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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Le massacre du 14 juillet 1953 à Paris

Les échos du bal
du Souvenir
et des Libertés,
place de la Nation

Le 14 juillet 1953, à Paris place de la Nation, la police a tiré sur une manifestation pacifique portant le drapeau algérien, faisant 7 morts : 6 Algériens et un Français membre de la CGT. Le 13 juillet 2019, pour la deuxième année consécutive, la Ligue des droits de l’Homme a organisé, avec le soutien de la Mairie du 12° et de nombreuses associations, un bal populaire en souvenir de cet événement : dépôt de gerbe au pied de la plaque commémorative, débats (et chansons), restauration et bal. De nombreux intervenants ont fait le lien avec l’actualité : la liberté de manifester menacée en France et la révolte du peuple algérien pour la liberté.

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Racisme et islamophobie

Un sociologue
spécialiste du postcolonial
victime d’une interdiction

Un colloque universitaire à Bobigny devait être ouvert par le président du conseil départemental, la préfète déléguée à l’égalité des chances et la procureure de la République du 93, ainsi que la secrétaire générale du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). A la suite d’une campagne lancée par le Rassemblement national et relayée par des médias d’extrême droite contre l’intervention prévue du sociologue Saïd Bouamama, l’un des spécialistes du fait postcolonial, ils ne sont pas venus, sur consigne du ministère de l’Intérieur. Cette absence a suscité de nombreuses protestations.

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Le massacre du 14 juillet 1953 à Paris

Un bal pour le souvenir
et l’actualité
le 13 juillet 2019
place de la Nation à Paris

En 1953, un cortège du mouvement indépendantiste algérien, le MTLD, participait au défilé populaire du 14 juillet derrière un portrait de son leader, Messali Hadj, et ses banderoles : « À bas le colonialisme », « Nous voulons l’indépendance ». La police ouvre le feu, faisant 7 morts et une cinquantaine de blessés. Cet événement oublié revient peu à peu à la mémoire : le 6 juillet 2017, une plaque a été apposée ; le 13 juillet 2018, une projection suivie d’un bal ont été organisés. En 2019, une commémoration rassemblant davantage de partenaires et faisant le lien avec l’actualité française et algérienne, précédera le bal du souvenir.

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L'accès aux archives coloniales

Archives et histoire coloniale :
trois publications
et un colloque

Dans le « Monde des livres » du 16 mai 2019, l’historien André Loez présente trois essais attestant d’un renouvellement de l’usage par les historiens de la masse considérable d’archives produite par la colonisation européenne aux XIXe et XXe siècles : « Un village à l’heure coloniale. Draria, 1830-1962 », de Colette Zytnicki ; « Au cœur de l’archive coloniale. Questions de méthode », d’Ann Laura Stoler et « Travail forcé et mobilisation de la main-d’œuvre au Sénégal. Années 1920-1960 », de Romain Tiquet. Cette question des archives est l’objet le 28 juin 2019 d’une journée d’études aux Archives Nationales d’outre-mer, intitulée « (Dé)construire les archives coloniales ».

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Le racisme postcolonial

« Pour lutter contre le racisme,
il ne faut pas invisibiliser
la question de la “race” »,
par Patrick Simon

Le démographe Patrick Simon estime, dans un entretien au « Monde », que malgré l’invalidation scientifique de la notion de « race », cette dernière continue à avoir une influence sur la vie de millions de personnes. Les discriminations ethniques et raciales ont paradoxalement gagné en importance. Selon lui, pour renverser les préjugés fondés sur la couleur de la peau et lutter contre le racisme, il ne faut pas invisibiliser la question de la « race ». Au contraire, il est urgent d’introduire la diversité dans nos représentations collectives.

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L'affaire Audin

Un cénotaphe
pour Maurice Audin
inauguré le 11 juin 2019

Au cimetière du Père-Lachaise à Paris, un vibrant hommage a été rendu par une foule nombreuse au militant pour l’indépendance de l’Algérie, torturé et assassiné en 1957 par des militaires français, et à son épouse décédée le 2 février 2019. Leurs enfants, Michèle et Pierre Audin, ont procédé à la dispersion des cendres de leur mère au jardin du souvenir, avant que les participants, munis de drapeaux algériens, se dirigent vers l’emplacement du cénotaphe, un monument érigé en mémoire de Maurice Audin, qui a été inauguré.

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Foulard et voile

Non à un projet de loi
pseudo laïque
qui cherche à recréer un « apartheid postcolonial »

Les sénateurs ont adopté le 15 mai 2019, à l’initiative d’élus LR, dans le cadre de l’examen de la loi dite « pour une école de la confiance », un amendement interdisant pour une femme voilée d’accompagner une sortie scolaire. C’est une véritable agression contre ces femmes, un obstacle à leur intégration et à celle de leurs enfants, qui vise à recréer un « apartheid postcolonial ». L’amendement, qui doit passer devant une commission mixte puis revenir devant l’Assemblée nationale, est dénoncé par de nombreux éducateurs, parents d’élèves et associations. Quelques exemples des protestations.

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Le rôle des historiens

Parution d’un livre d’hommage
à l’historien
Gilbert Meynier

Dirigé par le juriste Tahar Khalfoune, vient d’être publié en mars 2019 un livre d’hommage mérité au grand historien de l’Algérie que fut Gilbert Meynier (1942-2017). Dans cet ouvrage collectif, certains de celles et ceux qui l’ont connu – dont d’éminent.e.s spécialistes – évoquent avec précision l’apport décisif qui fut le sien à l’histoire de l’Algérie à la période coloniale, comme à ses séquelles postcoloniales, tant en France qu’en Algérie. Outre la présentation et la table des matières du livre, nous reprenons ici la préface de Tahar Khalfoune et un des articles, celui de Mohammed Harbi.

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L'affaire Audin

Le 11 juin 2019
au cimetière du Père-Lachaise
rassemblement en hommage
à Maurice et Josette Audin

Le 11 juin 1957, des militaires français ont enlevé à son domicile d’Alger le jeune mathématicien Maurice Audin, militant du parti communiste algérien. Ce parti avait rejoint la lutte armée d’indépendance du peuple algérien. Il a été torturé puis tué par les militaires qui le détenaient. Son épouse, Josette Audin, qui a lutté toute sa vie pour savoir la vérité, est décédée le 2 février 2019. Pierre Mansat, président de l’Association Maurice Audin, a demandé de diffuser largement l’appel à leur rendre hommage, le 11 juin 2019, au cimetière du Père-Lachaise.

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Musées et créations contemporaines

Sur l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse »,
Françoise Vergès
dit son impression de malaise

Au Musée d’Orsay, jusqu’au 21 juillet 2019, l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse » porte sur la représentation des personnes noires dans la peinture et autres arts visuels « de l’ère de l’abolition de l’esclavage en France (1794-1848) jusqu’aux temps contemporains ». Françoise Vergès, présidente de l’association Décoloniser les arts, explique son malaise. Elle lui reproche notamment de n’avoir pas jugé utile d’expliquer quand, comment, et pourquoi, est intervenue l’invention du blanc et du noir, car, écrit-elle, « les Noir.e.s n’ont pas toujours été « noir.e.s ».

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Bugeaud, la grande répression de 1871 en Kabylie, célébrés dans les rues de Marseille

Marseille s’est développée au XIXème siècle en lien étroit avec l’essor de l’empire colonial français et plusieurs monuments le célèbrent encore aujourd’hui. Une exposition coloniale a eu lieu en 1906 avant celle organisée dans la capitale l’année suivante à l’Est du Bois de Vincennes. Une autre en 1922 de nouveau dans l’espace qui deviendrait le parc Chanot a précédé la grande exposition coloniale internationale de Paris en 1931. Cela a laissé dans la ville de nombreuses traces dans l’architecture et la toponymie. Nous reproduisons un article d’Alain Castan qui en relève quelques unes.

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Foulard et voile

Pour la sociologue Zahra Ali
le rejet du foulard en France
dévoile
un héritage colonial inassumé

En France, le féminisme n’en finit pas de se déchirer sur la question du foulard islamique. La sociologue Zahra Ali, qui a milité en France contre l’exclusion des élèves portant le foulard, estime que, si on peut s’opposer au port du voile sans être raciste, son rejet dans ce pays montre que la laïcité est falsifiée par des positions racistes et islamophobes. Elle invite à un examen critique des féminismes musulmans, notion qui apparaît à tort comme un oxymore. Pour elle, il faut contextualiser, historiciser et rejeter les essentialismes. Une condition nécessaire à la création d’un féminisme international, anticapitaliste et pluriel.

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