4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

Août 1955, après l’insurrection du Constantinois, la répression coloniale

Soixante ans après les événements, de nouveaux témoignages et des archives inédites permettent à la recherche historique d’éclairer cette page de l’histoire de la France et de l’Algérie. Nous avions évoqué il y a quelques années le massacre de la mechta Mouats comme exemple des représailles exercées par l’armée française sur les populations civiles. Michel Mathiot, chercheur, nous livre ci-dessous de nouvelles informations sur ce drame.

Lire la suite »
juifs_algeriens.jpg
Les mouvements nationalistes

Les Juifs algériens dans la lutte anticoloniale, par Pierrre-Jean Le Foll-Luciani,

Le nouvel ouvrage de Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale. Trajectoires dissidentes (1934-1965), est issu de sa thèse de doctorat. Il est basé sur des entretiens biographiques menés avec 40 anciens militants, sur des sources privées et sur des fonds d’archives souvent inexplorés. Il met en lumière les ressorts de ces trajectoires dissidentes en les articulant à une réflexion générale sur le rapport des juifs algériens à la question coloniale. Au prisme de cette entrée minoritaire, il s’agit aussi de construire une histoire par le bas des juifs d’Algérie, du communisme algérien et, plus généralement, de la société algérienne colonisée et nouvellement indépendante. 1

Lire la suite »

Mouloud Feraoun, Ferdinando Camon et Primo Levi de retour à Avignon

La Compagnie Passeurs de mémoires sera présente au Festival d’Avignon 2015, avec la reprise, en alternance, de deux spectacles qui avaient profondément marqué les spectateurs, lors de leurs créations, chacun à sa manière :

  • Conversations, ou Le voyage d’Ulysse, de Primo Levi et Ferdinando Camon, les jours pairs .
  • Le Contraire de l’amour , d’après le Journal de Mouloud Feraoun, 1955-1962 , les jours impairs.

Les représentations se déroulent au Théâtre du Roi René, 4 bis rue Grivolas, à Avignon à 11 heures (du matin), du 4 au 26 juillet 2015

Réservation: http://www.theatreduroirene.com/ ou 04 90 82 24 35
2

Lire la suite »
poncet.gif
Albert Camus et l'Algérie

Camus et la trêve civile, par Charles Poncet

Le 22 janvier 1956, Albert Camus, qui vient d’entrer à la rédaction de l’Express, prononce à Alger, au Cercle du Progrès, un “Appel pour une Trêve civile” en Algérie qui restera lettre morte. L’Histoire n’a pas assez pris en compte cet épisode dans l’étude de la guerre d’Algérie et de Camus. Ce livre répare l’oubli, en livrant le témoignage inédit de Charles Poncet et en l’éclairant par un solide corpus de notes, de compléments et d’annexes.

L’historien Jean-Louis Marçot, né à Alger en 1950, auteur de Comment est née l’Algérie française, présente cet ouvrage important.

Lire la suite »
Miliciens armés dans les rues de Guelma, 1945. D.R.
Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

Les massacres du Nord-Constantinois en 1945, par Jean-Pierre Peyroulou

Le 20 décembre 2012, le Président de la République, François Hollande, avait déclaré devant le Parlement algérien : « les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata demeurent ancrés dans la conscience des Algériens, mais aussi des Français.» Mais il a fallu attendre 70 ans, pour qu’à l’occasion d’un déplacement à Sétif le 19 avril 2015, un membre du gouvernement français reconnaisse enfin l’un des pires “crimes coloniaux” perpétrés par la France en Algérie. Le lendemain, dans une allocution prononcée dans la résidence de l’ambassadeur de France à Alger, M. Jean-Marc Todeschini, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, déclarait : « Ces pages noires» font « partie de notre histoire » 3.

L’historien Jean-Pierre Peyroulou fait une synthèse des massacres de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, et notamment autour de Guelma et de Sétif.

Lire la suite »

Le rapport Tubert sur les événements de mai 1945 dans le Constantinois

En mai 1945, après l’intervention armée de la police contre un cortège de manifestants algériens à Sétif le 8 mai, le Constantinois fut le lieu d’une insurrection nationaliste brutalement réprimée par les autorités françaises. Une Commission d’enquête officielle fut nommée le 18 mai 1945, sous la présidence du général de gendarmerie Paul Tubert. Mais, très rapidement, la Commission dut interrompre son travail sur ordre du gouvernement du général de Gaulle.

Le général Tubert a laissé un rapport que la Ligue des droits de l’Homme a rendu public en avril 2005 4.

Vous trouverez ci-dessous une présentation des événements et du contexte de cette mission par Jean-Pierre Peyroulou5, suivie des extraits du rapport Tubert qui nous ont paru les plus significatifs.

[Mise en ligne le 20 avril 2005 – mise à jour des liens le 19 avril 2015]

Lire la suite »
la_joie_de_lire.jpg
Les résistances à la guerre d'Algérie

François Maspero, anticolonialiste humaniste

François Maspero est mort le 11 avril 2015 à l’âge de 83 ans. Il fut libraire, journaliste, traducteur, éditeur … Son nom est indissociablement lié à la librairie qu’il a ouverte en 1957, “La Joie de lire” (rue Saint-Séverin, au Quartier latin), et à la maison d’édition qu’il a fondée en 1959.

Il publia l’impubliable pour l’ordre gaulliste : des livres critiques sur la guerre d’Algérie, où il dénonçait les violences de la décolonisation, la torture, les ratonnades, l’enlèvement de Ben Barka, l’assassinat de Lumumba … Il a été poursuivi en justice, condamné dix-sept fois … En 1982, il quitte l’édition, cédant ses parts pour 1 franc symbolique à François Gèze ; celui-ci prend la direction de la maison, qui s’appelle désormais La Découverte.

Lire la suite »
algerie_revelee.jpg
1881-1944

L’Algérie révélée, par Gilbert Meynier

Il faut saluer la réédition, revue et corrigée, de ce que Pierre Vidal-Naquet qualifiait de «grand livre d’histoire». Un livre de Gilbert Meynier dont André Nouschi célèbre le mérite d’avoir, «dans une grande et incontournable
analyse, démêlé les racines d’une histoire multiple dans laquelle les Algériens jouent un rôle éminent ; ils deviennent les acteurs de leur destin 6»

Après avoir enseigné l’histoire en lycée puis en université, en France et en Algérie, Gilbert Meynier est, depuis 2002, professeur émérite de l’université de Nancy II. Il continue de travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine : il collabore à différentes revues, donne des conférences, participe à des colloques 7. Il nous offre aujourd’hui une réédition revue et corrigée d’un ouvrage qu’il avait publié en 1981 à partir de sa thèse.

Lire la suite »

Les Européens d’Algérie, par Michèle Villanueva

Durant huit années, du 1er novembre 1954 aux 19 mars (accords d’Evian) et 3 juillet 1962 (reconnaissance par la France de l’indépendance), la guerre d’Algérie opposa l’Etat colonial français à la population algérienne, mais aussi, plus insidieusement, les Algériens qui étaient chez eux et les Européens qui se croyaient chez eux.

Née à Oran dans les quartiers populaires espagnols d’Eckmühl, Michèle Villanueva a raconté, trente ans plus tard, dans un livre attachant L’Écharde, chronique d’une mémoire d’Algérie (éd. Maurice Nadeau, 1992, réédition 1998), la vie pendant la guerre d’Algérie et la complexité des rapports entre les communautés.
Dans un texte écrit en 2014, cette historienne brosse ci-dessous, à grands traits, l’histoire des Européens d’Algérie, en s’attardant sur la période de la présence française.

Lire la suite »

Le régime pénal de l’indigénat dans l’Algérie coloniale, par Sylvie Thénault

A travers le régime pénal de l’indigénat, Sylvie Thénault aborde la question du statut de ceux qu’on appelait les « indigènes » ou les « sujets français musulmans non naturalisés » ou « Français musulmans de souche nord africaine ». Pour l’historienne, le confinement des Algériens dans un statut juridique différent et donc forcément inégal et inférieur, a conduit, de protestations en révoltes, jusqu’à la guerre d’indépendance.

Cet exposé a été fait lors du colloque organisé par le Sénat le 30 juin 2012, dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. 8

Lire la suite »

René Vautier est mort

Le cinéaste René Vautier est décédé hier, avons-nous appris de sa famille. Il devait boucler ses 87 ans le 15 janvier prochain.
Le cinéaste restera comme l’homme à qui l’on doit les images les plus marquantes de la guerre de Libération nationale. Engagé, animé d’une conscience citoyenne jamais démentie, c’est un homme de profonde conviction qui nous quitte.

Lire la suite »

Ces appelés qui ont dit NON

A l’époque de la guerre d’Algérie, les jeunes gens qui refusaient de
porter les armes, les réfractaires, insoumis ou déserteurs, étaient mis au ban de la société française. Leur choix était le plus souvent incompris. Aucune institution, parti, syndicat ou église ne les soutenait. L’opprobre pesait sur leurs familles comme sur celles de malfaiteurs. Elles étaient convoquées à la mairie, subissaient des
interrogatoires et des perquisitions de la part des policiers. Leur
entourage les critiquait, les rejetait. Pour les réfractaires et les
déserteurs, la seule alternative à la prison était l’exil.

Le temps a passé, mais aujourd’hui le choix des réfractaires et des
déserteurs n’est guère mieux compris. Même ceux qui critiquent sévèrement la guerre, admettent difficilement leurs choix.
Pourtant, les réfractaires comme Etienne Boulanger, les déserteurs
comme Noël Favrelière nous enseignent qu’il est toujours possible de
dire NON !

Ci-dessous le témoignage de Jacques Pous, l’un de ceux qui ont dit NON 9.

Lire la suite »