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Édition du 1er au 15 avril 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

La « doctrine de la guerre révolutionnaire », genèse, mise en œuvre et postérité,
par François Gèze

De 1955 à 1959, la doctrine officielle de l’armée française, dite de la « guerre révolutionnaire » (DGR) et visant à « conquérir les cœurs et les esprits » de la population au sein de laquelle évoluait l’« ennemi » en Algérie, préconisait des méthodes « non conventionnelles » : action psychologique et désinformation, déplacements forcés de population, disparitions forcées, torture, exécutions extrajudiciaires, recours aux milices de supplétifs. Il est important de mieux connaître cette doctrine « antisubversive », car certains de ses axes structurants ont retrouvé depuis les années 1990 une actualité au sein des forces armées des puissances occidentales. Et ils imprègnent de plus en plus l’imaginaire de guerre de nombre de leurs dirigeants.

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L'accès aux archives coloniales

Une rencontre aux Archives nationales
sur les disparus de la guerre d’Algérie
(reportée en raison du contexte sanitaire)

Lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, le président Macron a non seulement reconnu que Maurice Audin a été tué en juin 1957 par l’armée française qui le détenait et que cela a été rendu possible par une pratique généralisée de tortures et disparitions forcées, il a aussi annoncé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. La journée d’étude le 20 septembre 2019 à l’Assemblée nationale sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice » a souligné l’urgence de cette mesure. Les Archives nationales ont annoncé pour le 27 mars 2020 une journée d’étude sur ce sujet (reportée en raison du contexte sanitaire) et la présentation d’un guide numérique pour les familles.

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1945-1962

Anna Gréki, militante de l’indépendance algérienne et poète

L’Algérienne Colette Grégoire, née à Batna le 14 mars 1931, passa son enfance dans un village des Aurès, obtint le bac à 16 ans, puis suivit des études de lettres à la Sorbonne. Amoureuse du brillant étudiant algérien originaire de Tlemcen, Ahmed Inal, elle rentra avec lui en Algérie pour combattre pour l’indépendance — il mourra à 25 ans, en octobre 1956, officier de l’ALN dans la Wilaya 5. Arrêtée en mars 1957, Colette fut torturée par les militaires français. C’est en détention que cette jeune femme, belle et passionnée, commença à écrire. Ci-dessous l’article d’Hervé Sanson dans Mediapart sur l’anthologie de poèmes et d’articles signés d’Anna Gréki publiée en 2019 par les éditions Terrasses. Ainsi que des extraits du livre d’Abderrahmane Djelfaoui, Anna Gréki. Les mots d’amour, les mots de guerre, paru en 2016 aux éditions Casbah.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Un tortionnaire qui raconte ses crimes
et n’en a pas honte…
Une société qui ne trouve rien à lui dire…

« Comment tant de jeunes ont pu dans la guerre d’Algérie se livrer à des crimes ? » ; « Les amnisties font qu’ils ne relèvent d’aucun tribunal, mais peut-on se satisfaire de ce que certains les assument sans que la société n’exprime aucune condamnation à leur égard ? » Telles sont les questions que pose le livre où l’ancien appelé en Algérie, Claude Juin, docteur en sociologie, commente, avec Muriel Montagut, psychologue, le dialogue qu’il a eu en 2013 avec un ancien camarade de régiment qui a basculé dans la torture et les crimes. Ci-dessous la préface de Michel Wieviorka, un article de Libération, ainsi qu’une réflexion de la juriste Magalie Besse sur la notion de « justice transitionnelle » et une contribution de Gilles Manceron invitant la société française à trouver les moyens, malgré l’amnistie, de « dire la justice », pour en finir avec ses « poches d’impunité » et son « silence complice ».

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Algérie post 1962

Un an de hirak en Algérie : la résurgence de la mémoire de la lutte pour l’indépendance

Juste un an après le déclenchement d’un mouvement social sans précédent en Algérie, le livre intitulé Hirak en Algérie. L’invention d’un soulèvement sort en librairie le 21 février 2020. Publié aux éditions Hazan, il est dirigé par Omar Benderra, François Gèze, Rafik Lebdjaoui et Salima Mellah. Nous publions ci-dessous sa présentation par l’éditeur, la table des matières et un lien vers le résumé des chapitres sur le site de l’association Algeria-Watch à l’origine de ce livre. Ainsi que de larges extraits de l’un de ceux-ci : le texte de Hassina Mechaï : « Le résurgence de la mémoire de la lutte contre le colonialisme français ».

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

Gilles Morin : Pour l’ouverture des archives de la guerre d’Algérie

Les Actes de la journée sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice », du 20 septembre 2019, salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, ont été publiés en ligne par la Revue des droits de l’homme du CREDOF et sont présentés sur ce site, dans une page intitulée 7228 qui explique aussi les nouveaux obstacles récemment dressés contre l’ouverture de ces archives. Nous reproduisons ci-dessous la contribution de l’historien Gilles Morin, président de l’Association des usagers des Archives nationales, qui explique la nécessité de l’ouverture large de ces archives, comme cela avait été décidé en 2015 pour celles de la Seconde Guerre mondiale.

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La reconnaissance du passé colonial

Publication des Actes de la journée d’étude sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Un vif débat a lieu sur l’accès aux archives de l’armée française

Ouverte par Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, et Pierre Audin, le 20 septembre 2019, dans la salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, la journée d’étude « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice ? » a rassemblé un public nombreux. Les vidéos résumant ses travaux ont été publiées par Mediapart et par ce site. Les textes complétés des interventions sont sur le site du CREDOF. Plusieurs évoquent le blocage de l’accès aux archives constitué par un texte non législatif de 2011, l’« IGI 1300 », qui contredit la loi. Sa mise en application avec zèle, en janvier 2020, au Service historique de la Défense, soulève un vif débat parmi les historiens et les archivistes.

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Depuis 2012

Des médias algériens attentifs aux demandes des historiens aux autorités françaises pour l’ouverture des archives

Certains médias algériens portent une grande attention aux demandes des historiens adressées aux autorités françaises pour l’ouverture des archives et la reconnaissance des crimes de l’armée française en Algérie. Ci-dessous l’entretien avec l’historienne Sylvie Thénault publié le 24 décembre 2019 par El Watan et l’émission de la radio Alger Chaîne 3 avec Gilles Manceron à l’occasion de sa venue en 2018 au Salon du livre d’Alger. Cette attention n’est pas toujours partagée, comme on peut le voir dans un article du Quotidien d’Oran du 26 janvier 2020, à propos des nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron sur le passé colonial de France et la colonisation de l’Algérie tenues dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem à Paris dans la nuit du 23 au 24 janvier 2020.

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Les communistes et la question coloniale

Alain Ruscio a produit
sur les communistes et l’Algérie
(1920-1962)
un livre nuancé et documenté

Dans un entretien donné à « l’Humanité », Alain Ruscio explique qu’il a voulu, dans son livre « Les Communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance (1920-1962) », analyser, en évitant les polémiques, le rôle que jouèrent les communistes, en France et en Algérie, dans les luttes anticoloniales. Selon lui, ce qu’il appelle la « force communiste » — expression dans laquelle il englobe dirigeants, membres du parti et des syndicats et organisations de masse qui lui étaient liées — a été au cœur de la protestation anticolonialiste en France. Et, en dépit des hésitations, des détours et des erreurs du PCF, il y eut bien une « résistance communiste » à la guerre d’Algérie.

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Les communistes et la question coloniale

Les communistes et l’Algérie,
par Alain Ruscio

Dans « Les communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962 », Alain Ruscio offre un ouvrage soigneusement documenté sur une page d’histoire souvent objet de polémiques. Il a travaillé sur des fonds d’archives récemment ouverts, comme dans celles du PCF aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis, et y révèle des documents nouveaux. Nous publions les articles que lui ont consacré Claude Mazauric dans « l’Humanité », la Rubrique culture du quotidien « Le Soir d’Algérie » et Jean-Pierre Sereni sur le site « Orient XXI », et signalons deux débats organisés autour de ce livre.

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Mémoire et histoire en Algérie

Hocine Aït Ahmed,
l’une des figures les plus marquantes du combat d’émancipation nationale
des Algériens,
par Tahar Khalfoune

Hocine Aït Ahmed est l’un des neuf chefs « historiques » qui organisèrent le déclenchement de l’insurrection nationale algérienne du 1er novembre 1954. Tahar Khalfoune, juriste originaire de Kabylie qui était un ami, à Lyon, de l’historien Gilbert Meynier, reprend ce jugement que ce dernier avait énoncé à son sujet : « Hocine Aït Ahmed — Si l’Hocine —, [était] l’une des figures historiques les plus marquantes du combat entrepris par les Algériens pour se délivrer de la domination coloniale française ». Tahar Khalfoune l’avait rencontré en 1989 quand il avait mis fin à son exil en Europe et il a eu de nombreux échanges avec lui jusqu’à sa mort en 2015.

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Le 17 octobre 1961

Nouvelles demandes
de vérité
sur le 17 octobre 1961

Pour le 57e anniversaire de la manifestation des Algériens à Paris du 17 octobre 1961, des rassemblements ont eu lieu dans de plus en plus nombreuses villes de France. L’appel national largement signé pointe cette année deux faits peu relevés auparavant : l’initiative du Premier ministre d’alors, Michel Debré, dans la convocation du conseil interministériel du 5 octobre qui a décidé du couvre-feu raciste ; et le sort des centaines d’Algériens soi-disant expédiés « vers leur douar d’origine », en réalité envoyés en Algérie dans des camps de concentration où leur mortalité a été élevée. Le président de la République s’est contenté de publier un bref « tweet ». La demande de vérité sur cette répression continuera à s’exprimer.

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