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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Vincent Sardon
Racisme de couleur et islamophobie

Mustapha Kessous : « ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone »

Les propos discriminants récemment tenus par Brice Hortefeux éclairent la conception de l’“identité nationale” du ministre de l’Intérieur. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la “diversité », ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux et l’idée d’“inassimilabilité”, qui jalonnent l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers de la majorité actuelle1.

Mais a-t-on suffisamment souligné le fait que le président de la République n’a pas eu un mot pour condamner les propos de Brice Hortefeux2. Ce faisant, Nicolas Sarkozy « s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites » qui classe les Français en deux catégories : les Français «de souche » et les « Français pas tout à fait comme les autres »3.

Le témoignage d’un journaliste du Monde que nous reprenons ci-dessous montre la persistance dans une (trop grande) partie de la population de préjugés à l’égard des personnes issues de l’immigration. La promotion de l’“identité nationale” à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré pour gagner les voix de l’extrême droite et qui continue à être un de ses thèmes politiques favoris ne fait que conforter ces fantasmes injustifiables, alors qu’il conviendrait tout au contraire de les combattre.

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Paul Girot de Langlade
Racisme de couleur et islamophobie

Un préfet suspendu après un violent accès de négrophobie

Une femme agent de sécurité à l’aéroport d’Orly a porté plainte le 31 juillet dernier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girot de Langlade, celui là même qui était encore le « patron » des États généraux à la Réunion il y a quelques jours. Le 14 août, on apprenait que le ministère de l’Intérieur avait suspendu le préfet.

On peut rappeler que Paul Girot de Langlade, avait déjà défrayé la chronique à deux reprises pour « provocation à la haine raciale» dans l’exercice de ses fonctions de préfet. En 2002, alors qu’il était en poste dans le Vaucluse, puis en 2006, dans La Nouvelle République, il s’en était pris vertement aux gens du voyage, les assimilant à «des délinquants». Il avait gagné les deux procès en appel, mais ses prises de parole lui avaient valu son placement hors cadre.

[Première mise en ligne le 10 août, dernière mise à jour le 2 septembre 2009]

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Le 24 juillet 2009, Nicolas Sarkozy s'entretient avec le président camerounais à l'Elysée.
La Françafrique

biens mal acquis : la piste camerounaise

En juin dernier, le CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) a rendu public un nouveau rapport consacré aux avoirs détournés par certains chefs d’Etat africains. L’association, créée pour travailler sur les causes de la pauvreté et des inégalités et pour dégager des voies de développement, s’était précédemment penchée sur les cas des présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale). Le nouveau rapport intitulé «Biens mal acquis, à qui profite le crime ?» aborde notamment le patrimoine et l’enrichissement du président camerounais Paul Biya et de ses proches.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de l’intégralité du chapitre de ce rapport consacré au Cameroun4. Un document que les vacances fastueuses du couple présidentiel camerounais à La Baule illustrent de façon scandaleuse (43 chambres ont été réquisitionnées dans deux hôtels de luxe de La Baule, au prix de 42 000 € par nuit5).

En janvier 2009, un rapport d’Amnesty International6 avait rappelé que « L’opposition politique n’est pas tolérée au Cameroun. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. »

La France, oubliant qu’on ne peut être en même temps l’ami des démocrates et celui des dictateurs7, aurait renouvelé son aide au Cameroun en confirmant le versement de 537 millions d’euros sur cinq ans pour le désendettement et le développement du pays8.

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La loi du 23 février 2005 et l’indemnisation d’anciens activistes de l’OAS

L’article le plus connu de la loi 2005-158 du 23 février 2005 est sans conteste le quatrième, du fait de l’abrogation décrétée le 15 février 2006 de son second alinéa : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord […]».

Mais cette loi comporte d’autres mesures qui sont passées en douceur. Notamment son article 13 visant à indemniser «les personnes de nationalité française […] ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle […]». En clair, il s’agissait d’indemniser certains anciens activistes de l’OAS qui avaient interrompu leur activité professionnelle pour se réfugier à l’étranger avant de bénéficier de l’amnistie de 1969, et qui ont de ce fait perdu des annuités de retraite.

Le point sur l’application de cet article 13 de la loi du 23 février 2005.

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Emmanuel Blanchard : ce que rafler veut dire

La politique du chiffre du gouvernement actuel en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, avec ses quotas d’expulsions à réaliser, se traduit par la mise en place d’un arsenal répressif dans lequel la police est aux avant-postes. Rafles, gardes à vue, contrôles d’identité, les pratiques policières à l’égard des étrangers se situent aux limites de la légalité dans ce qui s’apparente de plus en plus à une chasse à l’étranger.

Cet article d’Emmanuel Blanchard est repris de la première partie d’un dossier consacré aux rapports entre policiers et migrants publiée dans la revue du Gisti, Plein droit, N° 81, juillet 2009.

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Niqab, burqa, hidjab et tchador.
Foulard et voile

La burqa, la burqa, la burqa vous dis-je !

Le débat semble relancé : faut-il interdire en France le port de la burqa et du niqab ? Question à la fois provocante et oiseuse, tant il semble difficile d’imaginer l’adoption aujourd’hui en France d’une loi instaurant une discrimination religieuse9.

Mais, une fois de plus, un débat stigmatisant les personnes de confession musulmane, ou d’origine maghrébine, ou …

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“OAS ASSASSIN
Béziers

Cérémonie controversée du souvenir au cimetière de Béziers

La confrontation prévue a eu lieu, à Béziers, au cimetière neuf, dimanche 5 juillet 2009 : d’un côté, près de deux cents rapatriés d’Algérie sont venus, au prétexte de rendre hommage aux victimes du massacre d’Oran, le 5 juillet 1962, mais en réalité pour y glorifier l’organisation terroriste OAS. En effet la préfecture avait finalement autorisé ce rassemblement controversé.

En face, près d’une cinquantaine d’opposants à la plaque dédiée à l’OAS apposée sur la stèle érigée par les rapatriés avaient répondu à l’appel de l’Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA).

[Première mise en ligne le 7 juillet, mise à jour le 11 juillet 2009]

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Les guerres des mémoires

la France et ses guerres de mémoires

Depuis le milieu des années 1990, la notion de guerres de mémoires s’affirme dans le débat public. Les termes de « repentance » et de « lois mémorielles » sont entrés dans le discours politique et la « mémoire » devient un enjeu du présent. Les médias, les historiens, et les responsables politiques s’engagent et certains évoquent même un risque de débordement mémoriel, en particulier à propos de l’histoire coloniale. Le souvenir de la Grande Guerre, celui de la Shoah questionnent toujours le présent sur la manière d’appréhender et de commémorer le passé.

L’ouvrage dirigé par Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, Les guerres de mémoires, La France et son histoire10 réunissant historiens, politologues, anthropologues ou sociologues, montre qu’au cours du XXe siècle une longue suite de conflits mémoriels a permis de faire entrer le passé dans le présent.

Nous en reprenons la préface de Benjamin Stora.

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Une loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture par 300 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 23 (PCF, Verts et Christiane Taubira, députée PRG de la Guyane), mardi 30 juin, le projet de loi accordant réparation aux victimes des essais nucléaires. Le PS et François Bayrou (MoDem) se sont abstenus. Le projet de loi avait été déposé à l’Assembée nationale le 27 mai 2009 par Hervé Morin, ministre de la défense. Après avoir été « très largement approuvé » en commission, le projet de loi avait été débattu en séance publique à l’Assemblée nationale les 25 et 26 juin11.

En ce qui concerne les Algériens, le ministre a déclaré que la France compte «considérer tous les travailleurs qui ont participé aux essais nucléaires français au Sahara entre 1960 et 1967. Toutes les victimes seront indemnisées selon des règles identiques».

[Première mise en ligne le 21 juin 2009, mise à jour le 3 juillet 2009]

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Parfums électoralistes autour de la stèle OAS de Béziers

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme a exprimé son indignation devant la présence le 26 mars dernier du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés, « à un rassemblement au cimetière neuf de Béziers devant une stèle ornée d’une plaque dédiée à quatre anciens membres des commandos de l’OAS.»12

Début novembre 2008, un ancien de l’OAS avait pu célébrer le souvenir des « partisans patriotes de l’Algérie française » devant cette même stèle. Et une nouvelle cérémonie s’y déroulera, au cours de la matinée du 5 juillet…

Décidément la “compréhension” de Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers, envers ces extrémistes est en train de faire de Béziers un haut-lieu de la réhabilitation de l’OAS !

La «réelle motivation» du sénateur-maire est bien connue à Béziers : pour battre Georges Frêche lors des élections régionales de mars prochain, Raymond Couderc fait tout pour obtenir l’appui du “lobby pied-noir”. Peut-on lui faire remarquer que ce groupe de pression ne représente qu’une frange de ceux qui se considèrent comme des rapatriés d’Algérie. Le communiqué de l’Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), que nous reprenons ci-dessous, le montre clairement.

La section de Béziers de la LDH et d’autres associations se joignent à l’ANPNPA pour dénoncer la manifestation des extrémistes de l’OAS camouflée derrière le prétexte d’un hommage aux victimes des événements dramatiques d’Oran.

[Mise en ligne le 29 juin, mise à jour le 3 juillet 2009]

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Contrôle d’identité à Paris - Photo Jean-Michel Sicot
Contrôle au faciès

Contrôles policiers au faciès : une enquête confirme une dérive qui est de notoriété publique

Une équipe de chercheurs dirigée par Fabien Jobard et René Lévy (CNRS-CESDIP) met en évidence l’existence de contrôles au faciès discriminatoires dans la police nationale française.
L’étude s’est déroulée à Paris, sur des sites très fréquentés et où la présence policière est forte.13

Les résultats confirment que les contrôles de police se fondent principalement sur l’apparence des gens – sexe, âge, habillement et couleur de peau – et non sur un comportement suspect : on contrôle surtout les hommes, les jeunes, des styles comme « hip hop » ou « gothique », et on contrôle davantage les Noirs et les Maghrébins.

Concernant ce dernier point, les résultats sont sans appel : le fait d’avoir la peau noire entraîne un risque d’être contrôlé 3 à 11 fois supérieur selon les sites, et le fait d’avoir le type Maghrébin un risque 2 à 15 fois supérieur selon les sites étudiés !

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La stèle de Perpignan.
Aix-en-Provence

Une seule plaque vous manque… à Aix en Provence ?

Selon des sources dignes de foi, Maryse Joissains-Masini, député-maire (UMP) d’Aix-en-Provence aurait donné au printemps 2008 un accord de principe à la pose d’une plaque « en mémoire des morts de l’Algérie française ». La demande lui aurait été adressée par le président du Collectif aixois des rapatriés, Robert Saucourt14.

Des Aixois ont réagi, vous trouverez ci-dessous leur communiqué, suivi de réactions publiées dans la presse.

Une question écrite posée par Maryse Joissains en mai 2009 – en prévision de l’annulation par le Conseil d’Etat de l’élection municipale d’Aix en Provence ?15 – montre qu’elle n’a pas renoncé à « occuper le terrain de l’extrême droite ».

[Première mise en ligne le 13 juin 2008, mise à jour le 1er juillet 2009]
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