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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Le meurtre de Farhat Hached et autres crimes coloniaux, par Gilles Manceron

L’assassinat de Chokri Belaïd le 6 février a ravivé en Tunisie la mémoire douloureuse de celui, il y a 60 ans, de Fahrat Hached, leader du syndicat et du mouvement national tunisien tué par le service français du SDECE. Un crime qui semble avoir été oublié par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, dans les commentaires qu’il a jugé bon de faire.

À la suite d’un colloque qui s’est tenu en janvier 2013, l’historien Gilles Manceron, délégué du groupe de travail Mémoire, histoire, archives de la Ligue des droits de l’Homme, revient sur ce crime comme sur d’autres commis contre des personnalités anticolonialistes. Il rappelle l’exigence que la vérité sur ces assassinats soit dite et reconnue par les autorités françaises.

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Autres pays arabes et Afghanistan

Bahreïn, “printemps arabe” oublié

A Bahreïn, petit archipel du Golfe, la dynastie régnante des Al-Khalifa est sunnite, alors que la population autochtone est en majorité chiite.
En février-mars 2011, un soulèvement populaire animé par des chiites réclamant une monarchie constitutionnelle a été réprimé par les autorités, avec le soutien de troupes venues des pays voisins du Golfe.

Depuis lors, le petit royaume reste secoué par des troubles : des Bahreïnis manifestent pour demander la démocratie et la liberté. La répression est dure – des condamnations, des morts par dizaines … Des organisations de défense des droits de l’Homme et les Nations unies dénoncent, mais peu d’informations parviennent à l’extérieur : Bahreïn ne délivre pas de visas aux journalistes.
A voir : une émission de LCP consacrée à Bahreïn.

Dernière minute – Une manifestation de soutien : jeudi 14 février à 13h, place Igor Stravinsky, 75004 Paris.

[Mis en ligne le 25 janvier 2013, mis à jour le 11 février 2013]

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Diverses questions d'histoire

Enfants de la guerre

À la Libération, quelques dizaines de milliers de femmes subirent l’humiliation d’être tondues en public : «En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On alla même jusqu’à les tondre»1. L’épuration … « sauvage » !

Plus de cent mille « enfants de la guerre », nés d’une mère française et d’un père soldat allemand pendant l’occupation, ont été les victimes innocentes d’un conflit qu’ils n’avaient même pas connu. La reconnaissance de leur situation n’est intervenue qu’en février 2009, après plus de 60 ans passés dans l’ombre de l’Histoire, quand l’Allemagne a accepté de leur accorder sa nationalité.

Une célèbre photo de Robert Capa a été le point de départ d’un spectacle qui sera donné au théâtre Liberté de Toulon les 8 et 9 mars prochains.

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Tirailleurs partant en colonne (Archives nationales du Sénégal).
La guerre du Mali (depuis 2013)

Mali : la dette de la France

Dans son discours de Bamako2, le 2 février 2013, François Hollande a déclaré que la France avait désormais payé sa dette à l’égard du Mali. Il faisait alors allusion aux “tirailleurs sénégalais” – dont beaucoup étaient en fait originaires du Mali – qui ont pris une part importante à la défense et à la libération de la France au cours des deux guerres mondiales. Mais la France l’a oublié et elle expulse aujourd’hui des descendants de Maliens morts naguère pour elle.

Pour les Maliens la dette de la France n’est sans doute pas éteinte et ils en attendent vraisemblablement davantage : le soutien à une véritable politique de développement, une politique d’immigration moins restrictive, la non-ingérence politique dans leurs problèmes qu’il leur appartient et à eux seuls de régler … Comme l’expose l’historien Francis Simonis, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest et de la période coloniale notamment au Mali et en Guinée, « pour la population malienne […] la France est sans doute encore loin, très loin d’avoir payé sa dette.»

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Tunisie

à travers Chokri Belaïd, c’est la démocratie qui est visée

Chokri Belaïd, avocat et grande figure politique en Tunisie, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifiés (la gauche tunisienne) et dirigeant politique du Front Populaire, a été assassiné le 6 février 2012 devant son domicile.

A travers et infatigable défenseur des droits humains, c’est la démocratie et la liberté qu’on cherche à assassiner en Tunisie.

[Mis en ligne le 8 février 2013, mis à jour le 9]

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L'Humanité du 28 février1962. A droite, Delphine Renard défigurée.
Charonne 8 février 1962

Delphine Renard demande une reconnaissance officielle de la répression de Charonne

Elle avait quatre ans lorsqu’elle fut grièvement blessée dans un attentat de l’OAS visant André Malraux. Le sort de l’enfant mutilée, aveuglée, souleva alors une grande émotion. Après cet attentat, une manifestation organisée le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’organisation terroriste fut violemment réprimée par la police sous les ordres du préfet de police Maurice Papon : 9 manifestants trouvèrent la mort dans la bouche du métro Charonne.

Un rassemblement a eu lieu le 8 février 2013, à Paris, au métro Charonne, en mémoire des victimes de la répression du 8 février 1962.

Ci-dessous un entretien avec Delphine Renard, réalisé par Rosa Moussaoui, et publié sur L’Humanité.fr le 8 février 2013.

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nouvelle condamnation de la France pour violations des droits des Roms

La France vient de faire l’objet d’une nouvelle condamnation par le Comité européen des droits sociaux (CEDS). Cette décision en date du 11 septembre 2012, rendue publique le 21 janvier 2013, est l’aboutissement d’une procédure lancée par Médecins du Monde qui, en avril 2011, avait présenté une réclamation collective devant l’instance du Conseil de l’Europe. Dans sa condamnation, le CEDS dénonce la violation des droits sociaux fondamentaux consacrés par la Charte sociale européenne révisée3, notamment concernant le logement, l’éducation des enfants, la santé… ainsi que les procédures d’expulsion de Roms migrants établis sur le territoire.

Cette décision est la sixième condamnation de la France par le CEDS concernant la situation des Roms ou des gens du voyage…

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La bibliothèque universitaire d'Alger en feu, le 7 juin 1962.
La guerre du Mali (depuis 2013)

terre brûlée, bibliothèques en feu

Aucune époque, aucun peuple, n’est à l’abri du désastre moral que constitue la destruction de livres, de bibliothèques, comme de tout ce qui permet à l’homme de réfléchir sur sa condition.

Aujourd’hui la destruction d’une des bibliothèques de Tombouctou, comme il y a cinquante ans l’incendie de la bibliothèque universitaire d’Alger relèvent d’une même barbarie.

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Amnesty International dénonce des exactions au Mali

Suite à une mission au Mali, l’organisation de défense des droits de l’homme publie un rapport dans lequel elle dénonce les graves violations des droits humains commises par l’armée malienne et par des groupes d’“islamistes” armés. Amnesty International met également en cause des bombardements de l’armée française qui auraient fait des victimes civiles à Konna dès le 11 janvier 2013.

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La guerre du Mali (depuis 2013)

pour la FIDH, il faut juger afin de briser le cycle de l’impunité et de la violence

Les soldats français et maliens sont entrés sans combattre dans deux villes du Nord-Mali, Gao le 27 janvier 2013, et Tombouctou le lendemain. Avant d’évacuer la cité historique qui fut la capitale intellectuelle et spirituelle de l’islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles, les insurgés ont mis le feu au centre Ahmed Baba qui abritait des dizaines de milliers de manuscrits datant de plusieurs siècles.

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La Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH) lance un appel aux différents protagonistes. Refusant «toute logique punitive et de vengeance», elle demande que tous les responsables de violations des droits de l’Homme et d’exactions – qu’ils soient membres de groupes “islamistes” ou de l’armée malienne – soient jugés.

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