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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Aix-en-Provence : subventions sélectives

La municipalité d’Aix-en-Provence a décidé lors de sa réunion du 17 décembre 2012 de réduire la subvention annuelle qu’elle accorde à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme : elle passerait de 1 000 à 800 euros.

Les motifs invoqués paraissent quelque peu obscurs mais la raison essentielle semble bien se trouver derrière le reproche qui lui est fait : « la LDH a eu des prises de position idéologiques, ouvertement politiques». On ne peut manquer d’être surpris d’une telle appréciation. En effet la municipalité aixoise ne se prive pas de subventionner grassement le Collectif aixois des rapatriés, une association présidée par René Andrès dont les activités peuvent difficilement être qualifiées d’apolitiques. Ci dessous, quelques éléments d’information pour éclairer la réflexion.

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le Mali face à ses problèmes

Les troupes françaises se retirent du Mali, les programmes d’aide sont en cours et des élections organisées en juillet. Et pourtant l’économiste Joseph Brunet-Jailly1 s’inquiète : la crise a révélé la faillite du modèle de développement et d’une démocratie « de façade », et, en n’abordant pas les problèmes de fond, le Mali et la communauté internationale risquent de les voir resurgir.

«L’organisation des élections est une priorité, en vue d’asseoir un pouvoir “normal”», mais, comme l’a déclaré le président de l’Association malienne des expulsés (AME), «celle-ci ne doit pas être faite à n’importe quel prix». Les défis que le pays doit affronter sont considérables – rétablir un dialogue politique à Bamako, un dialogue intercommunautaire au Nord, constituer une force de sécurité et de défense, redéployer l’État au Nord… C’est au peuple malien, et non à l’armée française ou à la mission de stabilisation de l’ONU, qu’il incombe d’y répondre.

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Dominique Venner, une « tête pensante » du fascisme français, par Alain Ruscio

C’est la hantise de voir la France tomber «aux mains des islamistes» qui a poursuivi Dominique Venner jusqu’à son suicide spectaculaire. Il l’évoque dans le dernier billet qu’il a publié sur son blog, où il fait référence au livre Le camp des saints, roman profondément raciste, écrit en 1973, dans lequel Jean Raspail dépeint la capitulation des élites françaises, confrontées à un déferlement de miséreux asiatiques.

Dominique Venner n’est plus, mais ses thèses continuent à être défendues par d’autres “intellectuels” d’extrême droite. Nous reprenons donc ci-dessous la partie d’un ouvrage publié en 2007, où l’historien Alain Ruscio avait retracé les faits marquants de l’itinéraire politique de ce néo-fasciste, qui reste l’un des inspirateurs de la Nouvelle droite2.

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Disparition du mot “race” de la législation ?… qu’en est-il du racisme ?

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot « race » de la législation française. La majorité PS s’est ralliée à cette proposition, soulignant qu’il s’agissait d' »une première étape ». François Hollande s’était en effet engagé, le 10 mars 2012 dans un discours consacré à l’Outre-mer, à supprimer ce terme de la Constitution..

Danièle Lochak, professeur émérite de droit public à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, ancienne présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et auteur de La race, une catégorie juridique ( Presses de la FNSP, revue Mots, 1992) porte un jugement nuancé sur cette initiative qui ne devrait pas, selon elle, aboutir ensuite à modifier la Constitution de 1958, et encore moins le préambule de 1946.

[Mis en ligne le 10 février 2013, mis à jour le 18 mai ]

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délinquance et immigration : des préjugés à l’analyse, par Laurent Mucchielli

Un point de vue publié dans la revue L’essor de la gendarmerie nationale (mai 2013), dans lequel le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause quelques idées reçues3.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Aix-Marseille Université. Il a notamment publié L’Invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits, chez Fayard en 2011, et Vous avez dit sécurité ? au Champ social en 2012.

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Marcel Dorigny : « dans l’amnésie collective touchant à la mémoire coloniale, le point de départ c’est Haïti »

La plainte en justice que le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a déposé contre la Caisse des dépôts remet au premier plan le débat sur les dédommagements de la traite négrière, plus d’un siècle et demi après son abolition. Il ne s’agit pas d’indemniser des victimes de violences coloniales, tels les indépendantistes Mau-Mau du Kenya qui négocient actuellement des réparations avec le gouvernement britannique pour des tortures subies lors de leur soulèvement dans les années 50, mais d’obtenir réparation pour les profits tirés de l’esclavage.

Dans son intervention à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013, le président de la République a exprimé son point de vue sur cette question. Après avoir évoqué Aimé Césaire avec «l’impossible réparation», il a poursuivi en citant à nouveau le poète martiniquais : « “Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini”, écrivait-il… “Non, ce ne sera jamais réglé.” L’Histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tous points impossible à établir. 4»

François Hollande a conclu : «le seul choix possible, c’est celui de la mémoire, et c’est la vigilance, et c’est la transmission». Sur ce plan il faut reconnaître que beaucoup reste à faire en France. Qui sait que la République de Haïti a été le second État indépendant du Nouveau Monde suite à la défaite des troupes napoléoniennes en 1803 à la bataille de Vertières ? Et que le tribut que les Haïtiens ont dû payer à la France pour qu’elle reconnaisse cette indépendance a gravement obéré le développement du pays ? L’occasion de revenir sur ces questions, avec le concours de l’historien Marcel Dorigny 5

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Racisme de couleur et islamophobie

souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973

La circulaire Fontanet élaborée en 1972, en vue de réglementer l’immigration, a été à l’origine d’une flambée raciste en 1973. L’une de ses premières manifestations se déroula à Grasse.

Le 12 juin 1973, réagissant à un rassemblement organisé dans la vieille ville par des travailleurs immigrés pour revendiquer « le droit de vivre dans une situation régulière, d’obtenir une carte de séjour », le maire décida de faire asperger les immigrés avec des lances à incendie, afin de les empêcher de pénétrer dans la mairie. Rapidement, de violentes bagarres se déclenchèrent et les affrontements tournèrent à la « ratonnade » sous l’oeil approbateur de la population. Le maire déclara : « Les Arabes se comportent dans la vieille ville comme en terrain conquis […], ces gens-là sont différents de nous, ils vivent la nuit […], c’est
très pénible d’être envahi par eux
»6.

Retour sur ces événements, quarante années plus tard, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008, lors d’une interpellation policière.

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Gilles Manceron : dire l’histoire

Le 8 mai 1945, les milliers d’Algériens qui manifestèrent pacifiquement leur volonté d’indépendance subirent, à Sétif, Guelma et Kherrata, une répression aveugle et massive conduite par l’armée française soutenue par des milices européennes armées.

L’historien Gilles Manceron, revient, dans cet entretien accordé à l’APS, sur cette page tragique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la lutte nationaliste, ainsi que sur le déni par la France de ses crimes coloniaux7.

Pour Gilles Manceron, «le besoin de justice est intact et de plus en plus pressant, mais, […] aujourd’hui, il incombe aux hommes politiques et aux historiens, et non pas à des juges, de le satisfaire». «C’est aux autorités politiques françaises de s’exprimer très clairement sur ce[s] sujet[s]». C’est aux historiens qu’il revient d’«établir les faits», et, pour cela, il faut «permettre l’accès aux archives».

La demande d’un réel accès aux archives est exprimée également par l’historien algérien Daho Djerbal dont le quotidien algérien Liberté rapporte les propos dans un article publié le même jour. Après avoir évoqué les difficultés auxquelles se heurtent en Algérie pour accéder aux archives les chercheurs qui travaillent sur l’histoire du mouvement national, il proclame que “l’accès aux archives doit être libre”.

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 12 mai 2013 : journée de l’abandon des harkis

Un collectif d’associations de familles d’anciens harkis appelle à un rassemblement le 12 mai 2013 à 10h, devant le Palais de Justice de Paris. Ce jour-là, baptisé Journée de l’abandon des harkis, elles demanderont au président de la République de tenir son engagement du 5 avril 2012 en reconnaissant la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon de certains d’entre eux en Algérie, où on les savait menacés, ainsi que dans la relégation dans des camps de ceux qui avaient pu gagner la France.

Vous trouverez ci-dessous quelques éléments d’information, à la suite de deux communiqués de soutien : des directives ministérielles de mai 1962 concernant les harkis, la fin du camp de Saint-Maurice-l’Ardoise, l’engagement du candidat François Hollande, ainsi que le message lu par Kader Arif le 25 septembre 2012.

[Mis en ligne le 20 février 2013, mis à jour le 6 mai]

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“La France va pouvoir porter librement au Maroc la civilisation, la richesse et la paix” (Le Petit Journal illustré, 19 novembre 1911)
La guerre du Mali (depuis 2013)

la guerre au Mali vue d’un collège de l’Aube

Initiative de l’Est-éclair : à l’occasion de la 24e Semaine de la presse à l’école, treize établissements scolaires de l’Aube participent à un concours d’écriture. Plusieurs contributions, publiées sur un blog ouvert pour la circonstance, s’intéressent au Mali.

B. Girard, animateur du site Journal d’école, en commente ci-dessous certains extraits.

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Mali : la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts

La déclaration attribuée à lord Palmerston, «L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents», pourrait être reprise comme viatique par les diplomates de tout pays — il suffit de l’adapter.

Concernant l’intervention militaire française au Mali qui a débuté le 11 janvier dernier, l’existence au Niger voisin de mines d’extraction d’uranium – elles sont « protégées par des forces spéciales» – est l’un des «principaux intérêts stratégiques français dans la région», comme les sénateurs Chevènement et Larcher le rappellent dans leur rapport d’information8.
Cette réalité était certainement présente à l’esprit des parlementaires français le 22 avril dernier quand ils ont approuvé à la quasi-unanimité la poursuite de l’opération Serval.

Le rapport parlementaire insiste sur la nécessité d’une «véritable réconciliation » entre Maliens. Mais ce n’est pas en empêchant certaines personnalités maliennes – Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali et Oumar Mariko, Secrétaire Général de SADI – de voyager que l’on favorisera cette réconciliation. Françafrique pas morte !

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Anciens de l’OAS et «Manif pour tous»

Le blog Droites extrêmes, d’Abel Mestre et Caroline Monnot, publie à la date du 19 avril 2013 des informations sur le soutien apporté aux manifestants opposés au Mariage pour tous par le Secours de France — une association, créée en 1961 pour venir en aide aux militants de l’OAS emprisonnés, qui continue à défendre les thèses de l’Algérie française9.

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