Deux gardiens de la mémoire au placard, par J.P. Thibaudat
Ils auraient dû être promus. On les a sanctionnés. Début février 1999, lors du procès en diffamation intenté par Maurice Papon à Jean-Luc Einaudi à propos des événements du 17
Ils auraient dû être promus. On les a sanctionnés. Début février 1999, lors du procès en diffamation intenté par Maurice Papon à Jean-Luc Einaudi à propos des événements du 17
Il ne suffit pas d’évoquer les difficultés de consultation des « archives « , c’est-à-dire de la documentation produite par les organismes publics. Même par dérogation, l’accès est réservé. Mais ces obstacles, dont tous les chercheurs ont l’expérience, ne sont pas que des barrières à franchir ; c’est au départ, comme prédisposé, que se tient un véritable mur du silence. Son nom est secret d’État.
Quarante ans après avoir été torturée en algérie, Louisette Ighilhariz cherche l’homme qui l’a sauvée.
Interrogé sur les accusations portées par Louisette Ighilarhiz, le général Bigeard nie tout, en bloc.
En revanche, le général Massu confirme l’essentiel. « Oui, répète-t-il, la torture était ordonnée , voire couverte par les autorités civiles […] qui étaient parfaitement au courant et trouvaient cela très bien ».
« Non, la torture n’est pas indispensable en temps de guerre […], dit-il. Quand je repense à l’Algérie, on aurait pu faire les choses différemment. »

Extraits de OCTOBRE 1961 – Un massacre à Paris, par Jean-Luc Einaudi, Fayard 2001, pages 49 à 53.