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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Le racisme postcolonial

La nécessité d’un féminisme décolonial,
par Françoise Vergès

Dans son ouvrage, « Un féminisme décolonial », publié en février 2019 aux éditions la Fabrique, la politologue Françoise Vergès, militante antiraciste et féministe, apporte une contribution aux débats qui divisent les mouvements féministes. Refusant la dérive d’un féminisme qui ignorerait les enjeux de l’antiracisme et pourrait inclure de l’islamophobie, elle déploie, à partir des luttes des femmes du Sud global, une critique radicale du « capitalisme racial ». Nous publions sa présentation par l’éditeur ainsi qu’un entretien réalisé par Rosa Moussaoui et publié par « l’Humanité ».

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L'affaire Audin

Josette Audin
a été l’objet
de multiples hommages

Les réactions ont été nombreuses suite à la mort, le 2 février 2019, de Josette Audin. Militante du Parti communiste algérien (PCA) comme son mari, Maurice Audin. Elle avait vécu, à Alger, le 11 juin 1957, l’enlèvement de celui-ci par des parachutistes français, et, quand, peu après, ils lui ont annoncé son évasion, elle a compris qu’ils l’avaient assassiné. Pendant soixante-deux ans, elle a combattu pour connaître la vérité sur son sort. Ci-dessous les articles publiés par « l’Humanité » et « El Watan », ainsi que d’autres réactions à sa disparition.

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Controverses

La réponse du collectif
« Décoloniser les arts »
aux attaques qui le traitent de « racialiste »
ou de « communautariste »

Depuis quelques mois, le collectif « Décoloniser les arts » est l’objet d’attaques virulentes de la part de groupes et d’universitaires qui, déformant ses propos, traitent ses membres de « racialistes », « indigénistes » ou « communautaristes ». Que des forces résistent en France à la décolonisation n’est pas nouveau. Ces attaques se réclament d’un universalisme de gauche, d’un passé glorieux de théâtre progressiste, ou bien viennent de personnes identifiées à droite qui crient à la menace contre la civilisation. « Décolonisez les arts » recadre le débat dans ce texte.

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Mémoire et histoire en Algérie

Hocine Aït Ahmed,
l’une des figures les plus marquantes du combat d’émancipation nationale
des Algériens,
par Tahar Khalfoune

Hocine Aït Ahmed est l’un des neuf chefs « historiques » qui organisèrent le déclenchement de l’insurrection nationale algérienne du 1er novembre 1954. Tahar Khalfoune, juriste originaire de Kabylie qui était un ami, à Lyon, de l’historien Gilbert Meynier, reprend ce jugement que ce dernier avait énoncé à son sujet : « Hocine Aït Ahmed — Si l’Hocine —, [était] l’une des figures historiques les plus marquantes du combat entrepris par les Algériens pour se délivrer de la domination coloniale française ». Tahar Khalfoune l’avait rencontré en 1989 quand il avait mis fin à son exil en Europe et il a eu de nombreux échanges avec lui jusqu’à sa mort en 2015.

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Musées et créations contemporaines

art, littérature, philosophie,
la décolonisation
des savoirs,
selon Seloua Luste Boulbina

Dans son ouvrage, « Les miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (art, littérature, philosophie) », publié par Les presses du réel en septembre 2018, la philosophe Seloua Luste Boulbina entend montrer comment, dans les savoirs et dans les arts, le passé colonial peut être dépassé. Autrefois, la métropole et la colonie apparaissaient comme deux espaces distincts, en réalité déjà entremêlés. Les indépendances ont profondément modifié ce paysage. Le Sud est présent dans le Nord. Les affranchissements, les franchissements sont multiples. Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins.

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1945-1962


Algérie 1954-1962,
Hadjira et Doukha,

par Claire Mauss-Copeaux

Dans un contexte fortement machiste, les maquisardes, les moudjahidate, ont joué un rôle important dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Claire Mauss-Copeaux le rappelle ici et présente deux d’entre elles, Doukha et Hadjira, rencontrées lors de son enquête d’historienne sur le terrain. L’exposé que nous publions ici a été présenté au cours de la journée d’études « Analyse croisée des formes de terrorisme au XXe siècle : structure, pouvoir », au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (IEP, Paris), le 22 novembre 2018.

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Musées et créations contemporaines

L’abominable institution de l’esclavage
à travers
les arts et les lettres

Publié à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition, en 1848, de l’esclavage dans les colonies françaises, ce livre de Marcel Dorigny, très documenté et préfacé par Maryse Condé, est aussi un livre d’art. Dans un entretien à « Libération » que nous reproduisons ici, l’auteur explique que les œuvres d’art ont eu un impact très fort dans la dénonciation de l’esclavage, au moins autant que les discours. Et il montre que des artistes continuent aujourd’hui d’œuvrer pour la mémoire de ce crime contre l’humanité.

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Affaire Ben Barka

« Face au silence »
Ben Barka : disparition,
raison d’Etats,
le mur du silence à briser

Le 29 Octobre 1965, Mehdi Ben Barka a été attiré dans un piège à Paris alors qu’il y était venu pour préparer un film sur la conférence tricontinentale de La Havane et qu’il devait y rencontrer le général de Gaulle, président de la République. Un complot préparé au sommet de l’Etat marocain, avec de hautes complicités au ministère de l’Intérieur français et à la préfecture de police de Paris, a conduit à son enlèvement par des policiers français, puis à son assassinat. Les raisons d’Etats continueront-elles encore longtemps à entraver l’action de la justice ?

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La reconnaissance du passé colonial

Jean-Paul Sartre et l’Afrique :
décoloniser l’esprit,
par Séverine Kodjo-Grandvaux

Gallimard réédite les écrits sur l’Algérie de Jean-Paul Sartre, qui a été un soutien résolu de la cause indépendantiste, notamment à travers la revue qu’il dirigeait, « Les Temps Modernes ». Il s’agit des articles que cet éditeur avait regroupés sous le titre « Situations V ». Pour Séverine Kodjo-Grandvaux, ils permettent de mieux saisir ce qui se passe avec l’irruption de la pensée décoloniale dans le monde francophone. Mais, selon elle, Sartre n’avait pas saisi l’aspiration à l’universel porté par la négritude, qu’il a essentialisée.

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Les nostalgiques de la colonisation

Il y a longtemps que… sévit ce Sévillia

Quand prolifèrent en librairie les pamphlets de Jean Sévillia, chroniqueur au « Figaro Magazine », promoteur de la nostalgie coloniale et pseudo-historien, le mieux serait peut-être de les ignorer. Mais leur publication par des éditeurs français reconnus dans le domaine de l’histoire comme Fayard et Perrin nous incite à rétablir quelques vérités. Nous reprenons ici un article que le chercheur Emmanuel Alcaraz a publié dans « Le Quotidien d’Oran » et un texte de l’historien Alain Ruscio montrant que ce journaliste réactionnaire invoque aussi faussement la liberté d’expression qu’il falsifie allègrement l’histoire.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

L’apport considérable du « Maitron » sur les engagements anticolonialistes

« Le Maitron », dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, propose désormais la quasi-intégralité de son contenu en ligne gratuitement. L’histoire coloniale y est très présente, du fait de l’engagement des militant.e.s qui y figurent, et aussi du dictionnaire « Algérie » comportant plus de 5 500 notices, dirigé par René Gallissot. Lors de la Journée Maitron qui s’est tenue, le 5 décembre 2018, à la Bourse du travail de Paris, Gilles Manceron a été invité à présenter le site 1000autres.org avec plus d’un millier de notices sur les victimes, comme Maurice Audin, de la grande répression d’Alger de 1957. Nous publions ici, à titre d’exemple, la notice sur Maurice Audin rédigée par René Gallissot.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

En finir avec l’ignorance de l’engagement de Jaurès vers l’anticolonialisme

Quand on évoque la pensée de Jaurès sur la question coloniale, on cite immanquablement une conférence qu’il a donnée à l’âge de 24 ans reprenant les idées colonialistes de Jules Ferry. Or, il a évolué de 1898 à sa mort vers un anticolonialisme résolu. La propagande coloniale de la IIIe République l’a soigneusement occulté et les nostalgiques de la colonisation continuent à annexer Jaurès à leur discours. Les légendes à ce sujet sont encore reprises un peu partout au mépris des travaux historiques. Un travail de vérité est nécessaire.

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