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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Un éditorial d’Edwy Plenel : cette loi déshonore la République

Un mois après le vote de la loi du 23 février 2005 prescrivant aux enseignants de montrer à leurs élèves les « aspects positifs » de la colonisation, Edwy Plenel a publié un éditorial dans Le Monde 2 du 23 avril 2005 accusant cette loi de déshonorer la République. Pour lui, ce n’est pas affaire de repentance contrite, mais de lucidité active. Ce passé-là est plein d’à-présent, et c’est pourquoi il faut le regarder en face, non par culpabilité rétrospective mais par souci du monde actuel.

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Claude Liauzu : Dire la vérité

Cet entretien avec Claude Liauzu1 réalisé par Nadjia Bouzeghrane et publié dans « El Watan » le 21 avril 2005 est l’occasion d’une réflexion sur les responsabilités et le rôle des historiens. Ainsi, au-delà de la critique de la loi du 23 février 2005, il considère que sa génération, engagée dans la solidarité avec les mouvements de libération, a mis au second plan une réflexion critique sur ce qui était porteur en leur sein de domination ou d’arbitraire.

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Une plate-forme des historiens

Au nom des historiens contre la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », opposés à une histoire officielle, Claude Liauzu et Gilbert Meynier ont rédigé une plate-forme pour servir à la mobilisation en cours des enseignants, chercheurs et autres citoyens. Elle considère que cette loi est une « loi de glaciation », qui va à l’encontre des acquis de la recherche historique et des aspirations des derniers témoins de cette histoire qui souhaitent engager des débats sereins. Et qu’elle constitue un obstacle à une intégration paisible dans le respect des différences.

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Madeleine Rebérioux et la loi Gayssot

La loi Gayssot du 13 juillet 1990 2 considère comme un délit « la négation des crimes contre l’humanité ». Pour Madeleine Rebérioux, historienne et ancienne présidente de la Ligue des droits de l’homme, il n’appartient ni aux juges ni à la loi de dire le « vrai » en histoire, même quand il s’agit de combattre le soi-disant « révisionnisme » qui nie l’existence des chambres à gaz et du génocide. Aux yeux de Madeleine Rebérioux, la vérité, que les historiens s’attachent à cerner, ne peut être fixée une fois pour toutes par des lois quelles qu’elles soient.

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Des historiens en guerre contre la colonisation « positive »

Des historiens expriment leur colère contre la loi du 23 février 2005, un texte de loi qui prévoit une réécriture du passé français. Ils sont plus d’un millier à avoir signé la pétition, « Colonisation, non à l’enseignement d’une histoire officielle ». Un autre appel dénonce le « mépris de l’histoire et des victimes ». Une conférence de presse s’est tenue à la Ligue des droits de l’homme. Nous reproduisons l’article de Didier Arnaud qui en rend compte dans « Libération » le 14 avril 2005.

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Extraits des débats parlementaires qui ont précédé l’adoption de la loi du 23 février 2005

Ci-dessous l’intervention du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, au sujet de la création d’une Mission interministérielle aux rapatriés (MIR), installée le 6 juin 2002 et des extraits des débats parlementaires qui ont précédé l’adoption de la loi du 23 février 2005. Ce dossier, réalisé par Valérie Esclangon-Morin, professeur d’histoire et géographie et chercheuse sur les questions d’histoire coloniale, auteur d’une thèse sur les rapatriés d’Algérie, montre qu’aux lendemains immédiats de la réélection de Jacques Chirac en 2002, des mesures ont été prises par les représentants de la majorité, avec l’approbation ou le silence des socialistes, en faveur des anciens partisans de l’Algérie française, conformément à la promesse électorale qu’il leur avait faite.

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