Histoire coloniale et postcoloniale

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publié le samedi 18 septembre 2021

Dans son nouveau livre, Un rêve, deux rives, la journaliste et écrivaine Nadia Henni-Moulaï revient sur la trajectoire de son père, engagé dans les groupes de choc de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance algérienne, mais qui lui a peu parlé de cette époque de sa vie. Elle a dû mener ses propres recherches pour essayer de la reconstituer. Elle évoque aussi dans ce roman ce que fut sa propre enfance dans une cité française. Comme l’écrit l’autrice de ce récit aux évidentes qualités littéraires, « ce roman d’un homme de main du FLN, Algérien libre, violent, ouvrier ordinaire, père torturé et époux coriace, charrie toute la complexité de l’Histoire ».

publié le vendredi 10 septembre 2021

Après l’annulation par le Conseil d’Etat de l’instruction générale interministérielle n° 1300 qui entravait l’accès aux archives, de nouvelles dispositions ont été votées par le parlement… au sein de la loi prévention d’actes de terrorisme et renseignement, qui ont été validées par le Conseil constitutionnel le 30 juillet 2021. Dans la newsletter de Public Sénat, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias s’en indigne. Il alerte contre la création d’une « forme de censure » empêchant la communication de documents indispensables au travail des historiens. Le 11 août 2021, le gouvernement a publié une nouvelle IGI 1300. Pour débattre de ses conséquences, et, plus généralement, du droit des citoyens d’accéder aux archives publiques, une rencontre-débat a lieu le 13 septembre 2021 à Paris. Inscriptions avant le 10 septembre.

publié le mercredi 8 septembre 2021

Ce livre restitue les travaux de la journée sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Vérité et justice ? » qui s’est tenue en septembre 2019 à l’Assemblée nationale. Un an après l’engagement d’Emmanuel Macron, qui a reconnu que Maurice Audin avait été tué en juin 1957 par les militaires français qui le détenaient et a demandé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. Une deuxième partie, « La bataille des archives 2018-2021 », retrace le combat mené ensuite contre la fermeture de l’accès à des archives pourtant communicables de plein droit selon la loi. La décision du Conseil d’État du 2 juillet 2021 lui a donné raison. Mais ce livre explique que cette bataille pour l’accès aux archives publiques est loin d’être terminée.

publié le mardi 7 septembre 2021

Paris 1961. Les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire est une somme historique de référence sur la répression meurtrière du 17 octobre 1961. Publié en anglais en 2006, traduit en français en 2008, ce livre des historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster est réédité en livre de poche le 16 septembre 2021, à l’occasion du 60eme anniversaire du massacre. Il comprend une nouvelle introduction et une postface inédite de l’historien algérien Mohammed Harbi. Ci-dessous un texte des deux auteurs à l’occasion de la première édition de leur livre lors d’un colloque à l’ENS de Lyon où ils font le point, en 2006, sur la recherche au sujet de cet événement majeur et qui n’est pas encore complètement analysé.

publié le mardi 7 septembre 2021

Ici on noya les Algériens de Fabrice Riceputi, paru le 2 septembre 2021, est la première d’une série de publications annoncées à l’occasion du soixantième anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Ce livre est la réédition revue et corrigée de La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République (préface de Gilles Manceron) paru en 2015. Il raconte le combat mené par le « citoyen chercheur » Jean-Luc Einaudi pour la connaissance historique et la reconnaissance politique de cet événement majeur de l’histoire de l’immigration et de la France. Ci-dessous un extrait de la préface inédite d’Edwy Plene, une recension par la romancière Dominique Manotti, ainsi qu’un entretien avec Fabrice Riceputi réalisé par Hassina Mechaï pour le site MiddleEastEye.

publié le lundi 6 septembre 2021

Comme nous existons (Actes Sud) est le récit poétique et littéraire très fort d’une jeunesse postcoloniale en France dans les années 1990 et 2000. D’une enfance dans le quartier de l’Elsau à Strasbourg jusqu’à la révolte des quartiers populaires de 2005 consécutive à la mort de Zyed et Bouna, la sociologue et romancière Kaoutar Harchi conte la prise de conscience par une enfant d’immigrés marocains du processus de racialisation dont elle est l’objet. Et comment « les jeunes filles et jeunes garçons identifiés comme musulmans, que nous le soyons ou pas d’ailleurs - étions perçus à l’aube des années 2000 comme un problème ». Ci-dessous un extrait proposé par l’éditeur, deux des nombreux entretiens que l’autrice a donnés sur ce livre, ainsi qu’une tribune dans laquelle elle défend une approche intersectionnelle pour un vrai universalisme.

publié le dimanche 5 septembre 2021

Le troisième référendum sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie-Kanaky prévu dans l’Accord de Nouméa de 1998 se tiendra le 12 décembre 2021. Les deux précédents scrutins ont été marqués par une nette progression du vote pour l’indépendance. A quelque trois mois de cette échéance qui pourrait représenter un moment décisif dans la décolonisation du territoire, la dépouille du guerrier kanak à la tête de la révolte de 1878 dans la région de Fonwhary sur la côte ouest contre l’accaparement des terres par la colonisation, a été l’objet d’un hommage important. En août 2014, la France avait restitué les restes d’AtaÏ à ses descendants. Le 1er septembre 2021, ils ont été inhumés solennellement dans un mausolée « à la mémoire du chef Ataï et et des victimes de l’insurrection de 1878 ».

publié le mardi 17 août 2021

Le quatrième sujet abordé par la série « Flashback », publiée par lemonde.fr, qui traite d’épisodes historiques associés à certaines images qui ont frappé les esprits, est le dévoilement de femmes algériennes en mai 1958 sous la pression des manifestants européens et des chefs de l’armée française. Les journalistes Karim El Hadj, Marceau Bretonnier et Adrien Vande Casteele ont retrouvé plusieurs photos qui illustrent comment l’armée et les autorités coloniales ont fait de l’« émancipation » des femmes musulmanes un instrument de propagande pour tenter de prolonger « l’Algérie française ». Ci-dessous, l’analyse par l’historienne Malika Rahal de cet épisode mythifié et les liens vers d’autres articles sur ce sujet.

publié le mercredi 11 août 2021

Face à une gauche qui s’est construite dans le paradigme universaliste hérité de la Déclaration des droits de l’Homme et face, aussi, à l’utilisation abusive de ce concept à l’époque coloniale, le courant qui se réclame de « l’antiracisme décolonial » pointe dans l’universalisme un concept abstrait trop souvent employé pour nier les discriminations. Ci-dessous l’échange suscité par la revue Regards entre le philosophe Norman Ajari, auteur du livre important, La Dignité ou la mort, éthique et politique de la race (éd. La Découverte, 2019), et l’historienne Sophie Wahnich, autrice de plusieurs livres sur la Révolution française et membre de la section de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de la Ligue des droits de l’homme. Pour elle, il faut défendre l’universalisme, malgré le détournement eurocentriste dont il a été l’objet.

publié le lundi 9 août 2021

Au Rijksmuseum d’Amsterdam, l’exposition « Slavernij » — « Esclavage » — aborde une période sombre de l’histoire néerlandaise, celle de son empire colonial, de l’Indonésie à l’Afrique du Sud, et de la violence esclavagiste qui y a régné. Valika Smeulders, directrice du département d’histoire de ce musée, née à Curaçao dans les Caraïbes, porte un regard critique sur les collections du musée et leur terminologie, dans une exposition courageuse car un sondage réalisé en 2020 indique que près de la moitié des Néerlandais sont toujours fiers de l’aventure coloniale de leur pays. L’article du Monde que nous reproduisons signale que, sur la guerre de décolonisation de l’Indonésie, qui a fait, jusqu’en 1949, 200 000 morts Indonésiens et 5 000 Néerlandais, c’est un historien belge, David Van Reybrouck, qui a publié en novembre 2020, le premier grand ouvrage, chez l’éditeur De Bezige Bij, intitulé Revolusi et non traduit en français.