Histoire coloniale et postcoloniale

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publié le dimanche 21 février 2021

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a lancé une chasse à l’« islamo-gauchisme » dans les universités. Ci-dessous un entretien donné à la revue Regards par Eric Fassin, sociologue et professeur à l’université Paris-8, qui montre qu’elle s’approprie le vocabulaire de l’extrême droite ; un article d’André Gunthert, publié par Mediapart, qui explique que ce terme en dit plus long sur l’idéologie de ceux qui l’emploient que sur le monde de la recherche ; et un appel publié par Le Monde qui demande la démission de la ministre. Enfin, une analyse par Stéphane Dufoix, professeur de sociologie à l’Institut Universitaire de France, publiée dans le Journal du dimanche, qui décrypte ces accusations d’« islamo-gauchisme » dont fait l’objet l’université française.

publié le vendredi 19 février 2021

Il n’y aura « ni repentance, ni excuses » : telle fut, dans la bouche de Bruno Roger-Petit, l’actuel conseiller mémoire du président Macron, la première réaction de l’Elysée au rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation et la guerre d’Algérie, avant même sa remise officielle, le 20 janvier 2021. « Repentance » : l’usage officiel de ce mot est lourd de signification et ne peut qu’inquiéter ceux qui militent pour la reconnaissance de ce que fut le colonialisme. Rappelons que cette notion aujourd’hui banalisée dans le débat public français a une histoire : empruntée au vocabulaire religieux, elle fut introduite dans les années 2000 comme repoussoir par des courants politiques nationalistes amateurs de roman national, désireux de réhabiliter la colonisation et de disqualifier toute histoire critique de cette dernière, avant d’être consacrée sous Nicolas Sarkozy. Nous publions ici deux textes, l’un de Fabrice Riceputi, l’autre de Sébastien Jahan et Alain Ruscio, qui expliquent l’émergence de ce thème, ainsi qu’un article de Gilles Manceron paru le 17 février 2021 dans l’Humanité.

publié le jeudi 18 février 2021

En juillet 1994, les principaux membres du gouvernement rwandais responsable du génocide des Tutsis sont entrés dans la Zone Turquoise contrôlée par l’armée française. Leur arrestation est possible et même réclamée par le commandement militaire de cette Zone, qui a connaissance des fortes présomptions qui pèsent contre eux. Grâce à la décision du Conseil d’Etat d’autoriser le chercheur François Graner à accéder aux archives de François Mitterrand, il a pu consulter un document inédit, émanant alors du cabinet du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, qui montre que la France a préféré les laisser partir. Il est signé de l’actuel patron de la DGSE. Ci-dessous l’article de Mediapart qui explique son contenu et l’émission de RFI qui a réuni François Graner et le colonel Jacques Hogard, chargé en 1994 d’organiser l’exfiltration de ces présumés organisateurs du génocide.

publié le mardi 16 février 2021

Parmi les préconisations du rapport que Benjamin Stora a remis à sa demande le 20 janvier 2021 au président de la République, Emmanuel Macron, figure la construction, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, d’une stèle à l’émir Abd el-Kader à Amboise, où il a vécu en résidence surveillée de 1848 à 1852, ainsi que la restitution de son épée à l’Algérie. Rendre hommage à ce héros de la lutte du peuple algérien face à la colonisation française est une nécessité. Pour sa part, notre site a réclamé, dès octobre 2017, sur la suggestion d’Alain Ruscio, l’ouverture d’un débat sur l’installation d’une statue d’Abd el-Kader sur la place qui porte son nom à Paris, inaugurée par son maire, Bertrand Delanoë, en novembre 2006. Ci-dessous les réflexions à ce sujet de l’historien britannique Neil MacMaster.

publié le mardi 9 février 2021

Le livre de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie, et l’extrait de son introduction et de sa conclusion publié par Le Monde diplomatique, ne manquent pas de surprendre au regard de la valeur des travaux antérieurs de ces auteurs. Les recherches en sciences sociales sur la question des inégalités et des ségrégations ethno-raciales ne sont pratiquement pas discutées et sont assimilées au discours de petits groupes politiques qui, depuis une quinzaine d’années, sont pris comme « chiffons rouges » de la part de médias comme Marianne ou Le Point, d’idéologues comme Laurent Bouvet et de mouvements comme le Printemps républicain, pour disqualifier les mouvements antiracistes au nom de « la sauvegarde de la République ». L’histoire des luttes de l’immigration et de ces mouvements montre que les choses sont beaucoup plus complexes. Ci-dessous la réaction de notre site, l’article publié par Contretemps et les liens vers d’autres commentaires critiques.

publié le dimanche 7 février 2021

Remis le 20 janvier 2021 au président de la République, le rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles concernant la colonisation et la guerre d’Algérie a suscité de nombreuses réactions, en France comme en Algérie. Ci-dessous, dans l’ordre chronologique de leur publication, les réactions des historiens en France Gilles Manceron, Malika Rahal, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio, qui font partie de la rédaction des sites histoirecoloniale.net et 1000autres.org. Nous indiquons également les liens vers les points de vue publiés par Pascal Blanchard, Olivier Le Cour Grandmaison, Sylvie Thénault, Tramor Quemeneur et Saïd Bouamama. Et nous ajoutons celui vers la contribution de l’Association Josette et Maurice Audin ainsi que les articles d’El Watan et du Quotidien d’Oran qui en rendent compte.

publié le vendredi 5 février 2021

« Nous avons subi un véritable Diên Biên Phu psychologique », expliquait un officier français en décembre 1960, au lendemain du formidable mouvement populaire contre l’occupation coloniale qui venait de soulever l’Algérie plusieurs jours durant. C’est l’histoire méconnue de ce moment majeur de la guerre d’indépendance algérienne que retrace le livre (et le film) de Mathieu Rigouste, Un seul héros, le peuple, recensé ici par François Gèze. Nous reproduisons également la bande annonce du film titré comme le livre, Un seul héros, le peuple, ainsi que le lien permettant de le visionner (gratuitement, mais de préférence en apportant un don). Un long métrage nourri d’images d’archives et d’une pléiade de témoignages d’acteurs et d’actrices de la période, ainsi que des paroles d’historiens. Et qui se clôt par de belles images des manifestations du hirak algérien de 2019 auquel le mouvement de décembre 1960, à bien des égards, fait irrésistiblement penser.

publié le lundi 1er février 2021

Au lendemain de la remise du rapport de Benjamin Stora, la journaliste Florence Beaugé raconte dans un article du 26 janvier 2021 dans Le Monde son enquête sur la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Nous le reproduisons ci-dessous, ainsi que l’Appel des douze publié le 31 octobre 2000 par l’Humanité qui demandait la reconnaissance officielle de « ce mal absolu » qu’est la torture. Comme en témoigne un article de Libération, la presse française rendit aussi largement compte de la soutenance de thèse de l’historienne Raphaëlle Branche, suivie de l’édition d’un livre chez Gallimard. C’est en réaction à ce retour mémoriel, qui suivait celui opéré peu avant sur le massacre du 17 octobre 1961, que commença à être formulée la notion de « repentance » pour disqualifier toute vision critique de la colonisation, notion très présente aujourd’hui dans le débat public.

publié le samedi 30 janvier 2021

L’ancienne résistante lors de la guerre américaine au Vietnam, Tran To Nga, a intenté en France un procès contre 19 entreprises, dont Dow Chemical et Bayer-Monsanto, pour la fabrication de l’Agent orange, un défoliant militaire qui a fait des millions de victimes. Cette femme qui a maintenant 79 ans en a subi de graves conséquences. C’est un procès historique qui se tient au tribunal judiciaire d’Évry, six ans après le début de la procédure. Entre 1961 et 1971, au moins 84 millions de litres de ce défoliant sont épandus au-dessus du Vietnam, entraînant d’importants dégâts sur les habitants et sur l’environnement. Plus de quarante ans après la guerre, 150 000 enfants en sont handicapés. L’Union générale des Vietnamiens de France appelle à un rassemblement le 30 Janvier 2021.

publié le lundi 25 janvier 2021

Après la remise le 20 janvier 2021 au président de la République du rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, plusieurs réactions sont intervenues en Algérie. Ci-dessous, l’interview de Benjamin Stora par Nadjia Bouzeghrane paru dans le quotidien El Watan le 23 janvier, les réactions des universitaires algériens, Fouad Soufi, Amar Mohand-Amer, Mohamed El Korso et Hassan Remaoun, ainsi que celle de Fadhila Chitour-Boumendjel, nièce de l’avocat Ali Boumendjel assassiné en 1957 à Alger par les militaires français qui le détenaient. Sa tante, Malika Boumendjel, n’a cessé de demander aux autorités françaises la vérité sur la mort de son mari. Elle est morte le 11 août 2020 à l’âge de 101 ans sans jamais avoir reçu de réponse ni une parole de réconfort de leur part.