
Mustapha Kessous : « ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone »
Les propos discriminants récemment tenus par Brice Hortefeux éclairent la conception de l’“identité nationale” du ministre de l’Intérieur. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la “diversité », ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux et l’idée d’“inassimilabilité”, qui jalonnent l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers de la majorité actuelle1.
Mais a-t-on suffisamment souligné le fait que le président de la République n’a pas eu un mot pour condamner les propos de Brice Hortefeux2. Ce faisant, Nicolas Sarkozy « s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites » qui classe les Français en deux catégories : les Français «de souche » et les « Français pas tout à fait comme les autres »3.
Le témoignage d’un journaliste du Monde que nous reprenons ci-dessous montre la persistance dans une (trop grande) partie de la population de préjugés à l’égard des personnes issues de l’immigration. La promotion de l’“identité nationale” à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré pour gagner les voix de l’extrême droite et qui continue à être un de ses thèmes politiques favoris ne fait que conforter ces fantasmes injustifiables, alors qu’il conviendrait tout au contraire de les combattre.






