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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

Les Européens d’Algérie, par Michèle Villanueva

Durant huit années, du 1er novembre 1954 aux 19 mars (accords d’Evian) et 3 juillet 1962 (reconnaissance par la France de l’indépendance), la guerre d’Algérie opposa l’Etat colonial français à la population algérienne, mais aussi, plus insidieusement, les Algériens qui étaient chez eux et les Européens qui se croyaient chez eux.

Née à Oran dans les quartiers populaires espagnols d’Eckmühl, Michèle Villanueva a raconté, trente ans plus tard, dans un livre attachant L’Écharde, chronique d’une mémoire d’Algérie (éd. Maurice Nadeau, 1992, réédition 1998), la vie pendant la guerre d’Algérie et la complexité des rapports entre les communautés.
Dans un texte écrit en 2014, cette historienne brosse ci-dessous, à grands traits, l’histoire des Européens d’Algérie, en s’attardant sur la période de la présence française.

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Le régime pénal de l’indigénat dans l’Algérie coloniale, par Sylvie Thénault

A travers le régime pénal de l’indigénat, Sylvie Thénault aborde la question du statut de ceux qu’on appelait les « indigènes » ou les « sujets français musulmans non naturalisés » ou « Français musulmans de souche nord africaine ». Pour l’historienne, le confinement des Algériens dans un statut juridique différent et donc forcément inégal et inférieur, a conduit, de protestations en révoltes, jusqu’à la guerre d’indépendance.

Cet exposé a été fait lors du colloque organisé par le Sénat le 30 juin 2012, dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. 1

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René Vautier est mort

Le cinéaste René Vautier est décédé hier, avons-nous appris de sa famille. Il devait boucler ses 87 ans le 15 janvier prochain.
Le cinéaste restera comme l’homme à qui l’on doit les images les plus marquantes de la guerre de Libération nationale. Engagé, animé d’une conscience citoyenne jamais démentie, c’est un homme de profonde conviction qui nous quitte.

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Ces appelés qui ont dit NON

A l’époque de la guerre d’Algérie, les jeunes gens qui refusaient de
porter les armes, les réfractaires, insoumis ou déserteurs, étaient mis au ban de la société française. Leur choix était le plus souvent incompris. Aucune institution, parti, syndicat ou église ne les soutenait. L’opprobre pesait sur leurs familles comme sur celles de malfaiteurs. Elles étaient convoquées à la mairie, subissaient des
interrogatoires et des perquisitions de la part des policiers. Leur
entourage les critiquait, les rejetait. Pour les réfractaires et les
déserteurs, la seule alternative à la prison était l’exil.

Le temps a passé, mais aujourd’hui le choix des réfractaires et des
déserteurs n’est guère mieux compris. Même ceux qui critiquent sévèrement la guerre, admettent difficilement leurs choix.
Pourtant, les réfractaires comme Etienne Boulanger, les déserteurs
comme Noël Favrelière nous enseignent qu’il est toujours possible de
dire NON !

Ci-dessous le témoignage de Jacques Pous, l’un de ceux qui ont dit NON 2.

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1945-1962

une combattante, une sœur, Fanny Colonna

fanny_colonna.jpg Fanny Colonna était une forte et belle personnalité. Une intelligence aussi. Elle n’a pas voulu s’arrêter ni même ralentir ces dernières années après une opération du cœur.

Jusqu’au bout active, productive, tout à la fois séductrice et critique
(parfois sans aucune indulgence mais nous savons ce qu’il faut d’ego et de vigueur pour arriver à exister et lutter sur certains terrains – plus encore quand on est une femme.)

Bref

vous pourrez penser à elle le mardi 25 novembre après midi, où l’on dira une messe pour elle (c’était une catholique fervente et indépendante).

Elle sera inhumée à Constantine en fin de semaine.

En Algérie, la réaction à cette disparition aura été vive et digne de cette fraternité qu’elle incarne.

Françoise Savarin Nordmann

de l’Association les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons

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Les résistances à la guerre d'Algérie

L’action civique non-violente contre la guerre d’Algérie

La section de Marseille-centre de la Ligue des droits de l’Homme a consacré son « Jeudi des Droits de l’Homme » du 6 novembre 2014 au thème “Fusillés pour l’exemple et Réfractaires” (voir le programme). Parmi les différentes interventions, celle de Tony Orengo, ancien objecteur de conscience de la guerre d’Algérie a particulièrement frappé les esprits.

Ci-dessous, un résumé de l’histoire de l’Action civique non-violente que Tony nous a fait parvenir 3.

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Les Européens d'Algérie et leur exode

Les résistances pieds-noires à l’OAS, de Bernard Zimmermann

L’histoire des Européens d’Algérie — les Pieds-Noirs — est encore l’objet de tabous ; la question des résistances pieds-noires à l’OAS en est un. S’appuyant sur des travaux dispersés de diverses disciplines et des témoignages de Pieds-Noirs, Bernard Zimmermann fait le constat des résistances pieds-noires à l’OAS, qui se sont manifestées dans tous les milieux de la société européenne de la colonie. Un constat qui va à l’encontre des idées reçues ayant cours encore dans la société française qui, trop souvent, ne fait pas le partage entre Pieds-Noirs et OAS et abandonne le terrain aux ultras de l’Algérie française. Il donne surtout la parole à ceux qui sont restés des invisibles de l’histoire jusqu’à nos jours.

Bernard Zimmermann est né à Oran dans une famille installée en Algérie depuis quatre générations. Il y a été instituteur dans un village jusqu’en 1966. En France, après des études de géographie, il a enseigné avant d’animer une association interculturelle en banlieue parisienne.

[Première mise en ligne le 18 août 2014]

Mise à jour (le 27 octobre 2014)

Le 12 novembre 2014, à 19 h, rencontre-débat avec Bernard Zimmermann autour de son ouvrage Les résistances pieds-noires à l’OAS :

au 11ème Art, 9 rue Camille Desmoulins, Paris, 75011. Métro Voltaire à 2 minutes. Consommation obligatoire. Possibilité de dîner sur place avec formule spéciale pour les participants.
S’inscrire à cet événement : http://forumfrancealgerie.org/index.php?option=com_content&view=article&id=74&Itemid=232&acm=4266_248.

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Lucette et Bachir Hadj Ali (photo El Watan)
1945-1962

Lucette Hadj Ali est morte

Lucie Safia Hadj Ali, née Larribère, militante de l’indépendance de l’Algérie, engagée contre toutes les injustices et toutes les oppressions, n’est plus. Celle que tout le monde appelait Lucette, est décédée à l’âge de 94 ans, lundi matin 26 mai à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, entourée de ses enfants.
Ses obsèques auront lieu à La Seyne, vendredi 30 mai 2014. Une cérémonie de recueillement avant son incinération se déroulera au crématorium de la Seyne (Camp Laurent) de 15 h 30 à 16 heures.

Ci-dessous, l’hommage d’un ancien élève, suivie d’une biographie de Lucette.

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Hadj Mokrani
La conquête (1830-1871)

L’insurrection de 1871 en Algérie

Insuffisamment connue et étudiée par les historiens et les chercheurs, l’insurrection de 1871, menée par Cheikh Aheddad et Mohamed El Mokrani, a été un moment important par les bouleversements qu’elle a induits sur les plans social, politique et économique. Un important colloque international consacré à ces événements s’est déroulé à Bejaïa les 6 et 7 mai 2014. Nous reprenons le compte rendu publié dans le journal Le Matin de Rachid Oulebsir qui précise que «cet article n’est qu’une sommaire couverture journalistique, il ne saurait remplacer une revue des actes de ce colloque d’une richesse insoupçonnée.»

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La torture dans « Muriel » d’Alain Resnais, par Raphaëlle Branche

Deux ans après avoir signé en 1960 le manifeste des 121 qui réclamait le droit à l’insoumission pour la guerre d’Algérie, Alain Resnais réalisait avec Jean Cayrol le film Muriel, ou le temps d’un retour où il dénonçait la torture en Algérie. Nous reproduisons ci-dessous le texte que l’historienne Raphaëlle Branche, maîtresse de conférences à l’université Paris-1, lui a consacré, initialement publié dans la revue L’Autre, 2002, vol.3, n°1, et qu’elle nous a autorisés à reprendre4.

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Source : http://amisdefreinet.org/lechani/
1945-1962

Mohand Said Lechani

Né en Kabylie en mai 1893 et mort à Alger en mai 1985, Mohand Said Lechani est une figure singulière de l’Algérie de la première moitié du XXe siècle. À la fois instituteur, berbérisant (diplômé à Rabat en 1919, puis à Alger en 1948) et militant socialiste de tendance jaurèsienne – il adhère à la LDH et à la SFIO en 1912 à sa sortie de l’École Normale d’instituteurs de Bouzaréah.

En 1922, avec quelques camarades, il fonde la revue La Voix des humbles, périodique des instituteurs d’origine algérienne. Il s’investit dans la pédagogie nouvelle (courants Decroly, Freinet et Piaget) dès les années 1933-19345.

Lechani participe activement au Congrès musulman de juin 1936, ainsi qu’à la naissance du journal de la gauche algéroise Alger républicain en 1938. À partir de 1945, il représente la Kabylie dans différentes assemblées. En septembre 1955, il fait partie des signataires de la “motion des 61” qui rejette la politique d’intégration prônée par Jacques Soustelle. En décembre 1955, il répond à l’appel du FLN en démissionnant de ses mandats politiques, et il rejoint la mission du GPRA de Rabat en 1958, où il s’occupe des questions d’éducation et d’information. À l’indépendance de l’Algérie, il met définitivement fin à sa carrière politique et se consacre à des activités intellectuelles et littéraires ainsi qu’à l’alphabétisation.

Nous reprenons ci-dessous l’article que Rosa Moussaoui a publié à l’occasion du centenaire de l’engagement anticolonialiste de Mohand Said Lechani.

[Mis en ligne le 11 novembre 2013, mis à jour le 3 mars 2014]

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