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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

 19 mars 1962 / 19 mars 2011

Hier, 19 mars 2011, c’était la commémoration du cessez-le-feu en Algérie1. Espérons que, l’année prochaine, Algériens et Français pourront commémorer ensemble le cinquantenaire de cet événement.

Hier, Nicolas Sarkozy, président de la République avait revêtu son uniforme de chef des armées pour déclarer : «Aujourd’hui, nous intervenons en Libye…»
Le 10 mars 2003, lors d’une interview télévisée à propos de l’Irak, Jacques Chirac, président de la République, avait déclaré : « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions, parce qu’elle amène la mort et la misère. »
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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Pourquoi la torture ? par Serge Portelli

Malgré son interdiction à l’échelle de la planète, malgré les conventions internationales, malgré les inspections de l’ONU, la torture persiste, et son histoire n’est qu’une longue liste d’exceptions, concédées, la main sur le cœur, pour le plus grand bien de l’humanité.

De l’Antiquité aux tortures américaines en Irak, en passant par l’Inquisition, les supplices chinois, la guerre d’Algérie, les dictateurs sud américains, soviétiques, chinois, les « démocraties », … la torture est une constante de l’humanité. Mais pourquoi ? Pourquoi cette constance ? Pourquoi des « hommes ordinaires» l’ont-ils pratiquée ? … Des questions auxquelles Serge Portelli tente de répondre dans son dernier livre, Pourquoi la torture ?

Après en avoir rappelé des épisodes et des acteurs tristement célèbres – Eichmann, Duch, Aussaresses… Serge Portelli déclare : «Inutile d’argumenter. Le combat ne peut être qu’absolu, la condamnation catégorique». Et pour ce combat, sans concession, il faut connaître notre adversaire, la part sombre de notre humanité.

Serge Portelli est magistrat, vice-président au tribunal de grande instance de Paris. Il est l’auteur notamment de Le sarkozysme sans Sarkozy et il s’apprête à publier Juger début avril aux éditions de l’Atelier.

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Les violences de l'OAS

La feuille de route de l’OAS
par le général Salan
en février 1962

L’instruction n° 29 de l’OAS, reprise ci-dessous dans son intégralité, est à juste titre considérée comme l’un de ses textes les plus importants. Rendue publique le 23 février 1962 par le général Salan, “chef suprême” de l’OAS, elle vise à organiser l’insurrection armée au moment du cessez-le-feu – qui sera instauré le 19 mars suivant. Cette directive, véritable déclaration de guerre civile, recense tous les crimes qui seront effectivement commis par l’OAS. On y trouve notamment les préconisations suivantes : encourager les autorités militaires à se rallier (I B 2), créer des « zones insurrectionnelles » (IV A), ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS (IV B 1), utiliser la foule dans les rues (IV B 8).

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Un nouvel éclairage sur les massacres d’août 1955, par Claire Mauss-Copeaux

Vous trouverez ci-dessous deux comptes rendus du livre de Claire Mauss-Copeaux3 sur les massacres d’août 1955 dans le Constantinois : celui de Walid Mebarek publié le 16 mars 2011 dans le quotidien algérien El Watan, et celui de Florence Beaugé dans l’édition du 1er mars 2011 du quotidien Le Monde.

Par ailleurs, dans son livre – voir les pages 164 à 168 –, Claire Mauss-Copeaux met en doute le récit que Maurice Faivre a donné comme témoignage des événements d’Aïn Abid. Dans un texte mis en ligne sur le site EtudesColoniales4 le 21 janvier dernier, deux jours après que le livre ait été disponible en librairie, Maurice Faivre reconnaît : «Je n’ai donc pas été témoin des atrocités d’Aïn Abid». Cette déclaration importante ayant disparu du site EtudesColoniales, nous la reprenons ci-dessous dans son intégralité.

[Mis en ligne le 2 mars 2011, mis à jour le 17]

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Dates figurant sur la partie gauche de la stèle de Marignane.
Marignane

stèle des nostalgiques de l’OAS : le retour

Un geste politique de portée symbolique : la réinstallation sous une forme légèrement modifiée de la stèle de Marignane à son emplacement initial au cimetière Saint Laurent Imbert, le 11 mars 2011, date anniversaire de la mort de Jean-Marie Bastien-Thiry – ce qui a permis à l’Adimad5 d’y organiser une cérémonie dès le dimanche 13 mars à 16 heures.

La stèle, initialement installée le 5 décembre 2005, est depuis lors l’objet de plusieurs actions en justice. Le 18 novembre 2008, la mairie de Marignane l’avait fait retirer du cimetière en application d’une décision du 7 juillet 2008 du tribunal administratif de Marseille. Mais le conseil municipal de Marignane a voté le 27 octobre 2010 une délibération en faveur de son retour à l’emplacement initial. Bien que cette délibération fasse l’objet de recours devant le TA de Marseille, le maire a donc décidé dans l’urgence6 la réinstallation de cette stèle.

La nouvelle stèle acceptée en octobre dernier par le conseil municipal diffère de la stèle initiale : les dates du panneau de droite, qui correspondaient aux exécutions des 4 fusillés de l’OAS, ont disparu et sont remplacées par un texte7.

En revanche la plaque centrale, représentant un condamné à mort face au peloton d’exécution, ne semble pas avoir été modifiée et le panneau de gauche comporte toujours les quatre mêmes dates :

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“peut-on critiquer Israël ?” et autres questions posées à Pierre Stambul

Dans une guerre qui dure en fait depuis près d’un siècle, une issue ou un compromis auraient dû intervenir depuis longtemps. Pourquoi n’est-ce pas le cas ? C’est l’une des questions auxquelles Pierre Stambul, du bureau national de l’Union juive française pour la paix (Ujfp), a tenté d’apporter des éléments de réponse, dans l’intervention reprise ci-dessous, qu’il a prononcée à Vannes le 29 janvier 20118.

Pierre Stambul n’exprime pas la position de la LDH, notamment sur la campagne BDS – «boycott, désinvestissement, sanctions» –, mais, comme la LDH, il revendique le droit de critiquer la politique du gouvernement israélien à l’égard des Palestiniens9.

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Histoire de France et rejets identitaires

pour la LDH, ce n’est pas le rôle de la justice d’écrire l’histoire

A la suite de la condamnation du Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane par la cour d’appel de Limoges pour avoir injustement associé le constructeur Louis Renault aux crimes perpétrés par les nazis, la Ligue des droits de l’Homme rappelle dans un communiqué que la justice n’a pas à imposer des choix aux responsables d’une exposition historique.

Nous reprenons ci-dessous l’article publié sur ce sujet le 15 janvier 2011 dans Le Populaire. Le site Mediapart comporte une importante étude d’Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot, consacrée à «Louis Renault et “la fabrication de chars pour la Wehrmacht”»10.

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Pour une intervention solidaire de l’UE en Méditerranée

Une soixantaine d’organisation lancent un appel à une Europe solidaire :

Alors que des changements politiques majeurs […] sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’UE se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Des experts […] qui n’ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens. [….]

Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant systématiquement le spectre de l’ « invasion ». […]

Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une Europe de la solidarité et de l’accueil.

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Les “appelés” n'ont pas marché...
Nice

de l’illégitimité des hommages rendus aux responsables du putsch d’Alger et de l’OAS

A l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger, des “nostalgériques” ont décidé de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, au «quarteron de généraux» – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de cette «aventure odieuse et stupide»11.

L’échec de cette tentative de putsch a entraîné l’émergence de l’OAS – Organisation armée secrète – un mouvement clandestin qui a tenté, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie. Responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France, l’OAS a tué 2 700 personnes, dont 2 400 Algériens, de janvier 1961 à septembre 1962.

Cet hommage paraît totalement illégitime à la plupart de nos concitoyens. C’est plutôt aux «appelés» qu’il conviendrait de rendre hommage : par leur loyauté et leur refus d’obéir aux putschistes, ils ont contribué à l’échec d’une opération criminelle dirigée contre la République.

Les “appelés” n'ont pas marché...
Les “appelés” n’ont pas marché…
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Libye : les crimes ne resteront pas impunis

La Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (Fidh) et Amnesty International ont demandé, les 24 et 25 février 2011, au Conseil de sécurité de l’ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Libye et de décréter un embargo sur les armes.

« Le colonel Mouammar Kadhafi et ses responsables hiérarchiques doivent comprendre qu’ils devront répondre de leurs actes, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International. « Cela devrait résonner comme un signal d’alarme pour ceux qui donnent les ordres et ceux qui les exécutent : leurs crimes ne resteront pas impunis»12.

De son côté, l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) demande aux autorités françaises de suspendre les renvois de personnes vers ce pays.

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Tunisie

“la Tunisie est l’avenir du monde”, par Serge Quadruppani

Triste horizon et sombres nuages, tout bloqué, espoir mort ? Oh que non. En se révoltant et en mettant bas un pouvoir autocratique, les Tunisiens rappellent à tous combien il n’est rien de plus actuel que la juste rage et la saine colère. Ils sont nos frères, nos semblables, et ils montrent la voie, celle des résistances populaires à l’empire.

Article repris du site Article XI.

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