le blanchiment des troupes coloniales
Le documentaire de France 3 diffusé le 11 juillet dernier est repris ci-dessous à la suite de sa présentation du 11 juillet.
Voir également cette autre page : 6757
Le documentaire de France 3 diffusé le 11 juillet dernier est repris ci-dessous à la suite de sa présentation du 11 juillet.
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Chaque année, au mois d’août, la Provence célèbre sa libération de l’occupation nazie : il y a 72 ans, le 15 août 1944, une armée alliée forte de 350 000 hommes débarquait sur les plages du Var.
Nombre de villes et de villages rendent chaque année hommage à ceux qui les libérèrent. Pourtant, parmi ces libérateurs, certains sont rarement évoqués. Lors des célébrations, les soldats indigènes de l’armée française ne sont presque jamais représentés et leurs témoignages souvent ignorés. Ils représentaient la moitié des troupes françaises débarquées, mais ils eurent bien plus de tués et de blessés que leurs frères d’armes. Comment expliquer ces faits ?
Seule une investigation minutieuse dans les archives militaires peut apporter des éléments de réponse à ces questions complexes. L’article inédit ci-dessous rend compte d’un travail sur ce sujet. Son auteur, l’historien Grégoire Georges-Picot, a été, en 2003, l’un des commissaires de l’exposition Nos libérateurs -Toulon 1944 présentée au Musée d’Art de la ville. Ce site en a fait le compte-rendu.
On peut être étonné de l’ignorance de beaucoup de jeunes adultes concernant l’histoire contemporaine de notre pays. Les plus âgés d’entre nous ont vécu cette période ; quant aux plus jeunes, ils en ont entendu parler à l’école. Entre les deux, de nombreux concitoyens ne peuvent faire le rapprochement entre l’immigration d’origine africaine ou maghrébine et la période coloniale de la France.
Le livre de Fabrice Riceputi, La bataille d’Einaudi, fait partie de cette catégorie d’ouvrages qui rappellent des épisodes relativement récents de notre histoire, qui sont mal connus.
Ci-dessous, la note de lecture de cet ouvrage publiée dans Archivistes !, revue de l’AAF – Association des archivistes français – ce qui, espérons-le, incitera à le lire.
La présence au Musée de l’homme de restes mortuaires d’Algériens qui avaient résisté à la conquête de leur pays par la France, commence à être connue. Une pétition demandant le retour en Algérie des dépouilles de ces combattants, a été signée par plus de 28 000 personnes de l’une ou l’autre des deux rives de la Méditerranée. La Ligue des droits de l’homme et d’autres associations soutiennent cette demande …
Mais, apparemment, côté gouvernements rien ne bouge.
Aidez-nous en signant et en diffusant la pétition autour de vous !
cliquez
Vous pouvez écouter un reportage audio de Anaëlle Verzaux et Rosa Moussaoui
sur ce sujet

Il y a quelques années, des restes mortuaires de résistants algériens du milieu du 19e siècle ont été retrouvés au Musée de l’homme à Paris. Depuis lors, la demande se fait jour de rapatrier ces dépouilles humaines en Algérie ; un collectif d’historiens et d’universitaires apporte son soutien dans une tribune, publiée dans Le Monde daté des 10 et 11 juillet, qui appelle au retour de ces restes en Algérie, ce qui permettrait de leur donner une sépulture digne, comme cela s’est fait pour les rebelles maori et pour les résistants kanak (Ataï).
La Ligue des droits de l’homme s’exprime de façon analogue dans un communiqué. Et vous pouvez vous joindre à ces soutiens en signant la pétition en ligne.

Redécouverts en 2011, les crânes de plusieurs dizaines de combattants algériens, décapités pour avoir combattu la colonisation française au milieu du XIXe siècle, sont actuellement stockés dans les réserves anthropologiques du Musée de l’Homme, à Paris. Parmi eux figurent les têtes de chefs connus de la rébellion – des « résistants » donc.
En 2011, l’historien Ali Farid Belkadi a lancé une première pétition demandant le retour en Algérie de ces restes humains. En mai 2016, l’universitaire Brahim Senouci a lancé une nouvelle pétition
demandant que ces dépouilles mortuaires soient remises à l’Algérie – à ce jour, plus de 27 000 personnes, d’une rive ou de l’autre de la Méditerranée, l’ont signée.
La situation semble actuellement bloquée. En témoigne le courriel du 29 juin 2016 adressé à Brahim Senouci par Michel Guiraud, directeur du musée de l’Homme. Vous trouverez ci-dessous le courriel en question ; il est suivi d’un article exposant les points de vue de deux historiens algériens, Hassan Remaoun et Mohamed Lahcen Zeghidi.

Saartjie Baartman, une esclave noire d’Afrique du Sud, de son vrai nom Sawtche, était surnommée la « Vénus hottentote » à cause d’un physique singulier. A partir de 1810, et pendant des décennies, elle a été exposée en Europe comme un phénomène de foire. L’un des premiers actes de Nelson Mandela, président de la Nouvelle Afrique du Sud, fut d’exiger son rapatriements dans son pays où elle fut dignement inhumée dans son village natal, en août 2002 1.
Après 136 ans passés en France, le crâne du grand chef kanak Ataï, décapité le 1er septembre 1878 en Nouvelle-Calédonie, a été officiellement restitué à ses descendants. Vingt-cinq ans après la prise de possession de l’archipel par les autorités françaises, Ataï avait pris la tête d’une révolte pour protester contre les spoliations foncières de l’administration coloniale. La répression avait fait plus d’un millier de morts parmi les Kanak 2.
La France devrait aujourd’hui s’inspirer des exemples précédents pour les crânes d’anciens résistants algériens à la conquête coloniale de leur pays, qui sont stockés dans des cartons du Muséum national d’histoire naturelle à Paris 3. Nous demandons par la pétition ci-dessous que ces dépouilles soient remises à l’Algérie et nous vous invitons, quelle que soit votre nationalité, à nous rejoindre en la signant.
Dans une déclaration diffusée par l’APS, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a déclaré que la restitution à l’Algérie des crânes de résistants algériens du début de la colonisation française serait « prise en charge par l’Etat ».
Le premier à avoir attiré l’attention de l’opinion publique sur la présence dans des musées français de restes mortuaires algériens est Ali Farid Belkadi qui a lancé en mai 2011 une pétition adressée au gouvernement algérien … restée sans suite 4.
Le 18 mai 2016, Brahim Senouci a lancé une nouvelle pétition que nous vous incitons à signer 5 ; cette dernière dépassait les 3 000 signataires au cours de la journée du 13 juin.
Ci-dessous un appel de François Gèze, suivi d’un article de Rosa Moussaoui. Il faut les lire pour ne pas oublier …
L’agence APS – Algérie Presse Service – a publié aujourd’hui une longue dépêche, reprise ci-dessous, où elle fait le point sur la situation des restes mortuaires de résistants algériens qui se trouvent au Musée de l’Homme à Paris.
L’impression qui se dégage à la lecture de cette dépêche est que rien ne s’oppose à leur retour en Algérie.
Il ne reste plus pour les autorités algériennes et françaises qu’à régler les formalités nécessaires pour permettre le retour de ces restes en Algérie où ils trouveront une sépulture décente.
Merci à tous ceux qui ont permis de parvenir à ce résultat en signant une simple pétition. Restons vigilants : rien n’est encore vraiment acquis.

En 2005, deux des directeurs de “Vers la guerre des identités ?” publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, ils reviennent, avec Dominic Thomas et une partie des mêmes auteurs, et d’autres, sur les crises identitaires et sociales qui traverse la France. Les contributions qui y sont rassemblées interrogent, avec une multiplicité d’approches, et sans négliger les passerelles historiques qui continuent à nous lier au passé colonial, les nouvelles fractures de notre société et les crises qui la traversent. Nous publions ci-dessous le début de l’introduction, suivi du sommaire de l’ouvrage.
L’historien Benjamin Stora évoque ses souvenirs d’une enfance joyeuse à Constantine, malgré la guerre d’Algérie, et analyse les conséquences de la décolonisation dans la vie politique et sociale actuelle.
Ses propos ont été recueillis par Jean-Pierre Mignard et Christine Pedotti, et publiés dans Témoignage chrétien le 28 avril 2016.