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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Musées et créations contemporaines

« Décadrage colonial »,
une exposition à Paris
au Centre Pompidou

Depuis le 7 novembre 2022 et jusqu’au 27 février 2023, on peut voir au Centre Georges Pompidou l’exposition « Décadrage colonial » qui explore les rapports des photographes de l’entre-deux-guerres avec l’empire colonial et leur contribution à la diffusion de l’idéologie colonialiste ainsi qu’à sa contestation. Un livre publié par les éditions Textuel accompagne cette réflexion. Ci-dessous un entretien en vidéo avec Damarice Amao, commissaire de l’exposition et la transcription du riche podcast accompagnant les visiteurs. On lira également pour aller plus loin les ressources historiques déjà publiées par notre site sur l’exposition coloniale de Vincennes en 1931.

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Les « tirailleurs sénégalais »

Un film sur le massacre de Thiaroye
de décembre 1944
diffusé le 14 janvier 2023
à 21 heures sur Public Sénat

Un film sur le massacre de Thiaroye est diffusé le 14 janvier 2023 à 21h sur Public Sénat, suivi d’un débat. Il y a 70 ans, près de Dakar, l’armée française a ouvert le feu contre des tirailleurs provenant de toute « l’Afrique occidentale française (AOF) » qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde qui leur avaient été promis. Officiellement, 35 d’entre eux sont morts, mais le bilan réel est beaucoup plus élevé. En 2014, François Hollande s’est rendu sur place pour dénoncer cet événement sombre de l’histoire de France, mais toute la vérité n’a pas été dite. Biram, fils de Mbap Senghor tirailleur assassiné le 1er décembre 1944 par l’armée française, tente depuis des années et par tous les moyens de réhabiliter la mémoire de son père. En vain. Le combat continue.

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La reconnaissance du passé colonial

« Décolonial », « Universalisme », « Race »,
trois livres pour éclairer trois mots clés
du débat public

La riche collection « Le mot est faible », dirigée par Christophe Granger chez l’éditeur Anamosa, poursuit la publication de livres courts et incisifs, à prix modique, qui s’emparent chacun « d’un mot dévoyé par la langue au pouvoir » pour « le rendre à ce qu’il veut dire ». Après Race, par Sarah Mazouz en 2020, Universalisme, par Julien Suaudeau et Mame-Fatou Niang en 2022, elle vient de publier en 2023 Décolonial, par Stéphane Dufoix. On trouvera ici la présentation de l’éditeur et une recension pour chacun de ces trois ouvrages qui traitent tous trois de questions politiques d’actualité brûlante en rapport étroit avec les préoccupations de notre site.

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Immigration algérienne en France

La vague d’assassinats racistes
de 1973 en France,
en particulier à Marseille

En 2023 seront à commémorer et à mieux faire connaître deux moments importants dans l’histoire de l’immigration postcoloniale et dans celle des luttes antiracistes en France : d’une part la vague de crimes racistes impunis de 1973 et la réaction antiraciste à ces crimes, et de l’autre, dix ans plus tard, la Marche contre le racisme et pour l’égalité de 1983, première mobilisation de masse réussie lancée par les racisés eux-mêmes. Notre site y reviendra. Nous publions ici un entretien publié par Mediapart avec la sociologue Rachida Brahim, autrice de La race tue deux fois, et la romancière Dominique Manotti, autrice de Marseille 73. Toutes deux reviennent sur l’année 1973 et sur la permanence de l’impunité.

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Séquelles politiques postcoloniales

Archives de la guerre d’Algérie
et traces psychologiques actuelles
du temps des colonies
par Jacques Inrep

Jacques Inrep a été l’un des jeunes Français appelés au sein du contingent lors de la guerre d’Algérie. Devenu psychanalyste et militant de la Ligue des droits de l’Homme, il a publié en 2022 un livre intitulé Les Fachos sur le divan. Psychanalyse de l’extrême droite qui s’enracine dans son expérience de la guerre d’Algérie. Choqué par les crimes de l’armée française, il a photographié à la sauvette en août 1961 des documents tamponnés « secret » qui en témoignaient, mais n’a pas eu le temps de clicher deux notes prescrivant explicitement de pratiquer la torture et d’abattre les prisonniers. Il revient ici sur ce qu’il a retenu de ces deux notes datant de la seconde moitié de l’année 1957 mais qui continuaient à être suivies à la lettre dans les unités de l’armée auxquelles il avait été affecté entre mai 1960 et août 1961. Et il demande l’ouverture réelle de ces archives.

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Séquelles politiques postcoloniales

Les « gueules noires » venus du Maroc,
leurs luttes et leurs enfants

Peu après l’indépendance du Maroc en 1956 et pendant près de vingt ans, 80 000 Marocains ont été recrutés par Félix Mora, surnommé le « négrier des Houillères », pour le compte des Charbonnages de France, en étroite collaboration avec le pouvoir marocain. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin, après un documentaire diffusé en 2021 sur Arte, publient chez Stock Notre histoire de France sur cet épisode de l’histoire de l’immigration ouvrière, cet « angle mort du récit national ». Celui-ci est aussi l’histoire des luttes de ces mineurs pour l’égalité des droits. Nous publions ci-dessous l’entretien réalisé par Mediapart avec les deux autrices, ainsi qu’un texte de 2009 du militant du GISTI et de l’ATMF Ali El Baz qui retrace le combat des mineurs marocains jusqu’aux années 2000.

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Les nostalgiques de la colonisation

Un député d’extrême droite
nostalgique de l’Algérie française,
désigné vice-président
du groupe d’amitié France-Algérie !

Lors du renouvellement du groupe d’amitié France-Algérie pour la seizième législature, le député d’extrême droite José Gonzalez, nostalgique de l’Algérie française et négationniste du rôle criminel de l’OAS, a été désigné le 30 décembre 2022 comme vice-président de ce groupe. Appartenant au Rassemblement National (RN) présidé par Marine Le Pen, il s’était fait remarquer à l’ouverture de la législature par ses propos nostalgiques de l’Algérie française et négationnistes des crimes de l’organisation terroriste de l’OAS. Ci-dessous la composition de ce groupe d’amitié. Nous nous adressons aux autres parlementaires membres de ce groupe qui ne voudraient pas que le mot « groupe d’amitié » perde tous son sens pour qu’ils adoptent une qualification claire du caractère terroriste et criminel de l’OAS et reviennent sur cette désignation.

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Séquelles politiques postcoloniales

Des violences racistes en France
à la suite du match France-Maroc
de la Coupe du monde de football

Au soir du match France-Maroc de la Coupe du monde de football, le 14 décembre 2022, des manifestants d’extrême droite se sont rendu coupables de violences racistes contre des Français et des résidents étrangers d’origine maghrébine de notre pays, des violences qui s’enracinent dans les pratiques et les représentations léguées par l’époque coloniale. Ci-dessous : le témoignage du journaliste Pierre Daum qui en a été témoin à Montpellier, l’alerte lancée par le quotidien Libération, la chronique « média et politique » du journal L’Humanité et une dépêche de l’AFP. Par ailleurs, un commando d’extrême droite se revendiquant du Rassemblement national et d’un groupe intitulé « La cocarde » a tenté de s’opposer le 8 décembre à la Sorbonne à une rencontre organisée par le syndicat Solidaires étudiants, en lui reprochant d’avoir, comme notre site l’a annoncé, projeté le film « La Bataille d’Alger » dans un amphi de cette université. Vigilance et solidarité.

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Séquelles politiques postcoloniales

Le film “Nos frangins” alimente le débat
sur les violences policières à contenu raciste
qui persistent en France

Le film “Nos frangins” est inspiré de la mort de Malik Oussekine et de Abdel Benyahia, tués tous deux par des policiers dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. L’étudiant Malik Oussekine a été victime, lors d’une manifestation contre le projet de réforme Devaquet à laquelle il ne participait pas, du peloton de « voltigeurs motocyclistes » mis en place par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et sa mort a suscité une indignation dont la mémoire collective garde le souvenir. Mais celle d’un autre jeune Français d’origine algérienne, Abdel Benyahia, tué la même nuit par un officier de police ivre, à Pantin, alors qu’il tentait de s’interposer dans une bagarre, est moins connue. A partir de ces deux drames, le film suscite le débat sur les violences policières, souvent à contenu raciste, qui continuent à être commises et sur l’absence de toute autorité indépendante de la hiérarchie policière pour enquêter sur ces faits.

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La reconnaissance du passé colonial

Pour une autre politique de la mémoire en France, rencontre nationale
de l’Inter-Réseaux Mémoires-Histoires
les 9 et 10 décembre 2022 à Paris

L’Inter-réseaux Mémoires-Histoires, créé le 17 octobre 2015, est composé actuellement de huit réseaux régionaux mémoires-histoires, rassemblant eux-mêmes des acteurs associatifs et culturels sur les questions mémorielles qui impulsent des initiatives locales. L’inter-réseaux Mémoires-Histoires mène également des actions avec d’autres acteurs du monde de l’éducation et de la culture. Les 9 et 10 décembre 2022, il organise à Paris une rencontre nationale en partenariat avec le site histoirecoloniale.net sur le thème « Guerres d’Algérie : enjeux de mémoire et d’histoire. Pour une autre politique de la mémoire en France », pour débattre notamment du rapport Stora, ses zones d’ombre et son actualité, et des projets de commission bilatérale franco-algérienne formulés par les deux Etats.

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

Avec ou sans commission franco-algérienne
désignée par les deux Etats,
le travail historique se poursuit
et nécessite un libre accès aux archives

Quatre mois après l’annonce par les présidents français et algérien d’une commission franco-algérienne consacrée à l’histoire de la colonisation de l’Algérie, le chef de l’Etat algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu en présence de son conseiller Abdelmadjid Chikhi les personnalités suivantes : Mohamed El Korso, Idir Hachi, Abdelaziz Filali, Mohamed Lahcen Zighidi et Djamel Yahiaoui. Des historiens et des archivistes algériens réputés pour la qualité de leurs travaux ne font pas partie de ce groupe. En France, la création d’une telle commission continue de faire débat, comme en témoigne la tribune ci-dessous publiée par l’historienne Sylvie Thénault. Quoi qu’il en soit, le travail historique se poursuit – voir le colloque international organisé du 6 au 8 décembre 2022 à La contemporaine – et, comme l’affirme un message de l’association des Historiens et historiennes du contemporain (H2C), il nécessite la fin des entraves imposées actuellement en France à l’accès aux archives.

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La reconnaissance du passé colonial

L’essor de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG)
exprime un besoin dans la société française

Le 3 février 2004, quatre anciens appelés de la guerre d’Algérie, Michel Delsaux, Rémi Serres, Georges Treilhou et Armand Vernhettes, agriculteurs retraités des départements du Tarn et de l’Aveyron, ont tenu une conférence de presse à Albi pour annoncer la fondation de l’Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre (4ACG). En 2006, Simone de Bollardière est devenue sa présidente d’honneur. Rapidement étendue à toute la France, elle compte aujourd’hui environ 400 membres. A ses actions de coopération avec des communes algériennes, notamment dans des domaines tels que la santé, les jeunes, les femmes, la culture et l’éducation, s’ajoutent en France des interventions dans des établissements scolaires et des rencontres publiques, parfois en collaboration avec l’Association Histoire coloniale et postcoloniale. Son essor témoigne d’un besoin grandissant dans la société française de mettre fin aux mensonges sur notre passé colonial.

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