4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

hommage à Jean-Luc Einaudi, par Patrick Karl

Aujoiurd’hui, 8 octobre 2015, paraît en librairie un ouvrage de Fabrice Riceputi consacré à La bataille d’Einaudi. Pour accompagner l’événement, nous reprenons ci-dessous le texte que Patrick Karl a lu le mardi 6 octobre 2015 à la Librairie Folies d’encre à Saint-Denis, lors de la soirée d’hommage à Jean-Luc Einaudi.

Patrick Karl, comédien et metteur pour le théâtre depuis 1980, a cheminé à la rencontre du Théâtre d’Art. Création et décentralisation ont influencé son parcours nomade auprès des auteurs et poètes essentiels : W. Shakespeare, C. Goldoni, A. Tchékhov, J. Genet, S.Beckett, R. Char, B. M. Koltès.

Lire la suite »

Benjamin Stora : « il faut en finir avec la guerre des mémoires »

L’historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, évoque dans son nouveau livre son enfance juive à Constantine samedi 26 septembre aux Chapiteaux du livre à Béziers. Un récit personnel qui complète une oeuvre scientifique au-delà des polémiques.

Benjamin Stora était l’invité des Chapiteaux du livre samedi 26 septembre à 21h pour une grande conférence autour de son nouvel ouvrage Les clés retrouvées : une enfance juive à Constantine (Ed. Stock).

Lire la suite »

harkis : toujours trop de tabous, par Pierre Daum

Dans une tribune publiée dans Libération le 25 septembre 2015, Pierre Daum, écrivain et journaliste
1, aborde une nouvelle fois le problème des civils algériens utilisés comme supplétifs par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Le problème de ceux que l’on désigne en France par le terme de “harkis” est l’un des derniers blocages à l’apaisement entre Paris et Alger.
2

A la suite, vous trouverez une réponse à la tribune de Pierre Daum que Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme, nous a adressée le 29 septembre en nous demandant de la mettre en ligne.

[Mis en ligne le 26 septembre 2015, mis à jour le 1er octobre]
Lire la suite »
Associations d’anciens combattants et militants anticolonialistes sont venus en soutien à Henri Pouillot dans ce procès qui a trait à un mensonge d’État vieux de 57 ans. (c) Copyright Journal La Marseillaise
L'affaire Audin

Marseille : l’affaire Audin au tribunal

Devant le TGI de Marseille, mardi 22 septembre 2015, le général Maurice Schmitt a poursuivi en diffamation Henri Pouillot, ancien combattant en Algérie devenu militant anticolonialiste, pour diffamation à propos de « l’affaire Maurice Audin ». Celui-ci avait remis le 5 septembre 2014 une lettre au général Pierre De Villiers, chef d’état-major des armées, lettre dans laquelle était dit :

« Le Général Maurice Schmitt (qui occupa les mêmes fonctions que vous actuellement, il y a quelques années) était capitaine à l’époque des faits, dans les fonctions d’officier de renseignements. Il rencontrait donc quotidiennement au QG de l’Etat Major d’Alger tous les autres officiers de renseignements du secteur ? Ils se retrouvaient pour faire le point sur leurs « résultats ». Le cas de Maurice Audin (comme celui de Henri Alleg) a donc été obligatoirement commenté très largement étant donné l’importance de tels « détenus ». »

Cette démarche faisait suite à la lettre du 18 juin 2014 du Président de la République à Josette Audin déclarant :

« Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. »

L’ANPNPA –Association des pieds noirs progressistes et leur amis — avait appelé à un rassemblement devant le tribunal : l’audience était l’occasion de demander enfin la vérité sur cet assassinat, sur ce qu’est devenu son corps, pour permettre à sa femme Josette et ses enfants Pierre et Michèle de faire enfin leur deuil. Le délibéré est prévu le 3 novembre.

Ci-dessous les liens vers des articles de ce site évoquant le rôle du général Schmitt et le recours à la torture pendant la guerre d’Algérie (cliquer sur les liens), ainsi que deux articles sur cette audience et le résumé d’un témoignage d’historien entendu par le tribunal.

[La première version de cet article, datée du 18 septembre, reprenait l’appel de l’ANPNPA, cité ci-dessus ]

Lire la suite »
la_bataille_d_einaudi.jpg
Le rôle de Jean-Luc Einaudi

“la bataille d’Einaudi” par Fabrice Riceputi

Octobre 1997. Maurice Papon est enfin jugé pour son rôle actif, entre 1942 et 1944, dans la déportation de 1690 juifs de la Gironde vers Drancy, dernière étape avant Auschwitz. Lors de l’interrgatoire de l’accusé, Jean-Luc Einaudi est appelé à témoigner. A la barre, il affirme qu’il y avait eu, à Paris en octobre 1961, un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon alors préfet de police. L’écho médiatique et politique de cette déposition est considérable. On a « découvert » d’autres cadavres dans les placards de Papon. Des cadavres qui ne sont pas ceux de Vichy, mais de la République.

Fabrice Riceputi, né en 1958, enseigne l’histoire-géographie dans un quartier populaire de Besançon. Il anime le blog campvolant.com consacré à l’actualité des questions coloniales et postcoloniales. Il a mené un important travail de recherche pour écrire ce livre, dont les sources comprennent, notamment, des archives privées et des entretiens avec certains des protagonistes de « la bataille d’Einaudi ».

Le livre est en librairie à partir du 8 octobre 2015.

[Mis en ligne le 19 septembre 2015]

Lire la suite »
Brigitte Lainé (photo Yann Mambert)
Papon et les deux archivistes

2015 : l’honneur retrouvé de Brigitte et de Philippe

Brigitte Lainé vient d’être promue chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur 3. Nous sommes nombreux à nous en réjouir, et à lui associer son collègue Philippe Grand. Ces deux archivistes ont été “placardisés” pendant plusieurs années pour avoir témoigné au procès que Maurice Papon avait intenté à Jean-Luc Einaudi.

Leurs témoignages en février 1999 avaient été déterminants pour la condamnation de l’ancien préfet de police pour son implication dans les massacres des Algériens à Paris, en octobre 1961. Ils ont tous deux contribué à la mise en en évidence de la réalité et de l’ampleur de ces massacres. La promotion de Brigitte Lainé en constitue une reconnaissance.

[Mis en ligne le 19 juillet 2015, mis à jour le 1er septembre 2015]

Lire la suite »
(Photo: Sénat)
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

Falco : “le devoir de mémoire est d’abord un devoir de vérité”

Cette année, le premier sujet de philosophie proposé aux candidats au baccalauréat série S était le suivant : « La politique échappe-t-elle à l’exigence de vérité ?»

Nous avons eu envie de sonder sur cette question notre sénateur-maire, ancien ministre, et homme politique au long cours. Il a été plus simple de relire ses discours et interviews. Et nous nous félicitons de la profondeur de sa réflexion qui l’amène à déclarer qu’avant toute chose l’essentiel est de respecter la vérité. Il n’y a aucun doute, si Hubert Falco avait passé l’épreuve de philosophie cette année, il aurait obtenu une note excellente.

Mais alors, comment expliquer le refus qu’il nous oppose quand nous lui faisons une demande très raisonnable – lire notre lettre ouverte –: installer une plaque explicative à côté du monument de la Porte d’Italie ?

Lire la suite »

La question algérienne dans l’inconscient collectif français, par Alain Ruscio

Pour Alain Ruscio, historien spécialiste de l’histoire coloniale, l’hostilité vis-à-vis des musulmans est profonde et très largement antérieure à la colonisation. Mais, dans Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS 4, il analyse l’impact que la guerre d’Algérie a encore dans l’inconscient collectif. La faute en revient à « une seule famille politique française, écrit Alain Ruscio, celle des anciens de l’Organisation armée secrète et de leurs héritiers, [qui] l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée », explique-t-il dans un entretien publié dans l’Humanité le 15 mai 2015.

Lire la suite »
traite_negriere.gif
La loi Taubira de 2001 sur l'esclavage

appel à un débat sur les réparations liées à l’esclavage

Diverses personnalités et organisations ont apporté leur soutien à l’appel du Conseil Représentatif des Associations Noires (le CRAN) en faveur d’un débat sur les réparations – financières, morales, culturelles ou symboliques – liées à l’esclavage. Matignon s’est engagé à organiser prochainement sur le sujet une réunion interministérielle.

On peut rappeler que par le passé, lors de l’abolition de l’esclavage, la France a payé des réparations aux propriétaires d’esclaves, et que les descendants de ceux-ci continuent à jouir des bénéfices d’un crime contre l’humanité, par définition imprescriptible, tandis que les descendants d’esclaves continuent à subir les conséquences de ce passé : racisme, discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement, à la propriété, etc. Rappelons également que, en 1825, invoquant le « préjudice » que lui causait l’abolition de l’esclavage, la France a imposé à Haïti un tribut équivalent à 21 milliards de dollars d’aujourd’hui.

[Ajouté le 11 mai 2015 : Lors de la commémoration de la journée de la traite des noirs et de l’esclavage, et à l’inauguration du Mémorial Acte, à Pointe à Pitre, en Guadeloupe dimanche 10 mai 2015, le Président François Hollande a promis d’aborder le sujet de « la dette morale de la France eu égard à l’esclavage pendant sa visite demain en Haïti ».

Le président français a annoncé également, qu’il s’acquitterait de la dette que la France a envers son ancienne colonie. Mais le président français ne s’engage qu’à un acquittement moral de la dette et non financier.]

[mise en ligne initiale le 22 octobre 2012, complétée le 11 mai 2015]

Lire la suite »

 8 mai 1945 : le devoir d’histoire

Des historiens français ont participé du 6 au 10 mai 2015 aux universités de Constantine, Guelma, Setif et Béjaïa à un colloque international sur les massacres coloniaux à l’occasion du 70e anniversaire des massacres de mai 1945 dans le nord-Constantinois.

Parmi eux, Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée, et Gilles Manceron, auteur notamment avec l’historien algérien Hassan Remaoun du livre D’une rive à l’autre, la guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire (Syros, 1993).

Lire la suite »

Sétif, Guelma … assumer notre passé

Il y a 70 ans, la France fêtait sa libération et la défaite du nazisme. Simultanément des événements tragiques se déroulaient à Sétif, Guelma, Kherrata … la répression fut terrible. Mehdi Lallaoui en a sauvegardé quelques traces.

Ces crimes font l’objet d’une nouvelle demande de reconnaissance adressée aux plus hautes autorités de l’État. Pour Nils Andersson, il faut mettre fin au déni de ces “événements”.

Lire la suite »
Stèle en mémoire du premier martyr des événements du 8 Mai 1945 à Sétif, Saâl Bouzid (El Watan)
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 (mai 2015)

Comme chaque année, les Français associeront la commémoration de deux événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 : la victoire des Alliés sur le fascisme d’une part, les massacres du Nord-Constantinois de l’autre.

Nous reprenons le communiqué du Collectif unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie. Suit un article du quotidien El Watan qui exprime l’impatience algérienne devant la lenteur avec laquelle la France reconnaît son passé colonial en Algérie.

Lire la suite »