
Alain Ruscio et Thierry Leclère : Eric Zemmour, plumitif quatrefagien
Deux coups de gueule, d’Alain Ruscio et de Thierry Leclère, à propos d’un discours qui n’a pas évolué depuis Armand de Bréau de Quatrefages (1843).

Deux coups de gueule, d’Alain Ruscio et de Thierry Leclère, à propos d’un discours qui n’a pas évolué depuis Armand de Bréau de Quatrefages (1843).

Le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, souhaite que les migrants connaissent les “valeurs” de La Marseillaise, mais oublie la devise de la République.
Nous souhaitons que les valeurs de la République soient connues et respectées par ceux qui nous gouvernent.

La police française est désormais convaincue de disposer de techniques de maintien de l’ordre lui permettant de faire face à de nouvelles émeutes en banlieue.
Mais cela ne fera qu’entretenir, au sein des quartiers dits “sensibles”, le ressentiment vis-à-vis de la société et des pouvoirs publics : « On nous traite comme des chiens. On est tous au chômage, on n’a pas d’argent et on nous regarde comme des étrangers. »1.
Disons-le clairement : on a le droit de siffler l’hymne national tout comme on a le droit de l’applaudir. Il est, par contre, inacceptable que l’on siffle un joueur en raison de la couleur de sa peau. Or sur ce terrain, on n’entend pas les hommes politiques.
Et demandons-nous s’il est bien justifié de jouer des hymnes nationaux lors de rencontres sportives.
Ceci étant dit, on ne peut ignorer ce qu’exprimaient les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise mardi 14 octobre, lors du match amical France-Tunisie. Derrière l’outrage à l’hymne national : le sentiment de rejet et le désarroi des jeunes issus de l’immigration, l’échec lancinant et corrosif de leur intégration à la communauté républicaine.2
L’historien Alain Ruscio et le journaliste Thierry Leclère réagissent.
Le Réseau Européen contre le racisme (ENAR) vient de publier son rapport 2007 sur le racisme en France3.
En voici le résumé.

«Il y a lieu de procéder à des contrôles d’identité des ressortissants roumains et bosniaques et, par extension, d’individus originaires des pays de l’Est», voilà ce qu’on pouvait lire en juin 2008 dans une note de service adressée aux commissariats de l’ouest parisien. Cette note révélait également l’existence d’un fichier à base ethnique — donc totalement illégal en France.

Pourquoi ces “contrôles au faciès” ? Pour tenter d’atteindre le “quota” assigné par Nicolas Sarkozy de 25 000 reconduites à la frontière par an.
Quelques jours plus tard, Audrey Pulvar a demandé à Nicolas Sarkozy en personne «à combien de contrôles d’identité faut-il procéder pour pouvoir expulser 25 000 personnes ?» En l’absence de réponse du président de la République, un article de Laetitia Van Eeckhout repris ci-dessous apporte des éléments d’information.

Texte extrait des actes des journées de Larrazet (Tarn et Garonne) des 10 et 11 novembre 2006, consacrées à “La France et l’Algérie, l’histoire et l’avenir en partage”.
«À l’interface de la mémoire et de l’histoire, les journées de Larrazet ont démontré avec éclat qu’il était aujourd’hui possible de regarder le passé en face et de le faire respirer avec bonheur.
«La publication des actes, qui est le prolongement naturel des journées, a pour vocation de présenter le savoir historique actualisé de deux siècles d’une relation profonde. […]
«Qu’un village de 600 habitants s’y emploie pleinement contient toute la symbolique d’un nouvel âge du lien qui se tisse sous nos yeux.»

Six organisations (FCPE, FERC-CGT, GISTI, LDH, RESF, SNES-FSU) ont lancé, vendredi 6 juin, un appel à la vigilance après avoir pris connaissance de nouveaux programmes d’éducation civique pour le collège qui leur apparaissent «comme un nouvel usage scolaire de la problématique de l’identité nationale dans ce qu’elle a de plus pernicieux».
Faut-il voir dans ces nouveaux programes une contribution du ministère de l’Education nationale à la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ?

A l’occasion de son discours, vendredi 15 février à Périgueux, le président de la République a appelé au « respect des valeurs et des emblèmes de la République française».
En fait, ni le drapeau tricolore, ni la Marseillaise ne semblent l’objet de marques particulières d’irrespect. En revanche, on peut constater tous les jours — voir cette page — que la loi sur l’“immigration choisie” et la politique des quotas sont contraires à l’une des valeurs fondamentales de la République : la Fraternité.

On attendait un «plan Marshall» pour les banlieues. On aura 4 000 policiers de plus, des lignes d’autobus pour désenclaver des quartiers particulièrement
isolés… et de bonnes intentions.

La traduction de l’article, A Look into the Muslim Headscarf Hysteria in France, où Laila Lalami revient sur le problème du voile islamique en France à l’occasion de la
parution du livre The Politics of the Veil de Joan Wallach Scott4 donne à sa traductrice emcee l’occasion de mettre en évidence que l’affirmation “femme dévoilée = femme libérée” est une imposture.

Alain Badiou, professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure (Paris), évoque dans deux entretiens que nous reprenons certains des thèmes qu’il développe dans son dernier livre, « De quoi Sarkozy est-il le nom ? »5.