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Édition du 1er au 15 avril 2026

Guerre d’indépendance algérienne (1954-1962)

1945-1962

Harkis : une mémoire à vif
par Rachida El Azzouzi, Fatima Besnaci-Lancou
et Gilles Manceron

Le terme de harki désigne deux réalités : les supplétifs recrutés par l’armée française durant la guerre d’Algérie, sous différents noms qui ont laissé place à la désignation générique de harki ; et le groupe social, dont la plus grande partie était composée de femmes et d’enfants, qui ont été transportés en France en raison des violences qui les menaçaient lors de l’indépendance. De part et d’autre de la Méditerranée, leur histoire complexe n’a cessé de faire l’objet d’instrumentalisations, de mensonges et d’anathèmes. Pour Mediapart Rachida El Azzouzi a abordé la mémoire à vif liée à cette histoire dans une émission réunissant Fatima Besnaci-Lancou – qui a quitté enfant l’Algérie en 1962 et a partagé la relégation scandaleuse de ce groupe social dans la France postcoloniale, et est devenue historienne -, et Gilles Manceron, dont nous reproduisons un article sur le sort de ces Algériens plongés dans la violence de la colonisation et de ses suites.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

Continuités algériennes
À propos du livre de Neil MacMaster,
« La guerre dans les djebels »

Le sociologue et historien algérien Aïssa Kadri a publié dans El Watan, le 15 décembre 2020, un article présentant le livre de Neil MacMaster, La Guerre dans les djebels. Société paysanne et contre-insurrection en Algérie (1918-1958), que nous reproduisons ci-dessous. Selon lui, l’historien britannique Neil MacMaster a publié un ouvrage important, novateur par sa perspective d’approche, original par les faits et les données d’analyse de nouvelles archives récemment ouvertes, stimulant par la thèse centrale qui consiste à explorer les profondes continuités de l’histoire algérienne, afin de comprendre les séquences historiques passées, particulièrement la guerre de Libération nationale, voire le présent. Un ouvrage majeur qui réinterroge et renouvelle les approches socio-historiques sur la guerre d’Algérie.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

L’hommage d’Alain Ruscio
à la mémoire de Jacques Jurquet (1922-2020)

Jacques Jurquet est décédé à Marseille le 22 novembre 2020 à l’âge de 98 ans au terme d’une longue vie militante. Issu d’une famille socialiste et engagé très jeune lors du Front populaire, il s’est impliqué à 19 ans dans la Résistance pendant laquelle il devint membre du Parti communiste clandestin. Ses responsabilités fédérales au sein de ce parti s’achevèrent en 1959, pendant la guerre d’Algérie, en raison de son désaccord avec le vote des « pouvoirs spéciaux » par le groupe parlementaire communiste qui ont plongé les deux pays dans la guerre. De même que sa compagne, Baya Allaouchiche-Bouhoune, qui militait au sein de la Fédération de France du FLN algérien clandestin, il a pris fait et cause pour la guerre d’indépendance algérienne. C’est au sein du groupe maoïste, Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF), dont il fut le premier secrétaire général, qu’il a rencontré Jean-Luc Einaudi, qui a publié une biographie de Baya et a nourri ses propres recherches sur la guerre d’Algérie des travaux de Jurquet sur « la Révolution nationale algérienne et le PCF ».

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Le rôle des historiens

Madeleine Rebérioux,
une historienne engagée
pionnière des travaux sur le fait colonial

A l’occasion d’un hommage à Madeleine Rebérioux (1920-2005), à l’occasion du centenaire de sa naissance, organisé le 12 septembre 2020 par la Ligue des droits de l’Homme, La contemporaine (ex-BDIC) et le Musée de l’histoire vivante, plusieurs interventions ont porté sur les travaux de cette historienne sur l’histoire coloniale. Ci-dessous le texte de celle d’Alain Ruscio, sur « Madeleine Rebérioux, de l’anticolonialisme à l’anti-impérialisme » et, après un interview d’elle, les vidéos de deux autres contributions. Celle du président de la Société d’études jaurésiennes Gilles Candar, qui traite de son intérêt pour Jean Jaurès, en grande partie déterminé, dans les années de la guerre d’Algérie, par l’évolution de celui-ci « vers l’anticolonialisme », et celle de Gilles Manceron, qui présente l’apport de cette historienne engagée à cette association. L’ensemble des films de cet hommage sont visibles sur le site de la LDH.

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La reconnaissance du passé colonial

Pourquoi la France a-t-elle du mal à regarder son histoire coloniale en face ?
par l’historienne Christelle Taraud

Emmanuel Macron a été le premier président à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité », plus de soixante ans après les guerres d’indépendance. Comment expliquer ces années de silence ? L’historienne Christelle Taraud, spécialiste de la colonisation, explique dans un entretien à Francetvinfo que le fait de connaître la colonisation est essentiel pour comprendre la France d’aujourd’hui. Elle estime qu’à force de ne pas parler de cette histoire, on abîme durablement les individus et la société, c’est comme un cancer qui nous ronge de l’intérieur et empêche tout avenir commun. Il est donc nécessaire de penser une nouvelle histoire, sortir d’une vision européocentrée, masculine et blanche de l’histoire. Il faut redonner aux anciens pays colonisés leur place et aux peuples leur complexité.

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Musées et créations contemporaines

Des réactions à deux documentaires
sur la colonisation
diffusés par Arte et par France 2

Un débat s’est instauré au sujet des documentaires sur la colonisation diffusés récemment à la télévision par les chaines Arte et France 2. Les films « Décolonisations. Le bouleversement mondial », réalisés par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou, diffusé le 7 janvier 2020 sur Arte. Et ceux de David Korn-Brzoza et Pascal Blanchard, respectivement auteur réalisateur et co-auteur et conseiller historique, « Décolonisations. Du sang et des larmes », diffusée par France 2 le 6 octobre 2020. Nous publions ci-dessous l’article de Nedjib Sidi Moussa publié par le site Middle East Eye, « Du sang et des larmes pour mémoire ? Pourquoi la série “Décolonisations” pose problème ». Ainsi que la chronique d’Anaïs Kien dans « Le journal de l’Histoire » sur France culture : « Comment raconter l’histoire des décolonisations aujourd’hui ? Le débat est ouvert ! ».

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Mémoire et histoire en Algérie

Mohammed Harbi réagit publiquement
à un texte diffamatoire à son égard

Mohammed Harbi a pris connaissance d’un texte diffamatoire signé par Mohammed Hachemaoui et publié par la revue Sociétés Politiques Comparées, éditée par Béatrice Hibou, et a décidé d’y répondre en s’adressant directement au public. Le chercheur en science politique auteur de ce pamphlet, dont les premiers travaux étaient dignes d’intérêt, développe depuis quelques années, pour diverses raisons personnelles, un discours complotiste qui lui fait tout expliquer de l’Algérie contemporaine par l’emprise absolue de la police politique — laquelle serait même l’organisatrice du hirak ! Etant donné le caractère injuste et absurde de ses attaques contre notre collègue Mohammed Harbi, dont les travaux sont d’un apport essentiel à l’histoire de l’Algérie contemporaine, nous publions sa lettre ouverte afin d’informer le public et d’obtenir de la revue Sociétés Politiques Comparées qu’elle revienne sur son erreur d’avoir publié ce texte indigent et s’exprime à son sujet.

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L'accès aux archives coloniales

Une chape de plomb sur les archives historiques
des guerres de décolonisation ?

Le quotidien l’Humanité du 23 au 25 octobre 2020 a publié une table ronde sur le problème de l’utilisation par l’administration de la notion de « secret défense » pour faire obstacle à l’accès aux archives des guerres de décolonisation, en particulier à celles de la guerre d’Algérie. Elle a réuni Céline Guyon, présidente de l’Association des Archivistes de France (AAF), Pierre Mansat, président de l’Association Josette et Maurice Audin (AJMA) et Clément Thibaud, président de l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR). Ces trois associations ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour qu’il lève ces obstacles administratifs qui contredisent la loi en vigueur. La pétition à l’appui de ce recours, dont nous donnons ci-dessous le lien, ne cesse de recueillir des signatures.

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1945-1962

Georges Counillon, engagé pour l’indépendance de l’Algérie, tué en 1955 par des frères de combat

Mohamed Rebah a connu Maurice Audin comme professeur de mathématiques et comme militant du parti communiste algérien qui, à partir de 1955, combattait pour l’indépendance de l’Algérie dans le cadre de la guerre lancée par le FLN, le 1er novembre 1954. Il est venu chez Maurice Audin pour des leçons particulières de mathématiques et l’a côtoyé au sein d’une cellule du PCA. Devenu chercheur en histoire et auteur du livre, Des chemins et des hommes (2009), il a fait une recherche sur le docteur Georges Counillon, premier médecin au maquis des Aurès, suscitée par la lecture du roman L’As de Tahar Ouettar, et un entretien avec son auteur, ainsi que celle de l’ouvrage du docteur Mohamed-Larbi Madaci, Les Tamiseurs de sable. Sa recherche se poursuit et son texte sera mis à jour. Nous l’accompagnons de la notice de René Gallissot sur l’avocat Laïd Lamrani qui a partagé le sort de Georges Counillon.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

De nouveaux échos du livre essentiel
de Raphaëlle Branche,
Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

Articles, interviews et réactions se succèdent depuis la parution, début septembre 2020, du livre essentiel de Raphaëlle Branche, Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?. Jacques Inrep, l’un des appelés qui avait aidé Pierre Vidal-Naquet à documenter ses livres sur la torture pratiquée par l’armée française en Algérie et qui, devenu psychanalyste et membre de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG), a renseigné l’historienne au fil de sa longue enquête, nous a envoyé son point de vue sur un livre dont il conseille vivement la lecture. Nous publions également l’entretien que Raphaëlle Branche a donné à Hassina Mechaï et que Le Point Afrique a publié le 28 septembre 2020. Et aussi le lien vers l’entretien filmé que l’autrice de ce livre a accordé à Rachida El Azzouzi et Fabien Escalona, publié le 2 octobre par Mediapart.

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La reconnaissance du passé colonial

Benjamin Stora s’explique sur le rapport
qu’il doit remettre au président de la République

Emmanuel Macron a demandé fin juillet à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie dans les deux pays. Une mission vivement contestée par l’extrême droite et la droite française et au sujet de laquelle la gauche est restée silencieuse. L’historien s’en est expliqué dans l’entretien pour Mediapart avec Rachida El Azzouzi dont nous donnons le lien. Il y répète qu’il ne travaillera ni avec la personnalité désignée par le président Tebboune, ni dans le cadre d’une commission mixte binationale. Dans son article ci-dessous, la journaliste résume ses propos et évoque les débats que cette mission a suscités. La remise du rapport est prochaine. Les conclusions qu’en tirera Emmanuel Macron montreront s’il est véritablement décidé à entreprendre un travail de vérité historique sur ces sujets ou si ses déclarations antérieures seront sans lendemain.

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Algérie post 1962

Disparition de l’intellectuel algérien,
Abdelmadjid Merdaci

Sociologue et historien, Abdelmadjid Merdaci était connu pour ses ouvrages sur le mouvement national algérien, la musique algérienne du malouf au chaâbi, et l’histoire de la ville de Constantine. Arrêté en 1965 lorsqu’il était étudiant pour s’être opposé au coup d’Etat du colonel Boumediène, il a consacré son dernier essai politique, GPRA, un mandat historique, au gouvernement provisoire dont le renversement, trois ans auparavant, à l’été 1962, a marqué la première étape de la prise de contrôle de l’Etat par les militaires. Ci-dessous deux articles qui évoquent sa personnalité ainsi que le film du débat, dans le cadre du programme « La guerre d’Algérie : images et représentations », au Forum des images, à Paris, en 2012, où il avait dialogué avec son collègue et ami Benjamin Stora. Nous y ajoutons le texte que lui a consacré Hassan Remaoun, qui l’a rencontré pour la première fois en 1964, lorsqu’ils ont fondé le syndicat étudiant qui s’opposa l’année suivante à l’accession au pouvoir de l’armée.

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