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Édition du 1er au 15 février 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Le grand prix
des Rendez-vous de l’histoire de Blois
remis à Malika Rahal

Le Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire 2022 a été attribué à Malika Rahal pour son ouvrage Algérie 1962, une histoire populaire. Il lui a été remis le 8 octobre 2022, dans l’hémicycle de la Halle aux grains, par l’historien Maurice Sartre, président du jury constitué de Sylvie Aprile, Fabien Archambault, Michelle Bubenicek, Jean-François Chauvard, Sophie Cœuré, Olivier Compagnon, Marie-Laure Derat, Claudia Moatti, Annliese Nef et Pierre-François Souyri. Ci-dessous le film de la remise de ce prix, que nous faisons suivre du compte rendu d’un forum qui a eu lieu à Alger le 13 novembre 2022 lors du séjour de recherches que cette historienne effectue en Algérie au nom notamment du site 1000autres.org, « des Maurice Audin par milliers », auquel contribue aussi l’historien Fabrice Riceputi.

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Algérie

Sadek Hadjerès (1928-2022),
mort d’un grand combattant de l’indépendance
et de la démocratie en Algérie

Sadek Hadjerès s’est éteint à Paris le 3 novembre 2022. Dès les années 1940 et lors de la répression de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, il rejoint le parti indépendantiste PPA-MTLD où il milite pour la reconnaissance du pluralisme ethno-linguistique et pour la démocratie interne dans le mouvement national en Algérie. Exclu, il rejoint en 1951 le Parti communiste algérien ; et, en 1955, à sa direction avec Bachir Hadj Ali, il négocie l’intégration des communistes algériens au sein du Front de Libération Nationale (FLN) pour qu’ils participent à la guerre d’indépendance. Notre site a déjà évoqué son engagement dans la lutte armée et le combat qu’il a partagé avec Josette et Maurice Audin. Ci-dessous un article de l’historien Pierre-Jean Le Foll-Luciani, et trois vidéos publiées par le site Place Audin. Il a voulu être inhumé à Alger, au cimetière d’El Harrach.

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1945-1962

Il y a 68 ans, le Premier Novembre en Algérie
Une famille au maquis en 1956,
par Marie Chominot

Il y a 68 ans, était lancée l’insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie. Ci-dessous, le texte de la proclamation qui l’annonçait et la photographie de ses auteurs. Précédées d’un texte et d’une vidéo de l’historienne de l’image Marie Chominot, « Une famille au maquis (Algérie, 1956) », qui évoque l’engagement patriotique d’une famille qui y a répondu à travers les photographies qu’elle a conservées, celle d’Abdelmalek Kitouni, combattant du FLN. C’est le premier épisode de la série « La guerre d’Algérie prise de vues », coordonnée par Sébastien Ledoux dans le cadre du projet « La Chambre noire de l’histoire » de l’Ehne-Sorbonne université. Ces « objets rescapés,(…) seules traces visuelles d’une vie familiale bouleversée à jamais par la guerre » sont « des sources précieuses pour écrire l’histoire de la lutte d’indépendance algérienne ».

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La reconnaissance du passé colonial

Rattacher la tragédie des harkis
à l’histoire de la colonisation

Les deux enfants de harkis auteurs de cette tribune publiée par le quotidien Libération, Abd El Kader Mokhtari, originaire de Messelmoun (Cherchell), qui a grandi à la Cité de la Briqueterie à Amiens, membre du Rassemblement Harki et du Collectif Justice pour les Harkis et leurs familles, et Amar Assas, originaire de Chir (Willaya de Batna, dans l’Aurès), qui a vécu enfant dans le camp de forestage de Rosans, dans les Hautes-Alpes, considèrent qu’il faut replacer le sort des harkis dans le contexte de la colonisation. Amar Assas, dans une tribune parue le 26 août 2022 dans Le Monde, a regretté les propos tenus par Gisèle Halimi sur les harkis, mais a considéré que son opposition au colonialisme, comme son féminisme, justifient pleinement les nombreuses demandes en faveur de sa panthéonisation.

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La reconnaissance du passé colonial

Dans toute la France,
des initiatives en 2022
en mémoire du 17 octobre 1961

Davantage que les années précédentes, le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés le 17 Octobre 1961 a été l’objet d’initiatives dans de nombreuses villes françaises. Ci-dessous, quelques échos de ce que des associations et des collectivités locales ont organisé. Ainsi à Rennes, une nouvelle plaque commémorative a été posée, et, à Marseille, Nîmes, Grenoble, Besançon, Montpellier et Béziers, des rassemblements ont eu lieu. Trois étudiants en audiovisuel de Roubaix ont réalisé un court-métrage d’animation, « Les Larmes de la Seine », qui a été récompensé lors de la cérémonie des Oscars étudiants à Los Angeles, et, à Charleville-Mézières, une pièce de théâtre a été représentée. Tout cela rappelle que la reconnaissance des crimes de la colonisation est non seulement une nécessité historique mais aussi un enjeu pour que l’avenir de la France ne soit pas prisonnier de cette page sombre de son passé.

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Commémorations

En banlieue parisienne, nombreuses commémorations en 2022 du 17 octobre 1961

En dehors du rassemblement à Paris, sur le Pont Saint-Michel, pour le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés au cœur de la capitale le 17 octobre 1961, de nombreuses initiatives ont eu lieu en banlieue parisienne, là où la mémoire de l’immigration algérienne est vivace. Ci-dessous, quelques-unes d’entre elles, à Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Nanterre, Bobigny, Villetaneuse, Saint-Ouen, Garges-les-Gonesse, Asnières, Stains, Montreuil, La Plaine Sain-Denis, Noisy-le-Sec, Trappes, Thiais, Choisy-Orly, La Courneuve, Bonneuil-sur-Marne. Notamment à l’initiative des Oranges, de l’Association pour la culture et le voyage (APCV) et des collectivités locales. L’APCV propose que le 17 Octobre devienne une Journée nationale officielle de la lutte anticoloniale qui commémorerait aussi d’autres crimes comme ceux de mai-juin 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, du 14 juillet 1953 à Paris, place de la Nation, du 8 février 1962 au métro Charonne, et d’autres.

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Commémorations

Un appel à la commémoration en 2022
du massacre des Algériens à Paris
du 17 octobre 1961

De nombreuses initiatives dans toute la France vont marquer en 2022 le 61ème anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Notre site s’en fera écho. Le collectif unitaire « 17 octobre 1961. Vérité et justice » a publié un appel signé par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques demandant une pleine reconnaissance de ce crime d’Etat sur lequel les autorités françaises, pendant plus de vingt ans, ont diffusé de grossiers mensonges. Il invite à un rassemblement le 17 octobre 2022 sur le pont Saint-Michel à Paris. En 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait un geste au pont de Bezons, l’un des lieux de ce massacre, que ce collectif considère comme étant loin d’être suffisant.

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L'OAS et ses nostalgiques

Les crimes de l’organisation terroriste
de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale

Le 6 octobre 2011, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait inauguré au cimetière du Père-Lachaise à Paris une stèle en hommage aux victimes de l’organisation terroriste de l’OAS. Le vote ayant décidé son érection avait eu lieu le jour anniversaire de la manifestation organisée à Paris le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’OAS et la poursuite de la guerre d’Algérie, qui s’était terminée par un massacre au métro Charonne. Le 6 octobre 2022, un rassemblement a eu lieu devant ce monument où Jean-Philippe Ould Aoudia a dénoncé les propos scandaleux tenus le 28 juin 2022 par un député du « Rassemblement national » lors de la séance d’ouverture de la législature de l’Assemblée nationale. Et il a déclaré que les crimes commis par l’organisation terroriste de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale.

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La reconnaissance du passé colonial

« C’était la guerre d’Algérie »
une série documentaire diffusée à la télévision
à voir et à débattre

La série télévisée « C’était la guerre d’Algérie » de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, diffusée à 20h30 par la chaîne LCP du 3 au 6 octobre 2022 et qui est disponible aussi en replay sur le site de LCP, suscite de nombreuses réactions. Un précédent documentaire de Georges-Marc Benamou consacré aux massacres d’Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui occultait le rôle de l’OAS avait été fortement contesté. Sur cette série écrite avec Benjamin Stora, Nathalie Funès a publié dans L’OBS un article qui souligne opportunément son intérêt. Même si sa phrase, « Deux peuples déchirés un temps mais liés à jamais par ce passé commun », sans être inexacte, nous fait songer à la formule employée par Emmanuel Macron : entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique », qu’un historien dans Le Monde a légitimement contestée. Car il ne doit pas y avoir d’ambigüité sur le caractère criminel de la colonisation. Cette série documentaire importante est à voir et à débattre.

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La reconnaissance du passé colonial

Une histoire de la doctrine
de la « guerre révolutionnaire »

Les techniques issues de la tradition militaire de « contre-insurrection », la doctrine française de la « guerre révolutionnaire » (DGR), sont aujourd’hui banalisées dans nombre de polices du monde. D’où l’intérêt de ce livre de Jérémy Rubenstein, spécialiste de l’Argentine et de la violence politique, qui retrace son histoire méconnue. Elle a été formalisée par des officiers français dans la guerre d’Indochine et celle d’Algérie, visant un contrôle intégral de l’ensemble de la société par la propagande et la manipulation, mais aussi par la terreur : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations. Elle a essaimé depuis vers d’autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d’Irak et d’Afghanistan, de l’Argentine des années 1970 à l’Afrique des années 1980 ou l’Algérie des années 1990.

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La reconnaissance du passé colonial

Quel travail historique à poursuivre
sur le passé franco-algérien ?

Dans un entretien avec Kamel Lakhdar Chaouche publié par le quotidien algérien L’Expression, l’historien Gilles Manceron explique que les historiens algériens et français travaillent depuis des décennies sur l’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne. En témoignent les livres codirigés depuis les années 1980 par Mohammed Harbi et Benjamin Stora. Il reste beaucoup de travail à faire dans les deux pays pour une ouverture des archives qui ne soit pas seulement réservée à quelques-uns. En France, il faut combattre la tradition de fermeture qui se fonde sur l’idée de « secret défense » invoquée pour cacher des faits historiques. Il faut faciliter les déplacements des chercheurs algériens pour des séjours de travail en France.

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