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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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La société française au temps des colonies

« L’école des colonies »,
de Didier Daeninckx

Dans son ouvrage, L’Ecole des colonies, Didier Daeninckx s’attaque au mythe des bienfaits de la colonisation en matière scolaire. Il répond aux questions : Qu’enseignait-on dans les écoles des colonies, en Algérie, en Afrique sub-saharienne, en Asie, aux Antilles, quand l’empire français s’étendait sur 11 millions de kilomètres carrés et comptait 48 millions d’habitants ? Quel était le pourcentage d’enfants indigènes scolarisés ? Que cherchait-on à former : des citoyens, une élite, de bons et loyaux serviteurs ? Les compte rendus de François Nadiras et de Séverine Kodjo-Grandvaux.

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L’arrêté du 24 décembre 2015 : Ouverture des archives de Vichy

Soixante-dix ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, le gouvernement français a décidé de faciliter l’accès des citoyens, de l’administration et des chercheurs aux archives de la police et de la justice du régime de Vichy 1. L’arrêté du 24 décembre 2015 portant ouverture d’archives relatives à la Seconde Guerre mondiale est entré en vigueur lundi 28 décembre 2015. Historien et enseignant-chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales, Vincent Duclert 2 analyse ci-dessous cette décision d’ouvrir à tous ces dossiers sombres de l’histoire. 3.

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Thiaroye, un mensonge d’État

La Cour de cassation a rejeté lundi 14 décembre 2015 la demande de révision du fils d’un tirailleur sénégalais, condamné pour sa participation à une rébellion réprimée dans le sang le 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye (Sénégal).

Le fils d’Antoine X. avait saisi la plus haute juridiction française dans l’espoir de rouvrir le dossier de son père décédé. Ce dernier, caporal, a été condamné le 6 mars 1945 par le tribunal militaire permanent de Dakar à dix ans de détention et à la dégradation militaire pour « désobéissance, outrage à supérieur et participation à une rébellion commise par des militaires armés ». Je suis chez moi, je n’ai pas d’ordre à recevoir » aurait-il lancé à un aspirant. Les officiers supérieurs du camp avaient ensuite assuré qu’il était l’un des « véritables chefs » de la « rébellion ».

Antoine X. avait lors de ses interrogatoires « nié avec constance » toutes les accusations. La Cour de cassation, estimant qu’ « aucune des pièces produites à l’appui de la demande (n’était) de nature à remettre en cause les témoignages ou le contenu des rapports figurant au dossier », a jugé que la demande en révision du fils d’Antoine X. était irrecevable. 4

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Régionales 2015 en PACA : les clins d’œil aux pieds-noirs

Il est établi que le « vote pied-noir » est un mythe, mais les politiques sont persuadés qu’il existe bien et ils essaient de capter cet électorat.

Difficile de mesurer l’importance de cette population dans l’ensemble de la population française. C’est ainsi qu’une étude publiée en 2012 par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) écrit que « la communauté pied-noir pèse 15,3% du corps électoral en Languedoc-Roussillon, 13,7% en Provence-Alpes-Côte d’Azur» 6. Cette étude désigne par l’expression «communauté pied-noir» l’ensemble des Français « qui revendiquent une ascendance pied-noire (c’est-à-dire ayant au moins un parent ou un grand-parent pied-noir)» 7. Une définition que l’on peut discuter.

Quoi qu’il en soit, les pieds-noirs constituent un groupe que l’on ne peut ignorer lors de l’élection qui s’annonce serrée entre la droite et le Front national.

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Jean-Marie Guillon : « Nation et nationalisme, un regard d’historien »

Le Collège méditerranéen des libertés (CML) a accueilli, jeudi 3 décembre 2015 à 18h30 à la faculté de Droit (amphi 300) de Toulon, l’historien Jean-Marie Guillon, pour une conférence sur la thématique « Nation, nationalisme. Regard d’historien ». Pour l’historien, l’après 13 novembre a suscité un mouvement d’unité nationale 
qui s’inscrit dans la tradition française.

Jean-Marie Guillon est professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille. Ses principaux champs de recherche concernent la France des années 40, la Provence des XIX et XXèmes siècles, la construction de la mémoire … collective au XXe siècle.

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« qu’un sang impur … »

Notre hymne national, La Marseillaise, semble bien accepté par l’ensemble de la communauté française. Aucun parti ne se l’est approprié et on a pu voir et entendre les parlementaires, unanimes, l’entonner lors du congrès réuni à Versailles.

Il existe deux interprétations de la fin du refrain — “qu’un sang impur abreuve nos sillons”. L’explication qui paraît aujourd’hui encore la plus répandue considère que le sang impur désigne celui de nos ennemis. Cependant, compte tenu du sens attaché au 18e siècle au mot sang, il semble que ce soit là un contre-sens et que l’expression sang impur désignait alors tous ceux qui n’étaient pas de noble extraction. Mais comment les élèves de première année à l’école primaire d’aujourd’hui peuvent-ils comprendre cette analyse lors de l’étude de notre hymne national qui est obligatoire depuis 2005 ?

Quelle que soit la signification attribuée à cet extrait, il reste que son énoncé provoque un malaise chez certains et un redoublement des claquements de pieds d’autres participants. Ce slogan guerrier ne semble pas à sa place dans un texte qui mériterait sans doute un « lifting ».

[Mis en ligne le 21 novembre 2015, mis à jour le 23]

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aurait-on retrouvé la dépouille mortelle de Maurice Audin ?

Le corps du militant anticolonialiste Maurice Audin, assassiné en juin 1957 par les parachutistes français, se trouve-t-il au cimetière de Ben Salah, près d’Oued Alleug ? Un an après un témoignage publié en août 2014 par le Quotidien d’Oran, la famille du mathématicien assassiné souhaite que les autorités algériennes donnent suite à ce témoignage et procèdent à des fouilles et à des tests ADN pour s’en assurer.

En août 2014, dans les colonnes du Quotidien d’Oran, Abraz Mustapha, dit Moh Djebbour, alerté par les aveux tardifs d’Aussaresses sur l’assassinat de Maurice Audin et le lieu possible de son enterrement, a fait un rapprochement avec un évènement qu’il avait vécu à l’âge de 12 ans : un enterrement effectué à la sauvette en 1957 par des parachutistes au cimetière de Ben Salah, près de Oued Alleug.

Ci-dessous : l’article publié en août 2014 dans le Qotidien d’Oran, suivi d’un article récent d’El Watan.

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Beaucaire : débaptisation d’une rue du 19 mars 1962

Suivant l’exemple de Robert Ménard à Béziers, Julien Sanchez, maire Front national de Beaucaire (Gard), a décidé de débaptiser la « rue du 19 mars 1962. Fin de la guerre d’Algérie » pour la renommer « rue du 5 juillet 1962. Massacre d’Oran ». La pose de la nouvelle plaque sera effectuée le 29 novembre au matin au cours d’un “pèlerinage de Santa Cruz” 8

Le Front national est un enfant de Vichy et de la guerre d’Algérie. Des anciens de l’OAS et des partisans de l’Algérie française y ont trouvé toute leur place. Les rapports qu’il entretient avec la “communauté” des Pieds noirs ont évolué ; l’historienne Valérie Igounet l’expose ci-dessous.

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Il y a 50 ans : l’affaire Ben Barka

Il y a exactement 50 ans, le 29 octobre 1965, l’homme politique marocain et leader tiers-mondiste Mehdi Ben Barka disparaissait en plein jour à Paris. Il n’est jamais réapparu depuis.

Mehdi Ben Barka avait été condamné à mort par contumace dans son pays pour s’être opposé au roi Hassan 2. Tout laisse à penser qu’il a été assassiné après son enlèvement. Mais des obstacles mis en place des deux côtés de la Méditerranée ont jusqu’à présent empêché la justice française de faire la lumière sur cette disparition.

Dans un texte paru initialement sur Mediapart et repris ci-dessous, l’historien Gilles Manceron fait le point sur cette affaire.

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