Histoire coloniale et postcoloniale

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publié le samedi 15 mai 2021

Le groupe intitulé « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » prétend « lutter contre la promotion de l’antisémitisme, du sexisme et du racisme par la pseudo-science et pour défendre les principes qui dépendent de l’Université : la langue, l’école et la laïcité ». En réalité, il s’agit d’un groupe néomaccarthyste, défenseur du colonialisme et du racisme, qui détourne en s’en prévalant les notions de liberté, de laïcité, d’éducation et de rigueur scientifique. Allié au « Printemps républicain », « Vigilance université » et autre « Vigilance collèges et lycées », il s’en prend à la liberté de la recherche et tout particulièrement à certains chercheurs qui ont travaillé sur l’antisémitisme et qui combattent aussi l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de sexisme. Comme le sénateur McCarthy, ils choisissent des cibles qu’ils diffament et dénigrent. C’est la cas en particulier de l’historien Alain Policar et du sociologue Michel Wieviorka.

publié le jeudi 13 mai 2021

Il y a 90 ans, en mai 1931, s’est ouverte l’Exposition coloniale internationale de Paris qui a connu, jusqu’en novembre, un nombre exceptionnel de visiteurs. Plus de 33 millions de billets ont été vendus et on estime qu’il y eut quelque 8 millions de visiteurs. Le délégué général de l’Exposition, Marcel Olivier, en a tiré un bilan enthousiaste : « En six mois, l’idée coloniale a gagné plus de terrain qu’elle n’en avait gagné en cinquante ans » et le ministre des Colonies, Paul Reynaud, a déclaré : « L’opinion publique d’après l’Exposition coloniale ne sera pas l’opinion publique d’avant ». Les quelques contestations venant de colonisés, des « Anamites », ont été étouffées et celles émanant des communistes et des surréalistes sont restées marginales par rapport au grand succès populaire de cette œuvre efficace de propagande coloniale.

publié le mardi 11 mai 2021

Omar Blondin Diop, jeune philosophe sénégalais de gauche, participant actif du mouvement de Mai 68 à Paris et à l’université de Nanterre, était devenu à son retour au Sénégal un opposant au régime du président Léopold Sédar Senghor. Il a été arrêté et incarcéré dans une prison de l’île de Gorée où il a été retrouvé mort en détention le 11 mai 1973. Depuis près d’un demi-siècle, de nombreuses voix au Sénégal contestent la version officielle de son suicide et dénoncent son assassinat. Ci-dessous un article de Florian Bobin qui restitue son parcours de militant dans cette période marquée par de nombreux mouvements révolutionnaires dans le monde. Et la tribune qu’à la veille du 48ème anniversaire de sa mort, le même auteur a publiée dans le quotidien Le Monde, qui appelle à la réouverture du « dossier Omar Blondin Diop ».

publié le lundi 10 mai 2021

Les autorités algériennes, en faisant du 8 mai 1945 une journée nationale de la mémoire, ont souligné l’importance de cet épisode dans la prise de conscience des Algériens de la nécessité de l’indépendance du pays. Même si, comme en ont témoigné les présidents successifs de la Fondation du 8 mai 45, tels Bachir Boumaza, Mohamed El Korso et aujourd’hui Abdelhamid Salakdji, le régime instauré après 1962 a longtemps négligé les victimes de ce massacre comme tout ce qui a précédé la fondation du FLN en 1954. Ci-dessous, deux articles du quotidien El Watan et les échos des demandes en France de la reconnaissance de ce massacre par les autorités du pays. En particulier, en ce 8 mai 2021, une plaque commémorant « l’Autre 8 mai 1945 » a été inaugurée à Saint-Denis par le maire de cette ville et un rassemblement a eu lieu à Nanterre en présence de plusieurs élus.

publié le vendredi 7 mai 2021

Huit associations ou structures se sont regroupées pour mutualiser leurs actions en faveur de la connaissance de l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Napoléon, dont on a commémoré le 5 mai 2021 le bicentenaire de la mort, a laissé une empreinte profonde dans l’histoire de France et du monde. Mais son rôle dans le rétablissement de la traite négrière et de l’esclavage dans les colonies françaises reste trop méconnu. Trois tables-rondes en ligne apportent un éclairage sur les raisons et les circonstances qui l’ont conduit à ce choix. Cette rencontre prend la forme d’un webinaire, avec la participation de dix-huit historiens français et d’autres pays, et est ouverte à tous les publics.

publié le vendredi 7 mai 2021

L’esclavage, aboli pendant la Révolution par un décret de la Convention nationale en février 1794, a été rétabli par Bonaparte qui a fait revenir les colonies restées françaises à la situation d’avant 1789 et a réussi à vaincre la résistance de Louis Delgrès et des Guadeloupéens combattant pour la liberté. Il a rejeté l’unité de l’espèce humaine défendue par les Lumières au profit du rétablissement de l’ordre colonial en vigueur sous l’Ancien régime. Mais il a été vaincu par les anciens esclaves révoltés de Saint-Domingue. Sous l’Empire, la traite a connu un vif regain. Marcel Dorigny relate ce moment rétrograde de notre histoire et le correspondant du Monde à Fort-de-France rend compte de l’incompréhension des Antillais face à l’hommage rendu à Napoléon à l’occasion des deux cents ans de sa mort.

publié le mercredi 5 mai 2021

« Les Français sont aussi de vrais musulmans », affirme Bonaparte en juillet 1798 quand il débarque à Alexandrie pour conquérir l’Égypte, à la tête d’une armée de plus de 50 000 hommes. Et un mois plus tard, il se fait appeler « Ali Bonaparte » à la mosquée Al-Azhar. A l’heure du deux centième anniversaire de la mort de l’empereur, cet article de l’historien Faruk Bilici, spécialiste de l’Empire ottoman, éclaire notamment cet aspect méconnu - qui résonne étrangement aujourd’hui - d’une expédition également marquée par une débauche de violences que l’on retrouvera plus tard dans d’autres conquêtes coloniales françaises, plus durables.

publié le mardi 4 mai 2021

« Au cœur du Sahara, des soldats français mènent depuis 2013 des opérations armées dans le désert à partir des bases de Niamey ou de Gao ». Dès les premières lignes d’un livre qui porte sur le moment de l’occupation coloniale par la France de cette même région, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l’historienne Camille Lefèbre rappelle cette actualité. Grace à l’exploitation d’une documentation très variée, notamment en arabe et haoussa, l’autrice cherche à comprendre la séquence peu étudiée de l’installation de la domination coloniale. Nous renvoyons à l’introduction et au premier chapitre du livre, disponibles en ligne, à un entretien audio avec Camille Lefèbvre, publié par Chemins d’histoire, à un numéro de l’émission de France Inter, Le vif de l’histoire, ainsi qu’à une recension dans Libération.

publié le lundi 3 mai 2021

Pour lutter contre les stéréotypes racistes qui perdurent à l’égard des femmes et des hommes noirs dans la société française, il faut revenir à leurs origines. De la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe, la littérature médicale a élevé au rang de vérité scientifique les préjugés raciaux sur les corps noirs : infériorité intellectuelle, résistance physique, prédominance des émotions et hypersexualité. Le livre de Delphine Peiretti-Courtis est une enquête sur la façon dont fut traitée cette question dans les écrits spécialisés de cette période. Dans une société où la science s’est substituée progressivement à la religion comme source du savoir, le schéma racialiste élaboré par les savants a été ensuite conforté par le pouvoir politique pour servir le projet colonial : le corps est devenu un outil de la colonisation.

publié le dimanche 2 mai 2021

Mohammed Harbi a eu, depuis la guerre d’indépendance algérienne jusqu’à aujourd’hui, un parcours exceptionnel. Il a prolongé son engagement dans le mouvement national par d’importants ouvrages et travaux universitaires portant sur la société algérienne, sur l’histoire de cette guerre et sur l’analyse du régime qui s’est installé après elle. Bernard Richard et Robi Morder, sur une idée de Claude Kowal, ont enregistré avec lui 23 entretiens, pour un total de 38 heures. Ils éclairent non seulement l’histoire de l’Algérie contemporaine, mais, à l’heure où cette page d’histoire suscite un regain d’intérêt en France et où les Algériens, à travers un mouvement profond, le hirak, s’interrogent sur l’avenir de leur pays, ils alimentent aussi utilement une réflexion pour le présent.