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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Racisme et islamophobie

Emmanuel Blanchard : ce que rafler veut dire

La politique du chiffre du gouvernement actuel en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, avec ses quotas d’expulsions à réaliser, se traduit par la mise en place d’un arsenal répressif dans lequel la police est aux avant-postes. Rafles, gardes à vue, contrôles d’identité, les pratiques policières à l’égard des étrangers se situent aux limites de la légalité dans ce qui s’apparente de plus en plus à une chasse à l’étranger.

Cet article d’Emmanuel Blanchard est repris de la première partie d’un dossier consacré aux rapports entre policiers et migrants publiée dans la revue du Gisti, Plein droit, N° 81, juillet 2009.

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Niqab, burqa, hidjab et tchador.
Foulard et voile

La burqa, la burqa, la burqa vous dis-je !

Le débat semble relancé : faut-il interdire en France le port de la burqa et du niqab ? Question à la fois provocante et oiseuse, tant il semble difficile d’imaginer l’adoption aujourd’hui en France d’une loi instaurant une discrimination religieuse1.

Mais, une fois de plus, un débat stigmatisant les personnes de confession musulmane, ou d’origine maghrébine, ou …

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Contrôle d’identité à Paris - Photo Jean-Michel Sicot
Contrôle au faciès

Contrôles policiers au faciès : une enquête confirme une dérive qui est de notoriété publique

Une équipe de chercheurs dirigée par Fabien Jobard et René Lévy (CNRS-CESDIP) met en évidence l’existence de contrôles au faciès discriminatoires dans la police nationale française.
L’étude s’est déroulée à Paris, sur des sites très fréquentés et où la présence policière est forte.2

Les résultats confirment que les contrôles de police se fondent principalement sur l’apparence des gens – sexe, âge, habillement et couleur de peau – et non sur un comportement suspect : on contrôle surtout les hommes, les jeunes, des styles comme « hip hop » ou « gothique », et on contrôle davantage les Noirs et les Maghrébins.

Concernant ce dernier point, les résultats sont sans appel : le fait d’avoir la peau noire entraîne un risque d’être contrôlé 3 à 11 fois supérieur selon les sites, et le fait d’avoir le type Maghrébin un risque 2 à 15 fois supérieur selon les sites étudiés !

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Vers la "décristallisation" du statut des anciens combattants coloniaux ?

Les oubliés de la République

Commémorant le 8 mai à Sainte Maxime, Nicolas Sarkozy a rendu un «hommage particulier» aux soldats de l’armée d’Afrique qui débarquèrent aux côtés des Américains en Provence en août 1944. Mais il n’a pas évoqué les écarts importants entre les pensions versées par l’Etat aux anciens combattants selon qu’ils étaient alors des Français de métropole ou issus des colonies.

Une pétition demande au gouvernement de généraliser la décristallisation des pensions militaires de retraites, et de permettre aux anciens combattants de les percevoir quel que soit leur lieu de résidence. Plus d’information :
http://oubliesdelarepublique.blogspot.com.

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A la Une de Var Matin, le 3 mai 2009.
Racisme de couleur et islamophobie

l’imam toulonnais El Idrissi a été expulsé vers le Maroc

L’avis (consultatif) de la commission départementale d’expulsion du Var n’a pas été suivi : elle avait émis le 4 mars un avis défavorable à son expulsion, estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée ».

L’imam Mohamed El Idrissi, de nationalité marocaine, a été expulsé du territoire français et reconduit vers le Maroc le 28 avril 2009, en application d’une décision du ministère de l’Intérieur, au motif qu’il aurait tenu « des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman ».

Une décision qui crée le malaise car, outre l’article 6 (le droit à un procès équitable) de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, elle en viole l’article 8 (le droit au respect de la vie privée et familiale) : l’imam laisse derrière lui une fille encore mineure qui vit en France depuis plusieurs années.
L’imam avait déposé, le 25 avril 2009, des recours en annulation et en référé suspension de l’arrêté ministériel d’expulsion.3

[Première mise en ligne le 22 avril, mise à jour le 4 mai 2009]

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Racisme de couleur et islamophobie

un imam toulonnais de nationalité marocaine menacé d’expulsion

Une procédure a été engagée par le ministère de l’Intérieur en vue de l’expulsion du territoire français d’un imam de nationalité marocaine au motif qu’il aurait tenu «des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman».
Une procédure qui ignore superbement l’Article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : «Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement, par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle».

La commission départementale d’expulsion du Var, dont l’avis n’est que consultatif, s’est réunie le 18 février 2009, au Tribunal de grande instance de Toulon.
Estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée», la commission a émis le 4 mars un avis – repris en bas de cette page – défavorable à l’arrêté d’expulsion.

Mais le ministère de l’Intérieur n’est pas tenu de suivre cet avis…

[Première publication le 28 février,

mise à jour le 5 puis le 24 mars 2009]
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Les races humaines. Panneau utilisé dans les écoles, vers 1920 (?). Dortmund, Westfälisches Schulmuseum.
Racisme de couleur et islamophobie

Didier Fassin à Eric Zemmour : « Oui, la race existe… dans la tête de gens comme vous»

Les propos tenus par Eric Zemmour, sur Arte le 13 novembre 2008, au cours de l’émission « Demain, tous métis ? », continuent de déchaîner la Toile. Comment donner les clés de ce débat sans se satisfaire de la posture de la dénonciation morale ? Telerama.fr a choisi d’interroger l’anthropologue et médecin Didier Fassin4.

On lira également sur ce site la page : 1943

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Les “banlieues”

La police est équipée pour affronter les banlieues

La police française est désormais convaincue de disposer de techniques de maintien de l’ordre lui permettant de faire face à de nouvelles émeutes en banlieue.

Mais cela ne fera qu’entretenir, au sein des quartiers dits “sensibles”, le ressentiment vis-à-vis de la société et des pouvoirs publics : « On nous traite comme des chiens. On est tous au chômage, on n’a pas d’argent et on nous regarde comme des étrangers. »5.

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Ils ont sifflé la Marseillaise !

Disons-le clairement : on a le droit de siffler l’hymne national tout comme on a le droit de l’applaudir. Il est, par contre, inacceptable que l’on siffle un joueur en raison de la couleur de sa peau. Or sur ce terrain, on n’entend pas les hommes politiques.

Et demandons-nous s’il est bien justifié de jouer des hymnes nationaux lors de rencontres sportives.

Ceci étant dit, on ne peut ignorer ce qu’exprimaient les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise mardi 14 octobre, lors du match amical France-Tunisie. Derrière l’outrage à l’hymne national : le sentiment de rejet et le désarroi des jeunes issus de l’immigration, l’échec lancinant et corrosif de leur intégration à la communauté républicaine.6

L’historien Alain Ruscio et le journaliste Thierry Leclère réagissent.

[Le chapeau a été revu en mai 2009]

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