives antidémocratiques du pouvoir militaire.

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La société française au temps des colonies

A propos du film « Tirailleurs »,
quelques rappels historiques par Alain Ruscio
sur les soldats coloniaux de 14-18

Le film franco-sénégalais « Tirailleurs » réalisé par Mathieu Vadepied et co-produit par Omar Sy est sorti dans les salles françaises le 4 janvier 2023. Nous reviendrons sur l’annonce démagogique faite au nom du gouvernement le jour de sa sortie et sur divers aspects méconnus de l’histoire de ces soldats coloniaux de la Grande guerre, dont les expérimentations médicales pour lesquelles ils ont été utilisés. Ci-dessous l’annonce le 24 janvier 2023 à Montreuil, dans une ville où un grand nombre de résidants sont originaires du Mali, d’une séance soutenue par la Ligue des droits de l’Homme accompagnée d’un débat avec l’historien Gilles Manceron. Suivie d’un rappel historique par l’historien Alain Ruscio du sort de ces soldats venus des colonies françaises durant la Première guerre mondiale.

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L'enseignement

Les vidéos « Je révise avec toi »:
une instrumentalisation idéologique
qui tourne au négationnisme

« Je révise avec toi » : c’est l’intitulé d’une de ces chaînes Youtube qui prétendent aider les élèves dans l’apprentissage de l’histoire. Celle-ci, destinée aux écoliers et collégiens, est particulièrement problématique. Réviser l’histoire avec elle peut s’entendre ici dans le sens de révisionnisme. Le Comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire (CVUH) analyse ici deux de ses nombreuses vidéos, consacrées l’une à l’histoire coloniale de la France, l’autre aux Croisades. Dans les deux cas, s’étale un roman national digne des manuels scolaires du XIXe siècle, à mille lieux de la connaissance historique contemporaine, bourré d’erreurs factuelles, d’anachronismes et de biais politiques nationalistes et islamophobes. L’association PHDN (Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes) a également dénoncé sur son compte Twitter une vidéo de la même chaîne sur la Seconde Guerre Mondiale, qu’elle qualifie de négationniste. Une enquête de Libération a montré les liens étroits entre l’association productrice de ces vidéos et l’extrême droite la plus radicale.

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La Françafrique

La francophonie, un dispositif néocolonial,
par Khadim Ndiaye

En marge du 38e Sommet de la francophonie à Djerba, Tunisie, les 19 et 20 novembre 2022, Emmanuel Macron a déclaré que le français était « la vraie langue universelle du continent africain ». Il eut aussi cette autre phrase étonnante : « La francophonie, c’est la langue du panafricanisme ». Après la revue Afrique XXI, nous publions ici un chapitre de l’ouvrage collectif L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique (2021), déjà présenté sur notre site. L’historien Khadim Ndiaye y raconte l’histoire d’une francophonie dont De Gaulle prévoyait qu’elle serait « le relais de la colonisation » et qui est effectivement conçue, depuis le lendemain des indépendances, comme l’élément clé d’un soft power néocolonial français en Afrique.

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Musées et créations contemporaines

« Décadrage colonial »,
une exposition à Paris
au Centre Pompidou

Depuis le 7 novembre 2022 et jusqu’au 27 février 2023, on peut voir au Centre Georges Pompidou l’exposition « Décadrage colonial » qui explore les rapports des photographes de l’entre-deux-guerres avec l’empire colonial et leur contribution à la diffusion de l’idéologie colonialiste ainsi qu’à sa contestation. Un livre publié par les éditions Textuel accompagne cette réflexion. Ci-dessous un entretien en vidéo avec Damarice Amao, commissaire de l’exposition et la transcription du riche podcast accompagnant les visiteurs. On lira également pour aller plus loin les ressources historiques déjà publiées par notre site sur l’exposition coloniale de Vincennes en 1931.

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La société française au temps des colonies

Décès d’Adolfo Kaminsky, un combattant antiraciste et anticolonialiste,
soutien actif du FLN durant la guerre d’Algérie

Adolfo Kaminsky est mort à Paris le 9 janvier 2023, à l’âge de 97 ans. Son engagement dans la résistance au nazisme dans la France occupée fut pour lui fondateur. Il l’a prolongé dans le combat anticolonialiste, le soutien au FLN algérien de 1957 à 1962, puis l’aide aux mouvements anticolonialistes africains jusqu’aux années 1970. Il a ensuite vécu en Algérie jusqu’en 1982, où il a épousé Leila, Algérienne, et où sont nés ses deux enfants. À l’occasion de la belle exposition que lui a consacré en 2019 le Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MAHJ), notre site avait rappelé ces éléments essentiels et souvent négligés de son parcours, y compris son refus du projet sioniste dont il percevait les écueils. Dans sa revue de presse du 10 janvier 2023 sur France inter, Claude Askolovitch a souligné l’intérêt de ce rappel de ses engagements qu’avait fait Gilles Manceron sur Mediapart.

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