et si le XXIème siècle venait de commencer ?
Jacques Vigoureux dit notre soutien et notre admiration, notre fraternité à ces jeunes femmes et à ces jeunes hommes héritiers de la Révolution française
Jacques Vigoureux dit notre soutien et notre admiration, notre fraternité à ces jeunes femmes et à ces jeunes hommes héritiers de la Révolution française
Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et des médias, a abordé mercredi 9 février 2011, devant des journalistes de la presse quotidienne régionale française, les plans d’action européens en faveur des Roms. Interrogée sur les propos énergiques qu’elle avait tenus, à l’occasion de la condamnation de la politique d’expulsions menée par la France, elle a déclaré ne pas avoir changé d’avis : « Je construis l’Europe de la justice, des valeurs, des individus et de leurs droits »1.
Et elle a rappelé l’engagement de la France de changer la loi : «Dix millions de Roms vivent en Europe avec les mêmes droits et devoirs que tous les Européens. Selon la directive de 2004, ils peuvent circuler librement et s’ils sont interpellés pour avoir commis un délit, ils bénéficient du droit individuel de se défendre. Or, ce droit n’est pas intégré dans la législation française. C’est pour cela que des expulsions de groupes ont été possibles. La Commission européenne a donc menacé la France de la traduire devant la Cour européenne de justice si elle ne change pas sa loi. Depuis, la France a promis de la modifier d’ici au printemps»2.
Les évaluations récentes par Brice Hortefeux du nombre de campements illégaux de Roms qui ont été «évacués» et du nombre de Roms «raccompagnés» montrent que la France persiste dans sa démarche d’expulsions. Il a même été révélé l’existence d’une note de la police du Val-de-Marne visant à dénombrer quotidiennement les délinquants originaires des « pays de l’Est » – une initiative visant vraisemblablement les Roms.
L’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre et leurs amis – plus brièvement dénommée “la 4acg” – a été créée le 8 janvier 2004, avec pour objectif de témoigner et d’œuvrer pour la paix et la solidarité. En sont membres d’anciens appelés en Algérie qui reversent à l’association le montant de leur retraite de combattant (un peu moins de 600 € par an). Chaque année, l’assemblée générale de l’association choisit les projets que cet argent permettra de financer3.
Un aspect important de l’engagement des membres de la 4acg consiste à témoigner dans les écoles. L’association est en plein développement avec, à ce jour, 126 adhérents et 149 “amis”. Les raisons qui ont pu inciter les uns ou les autres à adhérer sont extrêmement variées suivant les individus, mais cela a permis à chacun d’entre eux de « donner un sens à ce qui n’en avait pas».
Les événements qui se déroulent actuellement outre-Méditerranée sont vécus de différentes façons suivant les personnes. Nous reprenons ci-dessous le témoignage que nous a adressé – à titre personnel – un membre de l’association.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) appelle à une participation massive à la marche pacifique de samedi 19 février prochain. «Forte du succès de l’action du 12 février, la CNCD appelle tous les Algériens […] à participer massivement à une marche pacifique qui aura lieu, le 19 février prochain à 11h de la place du 1er Mai à la place des Martyrs» a déclaré la CNCD à l’issue de sa réunion, tenue le 15 février à Alger.
La CNCD est composée notamment de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH), de syndicats autonomes (Snapap, Satef et CLA), d’organisations de jeunes (Algérie pacifique, Mouvement des jeunes algériens, Collectif des chômeurs…), de partis politique (MDS, PLD, RCD…) … Elle se dit déterminée à obtenir un « changement du système » qui gouverne le pays depuis l’indépendance en 1962, avec le soutien des militaires.
De son côté, le Collectif d’Algérien(ne)s de soutien à la lutte en Algérie pour le changement et la démocratie condamne l’interdiction de manifester pacifiquement et de s’exprimer en Algérie, et appelle à un rassemblement de soutien à Paris : vendredi 18 février 2011 à 18h30, à la Fontaine des Innocents (métro Les Halles). Sans oublier deux rassemblements à Marseille.

Pour la sixième année consécutive, la Semaine anticoloniale va se dérouler à Paris (20e). Cette semaine se veut à la fois forum de discussion et moment d’initiatives concrètes, politiques et culturelles. Elle vise à fédérer tous ceux pour qui l’anticolonialisme n’est pas seulement une commémoration de quelques grands événements mais également l’expression vivante des luttes d’aujourd’hui et de demain.
Les événements historiques qui se développent de l’autre côté de la Méditerranée donnent une coloration toute particulière à cette sixième semaine anticoloniale. Et les organisateurs feront du 26 février, point d’orgue de la semaine, une manifestation de solidarité avec les peuples de cette région et une dénonciation de la politique étrangère du gouvernement.
Le programme de la semaine comporte en particulier la désignation des lauréats du prix du “colonialiste de l’année” et du prix “Françafrique”. Tout le monde peut voter (cliquer). Les résultats seront proclamés, samedi 19 février, lors du « Salon anticolonial », à la Bellevilloise (19-21 rue Boyer, 75020 Paris, métro Gambetta). Le lauréat se verra remettre le « casque colonial » (le programme).

Ce livre d’Alain Ruscio paru en 2011 se présente comme une galerie de portraits au vitriol. C’est un dictionnaire de personnalités ayant une certaine importance sur la scène politique française et qui se distinguent par un discours empreint d’un néo-colonialisme latent ou d’une nostalgie du temps des colonies, teintés d’un racisme sous-jacent. L’auteur montre que ces personnes, de François Copé à Éric Zemmour en passant par Brigitte Bardot, au delà de leurs sympathies politiques et de leur rôle dans la société française, tiennent un discours aberrant mais décomplexé et en apparence socialement admis. Ce livre vient de se voir décerner, ex æquo avec Kamerun, la guerre cachée de la France en Afrique Noire (1968-1971) de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsita (éd. La Découverte, octobre 2010), le Prix du Livre Anticolonial 2011.
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Alger, samedi 12 février autour de la place du 1er Mai, pour manifester contre le pouvoir algérien à l’appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), qui rassemble des partis d’opposition, des représentants de la société civile et des syndicats non officiels. Le rassemblement, interdit par les autorités, s’est cantonné à la place, sous la surveillance d’un impressionnant dispositif policier – les autorités ayant déployé près de 30 000 policiers dans le centre de la capitale algérienne. La foule a été dispersée aux alentours de 16 heures.
De nombreuses interpellations, certaines particulièrement musclées, ont eu lieu : outre des manifestants, dont près de 400 ont été interpellés selon la Ligue algérienne des droits de l’Homme, plusieurs députés du RCD ont été temporairement arrêtés, dont Othmane Maazouz, Mohsen Belabes, Aider Arezki, Tahar Besbes. Fodil Boumala, co-fondateur de la CNCD a également été arrêté.
Des rassemblements se sont déroulés dans d’autres villes du pays, notamment à Oran, Constantine, Annaba, Tizi Ouzou et Bejaia. A Oran entre 400 et 500 manifestants étaient présents place du 1er-Novembre ; le rassemblement, vite dispersé, s’est achevé par une trentaine d’arrestations. Le chef local de la CNCD, le professeur d’université Kadour Chouicha et son fils, et deux journalistes, Djaafar Bensaleh du quotidien arabophone El-Khabar et Kamel Daoud du Quotidien d’Oran, ont été brièvement interpellés, selon des témoins.
La liste des manifestations – source : le Manifeste des Libertés – est suivie de deux appels :
La mobilisation de 30 000 policiers et l’arrêt de tous les trains à destination d’Alger empêcheront sans doute des citoyens de participer à la marche pacifique d’Alger le 12 février – source –, mais,
selon le sociologue Lahouari Addi, professeur à l’Institut d’études politiques de Lyon, ils ne parviendront pas à sauver le régime algérien.
Le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme condamne le refus des autorités algériennes d’autoriser la tenue d’une manifestation pacifique le 12 février à Alger et appelle les autorités à respecter le droit du peuple algérien de manifester pacifiquement.
Cette autre page présente une liste de manifestations prévues en Algérie et ailleurs, pour le 12 février 2011, suivie de deux appels.
A la suite d’une décision du Conseil constitutionnel, l’Etat français s’est trouvé dans l’obligation d’abroger avant le 1er janvier 2011 les lois iniques de cristallisation des pensions des anciens combattants et fonctionnaires originaires de l’ex-empire colonial français. Nicolas Sarkozy a annoncé solennellement la décision de mettre fin à la cristallisation le 13 juillet 2010, lors du déjeuner offert aux chefs d’Etat africains pour la commémoration du cinquantenaire des indépendances.
L’article 211 de la loi de finances pour 2011 a permis de procéder formellement à cette décristallisation, mais dans des conditions telles que, selon toute vraisemblance, bien peu de bénéficiaires potentiels pourront voir leur pension rattraper le niveau de celle des Français.
Un Collectif d’Algériens de soutien à la lutte en Algérie pour le changement et la démocratie s’est créé en France. Il apporte son soutien à la marche nationale pacifique à laquelle appelle la « Coordination nationale pour le changement et la démocratie » qui s’est constituée à Alger le 21 janvier 2011.
Des rassemblements sont organisés, à Paris par le collectif précédent, et à Marseille par le Collectif Solidarité Maghreb, le même jour qu’à Alger, samedi 12 février 2011 :