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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

L'affaire Audin

Macron, le passé colonial
et des réactions inquiétantes
dans l’armée française

Les animateurs de ce site, François Gèze, Gilles Manceron, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio, ont exprimé le 4 mars 2019 dans « Mediapart » leur inquiétude devant le fait que certains officiers français osent encore défendre la torture, et leur étonnement de ce que personne en France n’ait relevé cette prise de position scandaleuse. Ils demandent, par ailleurs, si la reconnaissance par le président Macron d’un crime d’État dans l’affaire Audin est l’amorce d’une rupture des autorités françaises avec l’incapacité à regarder en face l’histoire coloniale, ou bien un « coup » sans lendemain.

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Les communistes et la question coloniale

Alain Ruscio a produit
sur les communistes et l’Algérie
(1920-1962)
un livre nuancé et documenté

Dans un entretien donné à « l’Humanité », Alain Ruscio explique qu’il a voulu, dans son livre « Les Communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance (1920-1962) », analyser, en évitant les polémiques, le rôle que jouèrent les communistes, en France et en Algérie, dans les luttes anticoloniales. Selon lui, ce qu’il appelle la « force communiste » — expression dans laquelle il englobe dirigeants, membres du parti et des syndicats et organisations de masse qui lui étaient liées — a été au cœur de la protestation anticolonialiste en France. Et, en dépit des hésitations, des détours et des erreurs du PCF, il y eut bien une « résistance communiste » à la guerre d’Algérie.

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La reconnaissance du passé colonial

Musées, théâtre, cinéma,
arts graphiques,
regard colonial ou décolonial ?

Quelles images musées et artistes doivent-ils donner de la période coloniale européenne ? Près de Bruxelles, le Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervuren, a rouvert ses portes après une longue fermeture que regrettait, par exemple, en 2014, « La Libre Belgique », en raison du « parfum de colonialisme qui y règne toujours ». Dans « Le Monde », Philippe Dagen confirme que sa rénovation perpétue les idées reçues sur les colonies. Heureusement, des historiens, des artistes, comme dans la rencontre à l’ENS que nous présentons ci-dessous, secouent le vieux cocotier des préjugés coloniaux.

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Les communistes et la question coloniale

1955-1957 :

la participation
du parti communiste algérien
à la lutte armée d’indépendance
et le rôle de Maurice Audin,

par Sadek Hadjerès

Sadek Hadjerès, né en 1928 en Kabylie, a milité au PPA/MTLD de 1944 à 1949, puis adhéré au PCA en 1951. Entré à son bureau politique en 1955, après avoir achevé ses études de médecine, il est devenu, au moment où a été déclenchée la guerre d’indépendance algérienne, un dirigeant de ce parti, dont Maurice et Josette Audin étaient des militants actifs. Lors de l’entretien qu’il nous a accordé, le 16 décembre 2018, il a témoigné de ce que tous deux partageaient l’orientation du PCA, comportant, à partir de 1955, une participation à la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie.

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Les communistes et la question coloniale

Les communistes et l’Algérie,
par Alain Ruscio

Dans « Les communistes et l’Algérie. Des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962 », Alain Ruscio offre un ouvrage soigneusement documenté sur une page d’histoire souvent objet de polémiques. Il a travaillé sur des fonds d’archives récemment ouverts, comme dans celles du PCF aux Archives départementales de Seine-Saint-Denis, et y révèle des documents nouveaux. Nous publions les articles que lui ont consacré Claude Mazauric dans « l’Humanité », la Rubrique culture du quotidien « Le Soir d’Algérie » et Jean-Pierre Sereni sur le site « Orient XXI », et signalons deux débats organisés autour de ce livre.

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Le racisme postcolonial

La nécessité d’un féminisme décolonial,
par Françoise Vergès

Dans son ouvrage, « Un féminisme décolonial », publié en février 2019 aux éditions la Fabrique, la politologue Françoise Vergès, militante antiraciste et féministe, apporte une contribution aux débats qui divisent les mouvements féministes. Refusant la dérive d’un féminisme qui ignorerait les enjeux de l’antiracisme et pourrait inclure de l’islamophobie, elle déploie, à partir des luttes des femmes du Sud global, une critique radicale du « capitalisme racial ». Nous publions sa présentation par l’éditeur ainsi qu’un entretien réalisé par Rosa Moussaoui et publié par « l’Humanité ».

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L'affaire Audin

Josette Audin
a été l’objet
de multiples hommages

Les réactions ont été nombreuses suite à la mort, le 2 février 2019, de Josette Audin. Militante du Parti communiste algérien (PCA) comme son mari, Maurice Audin. Elle avait vécu, à Alger, le 11 juin 1957, l’enlèvement de celui-ci par des parachutistes français, et, quand, peu après, ils lui ont annoncé son évasion, elle a compris qu’ils l’avaient assassiné. Pendant soixante-deux ans, elle a combattu pour connaître la vérité sur son sort. Ci-dessous les articles publiés par « l’Humanité » et « El Watan », ainsi que d’autres réactions à sa disparition.

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Controverses

La réponse du collectif
« Décoloniser les arts »
aux attaques qui le traitent de « racialiste »
ou de « communautariste »

Depuis quelques mois, le collectif « Décoloniser les arts » est l’objet d’attaques virulentes de la part de groupes et d’universitaires qui, déformant ses propos, traitent ses membres de « racialistes », « indigénistes » ou « communautaristes ». Que des forces résistent en France à la décolonisation n’est pas nouveau. Ces attaques se réclament d’un universalisme de gauche, d’un passé glorieux de théâtre progressiste, ou bien viennent de personnes identifiées à droite qui crient à la menace contre la civilisation. « Décolonisez les arts » recadre le débat dans ce texte.

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Musées et créations contemporaines

art, littérature, philosophie,
la décolonisation
des savoirs,
selon Seloua Luste Boulbina

Dans son ouvrage, « Les miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (art, littérature, philosophie) », publié par Les presses du réel en septembre 2018, la philosophe Seloua Luste Boulbina entend montrer comment, dans les savoirs et dans les arts, le passé colonial peut être dépassé. Autrefois, la métropole et la colonie apparaissaient comme deux espaces distincts, en réalité déjà entremêlés. Les indépendances ont profondément modifié ce paysage. Le Sud est présent dans le Nord. Les affranchissements, les franchissements sont multiples. Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins.

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Musées et créations contemporaines

L’abominable institution de l’esclavage
à travers
les arts et les lettres

Publié à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition, en 1848, de l’esclavage dans les colonies françaises, ce livre de Marcel Dorigny, très documenté et préfacé par Maryse Condé, est aussi un livre d’art. Dans un entretien à « Libération » que nous reproduisons ici, l’auteur explique que les œuvres d’art ont eu un impact très fort dans la dénonciation de l’esclavage, au moins autant que les discours. Et il montre que des artistes continuent aujourd’hui d’œuvrer pour la mémoire de ce crime contre l’humanité.

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La reconnaissance du passé colonial

Jean-Paul Sartre et l’Afrique :
décoloniser l’esprit,
par Séverine Kodjo-Grandvaux

Gallimard réédite les écrits sur l’Algérie de Jean-Paul Sartre, qui a été un soutien résolu de la cause indépendantiste, notamment à travers la revue qu’il dirigeait, « Les Temps Modernes ». Il s’agit des articles que cet éditeur avait regroupés sous le titre « Situations V ». Pour Séverine Kodjo-Grandvaux, ils permettent de mieux saisir ce qui se passe avec l’irruption de la pensée décoloniale dans le monde francophone. Mais, selon elle, Sartre n’avait pas saisi l’aspiration à l’universel porté par la négritude, qu’il a essentialisée.

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Les nostalgiques de la colonisation

Il y a longtemps que… sévit ce Sévillia

Quand prolifèrent en librairie les pamphlets de Jean Sévillia, chroniqueur au « Figaro Magazine », promoteur de la nostalgie coloniale et pseudo-historien, le mieux serait peut-être de les ignorer. Mais leur publication par des éditeurs français reconnus dans le domaine de l’histoire comme Fayard et Perrin nous incite à rétablir quelques vérités. Nous reprenons ici un article que le chercheur Emmanuel Alcaraz a publié dans « Le Quotidien d’Oran » et un texte de l’historien Alain Ruscio montrant que ce journaliste réactionnaire invoque aussi faussement la liberté d’expression qu’il falsifie allègrement l’histoire.

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