
Messali Hadj, père oublié du nationalisme algérien
Par Alain Ruscio. Si les noms de Habib Bourguiba en Tunisie et de Mohammed Ben Youssef — ou Mohammed V — au Maroc sont liés, dans la mémoire collective, à

Par Alain Ruscio. Si les noms de Habib Bourguiba en Tunisie et de Mohammed Ben Youssef — ou Mohammed V — au Maroc sont liés, dans la mémoire collective, à

Le débat sur Albert Camus ouvert par « Oublier Camus » se poursuit avec cette recension très critique du livre d’Olivier Gloag par Nedjib Sidi Moussa.

Après la biographie de ce stratège de la lutte armée anticoloniale publiée par Le Monde Diplomatique, on lira « 1925, Guerre du Rif : Pétain et Franco s’allient contre Abd El

Présentation de l’éditeur 11 août 1957 : Mohamed Ouali Siaci est arrêté. Ce jeune Algérien, qui aspirait à l’indépendance de son pays, militait clandestinement au sein du FLN depuis deux

Dix jeunes Algérien.ne.s se livrent sur l’héritage de l’Algérie post-62, trop souvent méconnue en France. C’est la journaliste franco-algérienne Leïla Berrato qui nous les présente. Écouter ici

Le projet historiographique Mille autres documente depuis 2018 l’usage par l’armée française de la disparition forcée durant l’année 1957 à Alger. Après l’avoir fait plus longuement dans la revue les Annales en 2022, ses animateurs Malika Rahal et Fabrice Riceputi montrent dans cet article publié en juin 2023 par la revue Orient XXI qu’elle fut l’arme privilégiée des parachutistes dans une répression politique par la terreur, visant à éradiquer toute activité indépendantiste dans la population algérienne. En se fondant à la fois sur des archives coloniales et sur des récits de familles victimes de cette pratique recueillis en nombre, ils achèvent de déconstruire le mythe de propagande diffusé depuis 1957 par l’armée selon lequel la « bataille d’Alger » aurait été une simple opération « antiterroriste ».

Qui connait le royaume de Koukou ? Situé dans le massif du Djurdjura, dans la province ottomane d’Alger, il entretint des relations diplomatiques avec les Habsbourg d’Espagne. Dans Koukou, le

Les éditions La Fabrique publient le 15 septembre 2023 Oublier Camus, par Olivier Gloag. Ce dernier y relève « l’attachement viscéral de Camus au colonialisme et au mode de vie des colons qui traverse ses trois romans majeurs, L’Étranger, La Peste et Le Premier Homme » et analyse les « récupérations » d’un auteur mythifié, autant « attaché aux acquis sociaux du Front populaire qu’à la présence française en Algérie ». Dans un article publié en juillet 2023 par Orient XXI, la journaliste et chercheuse en littérature Sarra Grira voit dans son dernier roman inachevé, Le Premier homme, « une vision mythologique de la conquête coloniale, qui relève de l’imaginaire réactionnaire ». Après d’autres lectures de certaines œuvres de cet écrivain, nous reviendrons sur les débats qu’elles suscitent.

Dans un entretien avec Mediapart, la géographe marocaine Fatima Gebrati, spécialiste du Haut Atlas, souligne l’insuffisance de l’aménagement du territoire dans les zones les plus violemment frappées par le très fort séisme de septembre 2023. Une marginalisation économique et politique qui remonte à la période coloniale. Le maréchal Lyautey qualifiait en effet de « Maroc inutile » les régions montagneuses qui résistèrent très longtemps à la conquête militaire française et la France développa à son profit le seul Maroc des plaines, notamment Atlantique. Ce non-développement fut perpétué dans le royaume indépendant. Il explique l’extrême lenteur des secours dans les douars isolés proches de l’épicentre du séisme.

Amar Mohand-Amer, docteur en histoire (Paris 7), chercheur à la Division « Socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire (HistMém) » au Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC d’Oran), est directeur-adjoint du comité de rédaction de sa revue, Insaniyat. Son livre, La crise du FLN de l’été 1962. Indépendance nationale et enjeux de pouvoir(s), qui vient de paraître, préfacé par Omar Carlier et postfacé par Mohammed Harbi, analyse la genèse de cette crise et son déroulement, dans une démarche historienne rigoureuse et à travers une documentation riche et souvent inédite. Dans sa postface, l’historien Mohammed Harbi souligne que ses travaux nous aident à comprendre que le FLN, à travers ses différentes factions, a confisqué le pouvoir en Algérie à partir de 1962 et n’a pas restitué au peuple sa souveraineté, d’où les raisons de son échec après l’indépendance.

Ouvrier algérien d’origine européenne, membre du Parti Communiste Algérien (PCA) et de son organisation militaire Les Combattants de la Libération, Fernand Iveton (1926-1957) luttait avec le FLN pour l’indépendance de l’Algérie. Convaincu d’avoir en novembre 1956 placé une bombe visant à saboter son usine sans faire de victimes et qui n’explosa pas, il fut torturé et condamné à mort et exécuté le 11 février 1957, comme plus de 200 militants algériens durant la guerre d’indépendance, sa grâce ayant été refusée sur avis du ministre de la Justice François Mitterrand. L’émission de Fabrice Drouelle, Affaires Sensibles, le 18 mai 2023, est revenue sur l’Affaire Iveton, avec Alain Ruscio, co-animateur de notre site et notamment auteur d’un livre important sur les communistes et l’Algérie coloniale. L’affaire Iveton fait apparaître clairement les différences entre la ligne politique du PCF et celle du PCA.

Le 28 juin 1973, Mohamed Boudia (1932-1973) militant de l’indépendance algérienne qui avait poursuivi le combat en aidant des combattants palestiniens était assassiné à Paris par le Mossad. Le 23 juin 2023, un hommage lui sera rendu au Centre Culturel Algérien « pour rappeler son engagement militant pour une Algérie indépendante et internationaliste au côté du peuple palestinien et évoquer son action pour un théâtre et une culture populaire ». À cette occasion, le portrait de Mohamed Boudia réalisé par Mustapha Boutadjine sera remis à son fils Rachid. Nous publions le programme de cet hommage, ainsi qu’une présentation de Mohamed Boudia par Nils Andersson et la notice que le Dictionnaire Algérie du Maitron lui a consacré.