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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

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1945-1962

un tournant de la guerre d’Algérie : le discours de de Gaulle sur l’autodétermination, par Benjamin Stora

Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l’Algérie est à feu et à sang depuis quatre ans. Il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l’indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan « Vive l’Algérie française » à Mostaganem, puis le fameux « Je vous ai compris» à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l’ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d’« Autodétermination» … Un basculement décisif, le rejet de « l’intégration» : le chef de l’État offre aux Algériens le choix entre l’association et la sécession – c’est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l’emportera. Les partisans de l’Algérie française crient aussitôt à la trahison…

Ce choix pour l’autodétermination a-t-il relevé d’une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d’une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du 16 septembre 1959, Benjamin Stora tente dans son dernier livre, Le mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie, de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale 1.

A la suite de la présentation de ce livre par Jean Daniel, vous trouverez un article récent de Benjamin Stora sur ce sujet.

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Abdelkader Rahmani, école des officiers de Bou Saada, 1944.
Les résistances à la guerre d'Algérie

Abdelkader Rahmani, officier FSNA – Français de souche nord-africaine – de l’armée française

Après avoir participé à la libération de la France, Abdelkader Rahmani s’engage dans l’armée française.

Au printemps 1957, il est embastillé pour avoir officiellement demandé à ne pas avoir à se battre contre ses frères qui luttaient pour l’indépendance de leur pays.Il occupe une cellule dans laquelle le général de Bollardière, seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la torture, lui succédera.

Après différentes péripéties, l’armée le place, le 2 février 1959, dans la position de non-activité par retrait d’emploi. Il y sera maintenu plus de quinze ans.

Sa carrière brisée ne sera jamais reconstituée, contrairement à celles des putschistes qui avaient tourné leurs armes contre la République, et qui ont pu bénéficier de la loi d’amnistie du 3 décembre 1982.

Aucune indemnité ne lui sera versée, contrairement aux activistes de l’OAS qui ont bénéficié de l’article 13 de la loi du 23 février 2005.

Ci-dessous, la reprise d’un article d’Hélène Bracco publié dans le n°159, juillet-septembre 2009, de la revue Gavroche2.

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Francis Jeanson, un intellectuel engagé, par Benjamin Stora

Francis Jeanson vient de nous quitter. Proche de Jean-Paul Sartre, il est une des figures intellectuelles françaises les plus connues, les plus engagées contre la guerre d’Algérie dans les années 50. Pour cet animateur infatigable de la revue Les Temps modernes, le moteur de l’histoire est le défi, qui est aussi le mobile de ses propres actes. Pendant la seconde guerre mondiale, moment de son premier engagement, le défi que l’homme libre et responsable doit relever est celui que lance au monde le nazisme.

Après 1945, le défi fondamental est celui de la décolonisation. Pendant la guerre d’Algérie, Francis Jeanson veut faire converger ses propos et ses actes : si on parle de solidarité avec les Algériens nationalistes et révolutionnaires, alors il faut se « mettre au service » des militants du FLN. Ce seront les fameux « réseaux Jeanson », chargés de porter les valises pleines d’argent et de documents, traqués par la police française. En 1960, le procès du réseau Jeanson sera l’occasion d’une dénonciation, en portée au grand public, de la guerre coloniale menée en Algérie.3.

Dans un entretien, publié le 3 Août 2009 sur le site Mediapart, que nous reprenons ci-dessous, Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, retrace l’engagement de Francis Jeanson.

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Décès de Francis Jeanson, créateur d’un réseau de soutien au FLN

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d’un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie (réseau dit des « porteurs de valise »), est mort à 87 ans, samedi soir 1er août 2009.

Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s’était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d’Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.

L’historien algérien Daho Djerbal lui rend hommage dans l’article que nous reprenons du site Babelmed.

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Les résistances à la guerre d'Algérie

Réfractaires à la guerre d’Algérie

Quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, d’anciens réfractaires et des solidaires ont décidé de témoigner. Avoir envie de se rencontrer pour se raconter tant d’années après était parfaitement déraisonnable. Déraisonnables, ils avaient déjà montré qu’ils pouvaient l’être. Leur livre nous apprend comment ils ont décidé ensemble de dire non et d’attiser une conscience si actuelle, de la désobéissance civile comme forme de toute civilisation humaine…

Erica Fraters, Réfractaires à la guerre d’Algérie (1959-1962), 224 pages, décembre 20054.

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Les Européens d'Algérie et leur exode

L’arrivée des pieds-noirs en Roussillon en 1962

La fin de la colonisation française de l’Algérie a eu un retentissement important dans les Pyrénées-Orientales. Les polémiques qui ont accompagné la construction, à Perpignan, d’un Centre de documentation sur la présence française en Algérie, montrent que la page n’a pas encore été vraiment tournée dans un département où les rapatriés ont été nombreux à s’installer.

Le livre de Philippe Bouba, fils et petit fils de Pieds-Noirs, L’arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon, en 1962, est le fruit d’une initiation à la recherche effectuée dans le cadre du Master Sciences de l’homme et humanités de l’Université de Perpignan Via Domitia.

Philippe Bouba, L’Arrivée des Pieds-Noirs en Roussillon en 1962, éditions Trabucaire, 178 pages. 15€.

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Le témoignage de Bachir Hadjadj

“C’était notre terre” de Mathieu Belezi

«quand je dis que c’était notre terre, je veux dire que nous ne l’avions pas volée, que nous en avions rêvé au temps de nos ancêtres, et que l’État français nous avait permis de concrétiser nos rêves en nous vendant une bouchée de pain six cent cinquante-trois hectares de bonne terre africaine»5

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Les violences de l'OAS

A Bab-el-Oued, le 23 mars 1962

Le 16 février 2009, Didier C. nous a adressé le message suivant :

«Je suis né à Marseille, fils et petit-fils de pieds-noirs. Suite au décès de ma mère, j’ai trouvé un témoignage où mon grand-père relate les événements de fin mars 1962 à Bab El Oued. Il avait une entreprise de torréfaction

Si ce témoignage vous intéresse, faites-le moi savoir, c’est un document dactylographié de six pages.
»

Ce témoignage, vous le trouverez ci-dessous. En le publiant, nous ne cherchons pas à revenir une fois de plus sur l’histoire d’une période – le printemps 1962 à Alger – qui reste l’objet de polémiques, mais nous souhaiterions transmettre le regard d’une personne qui a vécu ces événements toujours douloureux dans la mémoire de ceux qui les ont subis.

Le grand-père de Didier, Marcel Arich, est né le 13 août 1903 à Alger.

cafe.jpgEn 1931 il est à Bône, directeur des cafés Antinea.

De là il gagne Alger. Il dirige un atelier de torréfaction, «Les Cafés Le Phénix». C’est là, au 31 rue Léon Roches, qu’il vivra les événements tragiques de mars 1962.

A partir de 1962, il montera une nouvelle affaire de torréfaction à Marseille …

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«Accusé Audin, levez-vous !»Un dessin de Tim, paru dans l’Express en 1960.
1945-1962

pour la CEDH, la France doit regarder son passé en face

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a, le 15 janvier 2009, condamné la France dans l’affaire qui l’opposait aux éditeurs du livre polémique de Paul Aussaresses publié en 2001, dans lequel l’ancien général évoque et justifie la torture et les exécutions sommaires de la guerre d’Algérie.

Cette décision illustre une fois de plus la nécessité pour notre pays de regarder en face son passé colonial en Algérie6. Alors que l’Allemagne continue à poursuivre ses criminels de guerre, les lois d’amnistie qui ont suivi la guerre d’Algérie ont empêché le procès de la torture. Elles entretiennent une forme d’amnésie et de non-reconnaissance du passé. Comment comprendre en effet que, soixante années après la disparition de son mari, arrêté par les parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger, Josette Audin n’ait toujours pas reçu de réponse à sa demande de vérité ?

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Photo : Miliciens armés dans les rues de Guelma (1945)
Livres et films sur la guerre d'Algérie

Guelma, 8 mai 1945, de Jean-Pierre Peyroulou

S’appuyant sur sa thèse, l’historien Jean-Pierre Peyroulou revient sur les massacres de Sétif et de Guelma en mai-juin 1945, en se focalisant sur Guelma. Nous reprenons ci-dessous la préface de Marc Olivier Baruch à cet ouvrage publié en janvier 2009 aux éditions La Découverte7

Le 8 mai 1945, jour des célébrations de la victoire des alliés, la poussée du mouvement national algérien se heurta à une réaction européenne d’une rare violence : dans les semaines suivantes, des civils européens « purgèrent » la région de Guelma de ses nationalistes – des centaines d’entre eux furent assassinés – et s’opposèrent à la politique de réformes. Un mouvement non seulement répressif, mais subversif, organisé, qui bénéficia de la participation des pouvoirs publics et des élus.

Retraçant très précisément le déroulement de ce drame, cet ouvrage en propose également une réinterprétation. Jean-Pierre Peyroulou décèle en effet dans l’action des Européens des logiques subversives préfigurant l’action de l’OAS en 1961-1962. Il examine le fonctionnement d’un État et d’une société coloniale qui élaborèrent une raison d’État rampante pour recouvrir la réalité et la nature des violences, et les chemins tortueux qu’elle emprunta entre Guelma, Constantine, Alger et Paris…

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1945-1962

retour à El Bayadh pour Xavier Jacquey

Le mois dernier, invité par Chikh Achrati, un médecin dont il avait fait connaissance par l’intermédiaire de notre site, Xavier Jacquey est revenu à El Bayadh, l’ancienne Géryville du sud de l’Oranie. Cinquante ans après y avoir été comme infirmier militaire, accompagné de son hôte, il a revu les lieux de ses anciennes infirmeries de Kef Lahmar et des Arbaouat, et quelques-uns de ses anciens patients. Le Quotidien d’Oran a consacré une page entière à ce «tout petit événement».

En avril 2007, nous avions repris le témoignage de Xavier Jacquey dans lequel l’ancien appelé de la guerre d’Algérie exprimait son refus de la torture. Aujourd’hui il suggère à la section de Toulon de la LDH de lancer «une campagne de repentance pour tout ce qui a été commis d’odieux, d’un bord ou de l’autre, pendant la guerre d’indépendance algérienne».

Sa démarche rejoint celle de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre. Et c’est bien volontiers que nous continuerons à reprendre sur ce site toutes les démarches qui visent à construire des ponts – et non des murs – d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

[Page mise en ligne le 22 novembre 2008, mise à jour le 23 novembre]
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Le témoignage de Bachir Hadjadj

Bachir Hadjadj à Toulon

Invité par la section de Toulon de la LDH, Bachir Hadjadj sera à la Faculté de Droit de Toulon, jeudi 6 novembre, à 18h30, pour une conférence/débat sur le thème

Au-delà de toute polémique, 150 ans d’histoire d’une famille algérienne

Une affichette de présentation est téléchargeable.

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