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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Maghreb

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Les Européens d'Algérie et leur exode

L’arrivée des pieds-noirs en Roussillon en 1962

La fin de la colonisation française de l’Algérie a eu un retentissement important dans les Pyrénées-Orientales. Les polémiques qui ont accompagné la construction, à Perpignan, d’un Centre de documentation sur la présence française en Algérie, montrent que la page n’a pas encore été vraiment tournée dans un département où les rapatriés ont été nombreux à s’installer.

Le livre de Philippe Bouba, fils et petit fils de Pieds-Noirs, L’arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon, en 1962, est le fruit d’une initiation à la recherche effectuée dans le cadre du Master Sciences de l’homme et humanités de l’Université de Perpignan Via Domitia.

Philippe Bouba, L’Arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962, éditions Trabucaire, 178 pages. 15€.

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De 2007 à 2012

Les guerres sans fin, de Benjamin Stora

Guerre d’indépendance, conflits de mémoire et séquelles postcoloniales, guerre civile algérienne, luttes intestines… des deux côtés de la Méditerranée les effets des combats n’en finissent pas, comme les répliques des tremblements de terre. Les rapports entre l’Algérie et la France sont ensanglantés, passionnés et durablement marqués par une conflictuelle proximité.

Dans son dernier ouvrage1, Benjamin Stora, historien spécialiste de l’histoire du Maghreb, associe une analyse des rapports entre la France et l’Algérie à une réflexion sur l’écriture de l’histoire et l’engagement de l’historien. Dans l’extrait ci-dessous, il évoque «la responsabilité de l’historien entre écrire l’histoire, et éviter que [cette écriture] serve à fabriquer des vengeances».

[Mise en ligne le 24 septembre 2008, complétée le 21 juin 2009]

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Le témoignage de Bachir Hadjadj

“C’était notre terre” de Mathieu Belezi

«quand je dis que c’était notre terre, je veux dire que nous ne l’avions pas volée, que nous en avions rêvé au temps de nos ancêtres, et que l’État français nous avait permis de concrétiser nos rêves en nous vendant une bouchée de pain six cent cinquante-trois hectares de bonne terre africaine»2

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 64 ans après les massacres de mai 1945 en Algérie, la reconnaissance des crimes coloniaux reste un préalable

La nécessité d’«une véritable reconnaissance des crimes coloniaux» a été à nouveau mise en évidence en mai 2009, à l’occasion de deux colloques consacrés aux massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, qui se sont déroulés à Paris puis à Guelma. «On ne peut pas évoquer les droits de l’Homme au sujet du massacre des Arméniens en Turquie, et en même temps refuser de reconnaître les crimes dont on assume soi-même la responsabilité», a notamment déclaré l’historien Gilles Manceron.

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Les violences de l'OAS

A Bab-el-Oued, le 23 mars 1962

Le 16 février 2009, Didier C. nous a adressé le message suivant :

«Je suis né à Marseille, fils et petit-fils de pieds-noirs. Suite au décès de ma mère, j’ai trouvé un témoignage où mon grand-père relate les événements de fin mars 1962 à Bab El Oued. Il avait une entreprise de torréfaction

Si ce témoignage vous intéresse, faites-le moi savoir, c’est un document dactylographié de six pages.
»

Ce témoignage, vous le trouverez ci-dessous. En le publiant, nous ne cherchons pas à revenir une fois de plus sur l’histoire d’une période – le printemps 1962 à Alger – qui reste l’objet de polémiques, mais nous souhaiterions transmettre le regard d’une personne qui a vécu ces événements toujours douloureux dans la mémoire de ceux qui les ont subis.

Le grand-père de Didier, Marcel Arich, est né le 13 août 1903 à Alger.

cafe.jpgEn 1931 il est à Bône, directeur des cafés Antinea.

De là il gagne Alger. Il dirige un atelier de torréfaction, «Les Cafés Le Phénix». C’est là, au 31 rue Léon Roches, qu’il vivra les événements tragiques de mars 1962.

A partir de 1962, il montera une nouvelle affaire de torréfaction à Marseille …

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«Accusé Audin, levez-vous !»Un dessin de Tim, paru dans l’Express en 1960.
1945-1962

pour la CEDH, la France doit regarder son passé en face

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a, le 15 janvier 2009, condamné la France dans l’affaire qui l’opposait aux éditeurs du livre polémique de Paul Aussaresses publié en 2001, dans lequel l’ancien général évoque et justifie la torture et les exécutions sommaires de la guerre d’Algérie.

Cette décision illustre une fois de plus la nécessité pour notre pays de regarder en face son passé colonial en Algérie3. Alors que l’Allemagne continue à poursuivre ses criminels de guerre, les lois d’amnistie qui ont suivi la guerre d’Algérie ont empêché le procès de la torture. Elles entretiennent une forme d’amnésie et de non-reconnaissance du passé. Comment comprendre en effet que, soixante années après la disparition de son mari, arrêté par les parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger, Josette Audin n’ait toujours pas reçu de réponse à sa demande de vérité ?

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Photo : Miliciens armés dans les rues de Guelma (1945)
Livres et films sur la guerre d'Algérie

Guelma, 8 mai 1945, de Jean-Pierre Peyroulou

S’appuyant sur sa thèse, l’historien Jean-Pierre Peyroulou revient sur les massacres de Sétif et de Guelma en mai-juin 1945, en se focalisant sur Guelma. Nous reprenons ci-dessous la préface de Marc Olivier Baruch à cet ouvrage publié en janvier 2009 aux éditions La Découverte4

Le 8 mai 1945, jour des célébrations de la victoire des alliés, la poussée du mouvement national algérien se heurta à une réaction européenne d’une rare violence : dans les semaines suivantes, des civils européens « purgèrent » la région de Guelma de ses nationalistes – des centaines d’entre eux furent assassinés – et s’opposèrent à la politique de réformes. Un mouvement non seulement répressif, mais subversif, organisé, qui bénéficia de la participation des pouvoirs publics et des élus.

Retraçant très précisément le déroulement de ce drame, cet ouvrage en propose également une réinterprétation. Jean-Pierre Peyroulou décèle en effet dans l’action des Européens des logiques subversives préfigurant l’action de l’OAS en 1961-1962. Il examine le fonctionnement d’un État et d’une société coloniale qui élaborèrent une raison d’État rampante pour recouvrir la réalité et la nature des violences, et les chemins tortueux qu’elle emprunta entre Guelma, Constantine, Alger et Paris…

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1945-1962

retour à El Bayadh pour Xavier Jacquey

Le mois dernier, invité par Chikh Achrati, un médecin dont il avait fait connaissance par l’intermédiaire de notre site, Xavier Jacquey est revenu à El Bayadh, l’ancienne Géryville du sud de l’Oranie. Cinquante ans après y avoir été comme infirmier militaire, accompagné de son hôte, il a revu les lieux de ses anciennes infirmeries de Kef Lahmar et des Arbaouat, et quelques-uns de ses anciens patients. Le Quotidien d’Oran a consacré une page entière à ce «tout petit événement».

En avril 2007, nous avions repris le témoignage de Xavier Jacquey dans lequel l’ancien appelé de la guerre d’Algérie exprimait son refus de la torture. Aujourd’hui il suggère à la section de Toulon de la LDH de lancer «une campagne de repentance pour tout ce qui a été commis d’odieux, d’un bord ou de l’autre, pendant la guerre d’indépendance algérienne».

Sa démarche rejoint celle de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre. Et c’est bien volontiers que nous continuerons à reprendre sur ce site toutes les démarches qui visent à construire des ponts – et non des murs – d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

[Page mise en ligne le 22 novembre 2008, mise à jour le 23 novembre]
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Qui écrira l’histoire de l’Algérie ?

Les deux chambres réunies du Parlement algérien ont adopté, mercredi 12 novembre, une révision de la constitution dont l’objet principal était de permettre au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, 71 ans, de briguer un nouveau mandat, mais qui a touché d’autres points.
Concernant l’écriture de l’histoire la constitution algérienne déclare maintenant 5 :

« L’histoire étant la mémoire et le patrimoine commun de tous les Algériens, nul n’a le droit de se l’approprier et de l’instrumentaliser à des fins politiques. Il appartient donc à l’Etat d’assurer la promotion de son écriture, de son enseignement et de sa diffusion. »

Avec Mohammed Harbi qui s’est prononcé pour une histoire dénationalisée et apaisée, une partie de la presse algérienne réagit en revendiquant pour les Algériens le droit de connaître leur histoire sans restriction et sans intervention de l’Etat.

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Le témoignage de Bachir Hadjadj

Bachir Hadjadj à Toulon

Invité par la section de Toulon de la LDH, Bachir Hadjadj sera à la Faculté de Droit de Toulon, jeudi 6 novembre, à 18h30, pour une conférence/débat sur le thème

Au-delà de toute polémique, 150 ans d’histoire d’une famille algérienne

Une affichette de présentation est téléchargeable.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

La France en guerre, 1954-1962, sous la direction de Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault

«Les deux auteures ont rassemblé les contributions d’une trentaine de jeunes historiens, qui, après une minutieuse enquête coordonnée, à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP), par Anne-Marie Pathé, ont balayé le territoire métropolitain avec cette simple, mais si importante, question : “Comment les Français ont-ils vécu ce conflit, au quotidien ?” »

Alain Ruscio

Ci-dessous, une présentation de l’ouvrage6, suivie de la reprise du début de son introduction.

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Carnage rue d’Isly, par Rémi Kauffer

«Un tract demande à la population de se rassembler au Plateau des Glières dans le calme et sans armes, pour se rendre à 15 heures à Bab-El-Oued et tenter de faire cesser le blocus… » a écrit Francine Dessaigne dans son Journal d’une mère de famille pied-noir7. Une manifestation dont Jean-Jacques Susini, fondateur avec Raoul Salan de l’OAS, qualifiait récemment l’idée de «criminelle»8.

L’ouvrage La Guerre d’Algérie. 1954-2004. La fin de l’amnésie dirigé par Mohamed Harbi et Benjamin Stora9 évoque également cet épisode sanglant. Voici un large extrait (de la page 452 à 456) de la contribution de Rémi Kauffer intitulée « OAS : la guerre franco-française d’Algérie».

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